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COMBINAISONS FORMÉES PAR LE BICHLORURE DE MERCURE

Le biclilorure de mercure se combine en plusieurs proportions avec les chlorures des métaux dont les oxydes sont des bases énergiques. 11 se forme ainsi de véritables chlorosels , dans lesquels le biclilorure de mercure joue le rôle d’acide. Ces composés s’obtiennent en mélangeant le chlorure de mercure en proportion convenable avec différents chlorures et faisant cristalliser la dissolution des deux chlorures. Voici les formules des principaux composés de ce genre qui ont été soumis à l’analyse :

KCl,HgCl,HO

KCl,‘2HgCl,2I-IO Chloromercurates de potassium.

KCl,4HgCl,ÛHO )

NaGl,2HgCI,ftHO Chloromercurate de sodium.

MERCURE

AzH*,HCl,I-IgCl,HO ) nl , t „ .

’ , , Chloromercurates d ammoniaque.

AzH3,HCl ,2 HgCl, HO j H

BaGl,2HgGl,4HO Chloromercurate de baryum.

StCl,2HgCl,2HO Chloromercurale de strontium.

CaCl,2HgCl,6HO , ,.

° , } Chloromercurates de calcium.

CaGl,5HgCi,8HO j

MgCl,HgCl,6HO )rI1 . ,

° ’ ’ > Chloromercurates de magnésium.

MgCl,3HgCl,HO j &

MnGl,HgCl,/iHO Chloromercurate de manganèse.

FeGl,HgCl,AHO Chloromercurale de fer.

Quand on abandonne à l’évaporation spontanée une dissolution de h parties de bicldorure de mercure, 2 parties de chlorure de potassium et 1 partie de bichlorure de cuivre, on obtient un composé vert cristallisé en prismes droits, à base rhombe, et représenté par la formule : 3(HgCl,KCl) + CuCl,HO. (M. de Bonsdorff.)

Le bichlorure de mercure n’est pas précipité par le bichromate de potasse. Ces deux corps se combinent directement, et leur dissolution bouillante laisse déposer, parle refroidissement, des prismes droits rhomboïdaux de couleur rouge, qui ont pour formule : K0,(Cr03)2,HgCl. (M. Millon.)

Une dissolution d’acétate neutre de cuivre , mêlée de bichlorure de mercure, laisse déposer, par l’évaporation spontanée, un composé cristallisé, d’un bleu vif, presque insoluble dans l’eau froide et représenté par (CuQ)2,G4H303,2HgCl. (M. Wœhler.)

Le bichlorure de mercure forme avec le sulfure, le phosphure etl’arséniure de mercure, des composés dont nous parlerons plus loin.

Lorsqu’on précipite à la température de 50° environ une dissolution alcoolique de bichlorure de mercure par une dissolution alcoolique de potasse, on obtient un précipité jaune qui contient du mercure, de l’oxygène, du carbone et de l’hydrogène; ce composé paraît se comporter comme une base. Soumis à l’action de la chaleur, il se décompose avec détonation. 11 n’a pas encore été analysé. (MM. Sobrero et Selmi.)

Le bichlorure de mercure se combine avec le sulfite d’ammoniaque. (Voy. Sulfites de mercure.)

OXYCHLORÜRES RE MERCURE.

Le bichlorure de mercure se combine avec l’oxyde de mercure en plusieurs proportions.

On connaît depuis longtemps un oxychlorure de mercure représenté parla formule HgCLSHgO (M. Soubemm); il se prépare : 1° endécompo-

ACTION DE L’AMMONiAQUE SUfl LE BICHLORURE DE MERCURE. 277

saut le bichlorure de mercure par les alcalis ou les carbonates alcalins sans en employer un excès ; 2° en faisant bouillir du bichlorure de mercure avec du deutoxyde de mercure ; 3° en traitant un excès de deutoxyde de mercure par le chlore.

Lorsqu’on fait réagir dans des proportions différentes des carbonates ou des bicarbonates sur du bichlorure de mercure, on peut obtenir les composés suivants :

1° De l’oxyde jaune de mercure;

2° De l’oxyde rouge ;

3° Des oxychlorures ayant pour formules :

(HgO)2,HgCl ;

(HgO)3,IJgCl;

(HgO)MIgCl.

Ces oxychlorures affectent des états isomériques différents.

L’oxychlorure bibasique, (HgO)2,HgCl, peut être amorphe ou cristallisé, d’un rouge vif ou d’un rouge briqueté, ou bien pourpre, violet ou noir: lorsqu’il est noir, on en retire l’oxyde de mercure sous la modification rouge ; dans les autres états, il donne de l’oxyde jaune.

