‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 4)Chapitre 7 sur 300 · ACTION 3D3B X,’ ALCOOL SUR X.TSS SELS · texte numérisé non relu

ACTION 3D3B X,’ ALCOOL SUR X.TSS SELS

L’alcool forme avec plusieurs sels des combinaisons définies, généralement cristallisables, et qui ont peu de stabilité.

Lorsqu’on fait dissoudre du chlorure de calcium dans de l’alcool anhydre, il se produit un composé ayant pour formule CaCl,2(C4H602).

Il existe une combinaison de même nature entre l’alcool et le chlorure de strontium.

Le chlorure de manganèse se combine avec l’alcool et donne des cristaux qui renferment 52 pour 100 d’alcool.

Quand on met du perchlorure de fer en contact avec de l’alcool, la masse s’échauffe beaucoup et donne un produit épais qui, soumis k la distillation, dégage de l’acide chlorhydrique, de l’éther, de l’éther chlorhydrique, et laisse un résidu de peroxyde de fer.

Les chlorures d’aluminium et d’antimoine s’unissent k l’alcool avec dégagement de chaleur , et forment des composés cristallisables qui, chauffés, donnent de l’éther et de l’éther chlorhydrique. (M. Kuhhnann.)

L’alcool forme avec le chlorure de zinc une combinaison qui se décorn-

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pose par l’action de la chaleur et dégage des quantités considérables d’éther C4110. Au moyen du chlorure de zinc on peut éthérifier l’alcool avec autant de facilité que par l’acide sulfurique. En faisant agir, à une température de 200° environ, le chlorure de zinc sur l’alcool, on produit deux carbures d’hydrogène nouveaux. L’un est représenté par la formule C8H7, et bout à 100°; l’autre a pour composition C8H9. Son point d’ébullition est à 300°. La somme de ces deux carbures d’hydrogène représente l’hydrogène bicarboné (M. Masson).

G8H7 -f- C8H9 = Zi(GMP).

L alcool mélangé avec du chlorhydrate d’ammoniaque, et chauffé à 260° dans un tube fermé, s’éthérifie complètement. Si l’on élève la température jusqu’à à00°, l’alcool subit une décomposition complexe. Parmi les produits de cette décomposition, on trouve du chlorhydrate d’éthyliaque.

Une réaction de même nature s’opère à 360° entre l’alcool et l’iodhydrate d’ammoniaque (M. Berthelot).

Le bichlorure d’étain produit avec l’alcool un composé cristallin qui fond à 75°, et se décompose vers là0° en donnant de l’éther et de l’éther chlorhydrique.

Dans certaines circonstances le bichlorure de mercure paraît former avec l’alcool une combinaison particulière.

L’azotate de chaux donne avec l’alcool un composé cristallisable qui contient ki pour 100 d’alcool.

En faisant dissoudre de l'azotate de magnésie dans de l’alcool, on obtient des cristaux nacrés qui retiennent 73 pour 100 d’alcool. ( M. Graham.)

L'azotate de peroxyde cle mercure réagit sur l’alcool et donne naissance à un composé cristallin ayant pour formule G TU0,Àz05,3Hg0,Az05. (MM. Sobrero et Selmi.)

Nous avons déjà vu que l’azotate d’argent et l’azotate de mercure, chauffés en présence de l'alcool et de l’acide azotique, se changent en fulminates.

Les fluorures de bore et de silicium sont absorbés par l’alcool anhydre avec dégagement de chaleur (Gay-Lussac et Thénard),

Lorsqu’on distille la combinaison d’alcool et de fluorure de bore, on obtient de l’éther (M. Desfosses).

D’après M. Kuhlmann, le produit distillé est une combinaison de fluorure de bore et d’éther.

La combinaison d’alcool et de fluorure de silicium distille sans altération vers 160° et ne donne pas d’éther; lorsqu’on la traite par de la potasse, elle régénère de l’alcool pur.

ALDÉHYDE.

L’action du bichlorure de platine sur l’alcool a été surtout étudiée par MM. Dœbereiner, Berzelius, Liebig et Zeise.

Lorsqu’on fait dissoudre dans l’alcool du bichlorure de platine PtCl2, l’alcool éprouve une oxydation partielle : il se dégage de l’aldéhyde, de l’éther acétique, de l’éther chlorhydrique, et il reste dans la liqueur un composé C4H4,PtCl2. Ce corps, soumis à l’action de certains oxydes, de la magnésie par exemple, forme du chlorure de magnésium et donne un corps qui a pour formule C4H4,Pt02.

Si l’on traite le composé C4H4,PtCl2 par de l’azotate d’argent, la moitié du chlore se précipite à l’état de chlorure d’argent, et il se produit un nouveau corps qui a pour formule C4H4,PtCl.

Le composé C4H4,PtCl se combine avec le chlorure de potassium et le chlorhydrate d’ammoniaque, et forme les corps suivants :

C4H4,PtCl,KCl,2HO.

