PROTOXYDE DE PLATINE
Pt 1232,08 92, ^9
Le protoxyde de platine n’est connu qu’à l’état d’hydrate; on l’obtient en précipitant le protochlorure de platine par la potasse ; il se dépose sous la forme d’une poudre noire dont une partie reste en dissolution dans la potasse.
Le protoxyde de platine est très peu stable ; lorsqu’on le met sur des charbons ardents, il se réduit aussitôt; il se dissout lentement dans les sels azotique, sulfurique, acétique et les colore en brun. L’acide chlorhvdrique bouillant le transforme en bichlorure et en platine métallique ; lorsqu’il est récemment précipité, il se dissout dans la potasse et dans la soude.
On connaît une combinaison d’ammoniaque et de protoxyde de platine PtO, AzH3 dont nous parlerons plus loin.
DEUTOXYDE DE PLATINE.
Pt 1232,08 86,03
Cet oxyde est noir à l’état anhydre, son hydrate est d’un jaune brun, et ressemble au peroxyde de fer hydraté.
PLATINE
Il se décompose complètement à une température élevée, dégage de l’oxygène et donne du platine métallique. Les corps combustibles le réduisent très facilement. Il se dissout dans les principaux acides et forme des sels colorés en brun jaune.
Il se combine avec les alcalis, les terres et les oxydes métalliques , et forme des sels dans lesquels il joue le rôle d’acide.
On obtient l’oxyde de platine en faisant bouillir le chlorure de platine avec un excès de potasse jusqu’à ce que le précipité jaune qui s’est formé d’abord (chloroplatinate de potassium) disparaisse complètement dans un excès d’alcali, et en précipitant ensuite par l’acide acétique le platinate de potasse qui s’est formé.
L’hydrate d’oxyde de platine ainsi obtenu est d’un brun jaune; il se dissout dans la potasse et la soude, et forme avec ces bases des platinate s qui peuvent cristalliser par l’évaporation. (Fremy.)
BASES AMMOM1ACO PÏ.ATÎN1QUES,
L’action de l’ammoniaque sur les chlorures de platine donne naissance à plusieurs composés au moyen desquels on a pu obtenir de nouvelles séries de sels qu’on désigne ordinairement par les noms des auteurs de leur découverte (sels de Gros, de Reiset, de Raewsky, etc). Les bases de ces sels peuvent être considérées comme des combinaisons de l’ammoniaque avec des oxydes de platine ou avec des oxychlorures de platine particuliers.
PROTOXYDE DE PLATINE AMMONIACAL. PlO.AzlF.
(seconde base de m. reiset.)
Ce composé se présente sous la forme d’une masse grisâtre, complète-5 ment insoluble dans l’eau et dans l’ammoniaque. Chauffé à 200° à l’abri de l’air, il dégage de l’eau, de l’ammoniaque et de l’azote, et laisse un résidu de platine métallique ; cette décomposition paraît être accompagnée de la formation d’un azoture de platine Pt3Az, qui n’a pu être isolé, la chaleur le décomposant facilement en platine et en azote. Lorsqu’on chauffe le protoxyde de platine ammoniacal à 200° au contact de l’air, il devient incandescent et brûle avec vivacité en laissant un résidu de platine.
Le protoxyde de platine ammoniacal se prépare en chauffant à 110° le protoxyde bi-ammoniacal hydraté PtO,(AzH3)2, HO ; ce composé entre en fusion, se boursoufle beaucoup, dégage de l’eau et de l’ammoniaque et laisse un résidu grisâtre représenté par PtO,AzH3.
Sets formé* par le protoxyde cle platine amtnnnîaral. — Ces sels
PROTOXYDE DE PLATINE AMMONIACAL. /lOl
sont en général insolubles clans l’eau; ils détonent par l’action de la chaleur. Ils se dissolvent dans l’ammoniaque et reproduisent ainsi les sels de la série suivante (formés parla base PtO,2AzH3); réciproquement, quelques uns de ces derniers sels se dédoublent par l’action de la chaleur en ammoniaque et en sels ayant pour base PtO,AzH3.
