SUC D’ALOÈS
Le suc d’aloès , et les produits colorés qu’il peut donner lorsqu’on le traite par l’acide azotique, ont été examinés successivement par MM. Braconnot, Schunck et Boutin. M. Boutin a démontré, il y a déjà plusieurs années, que l’aloès, traité par l’acide azotique, produit un acide qui , en présence des mordants différents , donne naissance sur soie et sur laine à des couleurs remarquables par leur beauté et leur solidité.
Dans ces derniers temps , M. Robiquet fils a repris l’étude chimique de Faloès et est arrivé à des résultats intéressants, dont nous donnerons ici le résumé.
L’aloès contient une substance soluble dans l’eau, nommée aloétine , et qui a pour formule C6H|4010.
L’aloétine est incristallisable , à peine colorée en jaune, soluble dans l’eau et dans l’alcool. Lorsqu’on l’expose au contact de l’air, elle absorbe l’oxygène et devient d’un rouge intense.
L’aloétine , distillée avec de la chaux , produit un liquide , Yaloïsol C8HG03, (Jont la densité à 15° est 0,877, et qui bout à 130°.
L’aloès, traité par le chlore, forme un corps chloré, blanc, cristallin, le chloraloïle G3C103.
MATIERES COLORANTES
5kU
Une dissolution alcoolique d’aloès produit un autre composé chloré qui a pour formule C1UH4C10.
L’aloès, traité par l’acide azotique, donne naissance à un acide précipitable par l’eau, qui a été découvert par M. Schunck, et qu’on nomme acide ckrysammique .
Cet acide parait avoir pour formule C15H2Az2012,H0 ; il dérive probablement de quelque principe immédiat existant dans l’aloès, dans lequel un ou plusieurs équivalents d’hydrogène sont remplacés par un ou plusieurs équivalents d’acide liypo-azotique. Il se produit, du reste, dans la réaction de l’acide azotique sur l’aloès, plusieurs acides azotés: ainsi on a signalé un acide chrysolé pique qui reste dans les eaux mères, et qui paraît avoir la même composition que l’acide carbazotique; il se forme en outre des acides aloétique et alé or ét inique.
L’acide chrysammique cristallise en paillettes d’un jaune d’or ; il est soluble dans l’alcool et l’éther. 11 fait explosion quand on le chauffe.
L’ammoniaque le dissout en se colorant en pourpre foncé, et laisse déposer de petites aiguilles d’un vert foncé, qui contiennent une combinaison d’ammoniaque avec l’acide chrysammique.
L’acide chrysammique, traité par de l’acide sulfurique concentré, produit un corps cristallin, qui présente la composition de l’acide chrysammique anhydre G15H2Az2Ol2.
SPIRÉIIVE.
La spiréine est un principe colorant, jaune et cristallisable , que MM. Lœvig et Weidmann ont trouvé dans les fleurs du Spirœaulmaria.
SAFRANINE»
Le safran ( Crocus sativus ) contient une matière colorante particulière, que l’on a nommée safranine.
La safranine est d’un rouge écarlate, amère, très soluble dans l’eau, dans l’alcool et insoluble dans l’éther. Elle se colore en bleu au contact de l’acide sulfurique, et prend, sous l’influence de l’acide azotique, une teinte verte tort peu stable.
Pour obtenir la safranine, il faut agiter avec de l’alcool un extrait aqueux de safran, et soumettre ensuite l’alcool à l’évaporation.
(Henry.)
BIXINE.
La bixine est la matière colorante du rocou , pâte obtenue au Brésil avec les graines du Bixa orellana , et qu’on emploie pour teindre les bois, les vernis, le beurre, le fromage, la cire et la soie.
On prépare la bixine en épuisant le rocou par une dissolution étendue