C32H14014 + 2HO = (GO2)4 4- (C,4H
Acide lécanorique. Orcine.
Sous l’influence de l’alcool , il se transforme à chaud en éther lécanorique (C4H50)2,C32H14014. Cet éther , obtenu depuis longtemps par M. Heeren en faisant bouillir l’érythrine avec de l’alcool, avait été appelé pseudérythrine. L’éther lécanorique est très soluble dans l’éther et dans l’alcool ; sa solution est neutre au papier. 11 est fusible et peut être sublimé sans décomposition. Bouilli avec les alcalis, il dégage de l’alcool et de l’orcine.
M. Schunck a produit, avec l’esprit de bois, un éther correspondant au précédent, mais plus soluble dans l’eau.
Les lécanorates, dissous dans l’eau ou l’alcool, se décomposent, à chaud, en orcine et en acide orcellique. Le lécanorate de baryte (Ba0)2,C34Hl4014 est cristallisable.
Préparation.
L’acide lécanorique s’obtient en traitant le Lecanora parella par l’éther ; cet acide se dépose de la dissolution éthérée à l’état cristallin. On le purifie en le faisant dissoudre et cristalliser dans l’alcool.
PICKü-ERYTHKLNE.
ACIDE ÊRYTHRIQUE.
h' acide êrythrique C40H22O20 a été découvert par M. Schunck.
Propriétés.
Cet acide est blanc, cristallin, inodore, insipide, peu soluble dans l’eau (1 partie d’acide êrythrique exige 240 parties d’eau bouillante pour se dissoudre), assez soluble dans l’alcool, l’éther et les alcalis. La dissolution ammoniacale d’acide êrythrique rougit au contact de l’air ; elle précipite en blanc l’azotate d’argent.
Lorsqu’on maintient quelque temps en ébullition une dissolution d’acide êrythrique saturée par la chaux ou la baryte , il se forme de la picroérythrine et un acide particulier, l’ acide érytfir inique. (M. Stenhouse.)
Le perchlorure de fer fait prendre à la dissolution alcoolique d’acide êrythrique une teinte d’un rouge pourpre foncé qui passe au jaune par une addition d’ammoniaque dans la liqueur. Le sous-acétate de plomb y produit un précipité qui a pour formule (PbO)4,C34H'5Ou.
L’acide êrythrique fournit de Porcine à la distillation sèche. Mis en ébullition avec l’alcool et l’esprit de bois, il donne naissance à deux éthers (C4H50)2,C40H20018 et (G2H30)2,C40H20018 qui sont solides et cristallisables.
L’eau bouillante convertit lentement l’acide êrythrique en picroérythrine et en acide érythrinique.
L’acide êrythrique, en s’oxydant, forme deux substances nouvelles , Y amarythrine et la télérytkrine. (M. Kane.)
Préparation.
On prépare l’acide êrythrique : 1° en épuisant le lichen par un lait de chaux (M. Stenhouse) ; 2" en traitant le Roccella Montagnei par de l’eau bouillante. Il se produit un précipité floconneux qui, repris par l’alcool, donne une masse cristalline d’acide êrythrique.
PICRO-ÉRYTHRINE. C20HI6O2.
Cette substance est cristallisable, incolore, amère, peu soluble dans l’eau froide et très soluble dans l’eau bouillante. Elle se dissout aussi à froid dans les alcalis en donnant une liqueur qui rougit promptement à l’air.
MATIERES COLORANTES
La dissolution aqueuse de picro-érythrine est faiblement acide ; elle précipite en blanc le sous-acétate de plomb, réduit à chaud le chlorure d’or, ainsi que l’azotate d’argent additionné d’une légère quantité d’ammoniaque et se colore en rouge pourpre au contact du perchlorure de fer.
La picro-érythrine ne s’altère pas par l’ébullition prolongée avec l’eau et ne produit pas d’éther avec l’alcool. Chauffée dans un petit tube, elle donne un sublimé cristallin d’orcine. Bouillie avec de l’eau de baryte ou de chaux, elle se transforme en orcine et en érythroglucine.
Pour obtenir la picro-érythrine, on fait bouillir de l’eau dans laquelle on a mis de l’acide érythrique. Cet acide se dissout lentement et la liqueur donne par l’évaporation une masse visqueuse, de couleur brune, qui , traitée par l’eau froide , laisse pour résidu de la picro-érythrine
(M. SCHUNCK.)