Protochlorure de platine ammoniacal. PtCl,AzH3. — On connaît deux modifications isomériques de ce composé.
La première s’obtient en traitant par l’acide chlorhydrique ou un chlorure un sel ayant pour base PtO,AzH3. Il se forme ainsi un précipité cristallin d’un beau jaune qui se dissout dans l’eau bouillante. On peut obtenir le même composé en traitant la seconde modification (sel vert de Magnus) par une dissolution d’azotate ou de sulfate d’ammoniaque; le sel vert se dissout à l’aide d’une ébullition prolongée et se dépose sous la forme de belles paillettes jaunes appartenant à la première modification.
La seconde modification (sel vert de Magnus) est le premier composé de la série ammoniaco-platinique qui ait été découvert. 11 cristallise en aiguilles vertes insolubles dans l’eau, l’alcool, l’éther et l’acide chlorhydrique. Il n’est pas attaqué à froid par les alcalis caustiques et les acides sulfurique et chlorhydrique concentrés; il ne perd l’ammoniaque qu’il contient que par une longue ébullition avec les bases et les acides les plus énergiques. On le prépare en versant peu à peu dans de l’ammoniaque caustique une dissolution acide de protochlorure de platine ou en neutralisant par l’ammoniaque une dissolution bouillante de bichlorure de platine dans laquelle on a fait passer de l’acide sulfureux jusqu’au moment où elle cesse de se troubler par une dissolution de chlorhydrate d’ammoniaque. Le protochlorure de platine ammoniacal se dépose bientôt en aiguilles vertes.
Ce composé, de même que le chlorure jaune, donne de l’azote, de l’acide chlorhydrique, du chlorhydrate d’ammoniaque et un résidu de platine, quand on le chauffe vers 300°.
Si l’on verse une dissolution de protochlorure de platine dans une dissolutioirde protochlorure de platine bi-ammoniacal, on obtient un précipité identique avec le sel vert de Magnus :PtCl + PtCl,2AzH3= (PtCl,AzH3)2 (M. Peyrone). Cette réaction indique que le sel vert de Magnus doit être représenté par la formule (PtCl,AzII3)2, et son isomère par PtCl,AzH3. M. Gerhardt le considère comme un chloroplatinite de diplatosammine , Az2H5Pt,PtCl,HCl.
Iodure de platine ammoniacal. Ptl, AzH3. — Ce composé est une poudre jaune qu’on obtient en faisant bouillir la dissolution del’iodure bi-ammoniacal PtI,2AzII3.
Cyanure de platine ammoniacal . PtCy,AzH3. — Quand on fait réagir l’acide cyanhydrique sur le protoxyde de platine bi-ammoniacal hydraté
PLATINE
PtO,2AzH3,HO, du cyanhydrate d’ammoniaque se dégage et il se dépose un précipité blanc, cristallin, dont la composition est représentée par PtCy,AzH3.
On obtient le même composé en faisant arriver un courant de cyanogène dans une dissolution aqueuse de protoxyde de platine bi-ammoniacal ou en décomposant par le cyanure de potassium le protochlorure de platine bi-ammoniacal.
Le cyanure de platine ammoniacal se produit encore quand on fait agir l’acide platinocyanhydrique HCy2Pt sur le protoxyde de platine biammoniacal ; de plus, lorsqu’on verse de l’azotate d’argent dans une dissolution de cyanure de platine ammoniacal, on obtient un précipité de platinocyanure d’argent, et la liqueur retient en dissolution de l’azotate de protoxyde de platine bi-ammoniacal :
(PtCy,AzH3)2 4- AgO,Az05 — PtO,(AzH3)2,AzOs + AgCy2Pt.
