‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 4)Chapitre 83 sur 300 · G,2H3C13,3HC1 + 3MO = 3HO + 3MC1 + C12H3C · texte numérisé non relu

G,2H3C13,3HC1 + 3MO = 3HO + 3MC1 + C12H3C

Benzine trichlorée.

La benzine trichlorée est huileuse, incolore; sa densité à 7° est égale à 1,447. Elle est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et l’éther ; elle bout à 210°. Sa densité de vapeur est 6,37.

Le brome agit sur la benzine comme le chlore et donne naissance aux deux produits suivants :

Cl2H3Br3,3HBr.

C12H3Br3.

L’acide azotique fumant attaque la benzine et produit un composé azoté nommé nitrobenzine : Cl2H5Az04. (M. Mitscherlich.)

La nitrobenzine est liquide, d’une odeur de cannelle et d’amande amère. Sa densité à 15° est égale à 1,209. Elle bout à 213° ; sa densité de vapeur est 4,40. Elle est peu soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool et l’éther. Lorsqu’on expose au froid la nitrobenzoïne, elle se solidifie en aiguilles cristallines. La nitrobenzine, soumise à l’influence de l’hydrogène naissant, se transforme en aniline :

C12H5Az04 + 6 H = 4 HO + C12H7Az.

Nitrobenzine. Aniline.

Cette réaction remarquable permet de constater la présence de la benzine, même lorsqu’elle est mélangée à un autre carbure d’hydrogène. On traite le mélange par l’acide azotique, il se produit delà nitrobenzine; on met cette substance en présence de l’eau acidulée par l’acide sulfurique et du zinc en grenaille, il se forme de l’aniline qui jouit de la propriété de se colorer en pourpre violet sous l’influence du chlorure de chaux. (M. Hoffmann.)

L’acide sulfhydrique transforme très facilement la nitrobenzine en aniline. Il se dépose du soufre dans cette réaction :

G,2H5Az04 + GIJS = C,2H7Az -f GS -f 4IIO.

Quand on fait agir l’acide azotique fumant sur la nitrobenzine, on obtient la binitrobenzine Cl2H4(Az04)2 qui est solide et cristal lisable (M. Deville.)

La binitrobenzine , traitée par les ulmydrate d’ammoniaque, se convertit en nitraniline. (MM. Muspratt et Hoffmann.)

ESSENCES

Si l’on prolonge l’action du sulthydrate d’ammoniaque, on obtient un nouvel alcaloïde, la semibenzidame (M. Zinin.)

La semibenzidame est brune, amorphe, soluble dans l’alcool et l’éther. Elle s’altère promptement au contact de l’air.

La nitrobenzine, chauffée en présence d’une dissolution alcoolique de potasse, donne un corps particulier nommé azobenzide et qui a pour formule Cl2H5Az (M. Mitscherlich). 11 se produit en outre, dans cette réaction, de l’aniline et une substance cristallisable Gl2H5AzO, Y azoxybenzide . (M. Zinin.)

L’azobenzide se présente en cristaux rouges, qui fondent à 65°, se volatilisent à 193°, se dissolvent dans l’eau et l'alcool.

L’acide azotique monohydraté , en agissant sur l’azobenzide, donne naissance aux deux composés suivants:

L’azobenzide nitré. . . C12H4(Az04)Az.

L’azobenzide binitré. . C12H3(Az04)2Az.

(M. Zinin.)

Le sulfhydrate d’ammoniaque transforme l’azobenzide binitré en une base organique nouvelle, la diphénine Cl2H5Az4. (MM. Laurent et Gerhardt.)

Lorsqu’on fait agir l’acide sulfureux ou l’acide sulfliydrique sur l’azobenzide dissoute dans l’alcool ammoniacal, on obtient un alcali nommé benzidine , et qui a pour formule Cl2H6Az. (M. Zinin.)

La benzidine cristallise en paillettes d’un blanc argenté, peu solubles dans l’eau, très solubles dans l’alcool et l’éther, fusibles à 108°. Elle forme avec les acides des sels cristallisables.

Le chlorhydrate de benzidine C12H6Az,HCl, présente l’aspect de lames rhomboïdales incolores, qui sont insolubles dans l’éther, solubles dans l’eau, dans l’alcool et inaltérables au contact de l’air.

