TANTALE
l’acide tantalique, passent à l’état de sulfosels solubles; le peroxyde de fer est transformé en sulfure qu’on enlève en faisant bouillir l’acide tantalique avec de l’acide chlorhydrique concentré. On obtient ainsi un hydrate blanc, pulvérulent, qui se dissout dans les alcalis caustiques et dans lebi-oxalate de potasse, et qui est insoluble dans les acides, excepté dans l’acide sulfurique concentré ; l’eau le précipite de cette dissolution.
La première modification de l’acide tantalique (soluble dans l’acide chlorhydrique) a été décrite par M. Wœlder qui l’a retirée de certaines variétés de pyrochlore où l’acide titanique est remplacé par de l’acide tantalique. D’après M. H. Rose, cette modification de l’acide tantalique ne serait autre chose que de l’acide niobique.
Les sels de tantale sont à peine connus.
Le per chlorure de tantale peut être obtenu, sous forme de prismes jaunâtres, fusibles à 221°, en exposant au rouge vif, à l’action du chlore sec, un mélange d’acide tantalique et de charbon. L’eau le décompose en acides chlorhydrique et tantalique. Le composé désigné sous le nom de per chlorure de tantale paraît être un oxychlorure dont la composition serait analogue à celle de l’acide chlorochromique. (M. Wœhler.)
Le sulfure de tantale TaS2 est une poudre grise d’un aspect métallique, qu’on obtient en chauffant l’acide tantalique dans la vapeur de sulfure de carbone.
Les tantalates alcalins, et particulièrement celui de soude, ne sont pré» cipités que d’une manière incomplète par l’acide chlorhydrique. L’eau bouillante les décompose en un sel acide, incolore, qui se précipite, et en un tantalate basique qui reste dissous.
Quand on plonge une lame de zinc dans une dissolution chlorhydrique d’acide tantalique hydraté, la liqueur reste incolore, et après un contact prolongé, l’acide tantalique se précipite en flocons blancs (M. Hermann). On a cru pendant longtemps qu’il se produisait dans cette réaction un oxyde de tantale intermédiaire.
L’acide tantalique fondu avec le borax ou avec le sel de phosphore donne, dans la flamme intérieure ou extérieure du chalumeau, un verre incolore, qui devient laiteux lorsqu’il est complètement saturé d’acide tantalique.
L’acide tantalique, de même que l’acide niobique, cristallise facilement en longs prismes verdâtres, inattaquables par les acides et par les alcalis, quand on le maintient à la haute température d’un four à porcelaine en présence d’un excès d’acide borique ou de sel de phosphore. (Ebelmen.)
NIOBIUM et PÉLOPIUM.
Équivalent : Nb = 1251,35?
M. H. Rose a trouvé récemment, dans certains échantillons detantalite, deux métaux nouveaux auxquels il a donné les noms de niobium et de pélopium.
Le niobium a été retiré des tantalites provenant de l’Amérique septentrionale. Il peut, comme le tantale, se combiner avec l’oxygène, pour former un acide nommé acide niobique.
On observe les différences suivantes entre les acides niobique et tantalique. La densité de l’acide niobique est plus faible que celle de l’acide tantalique. L’acide niobique devient jaune quand on le chauffe, et redevient blanc par le refroidissement : l’acide tantalique ne change pas de couleur quand on le soumet h l’action de la chaleur. L’acide sulfurique ne précipite pas complètement à froid l’acide tantalique d’un tantalate alcalin, tandis que l’acide niobique est précipité entièrement d’un niobate par l’acide sulfurique froid.
Les combinaisons des acides tantalique, niobique et pélopique avec la potasse, traitées d’abord par un acide, et ensuite par la teinture de noix de galle, sont décomposées, et donnent des précipités différemment colorés : avec l’acide tantalique il se forme un précipité jaune clair, avec l’acide niobique un précipité brun foncé, et avec l’acide pélopique un précipité jaune orangé.
