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CARBURE DE PALLADIUM

Le carbure de palladium se forme avec une facilité remarquable; il suffit en effet de chauffer une lame de palladium dans la flamme d’une lampe à alcool pour lavoir se recouvrir d’une végétation charbonneuse, qui est du carbure de palladium.

CARACTÈRES ©ESTIMATIFS BES SUES DE PROTOXYDE

BE PAEBABIUM.

Les sels de protoxyde de palladium sont d’un brun rouge; ils se reconnaissent aux caractères suivants :

Potasse et soude. — Précipité jaune brun de sous-sel, soluble dans un excès de réactif à l’aide de la chaleur.

Ammoniaque. — Précipité couleur de chair; ce précipité est un chlorure amm oniaco-pall adiq ue .

Carbonate de potasse. — Précipité brun.

Phosphate de soude. — Précipité brun.

Cyanoferrure de potassium. — D’abord il ne se forme pas de précipité, et au bout de quelque temps la liqueur se prend en gelée.

Cyanoferride de potassium. — Même réaction.

Cyanure de mercure. — Précipité blanc de cyanure de palladium.

Sulfate de protoxyde de fer. — Pas de précipité quand les liqueurs sont suffisamment étendues.

Protochlorure d'étain. — Précipité noir, qui se dissout dans l’acide chlorhydrique en lui donnant une couleur verte intense.

iodure de potassium. — Précipité noir.

Acide suif hydrique. — Précipité noir.

PROTOCHLORlflîE DE PALLADIUM.

Sulfkydrate d,’ ammoniaque . — Précipité noir, insoluble dans un excès de réactif.

Zinc. — Précipité de palladium métallique sous la forme d’une poudre noire.

PROTOCHLORURE DE PALLADIUM. PdCl.

Pd 665,47 60,02

Cl. 443,20 39,98

On obtient ce corps en dissolvant à chaud le palladium dans l’eau régale ; sa dissolution est rouge ; il cristallise facilement ; il se décompose par la chaleur en oxychlorure, et donne ensuite du palladium métallique. Il se combine avec la plupart des autres chlorures.

Le protochlorure de palladium se combine avec le protoxyde de palladium et produit ainsi un oxychlorure : PdCl,3PdO. Il forme avec l'ammoniaque deux composés : PdCl,ÀzH3 et PdCî,2AzH3,IIO. Le premier est un précipité amorphe, d’un rouge de chair, qu’on obtient en traitant par l’ammoniaque une dissolution de chlorure de palladium. Le second se dépose en cristaux incolores quand on évapore une dissolution du composé précédent dans l’ammoniaque caustique. Ces cristaux, soumis à l’action de la chaleur ou traités par un acide, se transforment en une poudre jaune qui présente la même composition que le précipité couleur de chair PdCl,AzH3. La modification jaune peut s’obtenir aussi en faisant agir la chaleur sur ce dernier précipité, et même en le traitant par l’eau bouillante, qui le dissout, tandis que l’eau froide est sans action sur lui; la liqueur laisse déposer par le refroidissement la modification jaune.

En faisant digérer avec de l’eau et de l’oxyde d'argent le chlorure jaune de palladium et d’ammoniaque, on obtient 1 q protoxyde de palla d i uni am moniacal :

PdGl,AzIl3 + AgO — AgCl + PdO,AzIl3.

Le composé est une base énergique à laquelle on a donné le nom de palladammine ; elle est tout à fait analogue au protoxyde de platine ammoniacal. Elle est soluble dans l’eau, à laquelle elle communique une saveur fortement alcaline ; on l’obtient sous la forme d’une masse jaune cristalline en évaporant sa dissolution dans le vide.

Le protoxyde de palladium ammoniacal absorbe avec rapidité Facide carbonique de l’air, surtout lorsqu’il est humide. Il forme avec les acides des sels bien définis; sa dissolution précipite les sels de cuivre et d’argent sans que les oxydes précipités se redissolvent flans un excès de réactif, comme cela a lieu pour l’ammoniaque.

