ACIDE VALÉRIANIQUE HYDRATÉ. C10H9O3,HO
(HO
Cet acide est identique avec l’acide phocénique que M. C'hevreul a découvert parmi les produits de la saponification des huiles de baleine et de marsouin. Il existe tout formé dans plusieurs plantes, et particulièrement dans la valériane et dans les baies du Viburnum opulus.
Propriétés.
L’acide valérianique est liquide, très fluide, incolore; son odeur est forte et rappelle celle de la valériane ; sa saveur est acre, piquante : il produit sur la langue une tache blanche. A 16°, sa densité est égale à 0,937. 11 bout à 175°; il ne se solidifie pas à — 15°. Il est combustible et brûle avec une flamme blanche et fuligineuse. Sa densité de vapeur est égale à 3,55; elle correspond à 4 volumes. L’acide valérianique est peu soluble dans l’eau avec laquelle il produit un hydrate qui a pour formule : C10H9O3,3HO. il se dissout en toutes proportions dans l’alcool et l’éther.
Soumis à l’influence du chlore, l’acide valérianique donne naissance à deux acides chlorés. (MM. Dumas et Stas.)
Le premier, qui se produit à la lumière diffuse, a été nommé acide chlorovalérisique. 11 a pour formule C10H6Cl3O3,HO ; il est demi-fluide et transparent. 11 se décompose vers 130° ; il forme un hydrate qui a pour formule : C10H6Cl3O3,3HO.
Le second acide chloré, qui a été nommé acide chlorovalérosique , a pour formule : C10H5C14Ü3, HO. Il se produit quand on fait intervenir l’action directe du soleil; il présente une grande analogie avec le précédent, mais résiste cependant à la température de 150° sans se décomposer.
L’acide azotique fumant convertit l’acide valérianique en un acide nouveau, Y acide nitrovalérianique , qui a la formule suivante: C10H9(ÀzO4)O4. (M. Dessaignes.)
L’acide valérianique peut se combiner avec l’alcool amylique et former un composé qui a pour formule : C,()1I“0,C10II903. Ce corps , que l’on peut considérer comme du valérianate d'amylene , s’obtient en versant de l’alcool amylique dans un mélange d’acide sulfurique et de bichromate de potasse.
L’alcool et l’esprit de bois, distillés en présence d’un mélange d'acide
ALCOOLS
sulfurique et de valérianale de potasse , fournissent les deux éthers suivants :
C4n5O,C,0Il9O3 Éther valérianique.
C2H3O,C,0I]9O3 Valérianate de méthylène.
L'action de l’ammoniaque sur l’éther valérique donne la valêramide , qui, traitée par l’acide phosphorique anhydre, produit le valéronitrile. Le valéronitrile est une huile volatile, incolore, transparente, très fluide, très mobile, très réfringente, d’une saveur brûlante et aromatique. Son point d’ébullition est à 125°. Il est inflammable et très soluble dans l’eau.
Mode de production.
La formation de l’acide valérianique a été constatée par divers chimistes dans la décomposition spontanée d’un assez grand nombre de substances animales ou végétales. Certains fromages, d’après M. Balard, les farines avariées, d’après le prince Lucien Bonaparte, contiennent de l’acide valérianique mêlé d’acide butyrique. Les substances protéiques, l’indigo, l’acide pimélique, l’huile de camomille romaine, le lycopode, mais surtout l’huile de pomme de terre, donnent naissance à de l’acide valérianique, sous l’influence des alcalis hydratés. On retrouve encore cet acide parmi les produits de l’oxydation des corps gras par l’acide azotique.
Pour préparer l’acide valérianique , on peut chauffer dans un ballon pendant plusieurs heures , à une température de 200° environ , un mélange formé de 1 partie d’alcool amylique et de 10 parties de chaux potassée. 11 se dégage de l’hydrogène mêlé d’hydrogène carboné. Lorsque la réaction est terminée , on bouche le flacon , on laisse refroidir, et l’on ouvre le ballon sous l’eau pour éviter l’inflammation de la substance qu’il contient; la masse est délayée dans l’eau, saturée par un excès d’acide sulfurique et soumise à la distillation. On obtient de l’acide valérianique que l’on sature par le carbonate de soude. On évapore la liqueur à sec et l’on distille le résidu avec un excès d’acide phosphorique : on obtient ainsi l’acide valérianique pur. (MM. Dumas et Stas.)
Pour extraire l’acide valérianique de la racine de valériane, il suffit de distiller cette substance avec de l’eau aiguisée d’acide sulfurique. Mais comme la racine de valériane contient, outre l’acide valérianique et les valérianates, une certaine quantité d’une substance qui peut donner de l’acide valérianique par l’oxydation , on doit , avant de distiller cette racine, la faire macérer pendant vingt-quatre heures dans de l’eau qui contient de l’acide sulfurique et du bichromate de potasse.
(M. Lefort.)
VALÉRIANATES.
