ACIDE CAPRYLIQUE HYDRATÉ. C16H15Ü3,HO
HO
L’acide caprylique hydraté est solide au-dessous de 12°; il entre en fusion vers \k ou 15° et bout à 236° en subissant une légère altération. Son odeur rappelle celle de l’acide sébacique : il exige U00 parties d’eau bouillante pour se dissoudre ; il est très soluble dans l’alcool et l’éther. On le prépare en décomposant le caprylate de baryte par l’acide sulfurique étendu.
L’acide caprylique hydraté se rencontre parmi les acides provenant de la saponification de l’huile de coco, et parmi ceux qui résultent de la distillation ou de l’oxydation de l’acide oléique.
CAPRYLATES.
Les caprylates ont pour formule générale : M0,C16H1503.
L’eau dissout en grande quantité les caprylates à base d’alcali ; les autres sels formés par l’acide caprylique sont insolubles ou peu solubles.
Les caprylates, traités par les acides minéraux, donnent de l’acide caprylique hydraté.
Les caprylates de potasse et de soude n’ont pas encore été obtenus à l’état cristallin.
Caprylate de baryte. Ba0,C‘6H‘503. — Ce sel se présente sous la forme de padlettes ou de grains incolores disposés en mamelons. 11 est insoluble dans l’alcool, dans Y éther, et soluble dans 2 parties d’eau bouillante. On l’extrait des eaux mères qui, dans la préparation de l’acide caprique, ont donné le caprate de baryte. Dans ce but, on réduit par évaporation ces eaux mères au quart de leur volume primitif, ce qui détermine la formation d’un nouveau dépôt de caprate. On décante la liqueur claire et on l’abandonne à l’évaporation spontanée. Le caprylate de baryte cristallise lentement. On purifie ce sel par de nouvelles cristallisations.
Les caprylates de plomb et d'argent sont des précipités blancs peu solubles dans l’eau.
CORPS G U AS
CAPRYLOXE. C30H30O2.
Cette substance est fusible à 40°, volatile sans décomposition à 178°, moins dense que l’eau, insoluble dans ce liquide, soluble dans l’éther, très soluble dans l’alcool et l’esprit de bois bouillants. On l’obtient en distillant le caprylate de chaux avec un excès de base.
(M. Gluckelberger.)
ÉTHERS CAPRYTEI^UES.
L'éther caprylique C4H50,ClliH1503 et le caprylate de méthylène C2H3Ü, Cl6Hl603 peuvent être préparés en chauffant un mélange d'acide sulfurique et d’acide caprylique avec l'alcool ou l'esprit de bois.
Ces deux éthers sont liquides et d’une odeur aromatique agréable.
ACIDE VACCIXIQLE. C20tJl9O5,llÜ.
HO
Cet acide est peu connu. On le rencontre parfois dans les produits de la saponification du beurre. Le vaccinale de baryte cristallise en prismes hydratés, d’une odeur de beurre rance : sa dissolution, évaporée lentement au contact de l'air, se détruit et laisse déposer un mélange de caproate et de butyrate de baryte. Cette altération, qui constitue la propriété la plus caractéristique de l’acide vaccinique, provient de son oxydation à l’air, comme l'indique la formule suivante :
C2oH20Og 02 = C12Hl204 4- C8H804.
Acide
vaccinique.
Acide
caproïque.
Acide
butyrique.
ACIDE BÏÏTYRÏQTTE HYDRATÉ.
hh 7
ACIDE BUTYRIQUE ANHYDRE. G8H7Ü3.
L’acide butyrique anhydre est liquide, incolore, très mobile, d’une odeur qui se rapproche de celle de l’ananas. Sa densité, prise à 12°, 5, est égale à 0,978. il entre en ébullition à 190° ; la densité de sa vapeur est égale à 5,38. Il s’hydrate au contact de l’air humide et acquiert alors l’odeur nauséabonde de l’acide butyrique ordinaire. L’aniline le convertit en butyranilide C20Hl3AzO2.
On obtient l’acide butyrique anhydre en distillant un mélange formé de 5 parties de chlorure de benzoïle et de 8 parties de butyrate de soude desséché. L’acide butyrique anhydre ainsi obtenu est rectifié sur du butyrate de soude, et soumis ensuite à une dernière distillation.