L’acide niobique en dissolution dans l’acide chlorhydrique, traité par le zinc, produit une liqueur d’un très beau bleu.
On peut obtenir facilement le niobium métallique, en chauffant dans un courant d’ammoniaque du chlorure de niobium saturé de gaz ammoniac.
Le niobium, ainsi que le tantale, est insoluble dans l’eau régale, mais il se dissout dans un mélange d’acide fluorliydrique et d’acide azotique.
Les acides niobique et pélopique mêlés avec du charbon sont décomposés par le chlore à une température rouge, et convertis en chlorures. Le chlorure de pélopium est jaune et fusible à 212°. Le chlorure de niobium est blanc, infusible et beaucoup moins volatil que le chlorure de pélopium. L’eau convertit ces deux chlorures en acide, chlorhydrique et en acides pélopique ou niobique.
L’hydrogène est sans action sur les acides tantalique, niobique et pélopique : ces deux derniers acides sont transformés en sulfure par l’hydrogène sulfuré.
ILMENIUM.
Équivalent : 11.=?. 786,59.
D’après M. Hermann, il n’existerait pas d’acide tantaliquo dans l’yttrotantalite de Sibérie : ce minéral contiendrait un acide particulier résultant de l’oxydation d’un nouveau métal, Yilménium.
Ce métal, dont l’existence n’est pas encore entièrement mise hors de doute, présenterait la plus grande analogie avec le tantale, le niobium et le pél opium.
L’acide ilménique a une densité comprise entre 5,1 et 5,2, tandis que la densité de l’acide tantalique s’élève à 6,78.
L’acide ilménique prend une couleur jaune foncée quand on le calcine ; son hydrate bleuit par le contact du zinc et de l’acide chlorhydrique. L’acide ilménique hydraté n’est pas soluble dans l’acide chlorhydrique, et cette propriété le distingue de l’acide niobique : il donne un verre incolore quand on le fond au chalumeau avec du borax.
L’ilménate de soude, mêlé à de l’acide chlorhydrique, produit, avec le cyanoferrure de potassium ou la noix de galle, un précipité brun, beaucoup plus foncé que les précipités obtenus, dans des conditions semblables, avec le tantalate ou le niobate de soude.
L’équivalent de rilménium diffère des équivalents du tantale et du niobium ; il est beaucoup plus faible.
L'acide ilménique produit, avec l’acide sulfurique, une combinaison qui se détruit entièrement sous l'influence d’une grande quantité d'eau, en laissant un résidu d’acide ilménique hydraté ; cette réaction établit une différence entre l’acide ilménique et l’acide niobique.
MERCURE
Équivalent : Hg = } 250,00.
Le mercure est le seul métal liquide à la température ordinaire. 11 est presque aussi blanc et aussi éclatant que l’argent. Soumis à une température de /s0°, il se solidifie et cristallise en octaèdres. Pendant l’expédition du capitaine Parry dans les mers du Nord, on a pu examiner les propriétés physiques du mercure solide, et l’on a reconnu que ce métal prend place à côté du plomb et de l’étain, pour la malléabilité, la ductilité et la ténacité. Les expériences de M. Thilorier ont confirmé et étendu les résultats observés par le capitaine Parry. En soumettant au froid produit par un mélange d’acide carbonique solide et d’étlier plusieurs kilogrammes de mercure, M. Thilorier a constaté que ce métal peut être laminé, et qu’il est facile d’en faire des médailles dont quelques unes furent môme frappées au balancier. Le mercure solidifié produit, lorsqu’on le met sur la peau, la même sensation qu’un corps chaud, et la désorganise presque immédiatement.
Le mercure n’a ni odeur ni saveur sensibles; il est très dilatable : de 0° à 100°, sa dilatation est à peu près proportionnelle aux quantités de chaleur qu’il absorbe. La densité du mercure à 0° est égale à 13,596; celle du mercure solidifié est l/i,391.