L’acide valérianique est monobasique ;
les valérianates ont pour for-
ALCOOL PROPYLIQU E . U 5
mule générale M0,C10H903. Ils n’ont pas la moindre odeur quand ils sont secs ; leur saveur est sucrée; ils tournoient rapidement sur l’eau.
Les valérianates sont presque tous solubles dans l’eau, à l’exception toutefois des valérianates d’argent et de protoxyde de mercure. Les sels à base d’alcalis ou d’oxydes alcalino-terreux fournissent de l’aldéhyde amylique lorsqu’on les soumet à la distillation. (M. Chance!. )
La distillation du valérianate de chaux donne la valérone (Lœwig). La distillation du valérianate de baryte donne le valéral , aldéhyde valérique. (M. Chance!.)
Le valérianate de potasse s’altère rapidement sous l’influence d’un courant galvanique : le butylène et le butyle sont des produits de la décomposition. (M. Kolbe.)
Quelques valérianates, et principalement les valérianates de zinc et de quinine sont employés en médecine.
Nous avons réuni dans le tableau suivant la formule des principaux valérianates :
Valérianate de potasse . .
Valérianate de soude . . .
Valérianate de baryte. . .
Valérianate de strontiane.
Valérianate de chaux. . .
Valérianates de plomb . .
Valérianate d’argent. . . .
. KO,C10H9O3 (desséché).
. NaO,C10H9O3.
. Ba0,C‘°H903,2H0,
. SlO,C10ll9O3.
. GaO,C10Il9O3 ( à \ 30°).
j" l’bO,G10H9O3 (cristallisé).
* ( 3(PbO),C,0H9O3 (desséché).
. AgO,G10H9O3.
ALCOOL PROPYLIQUE. C6H802.
eaux-de-vie de
' marc, soumises à
la rectification, laissent
résidu un mélange complexe de matières volatiles, parmi lesquelles se trouve un alcool particulier, l 'alcool propylique.
En distillant ce mélange, l’alcool propylique, qui bout à 96°, passe en premier dans le récipient et se trouve séparé des autres substances, dont le point d’ébullition est beaucoup plus élevé.
On purifie cet alcool en le faisant digérer pendant vingt-quatre heures avec du carbonate de potasse, et en le rectifiant ensuite sur de la potasse caustique.
L’alcool propylique est liquide, incolore, d’une odeur agréable et plus léger que l’eau, qui le dissout en quantité considérable. Il se combine v. ] 0
ALCOOLS
avec l’acide sulfurique et donne un acide sulfopropylique C6H70,(S03)2,H0, correspondant par sa composition à l’acide sulfovinique.
Les sulfopropylates ont pour formule générale : M0,C6H70,(S03)2.
(M. Chancel.)
PROPYLÈNE. G6H6.
Cet hydrogène carboné, qui parait être à l’alcool propylique ce qu’est l’amylène à l’alcool amylique, s’obtient en faisant passer des vapeurs d’huile de pomme de terre dans un tube de porcelaine chauffé au rouge. On le produit encore en décomposant l’acide valérique par la chaux potassée.
Le chlore et le brome agissent sur le propylène comme sur le gaz oléfiant : il se forme des chlorures et des bromures de propylène qui se dédoublent, sous l’influence d’une dissolution alcoolique de potasse caustique, en propylènes chlorés ou bromés.
Nous donnons ici la liste des dérivés chlorés et bromés du propylène.
Chlorure de propylène
C6H6,Cl2.
Densité.
Point d’ébullition.
Propylène chloré
Chlorure de propylène chloré
Propylène bichloré
C6fl4Cl2.
Chlorure de propylène bichloré ....
Propylène trichloré
C6il3Cl3.
Chlorure de propylène trichloré ....
Propylène quadrichloré
C6H2Ci4.
Chlorure de propylène quadrichloré . .
C^fl2Cl4,Cl2.
Propylène quintichloré
Chlorure de propylène quintichloré . .
C6 H Cl5, Cl2
Propylène sexchloré
CdCl6.
Chlorure de propylène sexchloré. . . .
Bromure de propylène
C6H6,Br2.
Propylène bromé
C6H5,Br.
Bromure de propylène bromé
C6H5Br,Br2.
Propylène bibromé
C6H4Br2.
Bromure de propylène bibromé ....
C6H4Br,Br2.
Propylène tribromé
C6H3Br3.
Bromure de propylène tribromé ....
C6H3Br3,Br2.
(M. Cahours , M.
Beinolds.)
Quand on fait passer du propylène dans un tube de Liebig qui contient de l’acide sulfurique pur, ce*gaz est absorbé rapidement et avec dégagement de chaleur. Si l’on distille ensuite l’acide sulfurique après l’avoir étendu d’eau et filtré, on obtient de l’alcool propylique. (M. Berthelot.)
BUTYLENE.
ALCOOL BUTYLIQUE. C8H10O2.
M. Würtz a découvert dernièrement, dans les parties de l’huile brute de pomme de terre qui entrent en ébullition au-dessous de 130", un alcool nouveau, auquel il a donné le nom d 'alcool butylique.