Ces deux dernières réactions permettent de considérer le cyanure de platine ammoniacal comme une combinaison de platinocyanogene Cy2Pt et du composé hypothétique Pt(AzH3)2 :
(PtGy,AzH3)2 — Pt(AzH3)2,Cy2Pî. ( M. Buckton.)
Sulfate et azotate de protoxyde de platine ammoniacal . Pt0,AzH3,S03,H0 et Pt0,AzH3,Az05. - — Ces deux sels s’obtiennent en faisant bouillir du sulfate ou de l’azotate d’argent avec le proto-iodure de platine ammoniacal Ptî,AzH3. Ils peuvent cristalliser ; leur réaction est fortement acide. L’azotate est anhydre ; le sulfate retient 1 équivalent d’eau qu’on ne peut lui enlever sans le décomposer.
PROTOXYDE DE PLATINE BI-AMMONIACAL. PtO,(AzH3)2,HO.
(PREMIÈRE base de m. reiset.)
Ce composé retient 1 équivalent d’eau. Il forme des aiguilles blanches opaques, déliquescentes, d’une saveur caustique, d’une réaction fortement alcaline, attirant l’acide carbonique de l’air. Il se comporte comme une base énergique et déplace l’ammoniaque de ses combinaisons.
On isole cette base en décomposant exactement par l’eau de baryte le sel qu’elle forme avec l’acide sulfurique. La liqueur, séparée du précipité de sulfate de baryte, est évaporée dans le vide.
Protochlorure de platine bi-ammoniacal . PtCl,2AzH3. — Ce composé se présente en cristaux volumineux, légèrement colorés en jaune, qui contiennent 1 équivalent d’eau. Cette eau se dégage complètement à 110°. A 250°, le sel commence à dégager de l’ammoniaque et se change en* une matière d’un beau jaune (protochlorure de platine ammoniacal) qui ne se décompose que vers 300° en azote, acide chlorhydrique, chlorhydrate
PROTOXYDE DE PLATINE Bl-AMMONIACAL. ^03
d ammoniaque et platine métallique. Le chlorure anhydre reprend très rapidement 1 équivalent d’eau quand on le laisse au contact de l’air. Le chlorure hydraté ne dégage pas d’ammoniaque par Faction des alcalis caustiques à la température ordinaire, et il n’est décomposé par eux que très lentement à laide de la chaleur.
On prépare le protochlorure de platine bi-ammoniacal en faisant bouillir pendant plusieurs heures le protochlorure de platine avec un excès d ammoniaque caustique. On obtient d’abord une matière verte qui se dissout peu à peu et donne une liqueur qui laisse déposer le protochlorure bi-ammoniacal cristallisé. Au lieu de protochlorure de platine on peut employer dans cette préparation le protochlorure de platine ammoniacal (sel vert de Magnus) .
Le hichlorure de platine et le procochlorure de platine bi-ammoniacal peuvent former deux combinaisons. La première (PtCl,2AzH3)2,PtCl2 est un précipité vert-olive qu’on produit en versant du hichlorure de platine dans une dissolution de protochlorure de platine bi-ammoniacal. La seconde (PtCl,2AzH3),PtCl2 est une poudre rouge, cristalline, peu soluble dans 1 eau, qu on obtient en faisant agir un excès de hichlorure de platine sur la combinaison précédente.
Bromure et todure de platine bi-ammoniacaux . PtBr,2AzH3etPtï,2AzH3. ■— Ces deux composés cristal lisent en cubes; on les obtient en précipitant le sullate de protoxyde de platine bi-ammoniacal par le bromure ou Fiodure de baryum. L’iodure se décompose par l’ébullition en dégageant de l’ammoniaque et en laissant déposer un précipité jaune d’iodure
ammoniacal Ptï,AzH3. Le bromure n’est pas altéré quand on fait bouillir sa dissolution.
