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FABRICATION DES MONNAIES ET DES MÉDAILLES. 3Ù

la profondeur et la largeur varient avec les pièces que l’on veut fabriquer.

Le poids des lames destinées à être converties en pièces de 5 francs est d’environ 1 kilogramme.

Depuis quelque temps on a essayé, avec succès, de couler des lames plus épaisses du poids de 1500 grammes , et M. Dierickx, directeur de la Monnaie de Paris , a imaginé un système de coulage fort ingénieux, à l’aide duquel un seul ouvrier peut tour à tour ouvrir et fermer quatre séries de lingotières , formant un ensemble de 12 lingotières; de sorte qu’en moins d’une heure et demie, les 800 kilogrammes d’alliage monétaire sont coulés en lames.

Les lames portent des barbes ou toiles qu’on enlève rapidement avec une cisaille circulaire ou ébarboir.

Les lames ébarbées sont réunies en paquets et recuites au rouge sombre pendant quinze à vingt minutes , dans un four à sole tournante , disposé de manière à y laisser entrer le moins d’air possible Ces lames étant retirées du four et refroidies, on les passe plusieurs fois au laminoir; et quand elles commencent à devenir roides et élastiques, on les recuit une seconde fois.

Après ce double recuit et un grand nombre de passes au laminoir, les lames, dont la longueur a plus que triplé sans que leur largeur se soit sensiblement accrue , ont acquis une épaisseur convenable.

On les soumet à l’action d’un emporte-pièce ou découpoir, et on les débite en flans. Ces flans sont pesés un à un, grattés avec un instrument particulier, lorsqu’ils sont trop lourds, pesés de nouveau, et soumis au machinage.

L’opération du machinage, qui consiste à relever les bords des flans , a surtout pour but de faire mieux ressortir la bordure des pièces au monnayage.

Les flans machinés doivent subir, avant d’être frappés, un nouveau recuit. Pendant qu’ils sont rouges, on les immerge dans un vase contenant un mélange d’eau et d’acide sulfurique, marquant 5° à l’aréomètre. Cette eau acidulée enlève le cuivre oxydé de la surface des flans, et met à nu l’argent presque pur qui est alors d’un blanc mat.

Les flans, lavés à plusieurs reprises, et desséchés dans une bassine de cuivre, à double fond, où l’on fait circuler de la vapeur d’eau, n’ont plus à subir qu’une opération qui a pour but de leur donner l’empreinte.

Les flans sont convertis en pièces de monnaie par l’empreinte qu’ils reçoivent , soit par la percussion avec des balanciers , soit par la pression à l’aide des presses monétaires. Sur l’un ou sur l’autre de ces instruments, sont montés des coins et une virole qui est pleine ou brisée en trois morceaux, suivant les espèces qu’on fabrique ; ces coins et ces viroles sont

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disposés de manière à donner, d’un seul et même coup, les empreintes des surfaces et de la tranche de chaque pièce.

Les pièces, après avoir reçu les empreintes , peuvent être rejetées et rapportées à la fonte pour trois causes, qui sont :

1° Le défaut de titre , quand la tolérance est dépassée, c’est à -dire quand l’argent ou l’or ne sont pas compris dans les limites légales ;

T L’inégalité de poids entre les pièces , quoique sur une pesée de 20 kilogrammes la tolérance du poids ait été trouvée dans les limites ;

3° Le défaut de pureté des surfaces, les empreintes imparfaites, etc.

Les presses monétaires, établies à la Monnaie de Paris par M. Thonnelier ont complètement remplacé les anciens balanciers, beaucoup moins parfaits sous tous les rapports.

Cinq de ces nouvelles presses , employées au monnayage des pièces de 5 francs, peuvent produire 500 à 600 000 francs par jour. C’est à peu près la quantité de monnaie que l’on fabrique.

Les presses monétaires peuvent au besoin fabriquer :

Pièces de 5 francs 50 à 55 pièces par minute.

— 50 centimes 65 à 70 —

Dans la pratique, on peut dire que chaque presse fournit environ 20 000 pièces par journée de dix heures.

La fabrication des flans destinés aux médailles ne diffère pas de celle des flans monétaires; seulement les flans destinés aux médailles ne sont pas machinés ; ils ne sont pas non plus pesés avec le même soin que les flans monétaires, parce qu’ils doivent nécessairement perdre de leur poids pendant le cours de la frappe, et qu’il n’est pas possible d’apprécier d’avance cette perte.

Quelquefois on coule les médailles et on les achève avec le balancier. Cette pratique est surtout usitée pour les médailles dont le relief est considérable.

La fabrication des médailles n’est point soumise, comme celle des monnaies, à des règles fixes et déterminées par une loi, relativement à leur épaisseur, au diamètre et au relief, ou à la forme des coins qui servent à les frapper ; aussi la presse monétaire n’a-t-elle pu être substituée au balancier pour la frappe des médailles.

Le nombre des recuits qu’on fait subir aux médailles, ainsi que le nombre de coups de balanciers qu’elles reçoivent, est subordonné au relief de la gravure, au diamètre des médailles et à la dureté des métaux dont elles se composent.

Elles reçoivent, suivant leur diamètre, un, deux ou trois coups avant

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d’être recuites; cette opération est recommencée autant de fois qu’il est nécessaire pour obtenir des gravures parfaitement pures.

Avant d’être soumises au dernier coup de balancier, les médailles d’argent sont blanchies avec le plus grand soin par le même procédé que les flans monétaires ; les médailles de bronze et de cuivre sont patinées.

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