‹ Traité de chimie générale [electronic resource]Chapitre 271 sur 369 · PHOTOGRAPHIE SUR F JL A QUE S · texte numérisé non relu

PHOTOGRAPHIE SUR F JL A QUE S

Procédé de Niepce. — Le procédé de Niepce est fondé sur la facilité avec laquelle le bitume de Judée s’altère quand on l’expose à la lumière.

On fait dissoudre du bitume de Judée dans de l’huile de lavande et l’on applique par tamponnement ce vernis sur une lame de plaqué d’argent. Cette lame est ensuite placée dans une chambre obscure et reçoit l’image formée au foyer de la lentille de l’instrument. Dix heures environ suffisent pour que la lumière ait agi convenablement sur la couche de bitume. On plonge alors la plaque métallique dans de l’huile de lavande : les parties du bitume qui ont reçu l’impression de la lumière restent intactes, tandis que les autres se dissolvent.

11 se produit ainsi un dessin dans lequel les clairs sont représentés par les couches de bitume altérées, et les ombres par les parties du métal mises à nu.

Afin de donner du ton à ce dessin, on noircit les parties métalliques mises à nu en exposant la plaque à l’influence des vapeurs d’iode ou à l’action de l’hydrogène sulfuré.

Ainsi les premières épreuves photographiques sur plaques sont dues à Niepce,

Au mois de janvier 1839, Arago communiqua à l’Académie des sciences les résultats remarquables auxquels était arrivé M. Daguerre en substituant au vernis de Niepce une couche d’iodure d’argent.

Procédé de Daguerre ( daguerréotype ). — Lorsqu’on expose une lame d’argent ou de plaqué d’argent, décapée et bien polie, à l’influence des vapeurs d’iode, il se forme à la surface de cette lame une couche très mince d’iodure d’argent.

Si l’on place ensuite, pendant vingt minutes environ, cette lame au foyer d’une chambre noire, où se forme l’image que l’on veut reproduire, l’iodure d’argent se modifie plus ou moins profondément, suivant l’intensité des rayons lumineux.

Dans les parties frappées par la lumière la plus vive, l’iodure d’argent est décomposé et ramené à l’état de sous-iodure ou même d’argent métallique ; dans les ombres les plus noires, l’iodure d’argent n’est pas attaqué ou ne l’est que faiblement ; dans les demi-teintes, la décomposition est en rapport avec l’intensité de la lumière.

Ce sont ces altérations inégales de la couche d’iodure d’argent qui donnent lieu à la reproduction de l’image sur la plaque. Seulement, comme les parties de l’iodure d’argent qui sont frappées par la lumière la plus vive sont justement celles qui noircissent le plus, l’empreinte qu’on obtient représente précisément l’inverse de l’image à reproduire. De plus, cette empreinte est à peine visible à cause du peu d’épaisseur de la couche impressionnable ; pour la faire paraître, on expose la plaque à l’influence de la vapeur de mercure, qui vient se condenser en globules sur les parties altérées par la lumière et forment un amalgame d’argent d’un blanc mat, qui, se détachant sur le fond bruni argenté de la plaque, forme les blancs du dessin.

Cette exposition à la vapeur de mercure a donc le double avantage de faire paraître l’image et de la rétablir dans son véritable sens.

Cette image, une fois produite, ne tarderait pas à disparaître, si l’on n’enlevait pas la couche d’iodure d’argent dont la plaque est encore imprégnée, et qui noircirait à la lumière.

Cette opération s’exécute simplement en plongeant la plaque dans une dissolution étendue d’hyposullite de soude qui dissout l’iodure d’argent non altéré.

Perfectionnements successifs apportés au procédé de Daguerre. — Presque toutes les modifications apportées au daguerréotype ont eu pour but de diminuer la durée de l’exposition dans la chambre obscure.

Les premières ont porté sur la construction même de la chambre obscure : on est parvenu, en remplaçant la lentille par un objectif achromatique double, à faire arriver sur la plaque une image très vivement éclairée; grâce à cette disposition, la durée de l’exposition a été réduite à deux ou trois minutes. (M. Chevalier.)

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On est arrivé aussi à augmenter la sensibilité de la couche impressionnable, ce qui permet d’obtenir les images dans un temps encore plus court.

Substances accélératrices. — On donne le nom de substances accélératrices à certains composés qui ont la propriété de modifier la couche d’iodure d’argent, de manière à augmenter sa sensibilité à la lumière.

Les substances accélératrices consistent généralement en des dissolutions de brome ou de chlore libres *ou combinés avec l’iode; on s’est servi également de bromoforme et de chlorure de soufre. Ces différents composés, connus dans l'industrie sous les noms de liquide de Thierry , liqueur de l teiset , liqueur hongroise , sont employés de la manière suivante. La plaque étant une fois couverte de la couche d’iodure d’argent, on la place pendant quelques instants au-dessus de la liqueur qui contient la substance accélératrice ; les dissolutions émettent des vapeurs qui vont se condenser sur la plaque en donnant sans doute naissance à de petites quantités de chlorure ou de bromure d’argent.