ÉRYTHROGLUCINE. C8H,0O8.
Propriétés.
L’érythroglucine est cristalline, neutre au papier de tournesol, d’une saveur sucrée, et infermentescible. L’ammoniaque, le chlorure de chaux, la potasse et le carbonate de potasse sont sans action sur l’érythroglucine. Elle n’est attaquée ni par le brome, ni par l’acide azotique froid. L’acide azotique bouillant la transforme en acide oxalique. Un mélange d’acide sulfurique fumant et d’acide azotique concentré la convertit en un corps nitré qui, mêlé avec du sable, détone par la percussion. Aucune dissolution métallique ne la précipite. Par la distillation sèche, l’érythroglucine produit un liquide empyreumatique accompagné d’une odeur de sucre brûlé.
Prépara tiou.
La préparation de l’érythroglucine est très simple. On épuise le lichen par un lait de chaux, et après avoir maintenu l’extrait en ébullition pendant quelques heures au contact de l’air, on le réduit par évaporation au tiers de son volume, puis on l’abandonne à lui-même. Lorsqu’il est bien refroidi, on y fait passer un courant d’acide carbonique qui précipite la chaux, on filtre et l’on évapore à une douce chaleur jusqu’à consistance sirupeuse. Le résidu est formé d’orcine, d’érythroglucine, d’une matière colorante et d’une résine particulière. En agitant ce mélange dans un flacon avec de l’éther, on dissout Porcine, la substance colorante et la résine : l’érythroglucine reste à l’état insoluble.
ACIDE ALPHA-ORSELLIQUE .
L’érythroglucine, recueillie sur un filtre , est lavée avec de l’alcool froid, exprimée fortement et dissoute ensuite dans l’alcool bouillant, qui la dépose en gros cristaux par le refroidissement. On achève de la purifier par des cristallisations réitérées dans l’alcool. (M. Stenhouse.)
AMARYTHRINE. — TÉLÉRYTHRINE.
L’amarythrine a une saveur douce et amère. Elle est très soluble dans l’eau, moins dans l’alcool , et insoluble dans l’éther. Elle se change, par l’exposition à l’air, en télérythrine , qui est très soluble dans l’eau et insoluble dans l’étlier. La télérythrine est cristalline, neutre aux papiers réactifs ; elle se combine avec les oxydes métalliques. Par l’ammoniaque, elle devient d’un rouge vineux foncé.
ACIDE ORSELIIQVE,
ACIDE ALPHA-ORSELLIQUE. — • ACIDE ALPHA-ORSELLINIQUE. —
ACIDE BÊTA-ORSELLIQUE.
L'acide alpha-or sel tique C32H14014 s’extrait d’une variété de Roccella tinctoria venant de l’Amérique du Sud. Pour l’obtenir, on coupe le lichen en petits morceaux et on le fait macérer dans une grande quantité d’eau, avec de la chaux éteinte. Le mélange est ensuite agité et abandonné à luimême. La liqueur étant décantée, on épuise le résidu par une nouvelle quantité de lait de chaux ; le sel de chaux ainsi obtenu est décomposé par l’acide chlorhydrique, qui précipite l’acide alpha-orsellique sous forme d’un dépôt gélatineux qu’on purifie ensuite en le décolorant par le charbon animal et en le faisant cristalliser dans l’alcool. Cet acide est presque insoluble dans l’eau froide, peu soluble dans l’eau bouillante, soluble dans l’alcool et l’éther. Il forme avec les alcalis et les terres alcalines des sels cristalli sables. Sa réaction la plus caractéristique consiste dans la coloration rouge foncée qui apparaît instantanément lorsqu’on le traite par une solution de chlorure de chaux. Cette coloration passe rapidement au brun et disparaît ensuite.
Une solution d’acide alpha-orsellique dans l’ammoniaque, exposée à l’air, prend une belle teinte rouge qui se fonce de plus en plus et devient violette. Parla distillation sèche, l’acide alpha-orsellique donne une huile empyreumatique et de Porcine.