G4H 4 , P tCl , Az H3, HCl.

ALDÉHYDE. C411402.

Ce corps a été découvert par M. Dœbereiner ; mais c’est M. Liebig qui a fait connaître sa composition et ses principales propriétés. Le nom d’aldéhyde signifie alcool déshydrogéné. En effet, l’aldéhyde (Ml PO2 diffère de l’alcool C4H602 par 2 équivalents d’hydrogène.

Propriétés.

L’aldéhyde est liquide, incolore, très limpide, d’une odeur éthérée et suffocante ; il bout à 21°. Sa densité est égale à 0,790. 11 est soluble en toutes proportions dans l’eau, l’alcool et l’éther; il est combustible et bride avec une flamme pâle. Il dissout le phosphore, le soufre et l’iode; le chlore et le brome le transforment en chloral et en Oromol. L’aldéhvde se change , au contact des alcalis, en une substance résineuse brune ( résine-aldéhyde ).

L’aldéhyde est remarquable par son affinité pour l’oxygène; il réduit plusieurs sels métalliques. Lorsqu’on le met en contact avec l’azotate d’argent, il détermine presque immédiatement la décomposition du sel ;

ALCOOLS

îe métal se précipite avec son éclat métallique et vient tapisser l’intérieur des vases dans lesquels la réaction s’est faite. Cette propriété, qui est caractéristique, sert à reconnaître de petites quantités d’aldéhyde. L’aldéhyde peut absorber 1 équivalent d’oxygène et se transformer en acide acéteux qui a pour formule C4H302,H0. L’acide acéteux se forme également lorsqu'on fait réagir l’oxyde d’argent sur l’aldéhyde ; on le nomme quelquefois acide aldéhydique.

C’est encore cet acide qui a reçu le nom d 'acide lampique ou acide de la lampe sans flamme , et qui prend naissance lorsque la vapeur d’alcool éprouve, sous l’influence des corps divisés, comme la mousse ou le fil de platine, une combustion incomplète. L’acide acéteux peut absorber 1 équivalent d’oxygène et se transformer complètement en acide acétique.

L’alcool soumis à l’influence d’agents oxydants donne donc naissance aux corps suivants :

Alcool C4Hü02.

Aldéhyde C411402.

Acide acéteux. C411403.

Acide acétique. C4H404.

Dans la fabrication de l’acide acétique, lorsque l’alcool s’acidifie, il se forme probablement de l’aldéhyde et de l’acide acéteux qui donnent quelquefois au vinaigre une saveur particulière.

L’acide aldéhydique forme avec la potasse un sel blanc très soluble dans l’eau.

L’aldéhydate d’ammoniaque cristallise en rhomboèdres aigus d’un volume assez considérable. Ces cristaux fondent à 70° et distillent sans altération. Ils sont très solubles dans l’eau, moins solubles dans l’alcool et peu solubles dans l’éther.

Les sels d’argent sont réduits à l’état métallique par une dissolution bouillante d’aldéhydate d’ammoniaque.

Lorsqu’on abandonne à lui-même un mélange d’aldéhydate d’ammoniaque, d’acide chlorhydrique et d’acide cyanhydrique, il se dépose dans la liqueur une substance particulière, qui a été nommée hydrocyanaldine.

Le même mélange, chauffe au bain-marie, donne du chlorhydrate d’ammoniaque et une matière nouvelle, V alanine (M. Strecker).

Quand on suspend dans un flacon qui contient une petite quantité d’alcool, une capsule remplie de noir de platine, la vapeur alcoolique éprouve, sous l’influence du métal divisé, une oxydation lente, et se transforme en un liquide (fui a reçu le nom d 'acétal. L’acétal est formé par la combinaison de 2 équivalents d’éther avec 1 équivalent d’aldéhyde. (M. Stas.)

Si l’on fait passer des vapeurs d’acide cyanique dans de l’aldéhyde anhydre, Y action est très vive, et il se dégage de l'acide carbonique. En

ALDEHYDE.

ayant soin de refroidir, on obtient un acide particulier qui a été nommé acide trigénique C8H6Àz303,H0 (MM. Wœhler et Liebig).

L’acide trigénique est à peine soluble dans l’alcool, peu soluble dans l’eau ; la chaleur le décompose ; ses cristaux ont la forme de prismes.

Le trigénate d’argent a pour formule Ag0,C8H6Az303.

A la température ordinaire, l’aldéhyde éprouve une transformation isomérique, et se change en un corps cristallisant en aiguilles blanches prisimtiques, qui a été nommé métaldéhyde . Ce corps se volatilise à 120° sans éprouver la fusion (M. Liebig).

L’aldéhyde, exposé pendant un certain temps à la température de 0°,

éprouve une nouvelle modification isomérique , et se transforme en un produit blanc, cristallin, qui a reçu le nom d’élaldéhyde.

