‹ Traité de chimie générale [electronic resource]Chapitre 238 sur 369 · AFFINAGE DES MÉTAUX PRÉCIEUX · texte numérisé non relu

AFFINAGE DES MÉTAUX PRÉCIEUX

liant du la concentration des eaux acides du sulfate de cuivre. Après quelques instants d’ébullition, on retire la chaudière du feu, et on l’abandonne au repos pendant une demi-heure. L’or se précipite; on décante la liqueur qui contient les sulfates de cuivre et d’argent, et on l’étend d’eau jusqu’à ce qu’elle marque environ 25 à 30° à l’aréomètre.

Cette dissolution est introduite dans une grande chaudière de plomb où l’on fait arriver de la vapeur, et on la met en contact avec des lames de cuivre. L’argent se précipite sous la forme de petits cristaux ( chaux cV argent): on juge qu’il ne reste plus d’argent en dissolution, lorsqu’une petite quantité de la liqueur filtrée et essayée dans un verre avec quelques gouttes d’une dissolution de sel marin ne se trouble plus.

Dans quelques usines, on laisse écouler les eaux dans des citernes revêtues de plomb, et on les abandonne au repos pendant plusieurs jours, en les laissant en contact avec des lames de cuivre, afin de précipiter les dernières traces d’argent.

Lorsque les matières argentifères et aurifères sont à bas titre, les dissolutions sulfuriques sont troubles et laissent au fond des vases et des marmites à décanter un dépôt considérable contenant des sulfates d’argent et de cuivre mêlés à de l’or excessivement divisé.

Ces dépôts sont étendus d’eau et versés dans une chaudière particulière; on les précipite par le cuivre, on lave le nouveau dépôt, on le sèche, et après l’avoir fondu, on le traite par l’acide sulfurique. Les dissolutions claires provenant de ces deux opérations sont versées dans la chaudière à précipiter l’argent.

On a recours quelquefois à un autre procédé plus rapide pour traiter les dépôts qui se rassemblent difficilement. On les lave à l’eau chaude, et on les abandonne au repos ; le précipité, qui consiste en or métallique, mêlé encore à du sulfate d’argent, est mis à égoutter, et traité ensuite dans le vase de platine par de l’acide sulfurique; on obtient ainsi une dissolution d’argent très limpide. Le dépôt d’or se forme avec facilité et se rassemble au fond du vase. On le traite à deux reprises par de l’acide sulfurique, et après l’avoir bien lavé, il ne reste plus qu’à le fondre. La

dissolution d’argent est ensuite versée dans le vase à précipiter.

Lorsqu’au lieu de dissoudre l’argent dans des vases de platine, on se sert de chaudières de fonte, on peut opérer indifféremment sur des grenailles ou sur des lingots d’argent, et exécuter l’opération sur une quantité d’argent aurifère s’élevant jusqu’à 200 ou 300 kilogrammes à la fois.

Comme l’altération des chaudières de fonte est moins à craindre que celle des vases de platine, on peut employer des acides moins purs; f expérience a démontré, en outre, que la dissolution des lingots dans des

chaudières de fonte exige moins d’acide que lorsqu’on opère dans des

vases de platine.

Les dissolutions sont jetées presque bouillantes dans une chaudière de

on.

plomb couverte et remplie aux deux tiers d’eaux mères de sulfate de cuivre. On les chauffe à 100° avec un jet de vapeur continu jusqu’au moment où le liquide est saturé de sulfate d’argent.

Le jet de vapeur étant supprimé, la liqueur, après un repos d’une heure, est décantée dans une chaudière à précipiter l’argent, au moyen d’un siphon ou d’un robinet placé à 25 ou 30 centimètres du fond de la chaudière, où l’or s’est déposé. Après plusieurs lavages successifs, on enlève cet or, on le traite par l’acide sulfurique dans un vase de platine, on le lave et on le fond.