L’alcool butylique est liquide et incolore. Son odeur rappelle celle de l’huile de pomme de terre. Sa densité, prise à 18°, 5, est égale à 0,803. Il bout à 112° ; la densité de sa vapeur est 2,589. Il brûle avec une flamme éclairante, et n’exerce aucune action sur la lumière polarisée.
L’acide sulfurique forme avec l’alcool butylique un composé C8H90, (S03)2,H0, analogue par sa constitution à l’acide sulfamylique , et qui a reçu le nom d’acide sulfobutylique. Le sulfobutylate de potasse, distillé avec du cyanate de potasse, donne un mélange de cyanate et de cyanurate de butylène. Ces deux éthers, traités par la potasse caustique, fournissent de la butyliaque C8HuAz.
La chaux sodée convertit l’alcool butylique en acide butyrique : c’est à cette transformation que cet alcool doit son nom.
Pour obtenir l’alcool butylique, on échauffe lentement jusqu’à 130°, dans un appareil distillatoire , l’huile brute de pomme de terre. 11 passe dans le récipient de l’eau et un liquide très léger qui vient nager à la surface. Ce liquide renferme de l’alcool vinique de l’huile de pomme de terre et de l’alcool butylique Ces trois alcools ayant des points d’ébullition différents, peuvent être séparés par des distillations fractionnées. Le produit que l’on recueille entre 108" et 118°, se compose presque entièrement d’alcool butylique. On purifie ce corps en le rectifiant sur de la potasse caustique; la portion qui distille à 112° est de l’alcool butylique pur. (M. Wurtz.)
BUTYLÈNE. C8H8.
H8 100,00 là, 29
Ce corps peut être considéré comme de l’alcool butylique deshydraté. On a en effet :
C8ipo02 2110 = C8tl8.
Alcool butylique.
Butylène.
ALCOOLS
Il existe donc entre le butylène et l’alcool butylique le même rapport qu’entre l’amylène et l’alcool amylique.
Le butylène est gazeux à la température ordinaire, peu soluble dans l’eau, assez soluble dans l’alcool, et d’une densité égale à 1,926. L’acide sulfurique l'absorbe en s’échauffant beaucoup, et produit un composé dont la nature est peu connue.
On obtient le butylène :
1" En distillant l’alcool butylique sur du chlorure de zinc fondu. (M. Würtz.)
2° En décomposant le valérianate de potasse par l’électricité. (M. Kolbe.)
3° En faisant passer des vapeurs de corps gras dans un tube de porcelaine porté au rouge. (M. Faraday.)
l\ ' En chauffant de l’acide caprylique, de l’acide palmitique ou de l’acide pélargonique avec un excès de chaux potassée. (M. Cahours.)
Le chlore et le brome donnent, avec le butylène, une série de composés chlorés et bromés dont voici les formules :
Chlorure (1e butylène C8H8C12.
Butylène chloré C8H"C1.
Chlorure de butylène chloré C8H7C1,C12.
Bromure de butylène C8H8Br2.
Butylène brome C8H7Br.
(M. Faraday.)
câ
BUTYLE. C8H9.
Le valérate de potasse, décomposé par l’électricité, donne, outre le butylène, une substance huileuse qui a été nommée butyle.
Le butyle, qui correspond à l’amyle par sa composition, est oléagineux, d’une odeur éthérée agréable, insoluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool et l’éther. Sa densité est égale à 0,69^. Il bout à 108° ; la densité de sa vapeur est égale à /t,053. 11 s’enflamme au contact des corps en ignition, et brûle en répandant une vive lumière.
Le chlore forme, avec le butyle, une série de composés chlorés.
Le butyle se produit encore lorsqu’on traite l’iodhydrate de butylène par le potassium. (M. Würtz.) (M. Kolbe.)
Dans un travail récent, M. Würtz a complété l’histoire de l’alcool
CÀPROÏLE . 149
butylique et a fait connaître , en outre , la composition et les propriétés de plusieurs dérivés de cet alcool.
Le tableau suivant, où les noms et les formules des corps principaux obtenus par M. Würtz se trouvent placés en regard des dérivés correspondants de l’alcool amylique , nous montre clairement l’analogie qui existe entre les composés butyliques et amyliques :
Alcool butylique C8H10O*.
Butylène C8H8.
Butyle C8H9.
Éther butylique C8H9Ü.
Chlorhydrate de butylène . C8H9C1.
Bromhydrate de butylène . C8H9Br.
Iodhydrate de butylène . . C8H9I.
Acide sulfobutylique. . . . C8H90,(S03)2,H0. Azotate de butylène. . . . G8H90,Az0J.
Carbonate de butylène. . . C8H90,C0'2.
Acétate de butylène. . . . C8H9Ü,C’fH303.
Alcool amylique
Amylène
Amvle
Ether amylique
Chlorhydrate d 'amylène .
Bromhydrate d’amylène .
. Cl0HuBr.
Iodhydrate d’amylène . .
Acide sulfamylique . . .