Sut fuie et azotate de protoxyde de platine bi-ammoniacal. Pt0,(AzH3)2,S03 et PtO,(AzH ) ,AzO . Ces deux sels sont neutres, sans action sur les réactifs colorés ; iis cristallisent avec la plus grande facilité ; on les obtient
en décomposant le protochlorure de platine bi-ammoniacal par le sulfate ou Fazotate d’argent :
PtCl,(AzH3)2,H0 + Ag'0,S03 = AgCl -j~ Pt0,(AzH3)2,S03 -f HO.
PtCl,(AzH3)2,HO + AgO,Az05 = AgCl -f Pt0,(Azü3)2,Az05 + HO.
Carbonates de protoxyde de platine bi-ammoniacal. — Il existe au moins trois combinaisons de ce genre qui se forment directement par Faction de 1 acide carbonique sur la base isolée ; ces combinaisons paraissent correspondre aux carbonates alcalins :
Carbonate neutre . ...... Pt0,(AzH3)2,C02,IT0;
Sesquicarbonate. ....... [Pt0,(AzlP)2]2,3C02,2H0;
Bicarbonate. ......... Pt0,(AzIi3)2,(C02)2,l-I0.
PLATINE
BI-OXYDE DE PLATINE AMMONIACAL. Pt02,AzH3.
(BASE DE m. GERHARDT. — PLATINAMMINE.)
Le bi-oxyde de platine ammoniacal se présente sous la forme d’une poudre cristalline pesante, d’une couleur jaunâtre, qui se compose de petits prismes rhomboïdaux très éclatants. Ce composé est presque insoluble dans l’eau bouillante. Soumis à l’action de la chaleur à l’abri de 1 Aii , il se décomposé en dégageant de l’eau et de l’ammoniaque, et laisse un résidu de platine métallique. Il résiste à l’action de la potasse bouillante. 11 se dissout aisément dans les acides étendus, même dans l’acide acétique, et forme un grand nombre de sels cristallisables, neutres ou acides, colorés en jaune et peu solubles dans l’eau.
} ^ piepaie le bi-oxyde de platine ammoniacal en versant un excès d ammoniaque dans une dissolution bouillante du sel neutre qu’il forme a\ec 1 acide azotique. Il se tonne de l’azotate d’ammoniaque, et le bioxyle de platine ammoniacal se précipite sous la forme de petits cristaux qu’on lave à l’eau bouillante.
Bichlorure de platine ammoniacal. PtCl2,AzHb — Ce composé est insoluble dans l’eau froide, très peu soluble dans l’eau bouillanteou dans l’eau qui contient de l’acide chlorhydrique. Il se dissout complètement dans 1 ammoniaque à l’aide de l’ébullition ; la liqueur laisse déposer un précipite cristallin de couleur jaune, dont nous parlerons plus loin (chlorure de M. Gros). La potasse dissout le bichlorure de platine ammoniacal à 1 aide de 1 ébullition, sans dégager d’ammoniaque; la liqueur est d’un jaune d or et laisse déposer, quand on la sature par un acide, un précipité de couleur chamois qui paraît être un composé particulier. Le bichlonue de platine ammoniacal n’est pas altéré quand on le fait bouillir avec une dissolution concentrée de bichlorure de platine ou avec de l’acide azotique ou sulfurique concentré.
On prépare le bichlorure de platine ammoniacal en faisant passer un courant de chlore dans de l’eau bouillante tenant en suspension du protochlorure de platine ammoniacal (modification jaune). Ce dernier corps peut être préparé, comme nous l’avons dit ci-dessus, ou en calcinant le protochlorure bi-ammoniacal de manière à lui faire perdre toute son eau et la moitié de l’ammoniaque qu’il contient; le résidu est lavé avec soin et traité par le chlore qui le transforme en bichlorure ammoniacal.
Le sel vert de Magnus (protochlorure de platine ammoniacal, modification \cito), mis en suspension dans l’eau et traité par un courant de c doit, donne d anoid une combinaison de bichlorure de platine et de protochlorure de platine bi-ammoniacal PtCl,(AzH3)2,PtCl2, qui se présente sous la foi me d un précipité cristallin, de couleur rouge. Si l’on