PRÉPARATION DES COMPOSÉS DE VANADIUM
PERCHLORURE DE VANADIUM. VCl3.
Le perchlorure de vanadium anhydre est un liquide d’un jaune pâle, qui répand des fumées jaunes au contact de l’air, en formant de l’acide vanadique. Il n’est pas décomposé par l’eau; sa dissolution aqueuse dégage du chlore et se transforme en bichlorure quand on la soumet à l’action de la chaleur. Il se combine directement avec le gaz ammoniac.
On obtient le perchlorure de vanadium en faisant passer un courant de chlore sur un mélange de protoxyde de vanadium et de charbon chauffé au rouge vif.
Le bromure , Yiodure, les fluorures , le cyanure de vanadium ont été peu étudiés.
SULFURES DE VANADIUM.
Le bisulfure de vanadium VS 2 est un corps noir, brillant, qu’on obtient en chauffant au rouge du protoxyde de vanadium dans un courant d’acide sulfhydrique. Préparé de cette manière, le bisulfure de vanadium est complètement insoluble dans les acides sulfurique et chlorhydrique et dans les alcalis hydratés. Le bisulfure de vanadium s’obtient aussi en traitant un sel de vanadium par un sulfure soluble ; le précipité noir ainsi formé est insoluble dans les acides, mais il se dissout dans les alcalis hydratés et dans les sulfures alcalins, en formant des sulfosels colorés en rouge pourpre foncé.
Le trisulfure de vanadium VS3 correspond à l’acide vanadique. On le prépare en traitant par l’acide sulfhydrique une dissolution neutre d’un vanadate alcalin ; on obtient ainsi une liqueur brune tenant en dissolution un sulfosel qu’on décompose ensuite par un acide ; il se forme un précipité brun foncé de trisulfure de vanadium qui peut être desséché et conservé sans altération, et qui dégage du soufre à une température élevée en passant à l’état de bisulfure.
PRÉPARATION BBS COMPOSÉS BB VAMABÏÜM
Le Vanadium a été retiré du minerai de fer de Taberg à l’état de vanadate d’ammoniaque ; ce sel peut servir à préparer les autres composés de vanadium.
Dans l’affinage des fontes provenant du traitement du minerai de Taberg, le vanadium se concentre presque entièrement dans les scories, à l’état d’acide vanadique, qu’on isole par la méthode suivante :
On calcine fortement un mélange de 1 partie de scories finement pulm. 17
VANADIUM.
vérisées, 1 partie de nitre et 2 parties de carbonate de soude. La masse réduite en poudre est épuisée par l’eau bouillante ; la liqueur est saturée par l’acide azotique et précipitée par le chlorure de baryum ou l’acétate de plomb. On obtient ainsi du vanadate de baryte ou de plomb, mêlé de silice, d’alumine, de zircone et de phosphate de baryte ou de plomb ; ce vanadate impur est décomposé par l’acide sulfurique concentré; le mélange se colore en rouge foncé ; on y ajoute de l’alcool qui réduit l’acide vanadique et forme du sulfate de bi-oxyde de vanadium. La dissolution de ce sel, qui est bleue, est évaporée à sec dans un creuset de platine avec une petite quantité d’acide fluorhydrique qui fait passer la silice à l’état de fluorure de silicium ; le résidu est calciné au rouge et se change ainsi en acide vanadique impur.
Pour purifier cet acide on le fond avec du nitre; la masse reprise par l’eau lui abandonne du vanadate de potasse, et laisse un résidu d’alumine et de zircone qui ne retient que très peu d’acide vanadique. La dissolution du vanadate de potasse est mise en contact avec un morceau de sel ammoniac qui se dissout peu à peu, tandis qu’il se forme un précipité blanc, pulvérulent, de vanadate d’ammoniaque, insoluble dans une dissolution saturée de sel ammoniac. L’acide phosphorique reste en dissolution à l’état de phosphate d’ammoniaque. Le vanadate d’ammoniaque est lavé d’abord avec une dissolution de sel ammoniac, puis avec de l’alcool à 86° centésimaux, qui enlève l’excès de ce sel.
On peut retirer l’acide vanadique du résidu du traitement par le nitre, en fondant ce résidu avec du soufre et du carbonate de potasse. Il se forme ainsi une combinaison soluble de sulfure de potassium et de sulfure de vanadium, d’où l’on précipite ce dernier composé par un acide.
Le vanadate d’ammoniaque calciné en vase clos donne du bi-oxyde de vanadium ; chauffé au contact de l’air, il se transforme en acide vanadique. (M. Sefstrom.)
Certains laitiers de hauts fourneaux du Staffordshire, qui donnent un métal d’une ductilité remarquable, contiennent une forte proportion d’acide vanadique ; on peut en retirer le vanadium par les méthodes indiquées plus haut. (M. Deck.)
TANTALE ou COLOMBIUM.
Equivalent : Ta = 1331,15.
(jO métal lut découvert en 1801 par M. Hatchett, dans un minéral venant d’Amérique; on lui donna le nom de colombium.
L’année suivante, M. Ekeberg retira de minéraux très rares provenant de Suède un métal qu’il crut être nouveau, et auquel il donna le nom de tantale ; en 1809, Wollaston démontra que le tantale et le colombium étaient identiques.
Le tantale existe a l’état d’acide tantalique, et se trouve combiné avec les ox) des de ter, de manganèse, d yttrium, d uranium, de tungstène, dans des minéraux très rares qui portent les noms de tantalite (tantalate de fer et de manganèse), d 'yttrotant alite (combinaison des acides tantalique et tungstique avec 1 yttria et les oxydes de fer et d’uranium). Le tantalite a été trouvé en petites quantités en Finlande, en Bavière, et récemment aux environs de Limoges.
L’oxyde de tantale n’étant pas réductible par le charbon, pour obtenir le tantale, il faut décomposer son chlorure, à une température rouge, par le potassium ou par un courant de gaz ammoniac.
Le tantale est noir; quand il est en poudre, il prend l’éclat métallique par le brunissoir. 11 est infusible, même au feu de forge. Chauffé au contact de l’air, il brûle vivement et se transforme en acide tantalique.
Le tantale se combine avec l’oxygène en deux proportions.
Le protoxyde de tantale a pour formule TaO. 11 s’obtient en réduisant l’acide tantalique dans un creuset brasqué ; il est d’un gris foncé; il rave le verre et n’est dissous par aucun acide.
L 'acide tantalique a pour composition : TaO2 (MM. H. Rose et Hermann). Il est blanc, insoluble dans l’eau, infusible et indécomposable par la chaleur. Sa densité est 6,78. Il rougit le tournesol quand il est hydraté. Il se dissout facilement dans la potasse et dans les acides fluorhydrique et chlorhydrique; semblable à quelques acides métalliques, et principalement h l’acide stannique, l’acide sulfurique forme dans ces dissolutions un précipité qui paraît être une combinaison d’acide sulfurique et d’acide tantalique. Ces propriétés appartiennent à l’acide tantalique préparé en attaquant le tantalite par 1 hydrate de potasse en fusion; mais l’acide tantalique peut exister sous un autre état isomérique. Cette modification isomérique s’obtient en fondant le tantalite réduit en poudre fine avec 6 à 8 fois son poids de bisulfate de potasse. La masse est traitée par l’eau bouillante qui enlève différents sulfates métal liques et laisse de l’acide tantalique qu’on purifie en le faisant digérer avec du sulfhydrate d’ammoniaque; les acides tungstique et stannique, qui sont mélangés à