C4H50 + 2(S03,H0) = C4H50,(S03)2,H0 4- HO
Acide sulfovinique.
(M. Liebig.)
L’éther camphorique C4H-,0,C,0Hî03 a été produit en soumettant, à lal
GÉNÉRALITÉS SLR LES ETHERS.
distillation l’acide eamphovinique C4H5Q,(C10H703)2,HÜ ; il se sépare alors 1 équivalent d’acide campliorique anhydre Cl0H703 (M. Malaguti).
Le véritable éther sulfurique neutre C4Hr,0,S03 a été préparé en faisant agir de l’éther C4H50 sur de l’acide sulfurique anhydre.
Ces derniers procédés varient, comme on le voit, avec chaque éther, et ne peuvent être considérés comme des procédés généraux de préparation.
Le perchlorure de phosphore peut éthérifier les alcools ; il se produit dans ce cas un éther chlorhydrique correspondant à l’alcool que l’on a employé. Ainsi l’action du perchlorure de phosphore sur l’alcool C4H602 donne l’éther chlorhydrique C4H5C1
Si l’on met les acides volatils de la forme CmHu04,CmHu06 en contact avec le perchlorure de phosphore, il se produit des corps de la forme CmHn-IC102,CmHn-1C10\ qui, mis en contact avec un alcool, le transforment en éthers composés.
Ainsi l’acide benzoïque donne du chlorure de benzoïle qui, mis en contact avec l’alcool, produit l’éther benzoïque :
C14I1503,H0 + Pli Cl3 == Ph02Cl3 + IJC1 -f G,4H5G102.
CI4H5C102 + Chl^O2 = G4H50,Gl4H503 -f HCl.
Certains éthers ont pu être obtenus par l’action de l’acide phosphorique anhydre sur les sels ammoniacaux : ainsi, l’éther cyanhydrique de l’alcool et celui de l’esprit de bois se forment par la distillation du métacétate et de l’acétate d’ammoniaque avec l’acide phosphorique.
Quelques éthers composés peuvent être préparés en chauffant un mélange de sulfovinate alcalin avec des sels dont fait partie l’acide qui doit être uni à l’éther. C’est ainsi qu’on prépare l’éther cyanhydrique par l’action des sulfovinates dépotasse, de baryte ou de chaux sur le cyanure de potassium (Felouze) :
Ba0,G4ll50,(S03)2 -}- KGy = BaO.SÜ3 -f K0,S03 + G4 H5, Gy.
Ether cyanhydrique.
Plusieurs éthers composés ont été produits en chauffant vers ZiOü”, dans des tubes scellés à la lampe, des mélanges d’éther C4H3Ü et de divers acides, tels que l’acide benzoïque, l’acide butyrique, l’acide palmitique (M. Berthelot).
Les éthers acides sont pour la plupart solubles dans l’eau ; les éthers neutres sont, en général, peu solubles dans ce liquide, mais ils se dissolvent dans l’alcool et l’éther ordinaire. Presque tous les éthers neutres sont volatils ; leur point d’ébullition varie suivant la nature de l’acide dont ils dérivent.
Le point d’ebullition d’un éther neutre, provenant de l’alcool ordinaire,
ALCOOLS
est très souvent de 45° moins élevé que celui de l’acide dont il dérive, et il est moins élevé de 63° pour les éthers neutres correspondants qui proviennent de l’alcool méthylique (esprit de bois).
