MORDANT DE FER
Mordants d’alumine. — On prépare l’acétate d’alumine destiné au mordançage en décomposant l’alun par l’acétate de plomb ; les quantités de ce dernier sel que l’on doit employer pour cette décomposition sont variables ; il paraît que, dans différentes opérations de teinture, il importe que le mordant d 'acétate dJ alumine retienne une certaine quantité de sous-sulfate d’alumine dissous par l’acide acétique.
Gomme on se sert de l’acétate de plomb pour produire des mordants d’alumine, il importe que cet acétate soit exempt de cuivre et de fer; les cristaux doivent être très blancs : ils contiennent du cuivre ou du fer s’ils sont azurés ou chamois. Gomme il importe de s’assurer de la pureté du sel de plomb pour certaines teintures délicates, M. Persoz conseille de traiter 10 grammes d’acétate de plomb en dissolution très concentrée par 3 grammes d’acide sulfurique étendu de pareille quantité d’eau ; lorsque le sulfate de plomb est formé , on étend d’eau , on décante , on filtre et l’on fait évaporer la liqueur jusqu’à siccité pour chasser l’acide acétique ; on essaie ensuite le résidu avec l’acide sulfhydrique et le cyanoferrure de potassium.
Pour la préparation de l’acétate d’alumine, on a substitué avec économie dans beaucoup de circonstances le pyrolignite de plomb à l’acétate de plomb. On emploie aussi quelquefois l’acétate de soude.
Mordant d’étain. — Le protochlorure d’étain est surtout employé dans le mordançage en raison de l’affinité de sa base pour les tissus, qui est telle que l’oxyde d’étain se substitue en presque totalité à l’alumine contenue dans une laque alumineuse déjà fixée sur une étoffe; cette affinité est d’autant plus forte que le protochiorure est décomposé par l’eau en sel acide soluble et en sel basique qui se combine avec le tissu. Pour éviter l’altération que fait éprouver aux étoffes, et surtout au coton, l’acide chlorhydrique mis en liberté dans cette décomposition, M. Persoz a proposé d’employer un acétate alcalin qui fonctionne à la manière d’une base.
Le chlorure d’étain sert surtout à fixer sur les tissus la couleur écarlate de la cochenille et quelques couleurs de garance ; il est employé dans les applications des couleurs sur les tissus , et surtout de celles qui s’opèrent à la vapeur.
Mordant de fer. — On fait un grand usage comme mordant, pour les teintures foncées, de l’acétate de fer, dont la base, comme l’alumine, abandonne assez facilement l’acide pour se combiner avec les tissus. Ge sel peut être préparé , comme l’acétate d’alumine , au moyen du sulfate de fer et de l’acétate de plomb ; mais on l’obtient généralement en faisant agir directement l’acide acétique sur de vieilles ferrailles placées dans des tonneaux.
11 existe encore plusieurs autres mordants, tels que le savon ef les acides.
570 MATIÈRES COLORANTES
L'opération de la teinture se fait ordinairement en plongeant les fibres textiles mordancées dans une dissolution de matière colorante dont la température est élevée graduellement ou portée à l’ébullition, et en les y laissant pendant un certain temps.
Lorsque la matière colorante est insoluble dans l’eau , on la combine avec un agent chimique qui la dissout. Dans cet état, elle peut pénétrer dans l’intérieur des fibres , et en faisant intervenir un corps qui dégage la matière colorante de sa combinaison, elle reprend l’état solide, et se fixe dans l’intérieur du tissu , dans lequel elle avait pénétré à l’état de dissolution ; il est possible pourtant qu’en devenant gélatineuse, la matière colorante ait une légère affinité pour l’étoffe, et se fixe en petite quantité à sa surface (indigotine de cuve, carthamine).
D’autres fois, on a recours à des dissolvants particuliers qui abandonnent ensuite la matière colorante dont l’affinité pour le tissu surmonte alors la force de dissolution du liquide (matière colorante de l’orcanette, orcanine, matière colorante de l’orseille , orcine ; matière colorante du rocou, bixine).
Dans le cas le plus simple , les matières colorantes se dissolvent dans l’eau , et se fixent sur les tissus lorsqu’on élève la température du bain (racine de noyer, brou de noix, etc.).
La teinture des fibres textiles peut s’opérer directement sur les fibres, ou lorsqu’elles ont été converties en fils ou en tissus; mais l’action mécanique qu’elles ont subie dans cette conversion les rend bien moins propres à la teinture ; leur couleur est moins riche et moins solide ; et dans le commerce, on fait une grande différence entre les étoffes teintes en fibres et celles teintes en pièces.
Il reste à faire connaître les procédés qui sont employés pour obtenir les trois couleurs primitives qui sont : le rouge, le jaune et le bleu, ainsi que les couleurs binaires, l’orangé, le vert et le violet ; celles qui pourraient contenir les trois couleurs primitives en diverses proportions , ou les couleurs dites rabattues ; enfin, le noir et ses dégradations, ou le gris.
ROüfiE.
Pour obtenir la couleur rouge , on se sert principalement de la garance, de la cochenille, des bois de Brésil et de santal.
Garançage. ■ — La teinture en rouge sur lin et sur coton, au moyen de la garance, consiste à plonger une étoffe mordancée dans un bain de garance : le temps d’immersion, la température, la quantité de garance varient suivant les teintes qu’on veut obtenir, il est indispensable d’élever la température du bain très graduellement jusqu’à l’ébullition; car si l’on faisait bouillir le bain immédiatement, il serait impossible de teindre d’une manière régulière.
La garance, pour donner une teinte vive et solide, doit contenir, sui-