ESSAIS D’ARGENT PAR LA COUPELLATION
l’argent fondu ; aussi un alliage formé par ces deux métaux peut-il rocher , même quand la proportion de l’or atteint le quart de celle de l’argent.
Les alliages d’or et d’argent subissent une espèce de liquation au moment du rochage. Un alliage dont la partie projetée contenait 98 d’or et 902 d’argent, présentait dans la partie non soulevée 137 d’or et 863 d’argent. Des expériences nombreuses ont prouvé que, quel que soit le titre d’un alliage, les parties projetées par le rochage contiennent toujours moins d’or que les autres. (M. Levol.)
Pour diminuer autant que possible les chances d’erreur que présente la coupellation de l’argent, on a recours soit à une table de compensation, soit à des témoins , c’est-à-dire à des essais faits avec des alliages d’un titre connu.
La formation d’une table de compensation absolument exacte est tout à lait impossible; elle suppose en effet que la coupellation pourrait être faite dans des conditions que l'on reproduirait à volonté. Toutefois il est démontré qu’à certains titres correspond une perte d’argent, qu’une table dressée avec soin peut indiquer d’une manière approximative.
Nous donnons plus bas la table de compensation établie à la monnaie de Paris ; elle présentera un aperçu des pertes éprouvées par les boutons d’essai passés à la coupelle dans les conditions les plus favorables.
Nous ajouterons qu’un essai ne doit rester dans le moufle que le temps nécessaire pour y être coupelle; s’il y était oublié pendant quelque temps, l’argent fondu dans un corps poreux comme Une coupelle , et exposé d’ailleurs aux courants d’air qui traversent le moufle, perdrait de son poids. Cette perte serait même plus grande que si l’on chauffait trop fortement l’àrgent pendant un temps très court.
ARGENT
Table de
compensation pour l'essai
des matières
d’arçjent.
Titres trouvés
Pertes ou quantités de fin
Titres exacts.
par la
à ajouter
aux titres correspondants
coupellation.
obtenu
s par la coupellation.
Zi, ‘30
Les témoins sont des essais que l’on exécute sur un alliage fait avec de l’argent à 1000 millièmes, et représentant d’une manière approximative le titre de l’alliage qu’on examine , et qu’on peut toujours apprécier d’une manière suffisante par une première expérience. Le témoin est passé à la coupelle à côté de l’essai auquel on doit le comparer, et l’on s’attache à le placer dans les mêmes conditions.
Supposons que l’on ait à faire l’analyse d’une médaille ou d’un alliage dont le titre approximatif soit de 950 millièmes; on pèsera 950 milligrammes d’argent pur, et 50 milligrammes de cuivre, et on les passera à la coupelle à côté de 1 gramme d’alliage. Si, par exemple, ce témoin a perdu 2 milligrammes après avoir été coupellé, c’est-à-dire s’il laisse un bouton pesant 0sr,968, on retranchera 2 milligrammes du poids du bouton obtenu avec le gramme d’alliage essayé. Les témoins sont surtout utiles dans les cas où les alliages à analyser contiennent de l’or, du platine ou du palladium, parce que ces métaux tendent à amener une surcharge dans le bouton de retour.
En résumé, quoique la coupellation ne puisse pas être considérée comme une opération présentant une exactitude absolue, elle peut, lorsqu’elle est employée par un essayeur habile , donner une approximation de 2 à 3 millièmes.
La coupellation de l’argent tend à être remplacée par la voie humide ; la coupellation repose en effet sur un système de compensations qui peut présenter de grands inconvénients et prêter à la fraude.