Nous citerons quelques exemples à l’appui de cette proposition :
L’acide acétique bout à + 120° + 120°
L’éther acétique bout à -f- 7/i°
L’acétate de méthylène bout à . . -j~ 58°
Différence 4 6° 62°
L'acide formique bout à 4- 100° -f- 100°
L’éther formique bout à 4- 56°
Le formiate de méthylène bout à. 4- 37°
Différence 44° 63°
11 existe aussi une relation entre le point d’ébullition des éthers provenant d’un même acide, mais d’un alcool différent. Entre le point d'ébullition des éthers de l’alcool ordinaire et celui des éthers de l’esprit de bois, la différence est à peu près de 18°. En effet :
L’éther acétique de l’alcool bout à + 74°
L’éther acétique de l’esprit de bois bout à . -f- 58°
Différence 16°
L’éther succinique de l’alcool bout à . ... -J- 215°
L’éther succinique de l’esprit de bois bout à. -f- 197", 5
Différence 17°, 5
L’éther formique de l’alcool bout à . . . . 56°
L’éther formique de l’esprit de bois bout à. 37°
Différence 19°
On a signalé, en outre, des relations qui se rattachent au volume atomique. Lorsqu’on divise l’équivalent d’un acide par sa densité , on obtient un quotient qui est constamment de 534 unités plus petit que celui donné par une pareille opération effectuée sur l’équivalent d’un éther neutre provenant du même acide et de l’alcool ordinaire. La différence des deux quotients est de 300 unités pour les éthers correspondants de l’esprit de bois. On sait d’ailleurs que ces quotients représentent le volume atomique des corps. (31. Hermann Kopp.)
Nous devons dire cependant que ces règles ne sont pas absolues et présentent des exceptions assez nombreuses.
Les éthers acides qui ne sont pas volatils se décomposent tous par la chaleur. Les produits sont variés et dépendent de la température à
GÉNÉRALITÉS SUR LES ÉTHERS
laquelle la décomposition s’effectue. L’éther oxalique acide (acide oxalovinique) se décompose en acide oxalique et en alcool à mesure que l’on concentre sa dissolution (Mitscherlich). L’éther camphorique acide (acide camphovinique) se dédouble par la chaleur en éther camphorique neutre et en acide camphorique anhydre (Malaguti). Mais, à côté de ces dédoublements si simples , on rencontre dans la décomposition ignée des autres éthers acides, des produits résultant de l’action exercée par l’acide rendu libre sur l’éther neutre. Aussi remarque-t-on, parmi ces produits, de l’alcool, de l’éther ordinaire, de l’hydrogène carboné, quelquefois de l’éther acétique, de l’éther formique, toujours du charbon, etc., etc.
En général, les éthers acides sont des corps peu stables qui se décomposent presque tous lorsqu’on fait bouillir leur dissolution aqueuse. Les éthers neutres solubles ne résistent pas à l’action prolongée de l’eau, même à la température ordinaire. On voit, en effet, les éthers citrique, formique, acétique, l’oxalate et le sulfate de méthylène, etc., etc., se décomposer assez rapidement en acide et en alcool sous l’influence de l’eau.
L’action du potassium sur les éthers donne naissance, en général, à des décompositions assez compliquées. Ainsi l’éther oxalique se convertit en éther carbonique sous l’influence du potassium ; mais il est impossible de représenter cette métamorphose par une équation (M. Ettling).
L’action du chlore sur les éthers a été examinée dans ces derniers temps par un grand nombre de chimistes. M. Malaguti a entrepris un des premiers des recherches suivies sur ce sujet ; plus tard, M. Régnault examina d’une manière complète l’action du chlore sur l’hydrogène carboné, l'éther et l’éther chlorhydrique. D’autres chimistes, parmi lesquels nous citerons MM. Laurent, Cahours, Leblanc, Cloëz, complétèrent l’étude des corps qui dérivent de l’action du chlore sur les éthers.
Lorsqu’on met en contact des volumes égaux de chlore et d’hydrogène bicarboné humides, ces deux gaz se combinent et donnent naissance à une substance huileuse connue depuis longtemps sous le nom de liqueur des Hollandais. On obtient encore la liqueur des Hollandais en faisant passer du gaz oléfiant dans du chlorure d’antimoine.
La liqueur des Hollandais, dont les propriétés seront décrites plus loin avec détail , a pour formule C4H4Cl2. Elle est liquide , incolore, d’une odeur éthérée. Elle est inflammable et brûle avec une flamme verte.
M. Régnault a soumis la liqueur des Hollandais à une série de réactions qui jettent le plus grand jour sur sa constitution; il a reconnu que ce composé se comporte comme une véritable combinaison d’acide chlorhydrique et d’un corps chloré représenté par C4H3G1 : la formule de la liqueur des Hollandais devient alors G 'H3CL HCl. En traitant, en effet, la liqueur
ALCOOLS
des Hollandais par la potasse, on obtient du chlorure de potassium, de l’eau et un corps chloré C4H3C1.
