EXTRACTION DU MERCURE
du foyer dans lequel on brûle du bois ; la llamme, après avoir léché successivement la surface des sept soles, se rend dans une série de chambres de condensation.
Les gros blocs de minerais sont placés sur les deux premières soles en ménageant des passages pour la flamme ; les plus gros morceaux sont à la partie inférieure, et les plus petits se trouvent en haut.
La troisième et la quatrième sole sont destinées aux minerais menus que l’on place dans des écu elles de terre.
Les trois soles supérieures sont entièrement chargées d’écuelles contenant du schlich (minerai broyé et lavé).
Si le minerai menu n’était pas placé dans des écuelles, il obstruerait les ouvertures ménagées pour la flamme et retarderait le grillage.
La chaleur doit être portée jusqu’au rouge-cerise; l’opération dure dix à douze heures.
Tous les produits de la combustion et les vapeurs de mercure passent dans des chambres de condensation communiquant entre elles par des ouvertures placées alternativement à la partie supérieure et à la partie inférieure, pour que le chemin parcouru par les vapeurs soit aussi long que possible.
On fait même arriver un courant d’eau dans les dernières chambres, afin de faciliter la condensation du mercure.
Voici la description détaillée de l’appareil employé à Idria, qui se compose de deux fourneaux adossés l’un à l’autre :
A, entrée de la chauffe. B, chauffe. G, cendrier. D, voûtes sur lesquelles sont placés les minerais. E, conduits de briques dans lesquels passent les vapeurs de mercure et les produits de la combustion du bois. FF, chambre de condensation. GG, bassins de réception dans lesquels vient se rendre le mercure condensé, pour s’écouler ensuite, par une rigole HII, dans une chambre commune. 1 1, ouvertures supérieures des chambres qui sont fermées pendant l’opération par des bouchons lutés. On les ouvre ensuite pour faciliter le refroidissement de l’appareil, et pour recueillir la suie mêlée de mercure qui est déposée sur les parois des chambres.
ARGENT
Équivalent : Ag == 1349,01,
L’argent est, de tous les métaux, le plus blanc, et celui qui peut prendre le plus beau poli. Lorsqu’il a été précipité d’une dissolution par un autre métal, il se présente sous la forme d’une éponge blanche composée de grains cristallins qui s’agrègent par la pression et le martelage. Lorsqu’on le fond et qu’on le laisse refroidir lentement, il cristallise en octaèdres volumineux ou en cubes.
L’argent n’a ni odeur ni saveur. Il est un peu plus dur que l’or et plus mou que le cuivre ; en l’alliant avec une petite quantité de cuivre, on lui donne de la dureté ; après l’or, c’est le plus ductile et le plus malléable de tous les métaux.
Il occupe le quatrième rang parmi les métaux pour la ténacité : un fil de 2 millimètres de diamètre exige un poids de 85 kilogrammes pour se rompre. Il est un peu moins lourd que le plomb. Sa densité est représentée par 10,4743 : cette densité augmente par l’écrouissage, et peut s’élever à 10,542.
L’argent entre en fusion à 22° du pyromètre de Wedgwood ; cette température correspond à peu près à 1000° centigrades; il est peu volatil; sa volatilité augmente considérablement en présence d’un courant de gaz ; l’argent se vaporise rapidement sous l’influence de la chaleur produite à l’aide d’une forte lentille ou d’un chalumeau à gaz hydrogène et oxygène.
Dans les ateliers d’affinage des métaux précieux où l’on fond chaque jour de grandes masses d’argent, on évite les pertes considérables qui résulteraient de la volatilisation et de l’entraînement mécanique de ce métal , en faisant communiquer les fourneaux de fusion avec des conduits de maçonnerie de 25 à 30 mètres de long, qui débouchent, avant de s’engager dans la cheminée de l’usine, dans de grandes chambres d’où l’on retire de temps en temps des poussières argentifères.
Lorsqu’on fond de l’argent dans un creuset de terre, on remarque souvent des globules métalliques adhérents au couvercle, qui proviennent de la volatilisation de l’argent.
L’argent ne s’oxyde ni dans l’air sec, ni dans l’air humide ; il ne se ternit à l’air que sous l’influence des vapeurs sulfureuses.
L’argent en éponge devient incandescent lorsqu’on le chauffe à 130° dans un courant d’hydrogène.
L’argent pur, maintenu en fusion pendant quelque temps, a la propriété de dissoudre une certaine quantité d’oxygène et de l’abandonner en se solidifiant. (M. Lucas.)
La quantité d’oxygène absorbé peut être de vingt-deux fois le volume de l’argent; la présence d’une petite quantité de cuivre fait perdre à l’argent la propriété d’absorber l’oxygène. L’argent ne dissout pas de traces d’azote.