Le sulfate de benzidine C12H6Az,S03,H0, est blanc, pulvérulent, peu soluble dans l’eau et l’alcool. On l’obtient directement en versant de ! l’acide sulfurique dans une dissolution de benzidine.

Lazoxybenzide, traité par l’acide azotique, donne Y azoxybenz ide nitré Cl2Ii4(Az04)Az0. (M. Zinin.)

La benzine , soumise à l’action de l’acide sulfurique anhydre , donne d’abord une substance cristalline neutre C12H5S02, la sulfobenzine , dans f laquelle 1 équivalent d'hydrogène de la benzine se trouve remplacé par ; 1 équivalent d’acide sulfureux. Il se produit en même temps dans cette 1 réaction un acide sulfobenzinique C12H6,(S03)2. Cet acide, en se combinant | avec les bases, perd un équivalent d’eau ; les sulfobenzinates ont donc $ pour formule générale : M0,C12H5S205. (M. Mitscherlich.)

Les sulfobenzinates métalliques, distillés en présence de l’oxychlorure fj de phosphore, donnent le chlorure de svlfobenzinile C12H5S204,CI.

ACIDE CHLOROBENZOÏQUE.

Ce composé est liquide, oléagineux, incolore, d’une odeur prononcée d’amande amère. Sa densité, prise à 23°, est 1,378 ; il bout à 254°.

Les alcalis le transforment en chlorure et en sulfobenzinate alcalins.

L’ammoniaque le convertit en un mélange de chlorhydrate d’ammoniaque et de sulfobenzidilamide Cl2H5S204AzH2.

(MM. Gerhardt et Chancel.)

Préparafion.

La benzine se produit en décomposant le benzoate de chaux par la chaleur (M. Péligot) ou en chauffant 1 partie d’acide benzoïque et 3 parties d’hydrate de chaux (Mitscherlich) : elle prend naissance dans la distillation d’un grand nombre de matières organiques, principalement dans celle des huiles grasses.

Le goudron retiré de la houille, dans la fabrication du gaz d’éclairage, contient une assez forte proportion de benzine ; mais cette substance s’y trouvant mélangée avec un grand nombre de matières étrangères, il est difficile de l’obtenir à l’état de pureté.

Pour y parvenir, on distille le goudron dans des cornues de fonte , On sépare, dans l’huile provenant de cette distillation, les parties les plus volatiles qui, agitées successivement avec de l’acide sulfurique affaibli, de l’eau et une dissolution de potasse étendue, abandonnent les acides et les alcalis qu’elles renferment. Après avoir été ainsi purifiées, elles sont soumises à des distillations fractionnées : la benzine passe dans le récipient entre 80° et 85° ; on la recueille à part et l’on achève de la purifier en la congelant et en la comprimant au moyen d’une presse.

ACIDE GIILOROIÎENZOÏQUE. C14I14C103,HO.

L’acide chlorobenzoïque cristallise en aiguilles brillantes, qui sont fusibles vers 125°, volatiles sans décomposition et très solubles dans l’eau chaude.

La plupart des chlorobenzoates se dissolvent dans l’eau.

Le sel de baryte Ba0,Gl4H4C103, forme des cristaux radiés ou de petits mamelons d’un blanc éclatant.

Le chlorobenzoate d'argent a pour formule AgÜ,Cl4H4C103.

On produit l’acide chlorobenzoïque :

1° En traitant l’acide benzoïque par le perchlorure d’antimoine;

2° En décomposant le chlorure de chlorobenzoïle par l’eau bouillante:

Cl4l]4Cl202 -f- 2 II O = GI4H4C103,H0 -h HCl.

Chlorure Acide

de chlorobenzoïli*. rhlorohefizoïque.

ESSENCES

ACIDE BROMOBENZOÏQUE. C14H4Br03,H0.

. • # JNt- •

-fn f*v ÉP» ' ,*1 \ v rtf ‘ • .

Le brome, en agissant sur le benzoate d’argent, donne naissance à un acide brome, Y acide bromobenzoïque C,4H4Br03,H0, dans lequel l’équivalent d’hydrogène de l’acide benzoïque est remplacé par 1 équivalent de brome.

L’acide bromobenzoïque est ' cristallin, peu soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool, l’éther et l’esprit de bois. 11 fond à 100°. et se sublime vers 250°. Sa vapeur est combustible et brûle- avec une flamme éclairante bordée de vert.