Ce corps est gazeux; sa densité est égale à 2,166. Sa formule représente h volumes, comme celle de l’hydrogène bicarboné. On peut donc le considérer comme de l’hydrogène bicarboné dans lequel 1 équivalent d'hydrogène est remplacé par 1 équivalent de chlore. On l’a nommé gaz olé fiant monochloruré.
Si l’on traite ce gaz par du perchlorure d’antimoine, on produit un nouveau composé qui a pour formule C4H2C12,1IC1, et qui se transforme, sous l’influence de la potasse, en chlorure de potassium et en gaz olé fiant Inchloruré C4H2C12, dont la formule correspond à k volumes de vapeur comme celle du corps précédent.
En soumettant le gaz oléfiant bichioruré à l’action du chlore, on le convertit en un corps dont la composition correspond à C4HC13,HC1, et qui, par l’action de la potasse, se dédouble en chlorure de potassium et en gaz oléfiant trichloruré C4HC13. Ce dernier composé présente la même condensation de vapeur que les corps précédents. (M. Pierre.)
Enfin, en faisant passer un excès de chlore sur le gaz oléfiant trichloruré, on lui enlève tout son hydrogène et on le transforme en un chlorure de carbone, fort peu stable, qui a pour formule C4C14, et qui, en absorbant 2 équivalents de chlore, produit le sesquichlorure de carbone de Faraday C4C16, qui est solide et cristallisable.
On peut donc conclure des observations précédentes que l’hydrogène bicarboné perd successivement son hydrogène, qui est remplacé par un nombre égal d’équivalents de chlore, sans que la molécule chimique soit altérée; les formules des nouveaux composés représentent en effet h volumes de vapeur, comme celle de l’hydrogène bicarboné dont ils dérivent. (M. Régnault.)
L’éther C4H50, soumis à l’influence du chlore, donne naissance à un composé chloré C4H3C120 qui a été nommé éther bichloré :
G4H50 + CP = 2 HCl + C4li3Cl20.
(M. Malaguti.)
Si l'on fait intervenir dans faction du chlore sur l’étlier la radiation solaire, l’éther perd tout son hydrogène et produit un composé cristallin qui est l’étlier perchloré C4C150 :
C4H50 -f Cl10 = 5 (HCl) -f- C4C150.
(M. Régnault.)
Le chlore enlève successivement les 5 équivalents d’hydrogène de l’éther chlorhydrique en produisant une série de composés chlorés dont le point d’ébullition s’élève à mesure que la quantité de chlore
GÉNÉRALITÉS SUR LES ÉTHERS. 9
augmente dans leur molécule, et dont la densité de vapeur représente h volumes.
Les éthers neutres , soumis à Faction du chlore sec sous l’influence de la lumière diffuse, ne perdent en général que deux molécules d’hydrogène qui sont remplacées par deux molécules de chlore.
L’hydrogène expulsé paraît provenir de l’éther. En effet, prenons pour exemple l’éther formique C4H50,C2H03 ; cet éther deviendra C4H3C120, C2H03, lorsqu’il aura subi l’action du chlore sec sous l’influence de la lumière diffuse. Mais si, par un agent oxydant et déchlorurant, on lui enlève son chlore et l’on met à la place de l’oxygène, on produira de l’acide acétique C4H303. C’est ce qui arrive effectivement lorsqu’on traite l’éther formique chloruré par la potasse :
C4R3Gl20,C2fl03 + liKO — KO,G2II03 -f K0,C4H303 -F 2KC1.
11 paraît donc incontestable que l’acétate qui se forme par l’action de l’alcali sur l’éther formique chloré provient de la déchloruration et en même temps de l’oxydation de l’éther.
11 y a cependant des cas particuliers où le chlore paraît agir simultanément sur l’hydrogène de l’acide et de l’alcool. Ce fait s’observe lorsqu’on soumet l’éther œnanthique à Faction du chlore.