PALLADIUM

Une dissolution de protoxyde de palladium ammoniacal et une dissolution de chlorhydrate se décomposent mutuellement en dégageant de l’ammoniaque; la réaction devient beaucoup plus vive par l’action de la chaleur et la liqueur retient en dissolution du protochlorure de palladium bi-ammoniacal, PdCl,2AzH3, qu’on peut considérer comme le chlorure d’une nouvelle base, PdO,2AzIU (protoxyde de pallad ium bi-ammoniacal, d ipa 1 lad ammine) . Cette base est analogue au protoxyde de platine biammoniacal ; elle n’a pas été obtenue à l’état isolé, mais on connaît plusieurs sels bien définis qu’elle forme avec les acides. (M. H. Muller.)

Le chlorure de palladium et de potassium, KCl,PdCl, cristallise en prismes quadrilatères d’un jaune saie.

Le chlorure de palladium et de sodium , NaCfPdCl, est déliquescent.

Le chlorure de palladium et d’ammoniaque, AzH3,HCl,PdCl, cristallise en longs prismes rectangulaires d’un vert-olive.

BICHLORURE DE PALLADIUM. PdGi2,

Pd 665, Kl 42,88

Cl2 886, AO . 57,12

Ce corps se prépare en chauffant à une douce chaleur le chlorure précédent avec un excès d’eau régale. 11 est d’un brun presque noir ; il est peu stable, se décompose dans l’eau, dégage du chlore, et se transforme en protochlorure.

11 se combine directement avec le chlorure de potassium, et forme ainsi un composé rouge à peine soluble dans l’eau. 11 produit un composé analogue avec le chlorhydrate d’ammoniaque.

CYANURE DE PALLADIUM. PdCv.

Pd. ...... . 665, 47 ........ 67,18

Gy 325,00 ........ 32,82

Le cyanogène a une telle affinité pour le palladium, que le cyanure de mercure précipite le palladium de toutes ses dissolutions, et le sépare des métaux avec lesquels il est mélangé.

Le cyanure de palladium est blanc, se décompose par la calcination et laisse un résidu de palladium métallique. Il se combine avec le cyanure

CYANURE DE PALLADIUM. !Uv\)

de potassium et forme un cyanure double, soluble et cristallin; il s’unit également au cyanhydrate d ammoniaque. La présence d’un excès d’acide dans la liqueur empêche la précipitation d’un sel de palladium par le cyanure de mercure.

Le sulfate de protoxyde de palladium est un sel brun déliquescent qui se décompose en présence d’un grand excès d’eau, en formant un sel basique. Il se combine avec 1 ammoniaque, et donne ainsi des cristaux incolores, d’un éclat nacré, représentés par Pd0,S03,2AzH3,H0.

L’ azotate de palladium cristallise en prismes rhomboïdaux d’un jaune brun ; il forme avec l’ammoniaque deux combinaisons : Fd0,Az05,2AzH:{; Pd0,Az05,AzH3. La première est incolore, et la seconde est jaune.

Le carbonate de palladium (Pd0,H0)10,C02 est un précipité jaune que l’on obtient en versant du carbonate de soude dans du chlorure de palladium. Il forme avec l’ammoniaque une combinaison soluble comme les sels précédents.

in.

RUTHÉNIUM.

Équivalent : Ru — 651,96.

Ce métal, entrevu par M. Osann en 1828, a été découvert récemment par M. Claus dans les minerais de platine, et principalement dans l’osmiure d’iridium qui en contient quelquefois 5 à 6 pour 100.

Le ruthénium présente beaucoup d’analogie avec l’iridium; il est, comme lui, cassant, réfractaire et à peine attaquable par l’eau régale. Sa densité est égale à 8,6.

Il absorbe l’oxygène au rouge, et produit ainsi un oxyde irréductible par la chaleur.

Il forme trois oxydes, dont les formules sont Ru0,Ru203,Ru02, et un acide RuO3.

Préparation.

Pour obtenir le ruthénium, on pulvérise l’osmiure d’iridium, et après l’avoir mêlé avec environ la moitié de son poids de sel marin, on le soumet à l’action d’un courant de chlore humide dans un tube de porcelaine chauffé au rouge. La masse refroidie est épuisée par l’eau. On obtient une dissolution d’un rouge brun, dans laquelle on verse quelques gouttes d’ammoniaque, et que l’on chauffe légèrement. Il se forme un précipité brun rouge de sesqui- oxyde de ruthénium qui retient de l’oxyde d’osmium.