L’action de l’oxychlorure de phosphore sur le butyrate de soude donne également de l’acide butyrique anhydre : on fait tomber goutte à goutte 2 parties d’oxychlorure de phosphore sur U parties de butyrate de soude desséché, placé dans une cornue munie d’un récipient convenablement disposé pour être refroidi. Il se manifeste une réaction très vive, qui s’affaiblit peu à peu. Lorsqu’elle paraît terminée, on chauffe la cornue et l’acide butyrique anhydre distille. Cet acide doit être rectifié sur du butyrate de soude et distillé une seconde fois. Les parties qui bouillent à 190° peuvent être considérées comme pures.
(M. Gerhardt.)
ACIDE BUTYRIQUE HYDRATÉ. C8H703,H0.
HO
Historique.
L’acide butyrique hydraté a été découvert, en 181^, par M. Chevreul, parmi les produits de la saponification du beurre. MM. Gélis et Pelouze ont, les premiers, produit artificiellement cet acide en soumettant à
CORPS GRAS
l’action prolongée des ferments, et particulièrement du caséum, un mélange de sucre de canne ou de glucose, d eau et de carbonate de chaux (craie).
Propriétés.
L’acide butyrique est incolore, d’une transparence parfaite, d’une odeur qui rappelle à la fois celle de l’acide acétique et du beurre fort. 1] est soluble en toutes proportions dans l’eau, l’alcool et l’esprit de bois. Si l'on ajoute à sa solution aqueuse du chlorure de calcium, ou de l’acide chlorhydrique, l’acide butyrique s’en sépare et monte aussitôt à la surface du liquide.
L’acide butyrique a une saveur acide et brûlante ; il attaque et désorganise la peau comme les acides les plus énergiques. Un froid de — 20° ne le congèle pas ; il entre en ébullition vers 164°. Sa densité de vapeur est 3,09; la formule C8H703,H0 correspond à 4 volumes de vapeur d’acide butyrique. Il est à remarquer que la densité de vapeur de l’acide butyrique monohydraté , qui est 3,68 à 177°, diminue comme celle de l’acide acétique , avec l’élévation de température jusqu’à 260°, et qu’à partir de ce terme jusqu’à 330°, elle reste stationnaire. (M. Cahours.)
La densité de l’acide butyrique concentré, prise à 15°, est 0,963. Les mélanges d’eau et d’acide butyrique présentent, relativement à leur densité, des phénomènes du même ordre que ceux qui ont été observés avec l’acide acétique. La densité n’augmente pas en proportion de l’eau, et un mélange de 3 équivalents d’eau et de 1 équivalent d’acide butyrique présente sensiblement la même densité que celle de l’acide monohydraté.
L’acide butyrique concentré dissout certains corps gras neutres, tels que le suif, l’axonge et les huiles fixes (M. Barreswil).
Le chlore agit facilement sur l’acide butyrique ; il est absorbé en grande quantité par cet acide, et produit , indépendamment de l’acide chlorhydrique, plusieurs acides butyriques chlorés.
Le premier de ces acides chlorés est liquide et incolore, d’une odeur désagréable, analogue à celle de l’acide butyrique. Il a pour formule C8H5Cr203,H0. Sous la double influence d’un excès de chlore et de la radiation solaire, il donne naissance à un acide qui a pour composition C8HC1403,H0, et qui cristallise en prismes à base rhomboïdale, fusibles à 140°.
L’acide sulfurique attaque à peine l’acide butyrique.
Sous l’influence prolongée de l’acide azotique concentré et bouillant, l’acide butyrique se convertit en acide suecinique (M. Dessaignes).
Le perchlorure de phosphore transforme l’acide butyrique en chlorure de butyryle C8H702C1 (M. Gerhardt).
ACIDE BUTYRIQUE HYDRATE.
Étal naturel. — Mode de production.
L’acide butyrique existe dans la nature : les fruits du caroubier (Redtenbacher), de la saponaire, du tamarinier (de Gorup-Besanez), le suc laiteux de l’arbre de la vache (R. -F. Marchand) en renferment une certaine quantité.
Les réactions les plus différentes peuvent produire de l’acide butyrique hydraté. Cet acide se forme en effet :
Lorsqu’on chauffe le fromage, la fibrine, la gélatine avec un mélange de peroxyde de manganèse et d’acide sulfurique.
Quand on brûle le tabac : l’acide butyrique se retrouve dans la fumée à l’état de butyrate d’ammoniaque (M. Zeise).