Lorsqu’on fait agir le chlore sur les éthers, sous l’influence de la lumière solaire et d’une température convenablement élevée, tout l’hydrogène de l’éther neutre est chassé sous la forme d’acide chlorhydrique, et remplacé par une quantité équivalente de chlore. De tous les éthers étudiés, l’éther succinique seul fait exception ; il conserve toujours 1 équivalent d’hydrogène. Les éthers ainsi modifiés par le chlore sont très instables ; l’alcool, les dissolutions alcalines et l’ammoniaque les décomposent.
Soumis à Faction de la chaleur, tous les oxy-éthers perchlorés se décomposent et donnent des produits qui varient suivant la nature de l’éther; mais parmi ces produits figure toujours l’aldéhyde perchloré C'CF'O2.
Par Faction de l’alcool et de la potasse, les éthers chlorés donnent des produits variés , parmi lesquels on rencontre constamment de Y acide trichlor acétique C4C13H04, ou les produits de sa décomposition.
L’ammoniaque, en réagissant sur les éthers chlorés, produit de la trichlor acétamide C4Cl3H2Az02, tantôt seule, tantôt accompagnée d’autres corps ami dés.
Pour bien faire comprendre ces différentes métamorphoses, nous rappellerons que l’éther perchloré G4CF,0, exposé à une température de 300°, se dédouble en sesquichlorure de carbone et en aldéhyde chloré :
2(C4Gl50) = Cff'ffO2 + CÙGP.
(M. Ma l a gu ti.)
ALCOOLS
L’aldéhyde chloré, de son côté, se transforme en acide trichloracétiqne sous l’influence des corps oxydants, et en trichloracétamide par l’action de l’ammoniaque :
G4C1402 + 2KO = K0,C4C1303 + KGl.
Aldéhyde chloré. Potasse. Trichloracétate Chlorure
de potasse. de potassium.
G4C1402 4- AzH3 = G4C!3B2Az02 + HCl.
Aldéhyde chloré. Ammon. Trichloracétamide.
On peut admettre également que l’éther perchloré C4C150 se transforme en acide trichloracétique sous l’influence des corps oxydants :
C4C150 -f 3KO == KO,G4C1303 + KGl.
Cette transformation ne se réalise pas pour l’éther perchloré isolé ; mais on conçoit que cette substance, engagée dans un système très instable, acquiert elle-même assez d’instabilité pour être décomposée par la potasse.
Ainsi, en admettant dans tous les éthers chlorés la présence du corps C4C150, on conçoit que, par la chaleur, ces éthers donnent toujours de l’aldéhyde chloré , par l’ammoniaque de la trichloracétamide et par les agents oxydants de l’acide trichloracétique.
Les autres produits secondaires qui prennent naissance varient avec la nature de l’acide engagé en combinaison avec l’éther.
Les généralités que nous venons d’exposer sur les éthers chlorés dérivés de l’alcool ordinaire, en nous appuyant principalement sur les travaux de M. Malag uti, sont applicables, sans aucune exception, aux éthers chlorés provenant de l’esprit de bois (M. Cahours).
Les dissolutions alcalines attaquent tous les éthers en les décomposant avec plus ou moins de promptitude :
C4H50,C4H303 4- KO + HO = KOA4^3 4* C4H602.
Éther acétique. Acétate de potasse. Alcool.
Les éthers acides (acides viniques) se combinent d’abord avec les alcalis, et se décomposent ensuite lorsqu’on expose la combinaison à l’action d’une température élevée :
C4H50(S03)2,HO 4- 2 KO = 2(K0,S03) 4- C4HG02.
Acide sulfoviniquc.
L’ammoniaque en dissolution décompose presque tous les oxy-éthers neutres ; l’action se produit quelquefois immédiatement, comme pour les éthers oxalique, mucique, et plus souvent à la suite d’un long contact. Le produit de cette action est ordinairement une amide :
G4H50,C4H303 + Azli3 = C4H5Az02 -f C4H602.
Éther acétique.
Acélamidc.
Alcool.
