‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 4)Chapitre 256 sur 300 · ET DU BLEU · texte numérisé non relu

ET DU BLEU

Par le mélange de ces trois couleurs primitives, on réalise des nuances qui peuvent être classées en raison de la couleur primitive dominante. Ainsi le jaune produira le bronze , Y olive et les nuances diverses qui en découlent.

On obtient le bronze en plongeant la laine dans un bain de gaude, de bois jaune, d’alun et de tartre, qu’on maintient en ébullition pendant trois heures : la laine est retirée de ce bain et portée à la cave où on la laisse pendant six jours; on la lave, on lui donne le fond de jaune et de rouge au moyen d’un bain dans lequel entrent une nouvelle proportion de gaude et de la garance ; on réitère le lavage et l’on plonge la laine dans une cuve de bleu.

L'olive exige que la laine reçoive d’abord un fond de bleu, puis on la soumet pendant quatre heures à l’ébullition dans un bain contenant de l’alun, du sumac, du bois jaune, de la suie et du campêche; après l’avoir retirée du bain, on y ajoute une petite proportion de protosulfate de fer et l’on replonge de nouveau le tissu dans le bain. On obtient par les mêmes procédés , le vert de myrte , le réséda, , la noisette et d’autres nuances dans lesquelles le jaune domine.

Le marron participe surtout de la couleur rouge. On obtient cette nuance en préparant un bain de gaude et de bois jaune mordancé avec l’alun et la crème de tartre : après une ébullition de trois heures dans ce bain, l’étoffe est portée à la cave pour y rester huit jours ; on lave et l’on garance l’étoffe avec une légère ébullition ; la laine est ensuite passée à une cuve de bleu, d’où on la retire lorsqu’elle est suffisamment nuancée. Pour obtenir une nuance plus foncée, après le garançage on ajoute au bain du campêche, du sumac, du sulfate de protoxyde de fer, et l’on y maintient la laine à l’ébullition pendant deux heures. C’est en suivant un procédé à peu près semblable qu’on obtient les couleurs cannelle., brun et terre d'Egypte.

Le brun marron se produit en maintenant la laine pendant trois heures dans un bain bouillant composé de noix de galle, de bois de santal, de Brésil jaune et de garance, et en ajoutant après cette première opération , appelée engallage, du bois de Campêche et du sulfate de protoxyde de fer.

Le noir , formé par la réunion des trois couleurs primitives, se produit par lemélanged^ l’indigo, de plusieurs substances susceptibles de donner

MATIÈRES COLORAMES.

du jaune et du tannin, de noix de galle, de sumac, de sulfates de 1er et de cuivre, d’acétates de cuivre et de fer, de crème de tartre, etc.

Le noir de Sedan est considéré comme le plus beau et le plus durable. On le donne aux étoffes qui ont reçu d’abord un fond bleu dans des cuves d’indigo ; l’étoffe, soigneusement lavée, est portée dans un bain de sumac et de campêche, où elle doit subir une macération de trois heures à 80° ou 90°. Au bout de ce temps, on la retire pour verser dans le bain du sulfate de protoxyde de fer dans la proportion de 335 grammes par mètre d’étoffe : celle-ci, plongée dans le bain, doit y subir pendant une heure l'action d’une température de 38°. Après avoir répété trois fois cette opération, on obtient le noir avec toute son intensité.

On teint sur plusieurs points de la France des étoffes de laine en noir petit teint, moins solide que celui de Sedan et deLouviers. La base de bleu est donnée par le bois de Campêche et les sels de peroxyde de fer ; c’est surtout pour ce genre de teinture qu’il faut employer des substances riches en tannin , telles que la noix de galle, le sumac, etc. Dans quelques fabriques , on emploie beaucoup plus de matières colorantes, et l’on fait usage du verdet dans la proportion de 1 de ce sel pour 100 d’étoffe.

Dans le noir de Genève , on emploie du sulfate de cuivre dans le rapport de 3 pour 100 d’étoffe.

Le noir de Caunes , dont on a fait un secret, se prépare comme les noirs précédents; seulement on ajoute dans le premier bain du sulfate de zinc qui a la propriété de précipiter la dissolution de campêche en bleu .

Depuis quelques années, on se sert, pour obtenir des noirs d’une grande solidité, d’un bain de bichromate de potasse chauffé de â0° à 50°, et dans lequel on fait passer les étoffes teintes en campêche et en fer. Le bain doit être extrêmement faible. Ce noir est des plus beaux et des moins coûteux.

Noir sur soie. — C’est au moyen d’une combinaison de fer au minimum et de tannin qu’on obtient cette nuance ; pendant longtemps on a employé pour l’engallage de la noix de galle.

M. Michel a substitué à la noix de galle un extrait de bois de châtaignier, qui produit de très bons résultats et qui offre sur la noix de galle une économie de 50 pour 100. L’engallage s’opère dans des cuves de cuivre dans lesquelles on laisse plonger pendant quatre heures la soie , qui en sort avec la nuance jaune nankin. C’est dans cet état qu’on la plonge, après l’avoir lavée, dans le bain de sel de fer élevé à la température de 90°.

Les sels de fer employés sont le sulfate de protoxyde et le pyrolignite ; le bain contient encore de la limaille de fer et du sulfate de cuivre. Le bain, après avoir reposé quelque temps, abandonne au fond de la chaudière des substances pesantes inutiles à la teinture ; mais il tient en sus-

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