La dissolution d’acide bromobenzoïque ne précipite pas l’azotate d’argent.

Les bromobenzoates alcalins e alcalino-terreux sont solubles dans l’eau et cristallisables. Les sels à base de plomb, de' cuivre et de protoxyde de mercure sont très peu solubles.

Pour obtenir l’acide bromobenzoïque, on place dans un flacon à large ouverture du benzoate d’argent desséché, et au-dessus de ce sel un petit tube de verre contenant du brome. Après avoir bouché le flacon, on l’abandonne à lui-même ; le benzoate d’argent absorbe les vapeurs de brome, il se produit du bromure d’argent et de l’acide bromobenzoïque. En traitant ce mélange par l’éther, on dissout l’acide bromobenzoïque, qui se dépose à l’état cristallin, par l’évaporation de la liqueur.

(M. PÉLIGOT.)

ACIDE NITROBENZOÏQUE. C14H4(Az04)03,H0.

L’acide nitrobenzoïque a été découvert par M. G. -J. Mulder. On l’obtient en traitant l’acide benzoïque par l’acide azotique fumant. L’acide nitrobenzoïque est cristallisable ; peu soluble dans l’eau froide, plus soluble dans l’eau bouillante. Il fond à 127° et se sublime ensuite en longues aiguilles blanches. Sa vapeur est piquante et provoque la toux.

Traité par le per chlorure de phosphore à chaud, l’acide nitrobenzoïque donne du chlorure de benzoïle nitré. (M. Cahours.)

En faisant agir le sulfhydrate d’ammoniaque sur l’acide nitrobenzoïque, on obtient un acide particulier, Y acide benzamique Cl4HüAz03,H0. (M. Zinin.)

Les nitrobenzoates sont généralement solubles dans l’eau, dans l’alcool et cristallisables. Ils font explosion lorsqu’on les chauffe et donnent de la nitrobenzine quand on les soumet à l’action d’une chaleur modérée.

NITKOBENZAMIDE.

Nous indiquons ici les formules des principaux nitrobenzoates :

Nitrobenzoate de baryte. . . Ba0,G14[l4(Az04)03,ZiH0.

JNitrobenzoate de strontiane . St0,C14ll4(Az04)03,2H0.

Nitrobenzoate de chaux. . . Ca0,G14H4(Az04)03,2H0.

Nitrobenzoate de manganèse. Mn0,Cl4tl4(Az04)034H0.

Nitrobenzoate de zinc. . . . Zn0,Gi4H4(Az04)03,5H0.

Nitrobenzoate de plomb . . . Pb0,C14H4(Az04)03.

Nitrobenzoate de cuivre. . . Cu0,C,4H4(Az04)03,H0.

Nitrobenzoate d’argent. . . . Ag0,G14M4(Az04)03.

L 'éther nitrobenzoïque G4H50,C14H4(Àz04)03 , est solide, incolore; il cristallise en prismes rhomboïdaux droits. Il fond à Ul° et bout à 296°. (M. E. Kopp.)

NITROBENZAMIDE. C,4H(j06Az2.

Cette substance, découverte par M. Fiekl, en décomposant par la chaleur le nitrobenzoate d’ammoniaque, peut, être obtenue plus facilement avec l’étlier nitrobenzoïque et l’ammoniaque.

C4il50,G14ri4(Az04)03 4- Azll3 = C411602 4- G14flfi06Az2.

Éther nitrobenzoïque. Nitrobenzamide.

Oïi la produit aussi en traitant le chlorure de benzoïlc nitré par l’ammoniaque. (M. Cahours.)

La nitrobenzamide est insoluble à froid; elle cristallise par le refroidissement de sa solution bouillante en belles aiguilles jaunes.

La nitrobenzamide dissoute dans l’eau et traitée par le sulfhydrate d’ammoniaque, donne un dépôt de soufre et de la carbanilamide ou urée anilamique , qui est représentée par du carbonate double d’aniline et d’ammoniaque, moins U équivalents d’eau. Ce passage remarquable d’un corps de la série benzoïque à la série anilique a été signalé par M. Chancel.

La carbanilamide cristallise en beaux prismes aplatis, incolores, d’une saveur nitrée, fusibles à 72°, solubles dans l’eau sans altération. Les alcalis hydratés en séparent successivement de l’ammoniaque et de l’aniline.