GÉNÉRALITÉS SUR LES ÉTHERS
Certains éthers, traités par la potasse caustique, donnent naissance à des alcaloïdes volatils, qui présentent une grande analogie avec l’ammoniaque. Ainsi, en distillant l’éther cyanique de l’alcool éthylique sur de la potasse, on obtient un alcaloïde nouveau, Yéthyliaque C4H7Àz :
C4H50,C2Az0 + 2(KO,HO) = 2(K0,C02) + C4H7Az.
Éthyliaque.
(M. WüRTZ.)
L’éther méthylcyanique fournit, dans les mêmes conditions, la méthyliaque C2H5Az :
C2II50,C2AzO + 2 (KO, HO) = 2K0,C02) + C2H5Az.
Éther cyanique Méthyliaquc.
de l’alcool m éthylique
(esprit de bois).
Et l’on produit Yamyliaque, alcaloïde dérivé de l’éther amylcyanique, en distillant cet éther sur de la potasse :
Éther cyanique de l’alcool éthylique (alcool ordinaire).
C10H1,O,G2AzO -h 2 (KO, HO) = 2(K.0,C02 + G10H13Az.
Éther cyanique de l’alcool amylique (huile de pomme de terre).
Amyliaque.
il est donc permis de penser que tout alcool donnant un éther cyanique, donnera aussi un alcaloïde analogue aux bases artificielles dont nous venons de parler.
On a considéré pendant longtemps, en France, l’éther O'vlFO comme un hydrate d’hydrogène bicarboné C4H4,HO ; dans cette hypothèse, l’alcool devient un bi-hydrate d’hydrogène bicarboné C4H602 == C4H4,2HO.
L’hydrogène bicarboné G4H4 est comparé à une véritable base et particulièrement à l’ammoniaque; les éthers formés par les hydracides sont des chlorhydrates, des bromhydrates, des iodhydrates, etc., d’hydrogène carboné :
G4I14,HG1.
G4II4,llBr.
G4H4,HS.
Les éthers neutres sont des sels hydratés
d’hydrogène bicarboné :
Kl lier oxalique Ktliei* acétique, Ether azotique
G4tl4,H0,G203.
G4 H 4, Il O, G4 Fi 303.
G4ll4,U0,Az05.
ALCOOLS
Les éthers acides (acides \ iniques) deviennent des sels acides et hydratés d’hydrogène bicarboné :
Acide sulfovinique C4H4,(S03)2,2II0.
Un sulfovinate devient un sulfate double formé par une base métallique et par l’hydrogène bicarboné :
Sulfovinate de potasse (C4H4,S03),(KO,S03),HO.
Cette théorie, qui a rendu à la science des services signalés et qui a expliqué pendant longtemps, d’une manière satisfaisante, tous les faits connus, est généralement abandonnée aujourd’hui. M. Régnault a démontré en effet que l’éther chlorhydrique, qui, dans la théorie dont nous parlons, est un chlorhydrate d’hydrogène carboné C4H4,HC1 , soumis à l’action du chlore, se décompose de la manière suivante :
C4H4,HC1 -f- 2 Cl = GhPCUICl -f- HCl.
C4H3C1,HC1 + 2C1 = C4fi2Cl2, HCl + HCl.
C4I12C12;IICI -f 2CI = C4HC13,HCI -f HCl.
c4ncl3,ncl + 2 Cl = C4Cl4,iICl -j- HCl.
C4 Cl4, HCl -f 2 Cl = C4C16 -f HCl.
On arrive donc à cette conséquence inadmissible, que, dans le composé C4C14,HC1, le chlore quitterait l’hydrogène pour se combiner de nouveau avec cet élément et constituer de l’acide chlorhydrique : il est évident que si dans le corps C4C14,HC1 l’hydrogène se trouvait à l’état d’acide chlorhydrique, il ne pourrait être enlevé par le chlore pour produire de l’acide chlorhydrique. Cependant l’expérience démontre qu’il se forme dans cette réaction de l’acide chlorhydrique, et que le composé C4C14,HC1, se transforme en C4C16 sous l’influence du chlore. Cette observation est une de celles qui ont le plus contribué à faire rejeter la théorie de l'hydrogène carboné.