La manière la plus simple de constater la solubilité de l’oxygène dans l’argent fondu consiste à maintenir pendant quelque temps l’argent fondu sous une couche de salpêtre qui, en se décomposant à la chaleur rouge, oxyde le cuivre, et dégage de l’oxygène qui entre en dissolution dans l’argent. En retirant le creuset quand il est encore rouge, et en le portant sous une cloche remplie d’eau, on voit l’oxygène se dégager subitement. Au moment de l’immersion du creuset incandescent dans l’eau, il se produit quelquefois une détonation accompagnée d’une projection de métal ; ce qui rend l’expérience dangereuse (Gay-Lussac.)
Lorsqu’on laisse refroidir à l’air l’argent quia absorbé de l’oxygène, le gaz, au moment de la solidification du métal, détermine souvent une projection d’argent qui se solidifie aussitôt en formant une sorte de végétation métallique : on dit alors que l’argent roche.
Si l’on verse dans de l’argent fondu , et tenant en dissolution de l’oxygène, environ son poids d’or pur également fondu, les deux métaux se combinent et l’oxygène se dégage en produisant une sorte d 'ébullition dans la masse fondue. (M. Levol.)
La dissolution de l’oxygène dans l’argent ne saurait être considérée comme le résultat d’une combinaison; il faudrait admettre, en effet, qu’une telle combinaison ne peut exister qu’au rouge, ce qui serait sans exemple en chimie ; et de plus l’oxygène et l’argent s’y trouveraient unis dans des rapports bien différents de ceux qu’on observe dans les composés définis ; car le calcul indique, dans l’argent fondu et saturé d’oxygène, à peine quelques millièmes en poids de ce gaz.
L’argent n’est attaqué que par un petit nombre d’acides. Son meilleur dissolvant est l’acide azotique qui produit ainsi de l’azotate d’argent et du deutoxyde d’azote pur :
3Ag -f- Zi(AzOs,HQ) = 3(Ag0,Az05) + ZiHO -f AzO2.
L’acide sulfurique étendu n’attaque pas l’argent; mais l’acide concentré le dissout à l’aide de la chaleur en dégageant de l’acide sulfureux. L’acide phosphorique ne l’attaque que par voie sèche.
L’acide chlorhydrique chaud et concentré attaque sensiblement l’argent, surtout s’il est en contact avec du platine, et forme un sous-cldorure d’argent ; il se dégage en même temps de l’hydrogène. L’eau régale le change rapidement en chlorure.
L’argent décompose l’acide chlorhydrique gazeux à la température rouge en formant du chlorure d’argent et mettant l ’hydrogène en liberté;
ARGENT
l’action s’arrête lorsque le métal s’est recouvert d’une couche de chlo rure d’argent fondu. Mais l’argent est complètement attaqué par l’acide chlorhydrique en présence d’un ciment argileux contenant du sel marin, qui forme avec le chlorure d’argent une combinaison très fusible, dont le cément se pénètre, en sorte que la surface du métal est toujours à nu. (M. Boussingault.)
L’acide sulfhydrique attaque l’argent à la température ordinaire, et le transforme en sulfure : une lame d’argent que l’on plonge dans une dissolution de cet acide devient immédiatement noire.
Les acides végétaux sont sans action sur l’argent.
L’argent n’est pas altéré par les alcalis caustiques, les carbonates, les azotates et les chlorates alcalins : aussi se sert-on souvent de creusets d’argent pour attaquer les silicates par ces diverses substances.
Quand on maintient un silicate alcalin en fusion dans un creuset d’argent, il se forme une petite quantité d’oxyde d’argent qui colore le silicate en jaune.
L’argent divisé, chauffé avec le deutoxyde de cuivre, l’acide plombique, le minium, le peroxyde de manganèse, ramène ces oxydes au minimum.
L’argent se dissout à chaud dans le sulfate de sesqui-oxyde de fer en ramenant ce sel à letat de sulfate de protoxyde: Ag + Fe203,3S03 = AgO,S03 + 2(Fe0,S03). Lorsque la dissolution se refroidit, l’argent se précipite en petits cristaux brillants, et le sulfate de sesqui-oxyde de fer se régénère. (M. Wœhler.)
L’argent se combine directement avec le soufre, le sélénium, le phosphore et l’arsenic. Il absorbe, à une température blanche, plus de phosphore qu’il ne peut en retenir à une chaleur moins forte ; aussi, quand on sature l’argent de phosphore, il se dégage, au moment du refroidissement, une certaine quantité de phosphore qui brûle dans l’air avec éclat. (Pelletier.)
Le chlore n’est absorbé que lentement par l’argent. Le contact prolongé de l’argent et du sel marin en fusion donne lieu à la formation d’une quantité notable de chlorure d’argent. La dissolution de sel marin peut dissoudre, au contact de l’air, une certaine quantité d’argent, et former un chlorure double de sodium et d’argent ; la liqueur devient alcaline. Ce fait explique l’altération qu’éprouvent les vases d’argent dans lesquels on fait bouillir des dissolutions de chlorures alcalins.
L’argent se combine directement, même à froid, avec le brome et l’iode; il s’allie à un grand nombre de métaux.