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HYDRATE D’OXYDE DE ZINC

Propriélés*

L’oxyde de zinc est blanc; il devient jaune quand on le calcine, mais il reprend sa couleur primitive par le refroidissement. Il est complètement fixe et indécomposable par la chaleur. L’oxyde de zinc est réduit facilement par l’hydrogène et le carbone, à une température suffisamment élevée; exposé à l’air, il absorbe de l’acide carbonique, et acquiert ainsi la propriété de faire effervescence avec les acides.

On obtient l’oxyde de zinc cristallisé en soumettant le zinc à faction de la vapeur d’eau ; ses cristaux sont alors jaunâtres et présentent la forme de prismes courts à 6 pans avec une seule face terminale.

L’oxyde de zinc anhydre se dissout assez difficilement dans les dissolutions alcalines même concentrées; mais lorsqu’on le fond au creuset d’argent avec de la potasse ou de la soude, il forme avec ces bases des combinaisons solubles dans lesquelles l’oxyde de zinc joue le rôle d’acide.

L’oxyde de zinc anhydre se rencontre dans la nature ; il est ordinairement coloré en rouge par 3 ou k centièmes de protoxyde de manganèse. On le trouve quelquefois à la partie supérieure de certains hauts fourneaux, sous la forme de cristaux dérivant d’un prisme à base hexa^ gonale.

Préparation,

On prépare ordinairement l’oxyde de zinc anhydre en chauffant du zinc dans un creuset ouvert ; une partie de l’oxyde s’échappe du creuset sous la forme de flocons blancs, et il en reste une grande partie attachée aux parois du creuset ou à la surface du métal ; on le détache de temps en temps pour laisser un libre accès à l’air.

L’oxyde de zinc peut encore être préparé en soumettant à la calcination l’azotate de zinc ou le carbonate de zinc, que l’on obtient par double décomposition .

Usages*

L’oxyde de zinc, mêlé à des huiles siccatives, peut remplacer la céruse, et porte alors le nom d e blanc de zinc . (Voy. Fabrication du blanc de zinc , à la fin de l’article Zinc.)

HYDRATE D’OXYDE DE ZINC. ZllOJIO.

L’oxyde de zinc hydraté s’obtient en versant de la potasse étendue dans une dissolution d’un sel de zinc; on doit éviter d’ajouter un excès d’alcali qui dissoudrait l’hydrate d’oxyde de zinc. Ce corps est blanc après une dessiccation à l’air sec, il a pour formule ZnO,HO. Lorsqu’il

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vient d’être précipité, il se dissout très facilement dans les dissolutions alcalines même très étendues ; mais il perd cette propriété par une simple dessiccation à la température ordinaire , et ne se dissout plus dans les alcalis que sous l’influence de la chaleur.

L’hydrate d’oxyde de zinc est soluble dans la potasse, la soude et l’ammoniaque, et forme des composés salins qui portent le nom de zincates.

Lorsqu’on introduit du 1er et du zinc dans un flacon contenant de la potasse ou de l’ammoniaque, il se dégage de l’hydrogène, et il se dépose contre les parois du vase des cristaux incolores , qui ont pour formule : ZnO,HO, et qui appartiennent au système du prisme droit rhombôïdal (M. Nicklès) : le zinc seul se dissout dans cette réaction, et le fer sert de pôle négatif; ce dernier métal peut être remplacé par du plomb ou par du cuivre.

On obtient aussi de l’oxyde de zinc hydraté , ZnO,HO, sous la formé de fines aiguilles, quand on évapore dans le vide une dissolution d’oxyde de zinc dans l’ammoniaque. (MM. Malaguti et Sarzeaud.)

BI-OXYDE ©E SINE. ZnO2.

Ce corps a été préparé en arrosant de l’hydrate d’oxyde de zinc avec de l’eau oxygénée* Il est blanc , insoluble dans l’eau , très peu stable; il se décompose spontanément ou sous l’influence des acides en protoxyde de zinc et en oxygène, (M. Thénard.)

6AEA€TÈE£B BSSTÏMCTIFS BBS SEX.S DE &1WC,

Le protoxyde de zinc est le seul oxyde de ce métal qui forme des sels.

Les sels de zinc sont incolores, d’une saveur styptique, amère et nauséabonde. Ils sont vénéneux , et agissent à faible dose comme l’émétique; pendant longtemps ils ont été employés comme vomitifs. Le zinc, s’oxydant facilement sous l’influence des matières organiques , et produisant des sels vénéneux, ne peut être employé pour fabriquer des vases destinés à la préparation ou à la conservation des aliments ou des boissons.

Les sels de zinc ont une réaction acide ; ils ne sont précipités par aucun métal ; ils se reconnaissent aux caractères suivants :

Potasse , soude , ammoniaque, - — Précipité blanc , gélatineux , soluble dans un excès de réactif.

Carbonate de soude ou de potasse. — Précipité blanc de carbonate basique, insoluble dans un excès de réactif, soluble dans la potasse et l’ammoniaque. Ce précipité ne se forme pas quand la dissolution contient une grande quantité de sel ammoniac, mais il reparaît par une ébullition prolongée.