Dans l’action de l’acide azotique sur l’acide oléique (M. Redtenbacher).
Par la fermentation spontanée de la fibrine (M. Würtz).
Lorsque le sucre ou le glucose sont mis en présence du caséum humide à la température de 30° environ : dans ce cas la matière sucrée, après s’être d’abord convertie en acide lactique, dégage de l’eau, de l’acide carbonique, et se transforme en acide butyrique.
Toutes les matières neutres qui fournissent de l’acide lactique peuvent être employées pour préparer l’acide butyrique : on en obtient avec le sucre incristallisable, le sucre de raisin, le sucre cristallisable, la dextrine, la lactine, l’amidon et la gomme arabique. On peut employer indistinctement comme ferments le caséum et les diverses espèces de fromages du commerce, le gluten, la fibrine (la viande), etc. Plusieurs plantes qui renferment un ferment azoté et une matière gommeuse ou sucrée, mises en contact avec de l’eau et de la craie, donnent lieu à la formation d’une quantité plus ou moins considérable d’acide butyrique. La racine de guimauve, l’oignon de lis, les semences de coing, peuvent être employés à préparer cet acide. Les blés avariés , dans lesquels il s’est établi une longue fermentation, produisent de l’acide butyrique mêlé à de l’acide valérianique (le prince L. Bonaparte). L’eau qui a été distillée sur du fromage de Limbourg contient un mélange d’acides butyrique, valérianique, caprique, caprylique et caproïque.
La fermentation spontanée du tartre brut donne aussi naissance à un mélange d’acides butyrique et acétique, ou, selon M. Nicklès, à un acide particulier dont la composition C12H1208 correspond à des équivalents égaux d’acides butyrique et acétique, et qui est identique avec l’acide métacétique.
Préparation.
L’acide butyrique, qu’on a pendant longtemps retiré des produits v. 29
COUPS GRAS
de la saponification du beurre, se prépare maintenant par la méthode de MM. Gélis et Pelouze.
On dissout dans l’eau 1 kilogramme de sucre d’amidon de manière à obtenir une liqueur marquant 8° à 10° à l’aréomètre de Baumé ; on y ajoute environ 500 grammes de craie et une quantité de fromage blanc ou de gluten représentant à l’état sec à peu près les 8 à 10 centièmes du poids du sucre. Le mélange est introduit dans un flacon et abandonné à lui-même dans un lieu chaud (la température étant de 20° à 40°). La liqueur ne tarde pas à perdre sa limpidité et à devenir visqueuse; elle acquiert une odeur de lait aigri. Il s’en dégage des gaz presque entièrement formés d’acide carbonique; des cristaux se forment peu à peu et nagent dans le liquide, et leur volume venant à augmenter, tout le mélange se prend en masse. Dans cette première phase de l’opération, dont la durée peut varier beaucoup, mais qui est généralement terminée au bout d’un mois, le produit dont la formation est la plus abondante est l’acide lactique: la masse cristalline dont il vient d’être question est due presque uniquement à du lactate de chaux; aussi peut-on se servir de ce procédé pour préparer de grandes quantités d’acide lactique.
Dans la seconde période de la fermentation, le mélange reprend, de la fluidité ; l’acide lactique se change en acide butyrique, en laissant dégager de l’acide carbonique et de l’hydrogène. Après un mois environ, tout dégagement de gaz cesse, et la dissolution ne contient plus pour ainsi dire que du butyrate de chaux. Une partie de ce sel trouble la transparence de la liqueur ou se dépose. A peine peut -on constater dans le mélange la présence d’une petite quantité d’acide acétique.
Pour extraire du butyrate de chaux l’acide butyrique monohydraté et pur, on décompose ce sel par l’acide chlorhydrique. Dans ce but, on débaie 1 kilogramme de butyrate de chaux dans 3 ou 4 kilogrammes d’eau à laquelle on ajoute 300 à 400 grammes d’acide chlorhydrique du commerce. On introduit ce mélange dans un appareil distillatoire, et on le soumet à l’ébullition que l’on maintient jusqu’à ce qu’on ait obtenu environ 1 kilogramme de liquide distillé : ce liquide est un mélange d’eau, d’acides butyrique et chlorhydrique , et d’une petite quantité d’acide acétique. On le met en contact avec du chlorure de calcium qui détermine la formation de deux liquides de densité différente. Celui qui se maintient à la partie supérieure est de l’acide butyrique ; on l’enlève avec une pipette ou bien on le décante : il est ensuite soumis à la distillation dans une cornue tubulée munie d’un thermomètre. Les premières parties qui passent à la distillation sont plus ou moins aqueuses ; on s’en sert pour préparer des buty rates ; on peut aussi les concentrer par une seconde distillation. Le point d’ébullition, d’abord peu élevé, monte assez rapidement vers 164°, où il se maintient stationnaire. C’est un indice que l’acide qui distille est désormais concentré. On le recueille à
BUTYRATES.