En neutralisant l’acide alpha-orsellique par de la chaux ou de la baryte, et faisant bouillir la liqueur jusqu’à ce que l’acide soit entièrement dissous, il se dégage de l’acide carbonique et l’on obtient un nouvel acide, l 'acide alpha-orsellinique C16H808, qui cristallise en prismes d’une saveur amère, plus solubles dans l’eau que ceux d’acide alpha-orsellique.
MATIERES COLORANTES
très solubles dans l’alcool : leur solution aqueuse donne de l’acide carbonique et de l’orcine lorsqu’on la fait bouillir. Le perchlorure de fer la colore en rouge pourpre.
L’acide alpha-orsellinique produit avec les bases des sels solubles. L’alpha-orsellinate de baryte a pour formule : Ba0,Cl6H707.
M. Stenhouse a obtenu Y éther orsellinique C4H50,C16H707 par l’éthérification de l’acide orsellinique.
L 'orsellate de méthylène , ou éther alpha-orsellinique de l’esprit de bois, est solide, cristallisable, soluble dans l’eau et volatil sans altération. On le prépare directement en traitant l’alcool méthylique par l’acide alphaorsellinique.
Acide bêta-orsellique. — On retire cette substance du Roccelki tinctoria provenant du cap de Bonne-Espérance. L’acide bêta-orsellique C3'*H16015 est soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool et l’éther.
ROCCELLINE. Cl8tl807.
La roccelline se trouve dans le résidu épuisé par l’eau bouillante qui a servi à la préparation de l’acide bêta-orsellique. Elle est insoluble dans l’eau, à peine soluble dans l’alcool et dans l’éther ; elle possède les caractères d’un acide faible. Le chlorure de chaux lui communique une teinte d’un vert jaunâtre. L’acide azotique la convertit à chaud en acide oxalique.
ACIDE ÉVERNIQUE.
M. Stenhouse a retiré de YEvernia Prunastri deux acides, Y acide évernique et Y acide usnique.
Propriétés.
L’ acide évernique C36H16014 est insoluble dans l’eau froide, à peine soluble dans l’eau bouillante, soluble dans l’alcool et dans l’éther. Par la distillation sèche, il donne une huile empyreumatique et de l’orcine qui se sublime.
L’acide évernique, dissous dans un léger excès de potasse et soumis à l’ébullition, donne un nouvel acide qui a reçu le nom d 'acide éverninique C18H1008. L’acide éverninique est inodore, insipide, peu soluble dans l’eau froide, plus soluble dans l’eau bouillante , très soluble dans l’alcool et dans l’éther. Sa dissolution ammoniacale ne se colore pas à l’air : Y éther éverninique C4H50,C18H907 se prépare en faisant bouillir de l’alcool dans lequel on a ajouté de l’acide évernique. Cet éther est solide, cristalli-
ORCINE. 521
sable, inodore, incolore, très soluble dans l’alcool, l’éther, la potasse, et insoluble dans l’eau. 11 tond à 56°. (M. Stenhouse.)
Les évernates de potasse et de baryte sont cristallisables, solubles dans l’eau et l’alcool étendu.
Préparation.
Pour obtenir l’acide évernique, on épuise le lichen ( Evernia Prunastri ) par un lait de chaux, et après avoir neutralisé l’extrait calcaire par l’acide chlorhydrique, on reprend à une douce chaleur par l’alcool très étendu le précipité jaune qui s’est formé. La dissolution alcoolique dépose en se refroidissant des cristaux jaunes d’acide évernique. On purifie cet acide en le faisant cristalliser à plusieurs reprises dans l’alcool étendu.
ORCINE. C14H804,2H0.
(HO)2
L’orcine est isomérique avec la saligénine; elle cristallise en gros prismes quadrangulaires réguliers, légèrement jaunâtres, solubles dans l’eau, l’alcool et l’éther. Elle entre en fusion à 100° en perdant son eau de cristallisation, et distille à 287°. La densité de sa vapeur est égale à 5,7 (M. Dumas).
La dissolution de l’orcine est précipitée en rouge foncé, tirant sur le noir, par le perchlorure de fer. Elle réduit à chaud le chlorure d’or et l’azotate d’argent additionné d’une petite quantité d’ammoniaque.
L’acide azotique bouillant résinifie d’abord Porcine, puis la convertit en acide oxalique.
