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BEURRE

La composition du beurre paraît être très complexe. M. Chevreul a

ACIDE CAPROÏQUE ANHYDRE. 439

démontré que ce corps contient cinq substances neutres, qui sont Y oléine, la margarine , la butyrine , la caprine et la caproïne.

Ces corps gras, traités par les alcalis, se saponifient et se transforment en acides oléique, margarique, butyrique, caprique et caproïque.

Les acides caprique, caproïque et butyrique sont volatils et peuvent être séparés des acides oléique et margarique par la distillation. En profitant des différences de solubilité des sels de baryte formés par les acides volatils du beurre, on est parvenu à séparer ces différents acides les uns des autres. (M. Chevreul.)

Le beurre lavé à l’eau chaude, refroidi et comprimé, donne, par des cristallisations successives dans un mélange d’alcool et d’éther, une matière fusible à à8°, qui présente les caractères de la margarine (Broméis). Le corps gras liquide retiré du beurre par la compression est presque entièrement formé d’une substance différente de l’oléine et que la saponification transforme en glycérine et en un nouvel acide, Y acide oléobutyrique , ayant pour formule C3ffb0O4,HO.

L’acide oléobutyrique présente quelque analogie avec l’acide oléique, mais il s’en distingue en ce que les produits de sa distillation ne contiennent pas d’acide sébacique.

La proportion relative des principes immédiats du beurre varie sans doute dans quelques circonstances; toutefois on assigne au beurre la composition suivante :

Margarine 68

Butyroléine 30

Butyrine , caprine et caproïne .... 2

(M. Broméis).

Le beurre est une des matières grasses les plus riches en margarine, mais il ne parait pas contenir de stéarine. Les beurres rances servent quelquefois à la fabrication des bougies.

Le savon de beurre, distillé avec un excès d’acide chlorhydrique ou sulfurique faible, fournit jusqu’à cinq acides volatils, qui sont les acides butyrique , caproïque , caprique , caprylique et vaccinique. Ce dernier acide paraît remplacer, dans quelques circonstances, les acides butyrique et caproïque. ( M. Lerch.)

ACIDE CAPROÏQUE ANHYDRE. C12H,l03.

Cet acide est huileux, d’une odeur désagréable, plus leger que l’eau.

CORPS GRAS

et neutre aux réactifs colorés. Il s’hvdrate rapidement au contact de l’air humide. On l’obtient en faisant réagir l’oxychlorure de phosphore sur le caproate de baryte desséché. (M. Chiozza.)

ACIDE CAPROÏQUE HYDRATÉ. Cl2H1103,HO.

HO

Cet acide a été découvert en 1818, par M. Chevreul, parmi les produits de la saponification du beurre.

L’acide caproïque hydraté est fluide, très inflammable, d’une densité qui, à 26°, est égale à 0,922. Son odeur rappelle à la fois celle de l’acide acétique faible et celle de la sueur. Il a une saveur acide piquante et un arrière-goût douceâtre très prononcé. Les parties de la langue sur lesquelles on l’applique blanchissent. L’eau à 70° dissout la soixanteseizième partie de son poids d’acide caproïque. 11 est soluble en toutes proportions dans l’alcool et l’éther. 11 bout vers 200° et distille sans subir d’altération. Les acides sulfurique et azotique ne le décomposent pas à froid.

Préparation.

Le beurre, renfermant diverses substances grasses qui donnent seulement des acides fixes par la saponification et plusieurs matières caséeuses, doit être, lorsqu’on veut s’en servir pour préparer l’acide caproïque, purifié de la manière suivante :

Après l’avoir maintenu quelque temps en fusion à 60° , pour que les matières caséeuses qui sont plus denses tombent au fond du vase, on décante la partie liquide dans un autre vase contenant de l’eau à à0° avec laquelle on agite le beurre plusieurs fois. Lorsque la température s’est abaissée jusqu’à 19°, la margarine se solidifie, tandis que la butyrine, la caprine et la caproïne, restant encore à l’état liquide, peuvent être séparées par décantation et saponifiées par h parties de potasse. On décompose le savon ainsi obtenu par une dissolution aqueuse d’acide tartrique, et l’on distille le tout jusqu’à ce' que l’eau qui passe dans le récipient ne soit plus acide. Le liquide distillé est neutralisé par de la baryte, et évaporé à sec au bain-marie. Il laisse un résidu formé de