La carbanilamide se dissout dans les acides et présente tous les caractères d’une véritable base. Elle paraît identique avec la fl aviné .

(M. Chancel.)

Lorsqu’on traite la carbanilamide par la chaux potassée, elle se décompose d’abord en carbanilate de potasse et en ammoniaque. Si l’on continue l’action, le carbanilate forme du carbonate de potasse et de l’aniline.

Le carbanilate de potasse, traité par l’acide acétique, donne des cristaux orangés (V acide car boni tique pur. Cet acide est isomère avec l’acide benzamique fie M. Zinin et avec l’acide anthranilique de M. Fritszche.

ESSENCES

La carbanilamide appartint à une classe de corps de même ordre que les amides : M. Hoffmann a découvert Y oxanilamide parmi les produits de la réaction de l’acide chlorhydrique sur la cyaniline.

La nitrobenzamide, chauffée en présence d’une dissolution étendue de potasse, perd de l’ammoniaque et se change en nitrobenzoate de potasse.

ACIDE BINITROBENZOÏQUE. C14H3(Az04)203,H0.

Cet acide a été obtenu par M. Cahours en traitant l’acide benzoïque par 15 ou 20 fois son poids d’un mélange à parties égales d’acide sulfurique de Nordhausen et d'acide azotique fumant.

L’acide binitrobenzoïque cristallise en lames miroitantes ou en prismes raccourcis très brillants, suivant la concentration de la liqueur et la rapidité du refroidissement. Cet acide fond à une température peu élevée; chauffé doucement, il se sublime sans éprouver d’altération. L’eau n’en dissout que des traces à froid : elle en dissout plus à la température de l’ébullition. L’alcool et l’étlier dissolvent, surtout à chaud, l’acide binitrobenzoïque.

M. Cahours a produit Y éther binitrobenzoïque C4H5Q,Cl4H3(Àz04)203 en dissolvant jusqu’à saturation l’acide binitrobenzoïque dans de l’alcool concentré et bouillant. Cet éther cristallise en aiguilles déliées et très brillantes , à peine colorées en jaune.

L’acide binitrobenzoïque forme, avec la potasse, la soude et l’ammoniaque, des sels solubles et cristallisables qui s’obtiennent directement en saturant l’acide par ces bases.

ACIDE SULFOBENZOÏQlîE. CI4H403,S205,2H0.

Cet acide est cristallisable, déliquescent , et d’une saveur astringente. On le prépare en faisant arriver des vapeurs d’acide sulfurique anhydre dans un petit ballon qui contient de l’acide benzoïque desséché.

L’acide sulfobenzoïque ainsi obtenu renferme toujours une certaine quantité d’acide benzoïque qu’on sépare en traitant le mélange par de l’eau froide et en filtrant la liqueur. La dissolution est alors saturée par du carbonate de baryte, soumise à l’évaporation et additionnée d’acide chlorhydrique. Elle dépose, par le refroidissement, des cristaux brillants de sulfobenzoate acide de baryte. Ce sel, décomposé par une proportion convenable d’acide sulfurique, donne de l’acide sulfobenzoïque pur.

Les sulfobenzoates ont pour formule générale (M0)2,Gl4H403,S205; la plupart d’entre eux sont cristallisables. Lorsqu’on les calcine en présence de la potasse, ils laissent un résidu contenant du sulfite et du sulfate de potasse. (M. Mitscherlich.)

EMÜLSINE.

SYNÀPÏASE .

AMYGDALITE.

Cette substance a été découverte par MM. Robiquet et Boutron. Pour la préparer, on écrase les amandes dans un mortier, on les comprime pour en extraire l’huile fixe, et l’on traite ensuite le .son ou le tourteau qui en résulte, par de l’alcool bouillant à 94°. La dissolution alcoolique est évaporée et soumise à la fermentation, qui détruit le sucre; on évapore alors la liqueur et l’on fait cristalliser l’amygdaline dans l’alcool.

