‹ Traité de chimie générale [electronic resource]Chapitre 111 sur 369 · PHOSPHATES ET ARSÉNIATES DE CUIVRE · texte numérisé non relu

PHOSPHATES ET ARSÉNIATES DE CUIVRE

Les phosphates et les arséniates de cuivre sont insolubles; on les prépare par double décomposition.

Les arséniates et les phosphates basiques sont très nombreux ; ils se trouvent cristallisés dans la nature, et constituent des minerais assez rares qui existent principalement dans le comté de Cornouailles. Les cuivres arséniatés portent les noms de : érinite , liroconite , olivénite , aphanèse , eue hr dite.

ARSÉNITE DE CUIVRE ( VERT DE SCHÉELE ). (Cu0)2,As03.

2Cu0 993,20 44,52

As°3 1237,50 55,48

Ce sel est hydraté; sa couleur est d’un beau vert. On le prépare par voie humide en précipitant un sel de cuivre par un arsénite alcalin. Il est employé en peinture et dans la fabrication des papiers peints sous le nom de vert de Schéele.

L arsénite de cuivre se dissout dans la potasse ; on obtient ainsi une liqueur bleue qui laisse déposer au bout de quelque temps du

protoxyde de cuivre, et qui retient en dissolution de l’arséniate de potasse. (M. A. Reynoso.)

L ammoniaque dissout aisément Farsénite de cuivre ; la dissolution, qui est d un beau bleu céleste, laisse déposer des cristaux prismatiques, leus, insolubles dans l’eau, et qu’on peut regarder comme un arséniate de cuivre ammoniacal (Cu0)3,As05,3AzH3,4H0. Ce composé ne prend naissance que si la dissolution ammoniacale, mêlée d’un peu d’alcool, s’évapore spontanément à l’air libre; par l’évaporation à l’abri de l’air, elle laisse déposer Farsénite de cuivre non altéré. (M. Girard.)

En faisant réagir l’acide arsénieux sur l’acétate de cuivre bibasique (vert-de-gris), on obtient un sel double d’un très beau vert, que l’on nomme vert de Schweinfurth , et qui a pour formule :

(Cu0,G4H303) , (GuO)2, AsO3.

Ce corps est employé en peinture.

Le vert de Schweinfurth a été découvert en 1814 par Rusz et Sattler, à Schweinfurth. Pour le préparer en grand , on fait bouillir 10 parties de vert-de-gris avec 10 parties d’eau dans une chaudière de cuivre ; on passe a liqueur a travers un tamis, qui retient les impuretés que renferme le vert-de-gris du commerce, et on la verse peu à peu dans une dissoluion bouillante de 8 parties d’acide arsénieux dans 100 parties d’eau. 11 aut avoir soin de maintenir constamment la liqueur en ébullition. î! se

CUIVRE

forme un précipité vert, qui tourne quelquefois au gris, quand le vert-degris employé contient un grand excès d’oxyde de cuivre; on remédie à cet inconvénient en ajoutant de l’acide acétique ou du vinaigre. Les proportions indiquées ci-dessus donnent environ 15 parties de vert.

On peut aussi dissoudre 1 partie de vert-de-gris dans du vinaigre à l’aide de la chaleur, et ajouter peu à peu à la liqueur bouillante 1 partie d’acide arsénieux ; ou encore faire digérer à chaud avec du vinaigre de l’arsénite de cuivre récemment précipité.

SILICATES DE CUIVRE.

La silice peut se combiner avec le protoxyde et le deutoxyde de cuivre.

Le silicate de protoxyde de cuivre est d’un beau rouge pourpre ; on l’emploie dans la préparation des verres rouges pour vitraux.

Le silicate de deutoxyde de cuivre est vert ; on le trouve dans la nature ; il constitue un minéral très rare, connu sous le nom de dioptase , qui cristallise en hexaèdres transparents d’un éclat vitreux.

CHROMATES DE CUIVRE.

Le chromate neutre de cuivre Cu0,Cr03,5H0 est un sel soluble, qui cristallise en prismes verts, et qu’on obtient en saturant de l’acide chromiquc avec de l’oxyde ou du carbonate de cuivre.

Le bichromate de cuivre Cu0,2Cr03 se présente sous la forme d’une masse verte, incristallisable.

Le chromate de cuivre tribasique (Cu0)3,Cr03,2H0 s’obtient en précipitant à chaud le sulfate de cuivre par le chromate neutre de potasse, et lavant pendant longtemps le précipité à l’eau bouillante. Le chromate de cuivre tribasique est décomposé par la chaleur en un mélange d’oxyde de cuivre et de chromite de cuivre Cu0,C203, qu’on peut séparer au moyen de l’acide chlorhydrique qui ne dissout que l’oxyde de cuivre. (M. Persoz.)

Lorsqu’on traite de l’oxyde de cuivre hydraté par une dissolution de bichromate de potasse, on obtient un sel double représenté par :

(K.0,Cr03),[(Cu0)3,Cr03],31I0. (M. Knop.)

Le chromate de cuivre quadribasique (Cu0)4,Cr03,5H0 est un précipité brun-chocolat qu’on obtient en mêlant des dissolutions bouillantes de sulfate et de chromate neutre de cuivre.

Quand on ajoute de l’ammoniaque dans une dissolution très concentrée de bichromate de cuivre et qu’on y verse de l’alcool, on obtient des cristaux d’un vert foncé qui ont pour composition :

(CuO)3. (CrO3)2, ( AzH3)5,HO = (Gu0,Cr03)2,(Cu0,ll0),5AzlI3.

Page 1