CAPROATES.

butyrate, de caproate, de caprate et de caprylate de baryte : deux de ces sels (le caproate et le butyrate) sont très solubles dans l’eau, les deux autres le sont fort peu ; en traitant le mélange par 5 ou 6 parties d’eau bouillante, on dissout le caproate et le butyrate de baryte. La dissolution, abandonnée à l’évaporation spontanée , dépose des aiguilles de caproate de baryte. Ce sel, exprimé dans des doubles de papier, est soumis à des cristallisations réitérées, afin de le débarrasser complètement du butyrate. On le place ensuite dans un vase avec de l’acide sulfurique étendu de son poids d’eau. 11 se produit du sulfate de baryte, et l’acide caproïque, mis en liberté, se rend à la surface du mélange sous la lorme d’une huile. On dessèche cet acide sur du chlorure de calcium, puis on le rectifie par la distillation. (M. Chevreul.)

Les acides volatils provenant de la saponification du beurre de coco, ceux qui se produisent dans l’oxydation ou la distillation de l’acide oléique, contiennent de l’acide caproïque, et peuvent servir également à la préparation de cet acide.

CAPROATES.

L’acide caproïque est monobasique ; les caproates ont pour formule générale MOjC^H^O3.

Tous les caproates traités par l’acide sulfurique étendu donnent de l’acide caproïque, facilement reconnaissable à son odeur.

Nous examinerons seulement les caproates les plus connus.

Caproate de potasse. KO, C12!!1^)3 (à 100°). — Ce sel est gélatineux et soluble dans l’eau. Il se décompose, sous l’influence d’un courant électrique, en divers produits, parmi lesquels se trouve l’amyle C1ÜH 11 (MM. Brazier et Gossleth).

On obtient le caproate de potasse en abandonnant à l’évaporation spontanée une dissolution d’acide caproïque, qui a été neutralisée par du carbonate de potasse.

Caproate de soude. NaOjC^H^O3 (à 100°). — Ce sel est blanc. On le prépare comme le précédent.

Caproate de baryte. Ba0,C12Hu03. — Le caproate de baryte cristallise sous deux formes différentes. On l’obtient en aiguilles brillantes et anhydres quand, on évapore sa dissolution à 30° ; tandis qu’il se dépose en lamelles hexagonales lorsqu’on abandonne cette dissolution à l’évaporation spontanée. Les derniers cristaux deviennent rapidement opaques au contact de l’air.

Le perchlorure de phosphore, en agissant sur le caproate de baryte, donne naissance à de l’acide caproïque anhydre (M. Ghiozza).

COUPS GH AS

Les caproates de strontiane et de chaux sont cristallisables, fusibles et solubles dans l’eau.

Caproate d’argent* Ag0,C12H1103. — Ce sel est blanc et peu soluble dans l’eau.

ÉTHER CAPROÏQÜE. C16H1604 = C4H50,C12H1I03.

L’éther caproïque est huileux, limpide, d’une odeur d’ananas, d’une densité égale à 0,882. Il bout à 120° ; la densité de sa vapeur est Zt, 965. On le prépare en soumettant à la distillation un mélange formé d’alcool, de caproate de baryte et d’acide sulfurique. (M. Lerch.)

CAPROATE DE MÉTHYLÈNE. C14Hl404 = G2H30,C12H1,03.

Le caproate de méthylène, ou éther caproï(jue de l’esprit de bois, est oléagineux, d’une odeur particulière, qui rappelle celle de l’acide caproïque. Sa densité, prise à 18°, est égale à 0,897. Il bout à 150°. On l’obtient en chauffant légèrement un mélange formé de 2 parties d’acide caproïque, dissoutes dans 2 parties d’esprit de bois et de 1 partie d’acide sulfurique concentré. (M. Fehling.)

CAPROATE D’AMYLÈNE. C22H2204 = C^H^CLC12!!11!)3.

Cet éther est liquide, soluble dans l’alcool, dans l’éther, et insoluble dans l’eau. Il bout à 211°.

Pour l’obtenir, il suffit de distiller 3 parties de sulfamylate de potasse avec 1 partie de cyanure de potassium, de recueillir seulement les produits qui passent à la distillation entre 130" et 150°, et de les neutraliser

ACIDE CAPRIQUE. ^

par le carbonate de potasse. Le caproate d’amylène se sépare alors à l’état huileux. Après l’avoir desséché sur du chlorure de calcium, on le rectifie jusqu’à ce que son point d’ébullition soit devenu constant.