En Allemagne, on considère l’éther C4H50 comme formé par la combinaison de l’oxygène avec un radical hypothétique C4H5, auquel on a donné le nom d 'éthyle.
L’éther devient alors l’oxyde d’étliyle C4H5,0.
L’alcool est l’hydrate d’oxyde d’éthyle C4H602 =C4H5,0,H0.
Les éthers formés par les hydracides deviennent des composés comparables aux chlorures, bromures, sulfures métalliques, dans lesquels le chlore, le brome , le soufre sont combinés à l’éthyle. Dans la théorie de l’éthyle, ces composés sont représentés par les formules suivantes :
C4H5,Br.
GÉNÉRALITÉS SUR LES ÉTHERS. 13
Un éther composé devient un sel ordinaire dans lequel la base est l’oxyde d’éthyle :
Éther oxalique C4H5,0,C203.
Éther acétique G4H;i,0,C4H303.
Éther azotique G4H5,0,Az05.
Un a isolé, en effet, un carbure d’hydrogène présentant la composition de l’éthyle ; mais si ce corps était véritablement le radical des éthers simples, on pourrait, en le soumettant à l’action du chlore, du brome, de l’iode, du soufre, obtenir du chlorure, du bromure, de l’iodure, du sulfure d’éthyle. Or, en agissant sur l’éthyle, le chlore ne donne que des produits de substitution, analogues à ceux qu’il forme avec le gaz oléfiant. On reconnaît en outre que les éthers composés 11e présentent pas les réactions des véritables sels ; les acides qu’ils contiennent ne sont pas accusés par leurs réactions ordinaires : ainsi l’éther oxalique ne précipite pas par les sels de chaux. La potasse ne décompose ces éthers qu’avec lenteur.
De même , l’éther méthylique et l’éther amylique sont considérés comme des oxydes de radicaux composés (le méthyle et l’amyle) qui ont pour formules :
C2lî3. G10!]11.
Méthyle. Amyle.
Dans l’étude de l’alcool et des éthers, au lieu de chercher à démontrer que l’alcool est un bi-hydrate d’hydrogène carboné ou un hydrate d’oxyde d’éthyle, nous le considérerons simplement comme formant une molécule ternaire CffF’O2 qui se dédouble avec une grande facilité en eau et en éther. Dans cette manière de voir, tous les produits que l’on a obtenus avec l’alcool ou l’éther peuvent se déduire par de simples substitutions de la molécule C4Hr,0, considérée comme molécule primitive.
L’éther C4H50 est basique relativement aux oxacides; il s’unit à eux et forme les éthers composés. Exemples : l’éther acétique C4Hr,0,C4H303 ; l’éther oxalique C/lH50,G203. L’eau se comporte comme un oxacide, et l’hydrate d’éther, ou alcool, a pour formule C4Hr’0,H0.
En se combinant avec une proportion d’acide double de celle qui existe dans les éthers composés, la molécule ('/‘H O forme les éthers acides ou acides viniques. Exemple :
Acide sulfovinique. ..... C4H50,(S03)2,II0.
La formation des éthers à hydracides devient également simple. En faisant réagir l’acide chlorhydrique, par exemple, sur l’éther C4Hr,0 ou sur son hydrate, l’alcool, l’oxygène est enlevé à l’état d’eau par l’hydrogène de l’hydracide et remplacé par son équivalent de chlore. Exemple :
ALCOOLS
L’oxygène ou le chlore des molécules C4H50 et C4H5C1 peuvent être à
leur tour remplacés par du soufre, de l’iode, du brome, du cyanogène, etc.
Sous l’influence d’une action oxydante, l’éther C4H50 ou son hydrate, l’alcool, perd 1 équivalent d’hydrogène qui est remplacé par 1 équivalent d’oxygène , et l’on obtient ainsi l’aldéhyde C4H402. Une oxydation plus prolongée change l’éther en acide acétique C4H303, qui s’hydrate et
devient C4H303,H0.
Le chlore, en agissant sur l’éther chlorhydrique C4H5C1, chasse successivement 1, 2, 3, 4 et 5 équivalents d’hydrogène qui sont remplacés par 1, 2, 3, Zi et 5 équivalents de chlore.
