‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 4)Chapitre 251 sur 300 · BLEU DE CAMPÊCHE · texte numérisé non relu

BLEU DE CAMPÊCHE

Des eaux dites crues , calcaires ou légèrement alcalines, augmentent l’intensité de la teinture ; entin une très légère solution de carbonate d’ammoniaque produit un ton violacé, qui peut nuire à la couleur en la rendant trop ardoisée, si l’on exagère les proportions.

Une exposition à l’air pendant quelques jours embellit les bleus simplement lavés.

En ajoutant dans le bain de sel de fer au maximum une certaine quantité de protochlorure d’étain, les bleus prennent une très belle nuance. Le cyanoferride de potassium et le perchlorure de fer donnent de magnifiques couleurs. C’est ainsi qu’on obtient cette belle teinte connue sous le nom de bleu Raymond.

On n’emploie pas le mordant ferrugineux pour la teinte des laines : on plonge l’étoffe dans un bain de cyanoferrure de potassium qui contient une certaine proportion d’acide tartrique, de chlorure d’étain et de sel marin ; au moyen d’une élévation de température , le cyanoferrure passe à l’état de bleu de Prusse, qui se fixe sur l’étoffe avec l’oxyde d’étain.

Pour teindre en bleu de Prusse la mousseline de laine, on peut employer encore le procédé suivant. Le bain est composé de cyanoferrure de potassium , d’acide sulfurique et d’alun. La pièce est déposée sur un tourniquet , de manière à recevoir alternativement pendant trois heures l’action du bain et de l’air à une température commençant à 35° pour être élevée au bout de la dernière heure à 100°. C’est à ce moment qu’on ajoute au bain une certaine proportion de chlorure d’étain. L’étoffe teinte doit être lissée jusqu’à ce qu’elle soit froide, puis on l’avive , après le lavage , dans un bain d’alun , d’acide sulfurique et d’étain.

Bleu de Campêche. — Le bois de Campêche, dans lequel M. Chevreul a découvert Yhématine , fournit aussi une couleur bleue qu’on applique sur le coton , la soie et la laine, mais qui est considérée comme de petit teint. La fixité de la couleur bleue du campêche dépend surtout, quant au coton, de la nature des mordants qui sont alumineux ou ferreux.

Pour teindre sur laine au bois de Campêche, on fait bouillir légèrement l’étoffe pendant une heure et demie dans un bain de tartre et d’alun , puis on verse dans ce bain une décoction de campêche , dont on détermine la fixation sur le tissu au moyen d’une quantité convenable de sulfate de cuivre, qui a la propriété de former, avec le bois de Campêche, un précipité bleu.

Indépendamment de cette teinture bleue faux teint, on teint encore la laine en demi bon teint : on commence par donner à l’étoffe un fond d’indigo bleu de ciel, qu’on retire avec la couleur bleue du campêche , et l’on avive au moyen d’un bain contenant du chlorure d’étain, de l’alun et du tartre rouge ; quelquefois on substitue le sulfate de cuivre au chlov. 37

MATIERES COLORANTES

rure, mais ravivage précédent est plus expéditif et donne des nuances plus vives.

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