Sous l’influence d’un mélange d’acide sulfurique et de bichromate de potasse, Porcine se transforme en une matière brune fort peu connue.
L’hypochlorite de chaux en dissolution aqueuse colore Porcine en violet foncé; cette teinte brunit lentement et passe ensuite au jaune.
Le chlore agit sur Porcine et produit un composé cristal lisable, fusible à 59°, volatil en partie, rougissant le tournesol et se dissolvant dans les alcalis (Schunck). Le brome donne avec Porcine un composé bromé , la bromorcine Cl4H5Br304, cristallisable en aiguilles soyeuses. La bromorcine se dissout dans la potasse en se colorant en brun violacé très foncé. La bromorcine est insoluble dans Peau , très soluble dans l’alcool et dans l’éther. Elle est très fusible et se décompose à la distillation en donnant de l’acide bromhydrique et laissant beaucoup de charbon.
( MM. Laurent et Gerhardt.)
MATIERES COLORANTES
Lorsqu’on expose i’orcine à l’action de l’ammoniaque et de l’oxygène, elle se change en une matière colorante appelée orcéine Cl4H2Az06.
L’orcine s’unit avec l’oxyde de plomb et produit un composé qui a pour formule : (Pb0)5,Cl4H804.
Pour préparer Porcine, on fait bouillir l’acide lécanorique avec un excès d’eau de baryte qui le transforme en orcine et en acide carbonique. L’excès de baryte étant ensuite précipité par l’acide carbonique, on évapore la liqueur à cristallisation. L’orcine qui se dépose en premier lieu est toujours colorée ; on la purifie en la faisant bouillir avec de l’alumine et de l’oxyde de fer.
orcéine. C14H2Az06.
Az.
Propriétés.
L’orcéine est incristal lisable ; elle se dissout dans les alcalis fixes en produisant une couleur rouge violacée ; sa dissolution dans l’ammoniaque est d’une couleur pensée très riche. Les acides séparent l’orcéine de sa combinaison avec les alcalis ; elle est très soluble dans l’alcool, qu’elle colore en rouge écarlate. Le sulfhydrate d’ammoniaque détruit la couleur de la dissolution ammoniacale ou alcaline d’orcéine, et donne un liquide brun noirâtre qui redevient rouge à l’air.
Lorsqu’après avoir ajouté un faible excès d’acide chlorhydrique dans une dissolution ammoniacale d’orcéine, on y plonge une lame de zinc, la liqueur se décolore parfaitement et laisse déposer, par l’addition d’une certaine quantité d’ammoniaque, une poudre blanche (leucorcéine) qui prend bientôt au contact de l’air une teinte d’un rouge pourpre foncé. (M. Kane.)
L’orcéine, mise en contact avec le chlore, donne la cklor orcéine, qui est soluble dans l’alcool, dans l’éther et dans l’eau ammoniacale qu’elle colore en brun.
Préparation.
On prépare l’orcéine de la manière suivante. Une petite capsule remplie d’orcine en poudre étant disposée au-dessus d’un vase qui contient de l’ammoniaque concentrée, on recouvre le tout d’une cloche et on l’abandonne à lui-même. La transformation s’opère dans l’espace de vingtquatre heures environ. Il suffit alors d’enlever au bout de ce temps le
ACIDE USNIQUE. 523
contenu de la capsule , de le dissoudre dans l’eau et de verser dans la dissolution de l’acide chlorhydrique qui précipite l’orcéine sous forme de flocons rouges.
ACIDE USNIQUE. C38H17014. — BÊTA-ORCINE. C38H24010.
L’acide usnique provient du traitement par l’éther de differentes espèces d ’Usnea. 11 forme des cristaux prismatiques d’une couleur jaune de soufre, fusibles à 200° en un liquide jaune transparent , résinoïde. Ces cristaux sont cassants et produisent par la pulvérisation une poudre électrique. L’acide usnique est très soluble dans l’éther bouillant, à peine soluble dans l’alcool, soluble dans l’essence de térébenthine bouillante. Les sels neutres hydratés que cet acide forme avec les alcalis sont incolores, peu solubles dans l’eau, très solubles dans l’alcool ; les autres usnates sont insolubles.
Voici les formules des usnates les mieux connus :