part en poussant la distillation jusqu’à ce que la cornue ne contienne plus qu’une petite quantité d’acide mêlé d’un peu de matière colorante, de chlorure de calcium et de butyrate de chaux. L’acide, maintenu pendant quelques instants en ébullition, est ainsi débarrassé de quelques traces d’acide chlorhydrique ; on le distille alors de nouveau et on l’obtient parfaitement pur.
BUTYRATES.
L’acide butyrique étant monobasique, les butyrates neutres ont pour formule générale : M0,C8H703.
Les butyrates bien desséchés sont inodores ; à l’état humide, ils répandent une odeur de beurre très prononcée. Lorsqu’on les met à la surface de l’eau, iis manifestent un mouvement giratoire.
La plupart des butyrates , soumis à la distillation, donnent de la butyrone.
lîutyrate «le potasse. K0,C8H703 (desséché). — Ce sel est cristallin, déliquescent et soluble dans l’eau. Quand on le distille avec son poids d’acide arsénieux, il fournit une huile noirâtre qui contient de l’arsenic et dont l’odeur rappelle celle du cacodyle (M. Wœhler).
Butyrate de soaade. NaG,C8ll703 (desséché). — ■ Le butyrate de soude présente une grande analogie avec le sel précédent .
Butyrate de baryte. Ba0,C8H703,2H0 et UEO. — Le butyrate de baryte cristallise avec des quantités d’eau variables : une dissolution aqueuse de ce sel, saturée à froid, le dépose sous la forme de prismes aplatis, qui sont fusibles à 100° et contiennent U équivalents d’eau de cristallisation.
Le même sel s’obtient avec deux équivalents d’eau par le refroidissement d’une dissolution aqueuse saturée à l’ébullition. (M. Chancel.)
Butyrate de strontiane. St0,C8H703 (desséché). — ~ Ce Sel est Cl’istallisable, fusible et soluble dans 3 parties d’eau froide.
Butyrate de ciiaux. Ca0,C8H703 (à lâOu). — Le butyrate de chaux présente l’aspect d’aiguilles incolores, qui sont fusibles et perdent leur eau de cristallisation à 1U0°.
Ce sel est beaucoup plus soluble dans l’eau à froid qu’à une température élevée ; il se précipite presque en totalité lorsqu’on soumet à l’ébullition sa dissolution aqueuse.
Butyrate «ic magnésie. MgO,C8H7G3,5HO. *— Le butyrate de magnésie
CORPS GRAS
cristallise en lamelles brillantes , qui sont très solubles dans l’eau et deviennent anhydres par la dessiccation.
Butyrate de peroxyde de fer. — Ce sel se produit quand on abandonne à lui-même, dans un flacon mal bouché, un mélange de gomme arabique, de fer, de sulfate de chaux et d’eau. Il est mélangé d’acétate et d’oxyde de fer. (M. Chevreul.)
Butyrate de sine. Zn0,C8H703 (desséché). — Le butyrate de zinc cristallise en paillettes incolores, d’un éclat nacré. Ce sel, soumis à l'action d’une chaleur graduellement croissante, fond à 100°, dégage ensuite des vapeurs acides, et finit par se sublimer en partie à l’état anhydre.
Le sel anhydre est blanc, gras au toucher, soluble à froid dans l’eau, et fusible à 160°.
La dissolution aqueuse de butyrate de zinc anhydre, portée à l’ébullition, perd de l’acide butyrique, et laisse déposer un sous-sel insoluble (M. Larocque).
Butyrate de plomb. Pb0,C8H703 (desséché). — L’aspect sous lequel se présente le butyrate de plomb varie avec la méthode qu’on a employée pour préparer ce sel.
