CO
On obtient cc sel en précipitant à froid un sel de cuivre par un carbonate alcalin. H se présente sous la forme d’une poudre bleuâtre, volumineuse, qui devient grenue et prend une couleur verte lorsqu’on chauffe
CARBONATE SESQUIBASIQUE HYDRATÉ.
légèrement l’eau qui la lient en suspension ; elle perd alors 1 équivalent d’eau sans dégager d’acide carbonique, et se transforme en (CuO)2, CO2. (M. Brunner.)
Par une ébullition prolongée ce sel perd son acide carbonique, et laisse déposer une poudre d’un brun noir qui est de l’oxyde anhydre CuO.
Le carbonate de cuivre bibasique monohydraté est employé dans la peinture à l’huile, sous le nom de vert minéral.
Ce sel existe dans la nature et constitue la malachite. Il est très dur, d’une densité égale à 3,5 ; il peut recevoir un beau poli : on l’emploie pour faire des objets d’art, tels que des coupes, des statuettes, etc. La malachite a pour forme principale un prisme droit rhomboïdal ; on la trouve quelquefois cristallisée régulièrement, mais en général en masses concentriques et compactes, à cassure soyeuse. Les plus beaux échantillons de malachite viennent des monts Ourals.
On peut produire artificiellement de la malachite par la méthode suivante : on abandonne un fragment de carbonate de chaux poreux au contact d’une dissolution d’azotate de cuivre ; le carbonate de chaux se recouvre de petits cristaux bleus d’azotate de cuivre basique qui se changent ensuite en malachite par l’action prolongée d’une dissolution de bicarbonate de potasse. (M. Becquerel.)
CARBONATE SESQUIBASIQUE HYDRATÉ. (Cll0)3,(C02)2,H0.
3GuO . . . .
HO
5,2 lx
Ce sel existe dans la nature; il est remarquable par sa belle couleur bleue foncée; on le connaît sous les noms d 'azur de cuivre et de bleu de montagne ou d ’azurite. Il est d’un bleu de ciel, quand il est réduit en poudre, et constitue les cendres bleues naturelles. La pierre d’Arménie est du quartz ou du calcaire imprégné de carbonate de cuivre sesquibasique. Ce carbonate de cuivre a été longtemps exploité à Chessy, près de Lyon ; mais ce gisement paraît épuisé.
On fabrique en Angleterre des cendres bleues artificielles , par un procédé qui est tenu secret . Ce carbonate présente la même composition que le bleu de montagne ; il est toujours mêlé à des matières étrangères, et particulièrement avec du sulfate de chaux : on l’emploie surtout dans la fabrication des papiers peints.
CUIVRE
CARBONATE DE CUIVRE NEUTRE. CllO,C02.
Jusqu’à présent ce sel n’a pu être produit artificiellement. Lorsqu’on cherche à le préparer par double décomposition en traitant un sel de cuivre par un carbonate neutre, il se dégage de l’acide carbonique, et l’on obtient un carbonate bleu qui est bibasique.
Le carbonate de cuivre neutre et anhydre Cu0,C02 se rencontre dans la nature. Les échantillons en sont assez rares ; il est d’un brun noirâtre foncé, en petites masses compactes et terreuses: onlenommewu/sorme.
On avait pendant longtemps confondu le carbonate neutre de cuivre avec la poudre noire qu’on obtient lorsqu’on fait bouillir avec’ de l’eau le carbonate de cuivre bibasique. Cette poudre est un carbonate basique mêlé d’oxyde de cuivre anhydre; une ébullition prolongée chasse complètement l’acide carbonique de ce sel. (Gay-Lussac.)
On a obtenu un carbonate de cuivre ammoniacal Cu0,C02,AzH3, cristallisé en grandes aiguilles d’un bleu foncé, en dissolvant des carbonates bibasique ou sesquibasique de cuivre dans du carbonate d'ammoniaque, et en versant dans la liqueur une certaine quantité d’alcool; au bout de quelque temps, il se dépose de longues aiguilles d’un bleu intense. Ce sel est rapidement décomposé par l’eau en carbonate d’ammoniaque et en carbonate de cuivre bibasique.
En étendant d’une grande quantité d’eau la liqueur bleue qui a laissé déposer des cristaux de carbonate de cuivre ammoniacal , on obtient un sel bleu qui, desséché entre 50 et 60°, a pour formule : (Cu0)3,C02,3H0. Ce sel, chauffé à 220°, prend la teinte verte de l’acétate de cuivre, perd 1 équivalent d’eau, et devient alors : (Cu0)3,C02,2H0. (M. Favre.)
Le carbonate de cuivre bibasique se dissout dans les bicarbonates de potasse et de soude, et forme des carbonates doubles cristallisables, qui sont représentés par les formules suivantes :
(KO,GO2),(5CuO,ftCO2),10HO ;
(NaO,C02) , (GuO,G02) ,3HO. ( M. H. Deville.)
En résumé, l’acide carbonique forme avec le bi-oxyde de cuivre les sels suivants :
CuO,G02, carbonate neutre de cuivre (natif) ;
(Cu0)3.(C02)2, cendres bleues natives, carbonate de Chessy ;
(Cu0)2,G02, malachite , carbonate obtenu par double décomposition ;
(Cu0)3,G02, carbonate tribasique (artificiel).
Dans ces formules, on a négligé l’eau d’hydratation dont la proportion a été indiquée précédemment.