Le mercure peut absorber une certaine quantité d’air et d’eau dont on ne le débarrasse que par une ébullition prolongée. Ce métal bout à la température de 350° du thermomètre à air ; la densité de sa vapeur est égale à 6,976. (M. Dumas.)
Le mercure n’émet pas sensiblement de vapeurs quand il est suffisamment refroidi ; ses vapeurs sont très sensibles à la température de 20 ou 25°; la présence de la vapeur d’eau facilite beaucoup son évaporation. (M. Stromeyer.)
On peut constater facilement que la vapeur de mercure n’obéit pas à la loi du mélange des gaz et des vapeurs, en suspendant une feuille d’or dans un flacon qui contient une certaine quantité de mercure. Le flacon étant abandonné dans un air tranquille, à une température peu élevée, on reconnaît, au bout de plusieurs jours, que la feuille d’or n’a blanchi que sur une longueur de quelques centimètres dans la partie voisine du mercure ; le reste a conservé la couleur ordinaire de l’or. Ces observations curieuses sur la limite d’une atmosphère mercurielle à une basse température sont dues à M. Faraday.
Le mercure exerce une action lente, mais délétère, sur f économie aninude, et produit des tremblements et des salivations, que l’on remarque
MERCURE
souvent chez les ouvriers exposés au contact direct du mercure ou aux vapeurs mercurielles.
Lorsque le mercure est pur, il ne mouille presque aucun corps ; cette propriété peut servir à reconnaître sa pureté. Mais lorsqu’il tient en dissolution des métaux 'étrangers, tels que le cuivre, l’étain, le plomb, il mouille les vases de verre : on dit alors qu’il fait la queue ; en promenant le mercure impur sur du verre, on le voit se diviser en globules allongés qui laissent derrière eux une pellicule grise adhérente au verre.
Le mercure amalgamé à 1/4000 de plomb forme dans les tubes une surface plane ; on peut s’en servir pour graduer des instruments de verre.
Le mercure, agité avec certaines dissolutions salines, comme celles du chlorure de calcium, du chlorhydrate d’ammoniaque, du salpêtre, etc., se divise en une foule de petits globules qui ont souvent quelque peine à se réunir.
Le mercure exposé à l’air se ternit peu à peu et se recouvre d’une pellicule grisâtre qui adhère au verre et qui est formée d’oxyde de mercure intimement mêlé avec un excès de métal ; en effet, si l’on recueille cette matière et qu’on la chauffe avec précaution dans un courant d’azote, du mercure se volatilise et il reste de l’oxyde rouge de mercure. Lorsqu’on le mélange avec des corps gras, il prend une couleur grise plus ou moins foncée, s 'éteint et se convertit en un corps noir, que quelques chimistes ont considéré comme du protoxyde de mercure, mais qui paraît être du mercure très divisé.
Lorsqu’on chauffe le mercure au contact de l’air à la température de 350°, on détermine son oxydation et il se produit du deutoxyde de mercure. Le mercure ne décompose l’eau à aucune température.
L’acide azotique attaque le mercure à froid, et forme de l’azotate de protoxyde de mercure, lorsque le mercure est en excès ; mais à chaud lorsque l’acide est en excès, il se produit toujours de l’azotate de bioxyde de mercure.
L’acide sulfurique étendu est sans action sur le mercure ; mais il le dissout à chaud, lorsqu’il est concentré ; il se dégage de l’acide sulfureux, et il se forme, suivant les proportions d’acide et de métal, du sulfate de protoxyde ou de deutoxyde de mercure.
Le mercure n’est pas sensiblement attaqué par l’acide chlorhydrique gazeux ; si l’action de l’air intervient, il se forme de l’eau et du chlorure de mercure. (M. Régnault.)
Le mercure s’allie avec un grand nombre de métaux ; ces alliages sont a ppelés amalgames .
Préparation du mercure a retat de pureté*
On profite delà volatilité du mercure pour le distiller et le débarrasser des métaux étrangers qu’il tient souvent en dissolution.