CARACTÈRES DISTINCTIFS DES SELS DE ZINC. 39

Bicarbonate de soude ou de potasse. — Même réaction ; seulement elle est accompagnée d’un dégagement d’acide carbonique.

Carbonate d'ammoniaque. — Précipité blanc , soluble dans un excès de réactif.

Phosphate de soude. — Précipité blanc de phosphate de zinc, soluble dans les acides, ainsi que dans la potasse, la soude et l’ammoniaque.

Acide oxalique ou oxcdate alcalin. — Précipité blanc cristallin, qui 11e se forme qu’au bout d’un certain temps , lorsque les liqueurs sont étendues; il est soluble dans la potasse, l’ammoniaque, et dans l’acide chlorhydrique. Le sel ammoniac 11e s’oppose pas sensiblement à la précipitation.

Cyano ferrure de potassium. — Précipité blanc insoluble dans les acides. 11 est teint en bleu si la dissolution est très acide.

Cyanoferride de potassium. — Précipité jaune sale, soluble dans l’acide chlorhydrique libre. Ce précipité est le seul composé coloré que forment les sels de zinc avec les différents réactifs.

Noix de galle. - — Pas de précipité.

Acide suif hydrique. — • Pas de précipité , à moins que l’acide du sel ne soit peu énergique. Ainsi l’acétate de zinc est complètement précipité par 1 ’acid e sul fhydriq ue .

Sulfhydrate d3 ammoniaque . — Précipité blanc de sulfure hydraté. Si la liqueur était très acide , le précipité 11e se formerait pas.

Chauffés au chalumeau sur un charbon à la flamme intérieure et avec addition de carbonate de soude , les sels de zinc donnent un petit grain métallique qui dégage des fumées blanches.

Le zinc contenant presque toujours du fer , ce dernier métal entre en dissolution lorsqu’on traite le zinc du commerce par les acides : aussi les dissolutions de- zinc précipitent-elles souvent en bleu par le cyanoferrure de potassium. Pour obtenir un sel de zinc ne contenant pas de fer, il suffit de mettre le zinc divisé et en excès en contact avec de l’acide azotique étendu d’eau. Le zinc seul entre en dissolution, tandis que le fer reste en suspension dans la liqueur à l’état d’hydrate de sesqui-oxyde. (Gay- Lussac.)

Le zinc est ordinairement précipité de ses dissolutions, au moyen du carbonate de potasse, à l’état de carbonate de zinc, qu’on transforme en oxyde par la calcination.

Zn

CHLORURE DE ZINC. ZüCl.

/i7,8Zi

/l06,50 Zt43,20

Le zinc très divisé s’enflamme à la température ordinaire dans le chlore, et produit du chlorure de zinc (ZnCl). Le même composé se forme encore par la distillation d’un mélange de limaille de zinc et de chlorure de mercure, ou de sulfate de zinc anhydre et de chlorure de sodium. En dissolvant le zinc dans l’acide chlorhydrique , et en évaporant la dissolution , on obtient le chlorure de zinc hydraté sous la forme d’une masse blanche déliquescente, difficilement cristallisable, fusible et volatile , qu’on a désignée longtemps sous le nom de beurre de zinc.

Le chlorure de zinc est l’un des sels les plus solubles que l’on connaisse. Il se dissout dans l’alcool anhydre, et forme des aiguilles cristallines qui ont pour formule : (ZnCl)4,C4H602.

Le chlorure de zinc peut, sous l’influence de la chaleur, éthérifier l’alcool en lui enlevant 1 équivalent d’eau. (M. Masson.)

Le chlorure de zinc anhydre chauffé au contact de l’air, à une température rouge , perd du chlore et laisse de l’oxyde de zinc. Le chlorure hydraté dégage de l’acide chlorhydrique quand on le chauffe fortement, et donne un résidu d’oxychlorure de zinc.

La propriété que possède le chlorure de zinc hydraté d’être fusible vers 100°, et de ne se volatiliser qu’à une température rouge, fait quelquefois employer ce corps à la place des bains d’huile et d’alliages fusibles.

OXYCHLORURES DE ZINC.

L’oxyde et le chlorure de zinc forment, en s’unissant, plusieurs composés définis. Lorsqu’on fait bouillir de la limaille ou des lames minces de zinc avec du chlorure de zinc, jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus d’hydrogène, ou qu’on précipite incomplètement le chlorure de zinc par un alcali, il se dépose une poudre blanche dont la composition est représentée par ZnCl,(ZnO)3,4HO.

L’oxychlorure provenant de la fusion prolongée du chlorure hydraté a pour formule : ZnCl,9ZnO; ce corps retient là équivalents d’eau après avoir été desséché à 100'; chauffé au rouge, il devient anhydre.

On a encore signalé un oxychlorure, ZnC!,(ZnO)6,l()HO, obtenu en précipitant le chlorure de zinc par un léger excès d’ammoniaque. Ce composé perd 4 équivalents d’eau à 100°, et laisse une poudre blanche, insoluble, qui présente l’aspect de l’amidon. (M. Kane.)

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