ALLIAGES D’ARGENT ET DE CUIVRE
Le cuivre s’allie en toute proportion à l’argent par voie de fusion. Ces alliages sont moins ductiles, plus durs et plus élastiques que l’argent. Us sont en général blancs, et ne prennent une teinte rouge que lorsque la proportion de cuivre est très considérable. Comme la couleur des alliages de cuivre et d’argent n’est jamais aussi belle que celle de l’argent pur, on leur fait presque toujours subir le blanchiment. Cette opération consiste à chauffer les alliages au rouge sombre et au contact de l’air pour oxyder le cuivre, et à les plonger immédiatement dans de l’eau acidulée par de l’acide azotique ou par de l’acide sulfurique; ces acides dissolvent l’oxyde de cuivre, et mettent à nu l’argent en élevant par conséquent son titre et l’amenant pour ainsi dire à l’état de pureté. Les objets d’argent ainsi blanchis ont une surface mate qu’on rend brillante par le frottement.
Le cuivre et l'argent se dilatent en se combinant. Une pièce de monnaie anglaise au titre de 925 millièmes avait une densité égale à 10,200 ; en ne supposant ni contraction, ni dilatation dans l’alliage d’argent et de cuivre, la densité aurait dû être 10,351. (Thomson.)
Les alliages de cuivre et d’argent à bas titre, abandonnés, après leur fusion, à un refroidissement lent, éprouvent une liquation qui amène des variations de titre s’élevant quelquefois jusqu’à 100 millièmes. Ces variations atteignent leur maximum dans un alliage formé de parties égales de cuivre et d’argent, et diminuent à mesure que la proportion d’argent augmente ; les différences, encore très sensibles dans les alliages monétaires, sont moins apparentes lorsque le titre est de 950 millièmes, comme dans les médailles ; elles deviennent très rares et presque insensibles dans les lingots provenant des ateliers d’affinage.
L’alliage au titre de 718milIièm-,93, dont la composition correspond à la formule Ag3Cu4, doit être regardé comme une combinaison à proportions définies ; il n’éprouve pas de liquation, et même quand il est coulé en grandes masses, les parties centrales des lingots présentent la même composition que ces parties extérieures. (M. Levol.)
Les alliages de cuivre et d’argent s’altèrent assez rapidement à l’air humide, surtout au contact des matières organiques, quand la proportion de cuivre dépasse 100 millièmes. Lorsqu’on les soumet au grillage, le