INDIGO BLANC
fermentation qui détermine la séparation d’une écume d’un bleu cuivré ; on soutire alors la liqueur dans une cuve où se trouve une roue à palettes; la liqueur laisse déposer, sous l’influence de l’air, une grande quantité d’indigo bleu qui augmente encore par l’addition de la chaux ; on jette l’indigo sur des toiles et on le comprime en pains de 95 grammes environ.
On trouve dans le commerce des indigos qui portent des noms différents, selon leur pureté et les soins apportés dans leur préparation : le plus estimé est Y indigo flore de Guatimala ; il est plus léger que l’eau, et contient h5 pour 100 d’indigo pur. (M. Chevreul,)
Pour préparer l’indigotine, on soumet l’indigo du commerce à la distillation : l’indigotine se volatilise et forme des aiguilles d’un bleu pourpré présentant la forme de prismes à six pans. On peut encore obtenir l’indigotine pure en introduisant dans un grand flacon bouché à l’émeri 20 grammes d’indigo pulvérisé qu’on mêle avec 200 grammes d’une dissolution concentrée de soude; on ajoute au mélange de l’alcool à 75° saturé de glucose, de manière à remplir entièrement le flacon. L’indigo se dissout peu à peu en se transformant en indigo blanc : on décante la liqueur claire et on l’expose à l’air ; bientôt l’indigo blanc s’oxyde et se change en indigotine qui forme un dépôt cristallin qu’on lave à l’alcool, puis à l’eau.
180 grammes d’indigo du commerce ont donné par cette méthode 60 grammes d’indigotine. (M. Fkitzsche.)
ACTION MS CORPS DÉSOX1TDANTS SUR X.TNDXGO.
INDIGO BLANC. C16H6Az02.
. . . . /4,5Zi
Az
La composition de l’indigo blanc a été déterminée par M. Dumas. On voit que l’indigo blanc ne diffère de l’indigo bleu que par 1 équivalent d’hydrogène qu’il contient en plus : aussi, sous l’influence de l’oxygène, l’indigo blanc peut-il régénérer facilement l’indigo bleu :
Cî6H6Az02 -f O = C16ll5Az02 + HO.
Indigo blanc. Indigo bleu.
MATIERES COLORAMES.
Propriétés.
L’indigo blanc est solide, cristallin, soyeux, plus dense que l’eau, inodore, insipide, sans action sur le tournesol, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et l’éther. L’acide sulfurique fumant le dissout en se colorant en pourpre. L’acide azotique le colore d’abord en bleu et le décompose ensuite.
Il se combine avec l’ammoniaque, la potasse, la soude, la baryte, la chaux, la magnésie, et forme avec ces bases des sels solubles dans l’eau, qui sont jaunes et que l'air bleuit avec une grande facilité ; les sels de peroxyde de fer, de peroxyde de mercure, de cuivre, d’argent et d’or, transforment l’indigo blanc en indigo bleu.
L’indigo blanc peut être considéré comme un acide très faible ; car tous les acides, même l’acide carbonique, le séparent de ses combinaisons avec les bases.
Préparation.
Pour obtenir l’indigo blanc, on place dans un petit tonneau d’environ 100 litres de capacité 1 demi-kilogramme d’indigo, 1 kilogramme de sulfate de fer et 1 kilogramme et demi de chaux ; le tonneau est ensuite rempli d’eau chaude, on l’agite et on le ferme hermétiquement. Au bout de deux jours, le protoxyde de fer éliminé par la chaux a transformé complètement l’indigo bleu en indigo blanc ; on siphone la liqueur claire dans un flacon contenant du gaz acide carbonique, et dans l’eau contenant assez d’acide chlorhydrique et d’acide sulfureux pour sursaturer la chaux. Au contact des deux liquides l’indigo blanc se précipite en flocons qu’on lave promptement, d’abord avec de l’eau saturée d’acide sulfureux, et ensuite avec de l’eau pure ; on dessèche ensuite l’indigo blanc sous le récipient de la machine pneumatique en rendant, au lieu d’air, de l’acide carbonique ou de l’hydrogène. ( M. Dumas. )