‹ Traité de chimie générale [electronic resource]Chapitre 161 sur 369 · CYANURE 1)E MERCURE · texte numérisé non relu

CYANURE 1)E MERCURE

sique d’une belle couleur jaune. Cette action de beau distingue très nettement le bifluorure de mercure du chlorure, du bromure et del’iodure. On obtient le bifluorure de mercure en dissolvant le deutoxyde de mercure dans l’acide fluorhydrique ; ce sel est toujours hydraté.

On produit un composé blanc, ayant pour formule HgFl,2HgS, en faisant arriver de l’hydrogène sulfuré dans une dissolution de fluorure de mercure.

CYANURE DE MERCURE. IlgCy.

Hg 1250,00 79,36

Gy 325,00 20,6û

Le cyanure de mercure est un corps blanc, très pesant, inodore ; il cristallise en prismes à base carrée, qui sont tantôt opaques, tantôt transparents, et qui ne contiennent pas d’eau de cristallisation ; il se décompose, à une température peu élevée, en mercure et en cyanogène : c’est ainsi qu’on obtient le cyanogène dans les laboratoires.

Le cyanure de mercure est peu soluble dans l'alcool, mais il se dissout facilement dans l’eau, surtout dans l’eau bouillante ; sa dissolution est neutre.

Il a la saveur des sels de mercure, et doit être considéré comme un poison très violent.

Le mercure a une telle affinité pour le cyanogène, que l’oxyde de mercure décompose tous les cyanures, même celui de potassium ; dans cette dernière réaction, il se forme du cyanure de mercure et de la potasse.

La potasse bouillante présente la propriété curieuse de dissoudre le cyanure de mercure, sans le décomposer.

Les acides qui décomposent le cyanure de mercure, en dégageant de l’acide cyanhydrique, sont les acides chlorhydrique, iodhydrique et sulfhydrique ; l’acide azotique le dissout sans l’altérer ; l’acide sulfurique concentré et froid le transforme en une masse blanche et opaline, semblable à la colle d’amidon, qui donne du sulfate de mercure quand on la chauffe ; il se produit en même temps un dégagement d’acide carbonique et d’acide sulfureux, et il se forme du sulfate d’ammoniaque, par suite de la décomposition du cyanogène.

Une dissolution bouillante de cyanure de mercure peut dissoudre de l’oxyde de mercure et former des combinaisons cristal lisables de cyanure et d’oxyde de mercure, qui ont pour formules : HgCy,HgO — HgCy,3HgQ.

Préparation.

Si l’on met de l’acide cyanhydrique en contact avec de l’oxyde de mercure, les deux corps se combinent avec dégagement de chaleur, et forment de l’eau et du cyanure de mercure.

On prépare ordinairement le cyanure de mercure en faisant bouillir 2 parties de bleu de Prusse réduit en poudre fine, avec 1 partie d’oxyde rouge de mercure, et 8 parties d’eau ; on filtre la liqueur et on l’évapore jusqu’à ce qu’elle cristallise : dans cette opération, le fer s’oxyde aux dépens de l’oxygène de l'oxyde de mercure et cède son cyanogène au mercure. Comme la liqueur filtrée contient souvent du fer qui pourrait être entraîné avec le cyanure de mercure, on la fait digérer avec de l’oxyde de mercure qui précipite l’oxyde de fer. On filtre de nouveau la liqueur; et pour la saturer complètement d’acide cyanhydrique, on y fait passer de l’hydrogène sulfuré jusqu’à ce qu’elle commence à sentir fortement l’acide cyanhydrique ; on la concentre ensuite jusqu’à ce qu’elle cristallise.

On peut préparer le cyanure de mercure en traitant de l’oxyde de mercure par de l’acide cyanhydrique faible qu’on obtient en distillant jusqu’à siccité un mélange de 15 parties de cyanoferrure de potassium, 13 parties d’acide sulfurique concentré, et 100 parties d’eau; les produits volatils sont reçus dans un récipient qui contient 90 parties d’eau. On met à part une petite quantité d’acide cyanhydrique distillé, on sature le reste par 16 parties d’oxyde de mercure, et l’on verse ensuite l’acide qui a été mis en réserve, pour détruire l’oxycyanure formé. (M. Winkler.)

Le cyanure de mercure peut encore être obtenu en faisant bouillir 2 parties de cyanoferrure de potassium avec 15 parties d’eau et 3 parties de sulfate de deutoxyde de mercure; il se forme du sulfate de potasse, du cyanure de fer, et du cyanure de mercure qui cristallise par le refroidissement de la liqueur.

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