L’argent précipité par le cuivre est lavé avec soin , séché dans une chaudière de fonte, sur un feu de coke, ou comprimé à la presse hydraulique ; on en forme des espèces de lingots qui acquièrent par la pression de l’éclat et de la cohésion, mais qui retiennent encore 8 à 10 pour 100 d’eau. On les chauffe graduellement avant de les fondre, afin que les creusets n’éclatent pas; on coule ensuite l’argent en lingots.

L’argent d’affinage ne contient plus que des traces impondérables d’or; mais il est encore allié à 5 ou 6 millièmes de cuivre.

L’or provenant de l’affinage est ordinairement purifié par deux traitements à l’acide sulfurique concentré, ainsi que nous l’avons déjà dit. On l’affine quelquefois d’une manière plus complète, mais moins économique, en le fondant avec trois fois son poids d’argent, et traitant l’alliage par l’acide azotique bouillant. Le résidu insoluble est lavé avec soin et fondu.

L’or

sortant des ateliers d’affinage est au

titr-

d’environ y—,

La dissolution acide du sulfate de cuivre séparée par décantation de la chaux d'argent contient , indépendamment du cuivre qui existait dans les lingots avant leur affinage, la quantité de sulfate de cuivre qui provient de la décomposition du sulfate chargent par le cuivre. On l’évapore dans des chaudières de plomb jusqu’à ce qu’elle marque environ 50° à l’aréomètre, il se dépose par le refroidissement de petits cristaux confus d’un sel d’un bleu pale, qui est du sulfate de cuivre en partie anhydre. L’eau mère fournit de nouvelles quantités du même sel par des évaporations successives, et l’on obtient en dernier lieu une liqueur d’une couleur foncée, marquant 52° Baumé, qui n’est plus, pour ainsi dire, que de l’acide sulfurique aqueux. On fait rentrer cet acide dans la fabrication .

Le sulfate de cuivre qui a cristallisé dans une liqueur qui contient beaucoup d’acide sulfurique libre ne saurait être livré au commerce dans cet état. On le redissout dans l’eau; lorsque la dissolution marque 52' à l’aréomètre, elle laisse déposer par le refroidissement de beaux cristaux bleus de sulfate de cuivre presque pur, contenant 5 équivalents d’eau de cristallisation.

La récolte de ce sel n’a lieu qu’a près plusieurs jours, afin que les cris-

A l’FINAOE L>E8 METAUX 1‘UECIEI X.

taux, ayant acquis un certain volume, puissent être enlevés plus facilement. Les cristallisoirs sont revêtus de plomb; ils ont ordinairement 1 mètre de hauteur sur 1 mètre et demi à 2 mètres de longueur, et 1 mètre de largeur.

On doit, autant que possible, éviter l’emploi du cuivre et du fer dans la confection des vases et instruments divers dont se compose un atelier d'affinage, Dans la fabrique dirigée par M. Barré, les pompes qui servent à monter les dissolutions acides de sulfate de cuivre sont faites avec un alliage de plomb et d’étain durci par une petite quantité d’antimoine.

Le sol des ateliers est lui-même recouvert de plomb, et il peut être lavé avec facilité.

Les creusets dans lesquels on fond l'argent sont de terre de Picardie, très légers, réfractaires: ils n’éclatent presque jamais, et peuvent contenir de 70 à 90 kilogrammes d’argent. Leur prix varie de 50 à 60 centimes. Leur paroi très mince permet de les porter rapidement au rouge. On évalue à 15 centimes tout au plus la dépense et la perte occasionnée par la fusion et la mise en lingot d’un kilogramme d’argent. Le conduit horizontal qui communique des fourneaux de fusion à la cheminée de l’usine doit présenter un développement considérable, afin que l’argent entraîné par l’air ou volatilisé puisse se condenser.

Les tentatives faites a la monnaie de Lille pour substituer le fer au cuivre dans la précipitation de l’argent n’ont pas eu de résultat satisfaisant. Toutefois, à défaut de cuivre, on pourrait employer le fer.