Ce précipité est lavé et mis en ébullition dans une cornue de verre avec de l’acide azotique qui transforme l’oxyde d’osmium en acide osmique, qui est volatil. Le résidu qui reste dans la cornue est calciné pendant une heure dans un creuset d’argent avec un mélange de potasse caustique et de nitre, et repris par de l’eau distillée froide, privée d’air par l’ébullition. Après plusieurs heures de repos dans un flacon fermé, on sépare la liqueur d’un jaune orangé qui surnage le précipité, et on la neutralise par l’acide azotique : il se précipite aussitôt du sesqui-oxyde de ruthénium sous la forme d’une poudre noire veloutée, qu’on lave et qu’on réduit facilement à l’état métallique par l’hydrogène.

î ÛXTDES BJg HUTHÈmiïM.

L e protoxyde de ruthénium RuO s’obtient en chauffant le protochlorure de ruthénium avec du carbonate de soude dans un courant d’acide carbonique, et en lavant le résidu avec de l’eau.

CHLORURES DE RUTHÉNIUM. &51

Le protoxyde de ruthénium est d’un gris foncé; il possède un éclat métallique, il est insoluble dans les acides; il est réduit par l’hydrogène à la température ordinaire.

Le sesqui-oxyde de ruthénium Ru203,3H0est brun-noirâtre, insoluble dans 1 eau et dans les alcalis, soluble dans les acides qu’il colore en jaune.

Le bi-oxyde de ruthénium RuO2 est d un bleu verdâtre; son aspect est métallique. On le prépare en faisant bouillir avec de l’acide azotique le sulfure de ruthénium qui provient de l’action de l’acide sulfhydrique sur le sesquichlorure de ruthénium. On obtient ainsi une dissolution jaune de sullate de bi-oxyde de ruthénium qu’on décompose par un alcali. L’oxyde hydraté qui se précipite est ensuite lavé et calciné.

L'acide ruthénique RuO3 se forme par la calcination de l’azotate de potasse avec l’un des oxydes précédents. La dissolution de ruthéniate de potasse est colorée en jaune. Lorsqu’on la traite par les acides, l’acide ruthénique qui devient libre se décompose très facilement en hydrate de bi-oxyde de ruthénium et en oxygène.

CHLORURES I>E RUTHÉNIUM,

L e protochlorure de ruthénium RuCl est noir, cristallin, insoluble dans 1 eau et dans les acides; les alcalis le décomposent incomplètement.

On 1 obtient en chauffant au rouge le ruthénium dans un courant de chlore.

Le sesquichlorure Ru2Cl3 se forme lorsqu’on dissout l’hydrate Rp203,3H0 dans 1 acide chlorhydrique. La dissolution, évaporée à sec et calcinée, laisse un résidu de sesquichlorure anhydre, d’un vert bleuâtre; ce chloluie est déliquescent et soluble dans l’alcool. La dissolution aqueuse de sesquichlorure de ruthénium se décompose peu à peu en acide chlorhydrique et en hydrate de sesqui-oxyde de ruthénium. Le sesquichlorure de ruthénium s’unit directement à 2 équivalents de chlorure de potassium ou de chlorhydrate d’ammoniaque, et produit des précipités cristallins d’un brun foncé, à peine solubles dans l’eau et insolubles dans l’alcool.

Le Inchlorure de ruthénium ne paraît pas exister à l’état de liberté, mais il forme un sel double avec le chlorure de potassium.

L acide sulfhydrique donne, dans les dissolutions de sesquichlorure de i utlit ilium, un piécipité de sesquisulfure qui est brun, et la liqueur prend une belle couleur bleue.

Les alcalis produisent dans les mêmes dissolutions un précipité brun noirâtre insoluble dans un excès de potasse.

Le formiate et l’oxalate de soude ne réduisent pas les sels de sesquioxyde de ruthénium, mais décolorent leurs dissolutions.

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