HL TRAITEMENT DU CUIVRE ARGENTIFÈRE PAR LIQUATION
On retire quelquefois l’argent contenu dans les minerais de cuivre par une méthode qui porte le nom de liquation.
L’opération est très longue et compliquée dans la pratique; la théorie en est au contraire assez simple : elle repose sur ce que le plomb a plus d’affinité pour l’argent que le cuivre, et sur la grande différence de fusibilité du cuivre et du plomb.
On commence par faire fondre le cuivre noir avec addition de plomb dans un fourneau à manche ou à réverbère.
L’alliage doit contenir 500 fois autant de plomb que d’argent, et 10 ou
11 parties de plomb pour 3 de cuivre. On soumet cet alliage à l’action d’une chaleur modérée; il entre en fusion et se divise en deux parties: il se forme un premier alliage fusible qui s’écoule et qui est composé de
12 équivalents de plomb, de 1 équivalent de cuivre et de tout l'argent que contenait la masse; il se produit un second alliage solide, formé de 12 équivalents de cuivre contre 1 équivalent de plomb. (M. Karsten.)
Le premier alliage est soumis à la coupellation, et donne de l’argent.
Le second alliage est grillé ; il se forme de l’oxyde de plomb qui s’écoule sur la sole du fourneau, et, après vingt-cinq ou vingt-six heures, il reste des pains de cuivre très oxydé que l’on raffine pour en retirer du cuivre rosette.
A KG li A T,
Le traitement des cuivres argentifères par liquation est presque partout abandonné et remplacé par l’amalgamation saxonne, que l’on exécute, soit sur les mattes cuivreuses, soit sur le cuivre noir réduit en poudre. Pour pulvériser le cuivre noir, on le^chauffe au rouge dans des fours à réverbère, et on le porte en cet état sous les pilons d’un bocard de fonte. Souvent aussi on remplace les plaquettes de fer introduites dans les tonneaux, par des grenailles de cuivre noir.
OR
Equivalent : Au — 1229,16.
L’or a une couleur jaune un peu rougeâtre ; il est très brillant et peut prendre un beau poli. Lorsqu’il est réduit en feuilles très minces, il paraît vert par transmission et rouge par réflexion. Quand il est réduit en poudre très fine, il est d’un jaune violacé.
L’or cristallise en pyramides quadrangulaires ou en octaèdres ; il se trouve' dans la nature sous differentes formes qui dérivent du cube. Il est moins dur que l’argent et presque aussi mou que le plomb ; on lui donne de la dureté en l’alliant avec une petite quantité de cuivre.
L’or est le plus malléable et le plus ductile de tous les métaux. On peut le réduire en feuilles d’un dix-millième de millimètre d’épaisseur ; cinq centigrammes d’or peuvent être tirés en un fil long de 162m,âl9. La ténacité de l’or est moins grande que celles du fer, du cuivre, du platine et de l’argent.
L’or se contracte beaucoup plus que les autres métaux en passant de l’état liquide à l’état solide. La densité de l’or fondu est égale à 19,258, et devient 19,367 par l’écrouissage.
L’or entre en fusion à 32° du pyromètre de Wedgwood : cette température correspond à peu près à 1100° du thermomètre à air. L’or, à l’état liquide, paraît vert.
Il est à peu près fixe à la température la plus élevée qu’on puisse produire dans les fourneaux ordinaires; mais il se volatilise sensiblement au loyer d’un grand miroir ardent ou à la flamme du chalumeau à oxygène et hydrogène; il se réduit en vapeur quand on l’expose en feuilles très minces à l’action d’une forte batterie ou d’une pile voltaïque très puissante.
L’or très divisé devient incandescent dans un courant de gaz hydrogène, lorsqu’on le chauffe à 50°.
Il partage avec le platine, l’argent, le fer, etc., la propriété de se souder à lui-même sans fusion préalable. Si après l’avoir précipité de ses dissolutions par le fer, on le lave et on le comprime fortement à la presse hydraulique, il se change en une masse cohérente, ductile et malléable qu’on peut forger, laminer ou étirer en fil.
En comprimant et en martelant un mélange d’or et d’argent en poudre, on produit un damassé qu’il serait impossible d’obtenir par la fusion de ces deux métaux. (M. Fournet.)
L’or est un des métaux les moins altérables que l’on connaisse. Il résiste à l’action prolongée de l’air, de l’oxygène, de l’eau, des acides sulfurique, azotique et chlorhydrique. Mais l’acide sélénique l’attaque en le transformant en acide sélénieux.
OR
L’acide azotique mêlé avec les acides chlorhydrique, iodhydrique, bromhydrique, etc., forme des eaux régales qui dissolvent l’or en le transformant en chlorure, iodure et bromure.
L’or est aussi dissous par des mélanges d’acide chlorhydrique avec certains acides, tels que les acides chromique, sélénique, etc. , qui peuvent dégager du chlore avec l’acide chlorhydrique. En général, tout mélange qui produit du chlore peut attaquer l’or.
Dans les arts, on emploie pour dissoudre For une eau régale formée de 1 partie d’acide azotique et de k parties d’acide chlorhydrique.
Le chlore attaque l’or même à froid et produit du chlorure d’or. L’or en feuilles minces se dissout rapidement dans l’eau de chlore.
Le brome dissout l’or; l’iode n’exerce pas d’action sur ce métal.
Les alcalis n’attaquent l’or ni par voie sèche ni par voie humide ; toutefois, lorsqu’on les chauffe avec ce métal au contact de l’air, on constate une absorption d’oxygène et la formation d’un aurate alcalin.
L’or n’est pas oxydé par le chlorate de potasse; il est attaqué par le nitre en fusion. (M. Tennant.)
Le carbone, le soufre et le sélénium n’exercent aucune action sur l’or, même sous l’influence de la température la plus élevée.
L’or n’est pas terni par l’acide suif hydrique.
Les persulfures alcalins attaquent l’or par voie sèche ou par voie humide et le transforment en sulfure.
Les monosulfures alcalins n’agissent sur l’or qu’au contact de l’air et après qu’ils se sont changés en persulfures.
Le phosphore, l’arsenic, l’antimoine se combinent avec l’or sous l’influence de la chaleur.
L’or donne aux verres une coloration rose.
On emploie l’or très divisé pour décorer le verre ou la porcelaine : pour obtenir l’or en poudre destiné à cet usage, on peut le précipiter de sa dissolution dans l’eau régale par du sulfate de protoxyde de fer. On emploie pour certaines dorures l’or divisé qu’on obtient en broyant avec du miel de l’or réduit en feuilles. L’or préparé par cette dernière méthode est ordinairement placé en couches minces dans des coquilles* ce qui lui fait donner le nom d’or en coquilles.
Préparation de l’or à l’état de pureté.
L’or à c’est-à-dire chimiquement pur, peut être obtenu par la méthode suivante : On dissout une pièce d’or dans une eau régale faite avec 1 partie d’acide azotique à 20° de l’aréomètre et à parties d’acide chlorhydrique du commerce. On filtre la liqueur, pour la séparer du chlorure d’argent qui s’est formé, et l’on y ajoute un excès de protochlorure d’antimoine dissous dans un mélange d’eau et d’acide chlorhydrique. L’or se précipite au bout de quelques heures, surtout lorsqu’on chauffe