L’oxychlorure tribasique, (HgO)3,HgCl, peut être également amorphe ou cristallisé ; il ressemble souvent à l’or mussif ; sa couleur varie du jaune brun au brun très foncé; par sa décomposition il produit toujours de l’oxyde jaune amorphe.

L’oxychlorure quadribasique, (HgO)4,IIgCl, peut être brun, amorphe, ou bien cristallin et jaune comme l’or mussif; sous ces deux états, il donne en se décomposant de l’oxyde jaune. On l’obtient aussi en lames rhomboïdales brunes; dans cet état il produit par sa décomposition de l’oxyde rouge de mercure. (M. Millon.)

Quand on fait digérer à froid de l’oxyde de mercure avec une petite quantité d’une dissolution de bichlorure de mercure, on obtient une poudre cristalline d’un jaune-serin, représentée par (HgO)6,HgCl,HO ; si l’on emploie un peu plus de bichlorure, on produit le même composé à l’état anhydre. Lorsque la dissolution de bichlorure de mercure est bouillante, on obtient des prismes jaunâtres dont la composition correspond à la formule HgO,2HgCl. (M. Doucher.)

PRÉCIPITÉS FORMÉS PAU L’AMMONIAQUE DANS LA DISSOLUTION DU BICHLORURE DE MERCURE.

Lorsqu’on verse du bichlorure de mercure dans un excès d’ammoniaque, il se forme un composé insoluble, connu depuis longtemps en médecine sous le nom de précipite blanc . La composition de ce corps est représentée par HgCl,HgAzH2. (M. Kane.)

MERCURE

On le considère généralement comme une combinaison de chlorure de mercure HgCl,et d’amidure de mercure HgAzH2, et on lui donne le nom de chloramidure de mercure. Pour expliquer le mode de production de ce composé, on admet que dans la réaction de l’ammoniaque sur le chlorure de mercure, il s’est formé un équivalent d’acide chlorhydrique aux dépens de l’hydrogène de l’ammoniaque :

20 g Cl + A z U3 = IICl -f OgCl, HgAzH2.

Le chloramidure de mercure est amorphe, à peine soluble dans l’eau froide; il est décomposé par l’eau bouillante qui lui fait prendre une teinte jaune. Exposé à une température voisine de 360°, il se décompose en produisant de l’ammoniaque, du protochlorure de mercure ammoniacal (Hg2Cl)2,AzH3, qui se sublime, et un résidu rouge, cristallin, qui contient les éléments du protochlorure et de l’azoture de mercure : Hg'2Cl,Hg3x\z. A une température plus élevée, il se dégage de l’azote, et il se forme du protochlorure de mercure. (M. Mitscherlich.)

Le composé Hg2Cl,Hg3Az est insoluble dans l’eau et inaltérable par les dissolutions alcalines bouillantes.

Le chloramidure de mercure est soluble dans les acides inorganiques et dans l’azotate, le sulfate et l’acétate d’ammoniaque, lorsque ces sels sont mêlés avec de l’ammoniaque libre. Aussi n’obtient-on pas de précipité en traitant par un excès d’ammoniaque une dissolution de bichlorure de mercure préalablement mêlée avec une certaine quantité d’acide azotique, sulfurique ou acétique.

La dissolution du chloramidure de mercure dans l’acide sulfurique étendu laisse déposer des cristaux lamelleux dont la composition est représentée par (Hg0,S03)2,(AzH3,HCl),HgCl , formule que l’on peut encore écrire de cette manière : (Hg0,S03)2, (HgAzH2, 2HC1).

Le chloramidure de mercure dissous à l’aide de la chaleur dans l’acide azotique étendu abandonne par l’évaporation un composé cristallisé qu’on peut considérer comme une combinaison d’azotate d’ammoniaque et de bichlorure de mercure (AzH3,H0,Az05),AHCl. L’éther enlève aisément à ce composé du bichlorure de mercure.

Quand on fait bouillir du chloramidure de mercure avec du chlorure de sodium et de l’acide chlorhydrique étendu, on obtient une combinaison cristallisée représentée par (AzH3,HCl),^NaCl,2HgCl.

(M. Kosmann.)

La potasse versée, soit à froid, soit à chaud, sur le chloramidure de mercure, en dégage de l’ammoniaque, et le convertit eir une poudre jaune.

La réaction de l’ammoniaque sur le bichlorure de mercure employé en excès peut produire toute une série de composés particuliers.

Lorsqu’on précipite du bichlorure de mercure par une petite quantité

PROTOBROMURE DE MERCURE.

d’ammoniaque, et que le précipité est lavé à l’eau bouillante, on obtient un corps jaune représenté par la formule : (HgO)2,ïïgCI, HgAzH2.