Lorsque la proportion d’argent ne s’élève pas au-dessus de 200 à 300 millièmes dans les alliages aurifères, au lieu de traiter directement ces alliages par l’acide sulfurique, on les grille au rouge sombre, surtout lorsqu’ils sont dans un grand état de division. On les fait ensuite chauffer avec de l’acide sulfurique faible qui dissout le cuivre oxydé, et le résidu métallique, dont le titre s’est ainsi élevé à 500 ou 600 millièmes, est affiné a la manière ordinaire.

Le mode d’aftinage par l’acide sulfurique a été pratiqué pour la première fois par M. Dizé.

On évalue à 1608 millions la valeur des pièces d’argent aurifère frappées en France antérieurement à 1825, époque à laquelle le procédé (raffinage par l’acide sulfurique a été découvert.

Ces pièces contiennent un peu moins d'un millième (90 ou 95 centièmes de millième) d’or, en sorte qu’on peut porter à 16 ou 18 millions de francs la valeur de cet or, en supposant que les deux tiers environ de ces monnaies d’argent se trouvent encore dans la circulation.

Toutefois il faut dire que depuis longtemps les pièces de 5 francs aurifères, triées parmi les plus lourdes, ont été démonétisées par le commerce; on peut évaluer à 200 millions les pièces qui ont subi l’opération de l'affinage.

OH

Il serait à désirer, dans l’intérêt public, que la refonte complète des pièces d’argent aurifère eût lieu le plus promptement possible. L’or qu’elles contiennent paierait la plus grande partie des dépenses que cette grande opération nécessiterait.

EXT H ACTION ©E Xi’OR.

L’or se trouve presque toujours à l’état natif; quelquefois il est pur ; le plus souvent il renferme des quantités variables d’argent. Dans certaines localités on le rencontre en combinaison avec le tellure.

Il est ordinairement cristallisé en cubes, ou en octaèdres ou sous des formes qui en dérivent ; on le rencontre aussi en lamelles, en paillettes ou ramifications. On l’observe, mais assez rarement, en masses isolées, qui portent le nom de pépites.

M. de Humboldt cite une pépite provenant des mines du Pérou qui pesait 12 kilogrammes. On a trouvé, en 1842, dans les sables de Miask (monts Ourals), une pépite de 36 kilogrammes.

L’or se trouve associé à la pyrite de fer, au sulfure de cuivre, à la galène, à la blende, au mispickel, au cobalt gris, au manganèse lithoïde, au tellure natif, à la malachite, à l’argent sulfuré, à l’argent rouge, au sulfure d’antimoine.

L’or se rencontre dans les terrains primitifs, dans les terrains de transition, dans les trachytes, les trapps et les terrains de transport formés en général de fragments et de cailloux roulés, quartzeux, liés entre eux par un ciment argilo-ferrugineux et contenant des débris de roches primitives, du fer oxydé magnétique.

Les mines d’or les plus riches sont les liions de sulfure d’argent aurifère qui traversent les terrains intermédiaires : telles sont les mines du Mexique, du Pérou, de la Hongrie, de la Transylvanie et des monts Ourals en Sibérie. On a trouvé récemment dans la Californie et l’Australie des liions de quartz aurifère d’une grande richesse.

L’or disséminé en paillettes dans des sables argileux et ferrugineux forme des sables aurifères qui sont charriés par un très grand nombre de rivières, et que l’on exploite souvent avec avantage.

Les sables les plus riches sont ceux qu’on a récemment découverts dans la Californie et dans l’Australie; les sables du Brésil sont moins riches, mais on y trouve en même temps du platine, des diamants, etc. On cite aussi ceux du Chili, de la Nouvelle-Grenade, du Mexique et du Pérou, de la Sibérie.

11 existe en Europe un grand nombre de sables aurifères, mais beaucoup moins riches que les précédents.

OH DES TE1UIA1NS D’aLLUVION.

En E rance, les rivières aurifères sont très nombreuses : nous citerons l’Ariége, le Gardon, la Cèze, le Rhône aux environs de Genève, le Rhin près de Strasbourg , la Garonne près de Toulouse , l’Hérault près de Montpellier, etc. Ces sables ne sont pas assez riches pour être exploités régulièrement.

L’or s’extrait des terrains d’alluvion ou des liions par des procédés que nous allons indiquer.

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