Lorsqu’on traite de l’oxyde de plomb hydraté par une dissolution aqueuse d’acide butyrique , et qu’après avoir placé la liqueur filtrée au-dessus d’un vase contenant de l’acide sulfurique concentré, on recouvre le tout d'une cloche, le butyrate de plomb se dépose au bout de quelque temps en fines paillettes d’un éclat soyeux.
Le même sel se précipite à l’état huileux quand on verse de l’acide butyrique dans une dissolution d’acétate de plomb.
Butyrate de plomb basique. (Pb0)3,C8H703 (desséché). — Ce SOUSsel est le précipité blanc que produisent les butyrates à base d’alcali dans le sous-acétate de plomb.
Butyrate de cuivre. Cu0,C8H703,2H0. — Le butyrate de cuivre est d’un vert foncé, peu soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool d’où il cristallise en prismes obliques à base rhomboïdale. Ce sel, chauffe à 150°, se décompose en acide butyrique très pur et monohydraté qui distille accompagné d’une certaine quantité de gaz, et en un résidu de cuivre métallique mêlé de charbon. 100 parties de butyrate de cuivre anhydre (Cu0,C8H703) donnent 60 parties d’acide butyrique monohydraté. (M. Chancel.)
ETHER BUTYRIQUE. 453
Butyrate de protoxyde de mercure. — Le butyrate de protoxyde de mercure est cristallin. On le prépare en mélangeant deux dissolutions, l’une de butyrate de potasse, l’autre d’azotate de protoxyde de mercure,
Butyrate d’argent. Ag0,C8H703. — Ce sel forme des lamelles brillantes, peu solubles dans l’eau. On l’obtient en précipitant l’azotate d’argent par le butyrate de potasse.
ÉTHER BUTYRIQUE. C12II1204 = C4H50,C8H703.
Parmi les propriétés les plus remarquables de l’acide butyrique, on peut surtout citer la facilité et la rapidité avec lesquelles cet acide produit de l’éther par son contact avec l’alcool et l’acide sulfurique. Lorsqu’on mêle, par exemple, 100 grammes d’acide butyrique avec 100 grammes d’alcool et 50 grammes d’acide sulfurique concentré, le mélange s’échauffe et se sépare immédiatement en deux liquides d’inégale densité. Le plus léger est composé presque uniquement d’éther butyrique dont le poids est à peu près égal à celui de l’acide butyrique employé.
La présence d’une proportion d’eau, même considérable, n’apporte aucun obstacle à l’éthérification de l’acide butyrique, et l’acide sulfurique étendu de plus de son poids d’eau détermine, aussi bien que le même acide concentré, la production de l’éther butyrique dans un mélange d’alcool et d’acide butyrique.
L’intervention de l’acide sulfurique n’est pas indispensable à la formation de l’éther butyrique. Ce composé prend directement naissance par l’action de l’acide butyrique sur l’alcool, sous la seule influence de la chaleur.
Pour purifier l’éther butyrique, il suffit de le laver avec de l’eau et de le distiller sur du chlorure de calcium.
L’étlier butyrique est liquide, incolore, mobile, très inflammable, peu soluble dans l’eau, mais très soluble dans l’alcool et l’esprit de bois. Il bout vers 110°. Son odeur se rapproche de celle de l’ananas. Sa densité de vapeur est 4, 04. La formule C4H50,C8H7G3 représente 4 volumes de vapeur d’éther butyrique.
CORPS GRAS
BUTYRATE DE MÉTHYLÈNE. C2H30,C8H703.
Cet éther est liquide, incolore, inflammable, d’une odeur éthérée particulière ; il bout à 102°. Sa densité de vapeur est 3,52. La formule C2H30,C8H703 représente k volumes de vapeur de butyrate de méthylène.
L’éther butyrique de l’esprit de bois se prépare avec la même facilité que celui de l’alcool.
BUTYRINE.
La facilité avec laquelle l’acide butyrique éthérifie l’alcool et l’esprit de bois, sous l’influence de l’acide sulfurique ou de l’acide chlorhydrique, permettait de croire que cet acide produirait des phénomènes analogues avec la glycérine. En effet, lorsqu’après avoir fait passer un courant de gaz acide chlorhydrique dans un mélange de glycérine et d’acide butyrique, on mêle le liquide qui en résulte avec de l’eau , celle-ci en sépare une matière grasse, à peine soluble dans l’eau, soluble dans l’éther et dans l’alcool, que les alcalis hydratés transforment lentement en acide butyrique et en glycérine. Cette matière paraît identique avec celle que M. Chevreul a découverte dans le beurre et à laquelle il a donné le nom de butyrine. Toutefois elle retient avec opiniâtreté une petite quantité de l’acide chlorhydrique ou sulfurique qui a servi à sa préparation (Gélis et Pelouze).
