ESSAIS D ARGENT PAH LA VOIE HUMIDE
ESSAIS D’ARGEBïT FAR X.A VOIE HUMIDE.
Nous venons de démontrer que la coupellation, exécutée dans les meilleures conditions , n’accuse pas le titre véritable de l’argent , et que la volatilisation de ce métal et son absorption par les coupelles déterminent un abaissement dg titre qui s’élève à 1 millième environ pour 1 argent fin, et à U ou 5 millièmes pour les alliages monétaires.
Pendant longtemps les directeurs des monnaies étaient obligés d’allier au cuivre 904 à 905 millièmes d’argent pur pour obtenir un alliage que la coupellation, seul mode d’essai légal , fit ressortir au titre de 900 millièmes. Pour répondre aux justes réclamations adressées par les directeurs des monnaies, Gay-Lussac proposa, en 1830, pour l’essai des matières d’argent, un procédé d’une simplicité et d’une exactitude remarquables.
Ce procédé, connu sous le nom de voie humide de l’argent , fut d’abord appliqué par Gay-Lussac au bureau de garantie de Paris , et peu de temps après M. d’Arcet le fit exécuter régulièrement au laboratoire des essais de la commission des monnaies.
Aujourd’hui le procédé de Gay-Lussac est adopté par tous les hôtels des monnaies et par un grand nombre d’essayeurs du commerce.
La voie humide de 1 argent est fondée sur la propriété que possèdent les chloiuies solubles de précipiter complètement l’argent de sa dissolution dans 1 acide azotique , sans agir sur les métaux avec lesquels le cuivre peut se trouver allié , en exceptant toutefois le mercure. L’équation, AgO,Az05 + MCI = MO,Az05 -f- AgCl, rend compte de cette précipitation . M peut être du sodium, du potassium, du calcium, du magnésium, etc., ou des mélanges de ces métaux.
Le chlorure d argent jouit de la propriété de se rassembler aisément en flocons caillebottés lorsqu on agite la liqueur où il s’est formé, et de se déposer rapidement en laissant le liquide parfaitement clair et transpaîent . on peut leconnaître alors s il reste de l’argent dans la liqueur ou si le chlorure se trouve en excès. Dans le premier cas, la dissolution se trouble pai 1 addition d une goutte de chlorure ; dans le second cas, elle précipite par l’azotate d’argent.
L’analyse des alliages d’argent par une dissolution de chlorure de sodium peut être exécutée de trois manières différentes : 1° On précipite 1 argent par un excès de sel marin ; le poids du chlorure d’argent obtenu indique celui de l’argent ; 2° le titre d’une dissolution de sel marin étant connu , on détermine le poids qu il en faut prendre pour précipiter exactement 1 argent contenu dans l’alliage ; 3° le titre de la dissolution ùe sel marin étant également connu , on détermine le volume qu’il faut en employer pour précipiter l’argent.
ARGENT
De ces trois méthodes, la dernière est celle dont l’exécution est la plus facile. C’est elle qui a été choisie par Gay-Lussac pour analyser par voie humide un alliage de cuivre et d’argent.
Avant de procéder à l’analyse d’un alliage d’argent, il faut préparer : lü de l’argent à J J J J, c’est-à-dire de l’argent pur ; 2n une dissolution normale de sel marin ; 3° une dissolution décime salée; k° une dissolution décime d’argent.
1° Préparation de l’argent pur.
On dissout dans l’acide azotique du commerce de l’argent monétaire ou de l’argent de coupelle; s’il laisse un résidu qui peut être de l’or, du sulfure ou du chlorure d’argent, on le sépare par décantation : la dissolution étendue d’eau est précipitée par un excès de sel marin. Le chlorure d’argent bien lavé est réduit , à une température d’un rouge vif, dans un creuset de Hesse ou de Beaufay, par 70, à parties de craie , et à, 2 parties de charbon pour 100 parties de chlorure supposé sec; il se forme de l’oxychlorure de calcium , de l’oxyde de carbone, de l’acide carbonique et de l’argent métallique :
AgCl -j- 2(Ca0,C02) -f G = CaCl,CaO -f CO -f- 2C02 -f Ag.
L’argent réduit occupe le fond du creuset ; on le détache de l’oxychlorure de calcium, on le lave, on le redissout dans l’acide azotique pur ; on le précipite une seconde fois par le sel marin, et l’on décompose de nouveau le chlorure d’argent par la craie et le charbon. L’argent est alors parfaitement pur. On le réduit en lames ou en grenailles pour le dissoudre avec plus de facilité dans l’acide azotique.
2° Préparation de la dissolution normale de sel marin.
On donne le nom de dissolution normale de sel marin à une dissolution de sel marin dont 1 décilitre, à la température de + 15°, précipite exactement 1 gramme d’argent pur. Pour obtenir cette liqueur normale, il faudrait dissoudre 5s* , Al A de chlorure de sodium pur dans l’eau distillée, de manière que le volume du liquide occupât 1 litre à la température de + 15° ; mais il est plus simple de préparer la liqueur normale avec le sel marin du commerce.
On dissout 200 ou 300 grammes de sel marin ordinaire dans 2 litres environ d’eau commune, et l’on filtre la dissolution ; on en évapore quelques grammes pour apprécier la quantité de sel qu’elle contient ; on étend cette liqueur de la quantité d’eau qu’indiquerait le calcul en supposant que le sel fût pur. On précipite 1 gramme d’argent pur dissous dans l’acide azotique , par 1 décilitre de la liqueur salée ; comme cette