On a ainsi :
Éther chlorhydrique C4H5C1.
Éther monochloré C4IÎ4C12.
Éther bichloré C4H3G13.
Éther trichloré G4tl2Cl4.
Éther quadrichloré C4tICl5.
Éther perchloré C4Cl5Cl , ou C4G16.
Tous ces produits sont représentés par U volumes de vapeur, comme l’éther chlorhydrique même dont ils dérivent.
Partant du point de vue que nous venons d’indiquer, M. Régnault a proposé de diviser les éthers en deux classes, les éthers simples et les éthers composés. Les éthers simples sont : l’éther ordinaire C4H50, et tous les éthers à hydracides, c’est-à-dire les éthers qui résultent du remplacement de l’équivalent d’oxygène par 1 équivalent de soufre, de chlore, de brome, d’iode ou de cyanogène. Les éthers composés résultent de l’union d’un oxacide avec l’éther ; les acides viniques, qui sont des éthers acides, rentreraient dans cette catégorie.
Il est à remarquer que l’éther C4H:iO, l’éther sulfhydrique C4Hf)S, et l’éther sélénliydrique C4LPSe, sont représentés par 2 volumes de vapeur, tandis que les éthers chlorhydrique, bromhydrique, iodhydrique et cyanhydrique, sont représentés par k volumes. Nous rappellerons du reste que les équivalents de l’eau, de l’hydrogène sulfuré etsélénié sont représentés par 2 volumes, tandis que les équivalents des autres hydracides correspondent à à volumes.
Les éthers composés ont été assimilés aux sels par quelques chimistes, mais leurs propriétés et leur mode de formation les rapprocheraient plutôt des amides, avec lesquelles ils présentent réellement de nombreuses analogies.
Les amides résultent en effet de l’action de l’ammoniaque sur les acides; il se fait dans ce cas une élimination d’eau. Les éthers se produisent
GÉNÉRALITÉS SUR LES ÉTHERS
également par l’action d’un acide sur valents d’eau :
l’alcool ; il s’élimine alors 2 équi-
C203,HO + Azll3 = G202AzM2 + 2IIO.
Oxamide.
Éther oxalique.
Les amides régénèrent de l’ammoniaque et un acide, lorsqu’on les soumet à une influence hydratante ; les éthers se décomposent dans les mêmes circonstances en acide et en alcool.
Les acides polybasiques donnent des acides amidés par l’action de l’ammoniaque ; les mêmes acides produisent des éthers acides (acides viniques) dans leur action sur l’alcool.
Une amide acide peut être considérée comme une combinaison d’une amide avec un acide ; et de même un éther acide est une combinaison d’un éther neutre avec un acide :
C202AzH2 + C203,II0 = G4Il4Az03,H0.
Oxamide. Acide oxalique. Acide oxamique.
Éther oxalique. Acide oxalovinique.
On voit donc qu’il existe un parallélisme incontestable entre les formules qui interprètent les réactions des éthers et celles des amides. Nous dirons également qu’il paraît exister un grand rapport entre les corps gras et les éthers. En effet, les corps gras sont neutres et stables, comme les éthers. Ils se saponifient, c’est-à-dire qu’ils se décomposent par l’action des alcalis, en produisant un acide et un corps ternaire qui peut être assimilé à un alcool (glycérine).
Si l’on compare la composition d’un corps gras saponifiable avec la composition des produits provenant de sa saponification, on trouve que la différence consiste en un certain nombre d’équivalents d’eau : ce résultat est le même que celui que nous avons constaté en parlant de la décomposition des éthers par les alcalis.
Les éthers neutres se produisent souvent par l’action directe d’un acide sur l’alcool : on a formé également un corps gras neutre, la butyrine, en faisant agir la glycérine sur l’acide butyrique (Pelouze).
Ces productions artificielles de corps gras neutres ont été généralisées dans ces derniers temps (M. Berthelot).
Les éthers, les amides et les corps gras paraissent donc former un groupe de corps qui, dans toutes leurs réactions, présentent les plus grandes analogies.
ALCOOLS