L’élaldéhyde fond à 2°, est très inflammable, ne brunit pas par l’action de la potasse, ne réduit pas les sels d’argent, et ne se combine pas avec les alcalis.

La potasse, en réagissant sur l’aldéhyde, donne du formiate, de l’acétate, et peut-être de l’aldéhydate de potasse. 11 se produit en outre une huile particulière, d’une odeur piquante, qui se résinifie à l’air, et une résine d’un jaune orangé, soluble dans l’alcool et dans l’éther, peu soluble dans l’eau, à peine soluble dans les alcalis (M. Weidenbusch).

L’acide sulfurique et l’acide azotique ne paraissent exercer sur l’aldéhyde qu’une action de contact. L’aldéhyde pur, étendu de la moitié de son volume d’eau , et mis en contact , au-dessous de 0°, avec une trace d’acide sulfurique ou d’acide azotique, dépose de petites aiguilles qui paraissent consister en métaldéhyde de la modification insoluble. Le liquide surnageant contient un nouvel isomère de l’aldéhyde Cl2Hl2()6 qui a été nommé paraldéhyde.

Ce corps est très fluide, limpide, d’une odeur aromatique, d’une saveur acre et brûlante; sa densité est égale à 5,5 83. L’alcool et l’éther le dissolvent facilement; il est moins soluble dans l’eau ; son point d’ébullition

est à 125°; il s’acidifie à l’air et se convertit en aldéhyde par l’action de

l’acide sulfurique.

L’aldéhyde forme, en présence de l’eau et de l’hydrogène sulfuré, une huile épaisse et limpide, d’une odeur d’ail fort pénétrante, qui est peu soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool et dans l’éther. Elle bout à 180°. Elle a pour formule C12Hl3S7. L’acide sulfurique ou l’acide chlorhydrique, en réagissant sur ce corps, produisent de l’hydrogène sulfuré et une substance cristalline C4H4S2 nommée mercaptan acétylique (M. Weidenbusch).

Le mercaptan aeéty lique cristallise cn'aiguilles blanches, d’une odeur alliacée désagréable; il se sublime à 55". Il est soluble dans l’alcool, dans l’éther, peu soluble dans l’eau. Quand on le met en contact avec l’acide su If hydrique, il régénère le composé (Û-H^S7 qui lui a donné naissance;

ALCOOLS

si on le soumet à l’action d’une solution alcoolique d’azotate d’argent, il forme un précipité blanc qui, par la chaleur, laisse déposer du sulfure d’argent : l’alcool retient en solution un composé G12Hl2S6,2(Àg0,Àz05).

L’ammoniaque convertit le corps Cl2H13S7 en un alcaloïde appelé thialdine. La thialdine se produit aussi par Faction de l’hydrogène sulfuré sur une dissolution alcoolique d’aldéhydate d’ammoniaque contenant un excès d’ammoniaque. En faisant agir l’hydrogène sélénié sur l’aidé— hydate d’ammoniaque, on obtient la sélénaldine (MM. Wœhler et Liebig).

L’action du sulfure de carbone sur l’aldéhydate d’ammoniaque donne une troisième base appelée carbothialdine (MM. Liebig et Redtenbacher).

Préparation.

L’aldéhyde se produit dans un grand nombre de circonstances : on l’obtient dans la préparation de l’éther azoteux ; il se forme dans la préparation du fulminate de mercure, dans les combustions incomplètes de l’alcool, dans les produits de la décomposition de l’alcool et de l’éther par la chaleur ; mais on obtient surtout l’aldéhyde en distillant 6 parties d’acide sulfurique , h parties d’eau , U parties d’alcool et 6 parties de peroxyde de manganèse. On mélange la liqueur distillée avec de l’éther ammoniacal ; il se forme une combinaison cristalline d’aldéhyde et d’ammoniaque , que l’on nomme aldéhydate d' ammoniaque et qui a pour formule C4H402,AzH3. En distillant F aldéhydate d’ammoniaque avec de l’acide sulfurique étendu , on obtient de l’aldéhyde qu’on rend anhydre par une rectification sur du chlorure de calcium.

THIALDINE. C12Hl3,AzS4.

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Az

La thialdine est une base cristallisa ble, d’une densité de 1,191 à 18°, réfractant fortement la lumière, volatile sans décomposition, fusible à ^3°, fort peu soluble dans l’eau, très soluble, au contraire, dans l’alcool et dans l’éther. Elle n’agit pas sur les couleurs végétales, mais se dissout aisément dans les acides et forme des sels cristallisables.

Lorsqu’on fait réagir à 100° l’oxyde d’argent humide sur la thialdine, cette base échange son soufre pour de l’oxygène et se convertit en leucine (MM. Cahours et Gœssmann).

Chauffés avec une solution d’azotate d’argent, les sels de thialdine

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