L’amygdaline cristallise en paillettes soyeuses; elle est peu soluble dans l’alcool froid, soluble au contraire dans l’alcool bouillant, elle se dissout facilement dans l’eau et retient une quantité d’eau d’hydratation ( [u i est environ de 10,57 pour 100. L’amygdaline peut être obtenue à l’état anhydre quand on la chauffe à 120". Lorsqu’elle se dépose de sa dissolution aqueuse, elle a pour formule C40H27AzO22,6HO. En présence de l’acide sulfurique, elle devient C40H27AzO22,2HO. Les alcalis transforment l’amygdaline en un acide non azoté qui a été nommé acide amygdalique , et dégagent en outre de l’ammoniaque. L’acide amygdalique a pour formule C40H26O24,HO.

Les corps oxydants, tels que le bi-oxyde de manganèse, l’acide azotique et l’acide sulfurique, décomposent l’amygdaline en produisant de l’ammoniaque, de l’essence d’amande amère, de l’acide benzoïque et de l’acide formique. Le permanganate de potasse forme, avec l’amygdaline, du benzoate et du cyanate de potasse.

L’acide chlorhydrique fumant colore en jaune l’amygdaline. 11 se dépose une grande quantité de matière noire et pulvérulente; la solution retient du chlorhydrate d’ammoniaque et de l’acide formobenzoïlique. M. Wœhler a obtenu V éther amygdalique en faisant tomber goutte à goutte dans du gaz chlorhydrique un mélange épais d’alcool et d’amygdaline.

ÉMULSINE. — SYAAPTASE,

La synaptase est, comme nous l’avons dit, le ferment qui convertit l’amygdaline en essence d’amande amère. Cette transformation peut être représentée par la formule suivante:

C40I]27AzQ22 = C2Az[1 j 0(C14||G02) q cGH707 -g 2(C2H03,H0) -f 31JO.

Amygdalinc. Acide Essence d’amande Sucre Acide

cyanhydrique. amère. de raisin. formique.

(MM. Liebig et WOEHLEK.)

La synaptase est blanche ou d’un blanc jaunâtre, présentant l’aspect de la gomme, sans saveur, d’une odeur légère. L’alcool la précipite de sa dissolution aqueuse, mais sans lui ôter, comme à l’albumine, la propriété de se redissoudre dans l’eau. Elle est précipitée par le tannin, les eaux de

ESSENCES

chaux, de baryte et de strontiane ; elle se distingue surtout de l’albumine en ce qu’elle produit avec l’acide chlorhydrique concentré une dissolution incolore.

La synaptase, même après plusieurs dissolutions dans l’eau et plusieurs précipitations par l’alcool, laisse une cendre qui contient du phosphate de chaux. Dans l’état d’impureté où on la connaît, et abstraction faite des parties inorganiques qu’elle contient, sa composition correspond à la formule suivante : C2üH25Àz2032 (M. Ortloff).

La synaptase cesse d’agir sur l’amygdaline lorsqu’elle a été coagulée par la chaleur ou par l’alcool.

Elle existe non-seulement dans les amandes amères, mais encore dans les amandes douces ; aussi sent-on vivement une odeur prussique lorsqu’on frotte le blanc d’une amande douce avec de l’amygdaline. La synaptase ne contient pas de soufre, et, sous ce rapport, elle diffère de l’albumine, dans laquelle il en existe toujours une petite quantité. (M. Ortloff.)

Il résulte des expériences que l’on doit à M. Bernard que le suc gastrique modifie la synaptase et l’empêche d’agir sur l’amygdaline.

M. Bernard prit en effet deux jeunes chiens à jeun, fit la section des nerfs pneumogastriques sur l’un d’eux, ingéra dans l’estomac de ces animaux une même dose de synaptase, et une demi-heure après il administra de l’amygdaline. Le chien qui avait les pneumogastriques coupés, et chez lequel par conséquent la sécrétion du sucre gastrique était arrêtée, mourut au bout de peu de temps avec tous les symptômes d’un empoisonnement par l’acide cyanhydrique , tandis que l’autre chien , chez lequel la sécrétion du suc gastrique avait continué, vécut sans éprouver d’accidents sensibles.

ESSENCE DE CANNELLE. — HYDRLRE DE CINNAMYLE. C18H802 = C18H702,H.

On peut retirer de l’essence de cannelle une substance qui présente quelque analogie avec l’huile essentielle d’amande amère, et qui a été nommée hydrure de cinnamyle.

Propriétés.

L’hydrure de cinnamyle récemment préparé est liquide, incolore, de consistance huileuse; mais il jaunit rapidement au contact de l’air en

Page 1