‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 4)Chapitre 255 sur 300 · COULEURS COMPOSÉES DE JAUNE ET DE BLEU · texte numérisé non relu

COULEURS COMPOSÉES DE JAUNE ET DE BLEU

Les verts peuvent se faire en deux fois ou en une seule opération. On les obtient toujours par le mélange du bleu et du jaune purs.

Si le premier tirait sur le violet et le second sur l’orangé, on n’obtiendrait qu’un vert rabattu , c’est-à-dire dont la vivacité et la fraîcheur ne seraient pas les plus grandes possibles : il suit de là que toute couleur contenant du rouge et qui entre dans la composition du vert doit en altérer la pureté.

On peut teindre en vert au moyen d’un bain de bleu plus ou moins foncé, d’un alunage et d’un autre bain en jaune de gaude.

La teinture en un seul bain consiste à aluner, puis à teindre dans un bain contenant une décoction de bois jaune à laquelle on a ajouté du carmin d’indigo.

Les laines qui doivent être teintes en vert dans un seul bam sont préparées au carbonate de soude. On les passe pendant une heure ou une heure et demie dans un bain à 75° ou 80°, contenant en carbonate de soude le quart du poids de la laine. Il ne faudrait pas que la température s’élevât jusqu’à l’ébullition, à cause de l’action dissolvante que les alcalis exercent sur la laine. On retire les écheveaux, on les laisse refroidir, on les lave, puis on les alune pour les teindre.

Le vert-dragon , qui est considéré comme le point de départ de la nuance verte, s’obtient en plongeant les tissus de laine dans une cuve de bleu ; la pièce bien lavée est plongée ensuite dans une décoction de bois jaune mordancé à l’alun et au tartre , dans laquelle , après l’addition d’une très légère portion de bleu de Saxe, elle doit bouillir pendant trois heures ; on termine cette opération en mettant la pièce dans un bain de campêche qui lui donne la nuance vert-dragon. Cette nuance est encore plus belle lorsqu’on ajoute au bain une petite quantité de sulfate de cuivre ou de protosulfate de fer.

Le vert de Saxe diffère du précédent par une couleur plus claire et plus brillante. On l’obtient en plongeant le tissu dans un bain mordancé à l’alun et au tartre dans lequel on a fait bouillir pendant un quart d’heure une quantité de bois jaune dans le rapport de 500 grammes par pièce; ce bain reçoit ensuite un peu de composition de Saxe qui le teint légèrement en vert. L’étoffe doit être maniée vivement pour la répartition égale de la couleur et maintenue pendant deux heures dans le bain porté à l’ébullition ; on termine en plongeant les tissus dans un second bain pareil au premier, mais dans lequel on a fait entrer trois fois plus de bois jaune que dans le premier.

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