‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 4)Chapitre 222 sur 300 · KO,C38H · texte numérisé non relu

KO,C38H

Ba0,C38[P6013,

Cu0,C38H16013.

Lorsqu’on soumet l’acide usnique à la distillation sèche, on obtient des cristaux jaunes, et une liqueur brune, résineuse, qui passe dans le récipient. Cette liqueur, traitée par l’eau bouillante, donne une nouvelle quantité d’une substance identique avec les cristaux qui se sont sublimés. On purifie les cristaux par l’expression entre des feuilles de papier. Ils constituent la bêta-orcine C38H24G10 (M. Stenhouse).

La bêta-orcine se distingue de l’orcine ordinaire par la forme de ses cristaux, qui sont des prismes terminés par des pyramides tronquées elles-mêmes par de nombreuses facettes. Elle n’est pas aussi soluble dans l’eau froide que l’orcine ordinaire ; elle est soluble dans l’eau bouillante, dans l’alcool et dans l’éther.

La bêta-orcine est neutre aux papiers réactifs ; sa saveur est légèrement sucrée; elle se sublime sans laisser de résidu. Avec l’ammoniaque, la bêta-orcine se colore promptement en rouge de sang. La bêta-orcine forme, avec la potasse caustique ou le carbonate de potasse, une matière colorante pourpre d’une teinte très riche ; elle précipite en blanc le sousacétate de plomb. Le chlorure de chaux produit, avec la bêta-orcine, une coloration d’un rouge de sang, tandis que l’orcine ordinaire donne une coloration d’un rouge violet. A 100°, les cristaux de bêta-orcine perdent de l’eau sans se fondre.

MATIERES COLORANTES

ACIDE ÉRYTHROLÉIQUE. — AZO-ÉRYTHRINE.

L’orseille du commerce contient, outre l’orcéine, deux autres matières, Y acide érythroléique et Y azo-érythrine .

L’azo-érythrine est insoluble dans l’eau, dans l’alcool et dans l’éther : soluble dans les alcalis, qu’elle colore en rouge vineux.

L’acide érythroléique est soluble dans l’alcool et dans l’éther, presque insoluble dans l’eau, soluble dans les liqueurs alcalines : il est d’une couleur pourpre. (M. Kane.)

ACIDE CÉTRARIQUE. — ACIDE LICHENSTÉARIQUE.

MM. Knop et Schnedermann ont trouvé deux acides particuliers dans le lichen d’Islande.

L 'acide cétrarique C34H16015 se présente en aiguilles extrêmement ténues, d’un blanc éclatant, d’une saveur franchement amère, presque insolubles dans l’eau, peu solubles dans l’éther et très solubles dans l’alcool bouillant.

L 'acide lichenstéarique C29H'2506est un acide gras inodore, d’une saveur âcre, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, surtout à chaud. Il fond à 120° et donne une huile limpide qui se concrète par le refroidissement en une masse cristalline.

Pour obtenir ces deux acides, on traite pendant quinze minutes environ le lichen d’Islande par un mélange bouillant d’alcool concentré et de carbonate de potasse (15 grammes de carbonate par chaque kilogramme d’alcool). Il se forme du cétrarate et du lichenstéarate de potasse qui sont solubles dans l’alcool. La liqueur, étant filtrée et additionnée d’acide chlorhydrique, laisse déposer de l’acide lichenstéarique, de l’acide cétrarique et une matière verte peu connue. En traitant ce mélange par 8 à 10 fois son poids d’alcool étendu et bouillant, on enlève la presque totalité de l’acide lichenstéarique qui se dépose, par le refroidissement de la dissolution, sous la forme de tables quadrangulaires obliques. On purifie l’acide lichenstéarique en le faisant cristalliser d’abord dans l’huile de naphte et ensuite dans l’alcool.

L’acide cétrarique compose en majeure partie le résidu insoluble dans l’alcool faible qui a servi à extraire l’acide lichenstéarique. Pour isoler l’acide cétrarique, il faut laver plusieurs fois ce résidu avec de l’éther dans lequel on a ajouté une huile essentielle qui enlève de la matière verte; on le fait ensuite bouillir avec de l’alcool concentré : l’acide cétrarique se dissout et cristallise par le refroidissement de l’alcool en aiguilles fines et ténues. On décolore ces cristaux par le noir animal, puis on achève de les purifier en les reprenant par la potasse : les substances

étrangères avec lesquelles ils sont mélangés ne se dissolvent pas dans cette base. Le sel de potasse , décomposé par l’acide chlorhydrique, donne l’acide cétrarique.