L’acide butyrique forme ainsi avec la glycérine les 7 ou 8 dixièmes de son poids de matière grasse.
BUTYRAMIDE. C8H9Az02.
Az
L’éther butyrique mêlé à l’ammoniaque liquide s’y dissout peu à peu par l’agitation : le mélange, réduit par l’évaporation au tiers de son volume
BUTYRONE.
primitif, donne par le refroidissement de larges lames incolores et transparentes de butyramide C8H9Az02. Cette substance ne diffère du butyrate d’ammoniaque AzH3,IIO,C8H7()3, que par les éléments de 2 équivalents d’eau. Elle se comporte comme une amide. Les alcalis et les acides hydratés la transforment facilement en acide butyrique et en ammoniaque.
(M. Ch ANCEL.)
BUTYRONITRILE. C8H7Az.
Az
Cette substance, qu’on appelle aussi cyanhydrate de métacétène, est un liquide huileux, d’une odeur agréable, aromatique, rappelant un peu celle de l’essence d’amandes amères. Sa densité est 0,795. 11 bout à 110°, 5.
On l’obtient : 1° en distillant de la butyramide ou du butyrate d’ammoniaque avec de l’acide phosphorique anhydre ; 2° en faisant passer du butyrate d’ammoniaque sur de la chaux ou de la baryte à une température rouge ; 3° en traitant la butyramide par le perchlorure de phosphore.
BUTYRONE. C14ii1402.
Le butyrate de chaux se décompose par la chaleur en acide carbonique qui reste uni à la chaux, et en butyrone Cl4H14G2. Cette substance est liquide, incolore, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et dans l’éther, d’une odeur pénétrante, d’une densité de 0,83. Elle entre en ébullition vers 144°. Sa densité de vapeur est 3,99. La formule C14H14Ü2 correspond à 4 volumes de vapeur de butyrone. La butyrone est à l’acide butyrique ce qu’est l’acétone à l’acide acétique.
COUPS CHAS
BUTYRAL, OU BUTYRALDÉHYDE. C8H802.
Le butyral , ou aldéhyde butyrique , est un liquide volatil, d’une odeur vive et pénétrante, particulièrement caractérisé par la propriété de se, transformer en acide butyrique sous l’influence de l’air et des corps oxydants, tels que l’acide chromique et l’oxyde d’argent. 11 a pour composition C8H802. En se combinant avec 2 équivalents d’oxygène, le butyral produit 1 équivalent d’acide butyrique monohydraté , comme l’indique l’équation :
L’acide sulfurique se comporte comme un corps oxydant relativement au butyral, et le convertit en acide butyrique :
C8I18Û2 + 2S03 = C8fl703,H0 + 2S02.
Le butyral se produit dans la distillation sèche des butyrates. On le trouve ordinairement mélangé avec la butyrone : ces deux corps ayant des points d’ébullition très différents, 95° et 114°, peuvent être séparés facilement.
Le butyral donne, avec le perchlorure de phosphore, une substance particulière nommée butyrène chloré , et qui a pour formule : C8H7C1 = 4 volumes. (M. Chancel.)
Action du clilore sur le butyral.
Le chlore enlève successivement au butyral 1, 2, 4 équivalents d’hydrogène, et donne :
1° Le butyral monochloré C8H7C102, composé liquide, incolore, plus dense que l’eau, d’une odeur pénétrante, soluble en toutes proportions dans l’alcool et dans l’éther. Il bout à 141° et distille sans altération. On le prépare en faisant passer pendant deux heures environ, à la lumière diffuse, un courant de chlore sec dans le butyral.
2° Le butyral bichloré C8H6C1202, composé huileux, bouillant vers 200°, que l’on produit en faisant réagir pendant trois heures, sous l’influence de l’insolation directe, le chlore gazeux sur le butyral.
3° Le butyral quadrichlorê C8H4C1402, liquide, visqueux, très dense,