Ce corps n’est autre chose que le chlorure de la base ammonio-mereurique.

Lorsque le bichlorure de mercure est maintenu en très grand excès, il se forme un composé représenté par la formule (HgCl)3, HgAzH2, qui correspond à la base ammonio-mercurique (HgO)3, HgAzH2, dans laquelle les 3 équivalents d’oxygène ont été remplacés par du chlore.

L’amidure de mercure, HgAzH2, s’unit, non seulement aux chlorures et au deutoxyde de mercure, mais encore à plusieurs sels mercuriels.

C’est ainsi qu’en traitant le sulfate de mercure par un excès d’ammoniaque, l’oxyde HgO est réduit, forme de l’eau avec un des 3 équivalents d’hydrogène de l’ammoniaque, tandis que le mercure s’unit à l’amidogène AzH2 pour former de l’amidure de mercure HgAzH'2 qui se combine avec une partie du sulfate de bi-oxyde de mercure non décomposé. (M. Millon.)

PROTOBROMURE DE MERCURE. llg2Br.

Ce corps présente la plus grande analogie avec le protochlorure de mercure. 11 est blanc, insoluble dans l’eau, volatil au-dessous du rouge sombre; il forme avec l’ammoniaque caustique une poudre noire, Hg2Br, HgAzH2, correspondant à celle que produit, dans les mêmes circonstances, le protochlorure de mercure. Le protobromure de mercure anhydre absorbe 2 équivalents de gaz ammoniac qu’il perd par l’action de la chaleur.

On prépare le protobromure de mercure en précipitant un sel de protoxyde de mercure par un bromure alcalin.

Le protobromure de mercure se combine directement avec le bromure de strontium et forme un composé cristallisé StBr,2Hg2Br.

BIBROMURE DE MERCURE. HgBr.

Ce composé se produit en dissolvant le protobromure dans un mélange d’eau et de brome. 11 forme des aiguilles blanches, volatiles, solubles dans l’eau, l’alcool et l’éther.

Le bibromure se distingue facilement du bichlorure de mercure, en ce que sa dissolution n’est pas précipitée par le chromate neutre de potasse. (M. Berthemot.)

1 j oxy bromure de mercure , HgBr,3HgO, ressemble à l’oxychlorure correspondant, et se prépare par un procédé analogue.

Le bibromure de mercure absorbe directement le gaz ammoniac et se transforme ainsi en une poudre blanche, amorphe, représentée par

MERCURE

(llgBryvVzlIL üuaiul en traite le bibrornure (Je mercure par un excès d’ammoniaque liquide, on obtient des composés analogues à ceux que donne le biclilorure dans les memes circonstances.

On connaît des combinaisons de bibrornure et de sulfure, ou de phospliure de mercure , qu’on produit en précipitant une dissolution de bibrornure de mercure par l’hydrogène sulfuré ou l’hydrogène phosplioré.

Le bibrornure de mercure s'unit à un grand nombre de bromures métalliques et forme ainsi des composés cristallisés analogues aux cliloromercurates. Ainsi , le bromomereurate de potassium a pour formule KBr,2HgBr,2HO ; le bromomereurate d’ammoniaque, AzH3,HBr,HgBr,HO, etc.

iobub.es de meecüee,

Il existe trois iodures de mercure : le proto-iodure de mercure, qui a pour formule Hg2I ; le deuto-iodure, qui est représenté par Hgl; et un iodure de mercure intermédiaire, qui a pour formule Hg2I,2Hgl.

PROTO-IOllURE DE MERCURE. Hg-I.

Zi 0 8 6 , 0 0 100,00

Ce corps s’obtient en précipitant un excès d 'azotate de protoxyde do mercure par l’iodure de potassium, ou en triturant avec un excès de mercure de l’iode humecté d’alcool.

Le proto-iodure de mercure est vert, insoluble dans l’eau; quand on le chauffe rapidement, il entre en fusion, et se sublime sans éprouver d’altération : chauffé lentement, il se transforme en mercure et en deutoiodure; il éprouve la même décomposition sous l’influence de l’acide chlorhydrique, des iodures alcalins et alcalino-terreux. Il est légèrement soluble dans les iodures alcalins. Il absorbe le gaz ammoniac en devenant noir, et abandonne ce gaz quand il reste exposé à l’air.

Le proto-iodure de mercure , traité à chaud par l’acide azotique ou l’acide sulfurique concentré, se dissout en dégageant du bi-oxyde d’azote ou de l’acide sulfureux; la liqueur laisse déposer des combinaisons cristallisées, représentées par HgI,Hg0,Az05 — HgI,Hg0,S03.

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