Le tournesol, qui est employé par les chimistes pour constater la présence des acides et des bases, se forme , comme nous l’avons dit, dans l’action de l’oxygène et de l’ammoniaque sur les lichens. Les corps qui se trouvent dans le tournesol paraissent résulter d’une action prolongée de l’oxygène et de l’ammoniaque sur l’orcine; car on n’y retrouve plus d’acides lécanorique et érythrique, ni même d’orcéine.

M. R. Kane, qui a publié un travail fort étendu sur les matières colorantes que l’on peut extraire du tournesol , admet que le tournesol en pain contient les matières colorantes suivantes :

Azolitmine C18ü10AzO10.

Spaniolitmine C18H7Ol6.

Érythroléine C2till2204.

Érytlirolitmine C28ü23018.

V azolitmine constitue en grande partie le tournesol ; elle est azotée.

Pour isoler ces diverses substances , on épuise le tournesol du commerce par l’eau bouillante ; la liqueur bleue, ainsi obtenue, renferme la spaniolitmine et une très petite quantité d’ azolitmine . Le résidu insoluble est délayé dans l’eau et traité par l’acide chlorhydrique en faible excès, 11 se produit alors des flocons d’un beau rouge qu’on lave et qu’on dessèche soigneusement. Ces flocons sont mis ensuite en ébullition avec de l’alcool qu’on renouvelle jusqu’à ce que cet agent ait enlevé toutes les parties qu’il peut dissoudre. On évapore à sec les extraits alcooliques et l’on fait digérer le nouveau résidu avec de l’éther bouillant. Ce dissolvant enlève l 'érythroléine. Xi érythrolitmine reste à l’état insoluble. Le corps qui a résisté en grande partie à l’action de l’eau, complètement à celles de l’alcool et de l’éther, est X azolitmine. (M. R. Kane.)

Les substances que l’on extrait du tournesol sont rouges, mais elles bleuissent sous l’influence des alcalis, de la chaux, de l’ammoniaque, etc. Lorsqu’on sature ces bases par un acide , les matières colorantes reprennent leur couleur rouge naturelle.

Le tournesol a été soumis récemment à une nouvelle analyse : en employant des procédés différents de ceux de M. R. Kane, on a pu retirer du tournesol des corps nouveaux.

Les pains de tournesol réduits en poudre sont épuisés par l’eau. On traite par le résidu une dissolution bouillante de potasse ou de soude caustique,

MATIERES COLORANTES

et après avoir réuni dans un même vase les extraits ainsi obtenus, on y ajoute de l’acétate de plomb dissous. La liqueur se décolore entièrement et il se forme un précipité bleu. On lave ce précipité par décantation jusqu’à ce que les eaux de lavage commencent à prendre une teinte bleuâtre et on le met en suspension dans de l’eau où l’on fait passer à refus un courant d’hydrogène sulfuré. Le mélange est ensuite exposé au contact de l’air afin que l’excès d’acide sulfhvdrique se dégage, puis jeté sur un filtre qui retient le sulfure de plomb et les matières colorantes. La propriété que présentent ces dernières de se dissoudre dans l’ammoniaque permet de les séparer du sulfure métallique. En traitant la masse par de l’eau ammoniacale et additionnant la solution d’acide chlorhydrique ou d’acide sulfurique, on obtient de nombreux flocons rouges qu’on recueille sur un fdtre. La liqueur filtrée ne renferme plus qu’une matière colorante brune qui n’existe qu’en fort petite quantité dans le tournesol. Les flocons rouges épuisés par l’éther cèdent à ce dissolvant un corps cristallin d’un rouge éclatant. La partie insoluble dans l’éther cède à l’alcool un produit d’un rouge pourpre à reflets dorés : c’est la matière colorante la plus abondante dans le tournesol. Le résidu qui ne s’est dissous ni dans l’eau, ni dans l’alcool, ni dans l’éther, est formé par une substance soluble dans les alcalis et précipitable de ses dissolutions alcalines par les acides. (M. Gélis.)

On donne le nom de tournesol en drapeaux à des lambeaux de toile qui sont imprégnés d’une matière colorante bleue qu’on obtient au moyen de la morelle. Cette matière colorante est tout à fait distincte de celle obtenue avec les lichens ; elle rougit bien par les acides, mais n’est pas ramenée au bleu par l’ammoniaque.

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