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DOSAGE DU CUIVRE PAR VOIE HUMIDE

d’abord son action sur le cuivre, et qu’au moment où la liqueur, de bleue qu’elle était d’abord, se trouve décolorée, la quantité de liqueur normale ajoutée est proportionnelle à la quantité même de cuivre qui existait en dissolution : les métaux étrangers ne réagissent sur le sulfure alcalin que lorsque le cuivre est complètement précipité.

Parmi les métaux qui peuvent être unis au cuivre, quatre seulement s’opposent à l’exécution de ce procédé de dosage : ce sont l’argent, le mercure, le cobalt et le nickel ; et encore l’un d’eux, l’argent, pourrait être facilement éliminé par l’acide chlorhydrique.

En résumé, le dosage du cuivre par voie humide revient à dissoudre le sel de cuivre dans un excès d’ammoniaque, et à verser dans cette dissolution un sulfure alcalin titré, jusqu’à ce que la liqueur se trouve complètement décolorée ; la quantité de liqueur titrée que l’on ajoute pour produire la décoloration fait connaître la proportion de cuivre qui se trouvait en dissolution.

Nous dirons maintenant comment l’expérience doit être exécutée, en parlant d’abord de la préparation de la dissolution titrée de sulfure de sodium.

On pèse 1 gramme de cuivre pur ; on le dissout dans 5 ou 6 grammes d’acide azotique ; on ajoute à la liqueur àO à 50 centimètres cubes d’ammoniaque caustique concentrée, on porte le matras à une légère ébullition, et bon y verse peu à peu une dissolution de sulfure de sodium mesurée dans une burette dont chaque centimètre cube est divisé en 10 parties. Le cuivre se dépose à l’état d’oxysulfure CuO,5CuS. Dès que la liqueur cesse d’être colorée, ce qu’on reconnaît facilement en laissant le précipité se déposer pendant quelques instants et en lavant les parois du ballon avec une pissette remplie d’ammoniaque, on lit sur la burette le nombre de centimètres cubes employés à la décoloration delà dissolution ammoniacale, soit 30 centimètres cubes. Si un alliage ou un minerai essayé sous le poids de 1 gramme donne une dissolution azotique ou régale dont la décoloration, dans un excès d’ammoniaque chaude, exige 15 divisions de la même liqueur sulfureuse, 100 parties de cet alliage ou de ce minerai contiendront 50 parties de cuivre.

Pour analyser un minerai de cuivre par cette méthode, on le réduit en poudre; on en pèse 1 gramme et on le dissout dans un excès d’eau régale ; lorsqu’il est complètement attaqué, et que la plus grande partie de l’acide a été chassée par la chaleur, on laisse refroidir pendant quelques instants le matras, et l’on y verse un excès considérable d’ammoniaque.

Les matières insolubles et celles qui ont été précipitées par l’ammoniaque (silice, alumine, oxyde de plomb, oxyde d’antimoine, oxyde de fer, etc.) restent en suspension dans la liqueur; il est inutile de les séparer par la filtration, car elles n’empêchent pas d’apprécier la décolo-

CUIVRE

ration, et d’ailleurs elles n’agissent sut* le sulfure de sodium que lorsque le cuivre a été complètement précipité.

Il est facile de prouver que l’étain, le plomb, le fer, le zinc, le cadmium et l’antimoine, ne peuvent agir sur le sulfure de sodium qu’après le cuivre. On reconnaît, en effet, que s’il faut 30 centimètres cubes de liqueur normale pour décolorer 1 gramme de cuivre pur dissous dans l’acide azotique et traité ensuite par l’ammoniaque , il faut aussi 30 centimètres cubes de sulfure de sodium pour décolorer la même quantité de dissolution de cuivre mélangée à des sels d’étain, de plomb, de zinc, etc. On reconnaît également que si l’on fait chauffer pendant quelques instants les sulfures des métaux précédents, par exemple le sulfure de zinc, avec l’azotate de cuivre ammoniacal, la dissolution se décolore, le cuivre se précipite et le zinc entre en dissolution : cette expérience prouve nettement que le zinc ne peut se sulfurer avant le cuivre, et que par conséquent sa présence n’influe pas sur l’exactitude du procédé de dosage par voie humide.

Lorsque l’alliage à essayer contient de l’étain, ce métal reste en suspension dans l’ammoniaque à l’état d’acide stannique, qui se dépose avec une grande lenteur et empêche de reconnaître le terme exact delà déco loration : on a remarqué que l’addition d’une petite quantité d’azotate de plomb facilite le dépôt de l’acide stannique.

Dans ce mode d’essai, la présence du zinc, même en très petite quantité, se reconnaît facilement.

En effet, dès que le cuivre est précipité de la liqueur ammoniacale chaude, le sulfure de sodium produit un précipité blanc de sulfure de zinc, et la quantité de liqueur sulfureuse qu’il faut employer pour opérer la précipitation complète du zinc est proportionnelle tà la quantité de zinc qui se trouve dans la dissolution ; on peut même apprécier ainsi approximativement la proportion de ce métal qui se trouve dans l’alliage.

La présence du fer dans un essai de cuivre par la voie humide ne devient nuisible qu’autant que sa proportion est considérable, ce qui est toujours le cas le plus rare : on filtre alors la liqueur ammoniacale, on lave le précipité d’hydrate de peroxyde de fer, on concentre ensuite les liqueurs et les eaux de lavage réunies, et l’on opère comme il vient d’être dit.

Pour apprécier la proportion de cuivre existant dans un sel qui contient du fer au minimum, comme cela arrive souvent pour le sulfate de cuivre du commerce, il faut avoir soin de peroxyder le fer avec l’acide azotique ; sans cette précaution, le protoxyde de fer éliminé par l’ammoniaque enlèverait de l’oxygène au deutoxyde de cuivre; l’analyse serait inexacte, parce que le cuivre se précipiterait à l’état de protosulfure : Cu2S.

On a proposé de doser le cuivre par un procédé qui consiste à dis-

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