(MM. Brazier et Gossleth.)

ACIDE CAPRIQUE. C20H19O3,HO.

HO

L’acide caprique, découvert par M. Chevreul dans les produits de la saponification du beurre, se rencontre aussi parmi les acides qui proviennent de l’oxydation de l’acide oléique par l’acide azotique (Redtenbacher). L’eau, distillée sur du fromage de Limbourg, contient une petite quantité d’acide caprique mêlé d’acides caproïque, caprylique et valérianique. L’essence de rue, traitée par l’acide azotique, se transforme en acide caprique (M. Gerhardt).

Cet acide diffère de l’acide caproïque en ce qu’il est solide jusqu’à 118°. 11 cristallise en aiguilles incolores, d’une légère odeur de bouc, d’une saveur acide et brûlante. 11 est presque insoluble dans l’eau et soluble en toutes proportions dans l’alcool. Son point d’ébullition est plus élevé que celui des autres acides volatils du beurre. On ne peut distiller l’acide caprique sans qu’il subisse une décomposition partielle.

Lorsque, dans la préparation de l’acide caproïque, le caproate et le butyrate de baryte ont été enlevés par dissolution, il reste du caprylate et du caprate de la même base, dont il est facile d’opérer la séparation. On reprend ces deux sels par l’eau bouillante ; la liqueur filtrée dépose en se refroidissant des lamelles brillantes de caprate de baryte. Les eaux mères de ces cristaux retiennent le caprylate. En décomposant alors le caprate de baryte par l’acide sulfurique, on obtient l’acide caprique (M. Lercli).

CAPRATES.

Les caprates ont pour formule générale : MO,C20Hl9O3.

Les sels à base d’alcali, formés par l’acide caprique, paraissent fort solubles dans l’eau. Les autres caprates sont insolubles ou peu solubles.

Parmi les divers caprates, le sel de baryte seul présente de l’intérêt. Il cristallise en aiguilles prismatiques, qui sont assez solubles dans l’eau et l’alcool bouillants, et peu solubles à froid dans les mêmes dissolvants : le caprate de baryte exige 200 parties d’eau froide pour se dissoudre.

CORPS GRAS

kkU

Cette dissolution se décompose spontanément à la longue, laisse déposer du carbonate de baryte coloré en jaune par une matière organique et répand une odeur de fromage de Roquefort qui se dissipe par l’ébullition du liquide.

Le caprate de strontiane est aussi peu soluble que le sel de baryte. ÉTHER CAPRIQUE. C24H2404 = G4H5O,C20H19O3.

L’éther caprique est liquide, huileux, d’une densité égale à 0,862, insoluble dans l'eau, soluble dans l’alcool et l’éther.

L’ammoniaque le transforme en capramide C20H21AzO2.

Pour obtenir l’éther caprique, on fait passer jusqu’à saturation un courant de gaz acide chlorhydrique à travers une dissolution d’acide caprique dans l’alcool absolu, puis on ajoute de l’eau dans la liqueur. L’éther caprique se sépare alors sous la forme de gouttelettes huileuses.

ACIDE CAPRYLIQUE AÎVHYDRE. Cl6H1503.

Cet acide est oléagineux, limpide, d’une odeur désagréable. Il se solidifie lorsqu’on le place dans un mélange de glace et de sel, et ne reprend sa fluidité qu’à quelques degrés au-dessous de 0°.

L’acide caprylique anhydre se décompose en partie par la distillation. Il est combustible et brûle avec une flamme éclairante. L’eau bouillante ne paraît pas l’altérer, et cependant il s’hydrate au contact de l’air humide. L'aniline le convertit eu une substance cristallisable encore peu connue (M. Chiozza.)

Pour obtenir l’acide caprylique anhydre, il faut faire réagir de l’oxychlorure de phosphore sur du c-aprylate de baryte bien sec, traiter la masse pâteuse qui s’est formée par de l’éther pur, agiter l’extrait éthéré avec une dissolution de potasse, le dessécher sur du chlorure de calcium et l’évaporer ensuite au bain-marie ; il laisse l’acide caprylique anhydre pour résidu. (M. Chiozza.)

CAPRYLATES.

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