L’augmentation de sensibilité qu’on peut ainsi obtenir est considérable. Les plaques soumises, par exemple, pendant un temps convenable, à la vapeur d’une dissolution de brome dans l’eau, acquièrent une sensibilité telle, que la durée de l’exposition dans la chambre obscure est réduite à un soixantième de ce qu’elle était avec la couche d’iodure d’argent simple. (M. Fizeau.)

Le chlore employé de la même manière réduit ce temps à un quinzième. Les autres préparations ne paraissent agir que par le brome ou le chlore qui entre dans leur composition.

En employant l’action de certains verres colorés en rouge ou en jaune, on continue l’action produite pendant un temps très court lors de l’exposition à la chambre obscure, et l’on atteint le même but qu’en faisant usage des substances accélératrices. Dans certains cas l’image apparaît même immédiatement, sans avoir besoin de présenter la plaque à la vapeur de mercure. (M. Edmond Becquerel.)

La découverte des substances accélératrices a permis d’appliquer le daguerréotype à l’exécution des portraits qui s’obtiennent aujourd’hui avec une si grande précision.

Fixation des images. — La fixation des images est une opération destinée à donner plus de solidité et d’éclat au dessin ; on obtient ce résultat en traitant la plaque à chaud par une dissolution d’hyposulfite double de soude et d’or. (M. Fizeau.)

En parlant des sels d’or, nous avons donné la composition delà liqueur dont on se sert pour fixer les images daguerriennes. On l’emploie à chaud ; elle laisse déposer de l’or sur toute la surface de l’image qu’on a préalablement lavée. L’argent qui forme le fond du tableau est comme bruni par le vernis cl’or qui le recouvre, tandis que les globules de mer-

PHOTOGRAPHIE et gravure héliographique.

cure qui forment les clairs s’amalgament avec l’or et augmentent de volume, de solidité et d’éclat.

Les blancs du dessin deviennent aussi plus brillants, et les noirs , plus obscurs.

En résumé les opérations qu’on exécute aujourd’hui pour obtenir les épreuves photographiques sur plaques sont au nombre de six :

1° Exposition de la plaque aux vapeurs d’iode;

2° Exposition de la plaque aux vapeurs de la substance accélératrice;

3° Exposition de la plaque dans la chambre obscure pour obtenir l’impression chimique;

4° Exposition aux vapeurs mercurielles pour faire paraître l’image ;

5° Lavage de l’épreuve dans une dissolution d’hyposulfite de soude ;

6° Fixation de l’image au moyen de l’hyposulfite de soude et d’or.

Pratique de l’opération.

Apprêts de la plaque . — Avant toute autre opération, il faut abattre les arêtes vives de la plaque, ce qui s’exécute de la manière suivante :

La plaque est fixée sur une planchette dont l’une des extrémités est garnie d’une règle de fer taillée en biseau ; on passe alors avec force un morceau de fer rond sur chacun de ses côtés ; on recourbe ensuite légèrement les quatre angles de la plaque, de façon à pouvoir les faire entrer sous les boutons de la planchette qui sert de support.

On peut ensuite procéder au nettoyage de la plaque.

Nettoyage de la plaque. — Ce nettoyage se fait avec du tripoli réduit en poudre assez fine pour ne pasrkyer la plaque. On place ordinairement cette poudre dans un flacon dont l’ouverture est fermée par un morceau de gaze, ce qui permet de la répandre plus uniformément sur la surface métallique.

La plaque étant fixée horizontalement sur la planchette, on en saupoudre la surface avec du tripoli, puis on la frotte en tous sens avec un tampon de coton imbibé d’alcool à 33°. Au bout d’un certain temps, on nettoie la plaque avec du coton sec et l’on examine l’état dans lequel elle se trouve. Une plaque bien nettoyée se ternit d’une manière uniforme par l’action de l’haleine , et le blanc mat qui se produit ainsi disparaît régulièrement sans former ni laisser de taches.

Dans le cas où la plaque ne remplit pas ces conditions, il faut recommencer le nettoyage.

Polissage de la plaque. — Cette opération s’exécute à l’aide d’un polissoir de peau de daim sur lequel on a jeté du rouge à polir de première qualité.

Le polissoir doit être long et muni d’une poignée, pour plus de commodité. Cet instrument exige du soin.

PHOTOGRAPHIE SUR PLAQUES

Quand on s’en sert habituellement, il faut le saupoudrer de rouge chaque jour, et le renfermer dans une boite spéciale, dès qu’on en a fait usage.

Il suffit, pour polir la plaque, de la frotter quelque temps avec le polissoir, et de terminer cette opération en donnant quelques coups perpendiculairement au sens de l’épreuve.

Si la plaque ne doit pas être employée immédiatement, il faut l’enfermer dans une boîte à rainures disposée pour cet usage.

Formation de la couche sensible. — Cette préparation nécessite deux boîtes à cuvette, ou une boîte jumelle. Dans l’une on met de l’iode, et l’on recouvre ce corps avec une feuille de papier buvard, pour régulariser l’évaporation. Dans l’autre on met la substance accélératrice.

Les cuvettes de ces boites sont généralement de faïence ou fie porcelaine, et fermées par une plaque de verre dépoli parfaitement rodée.

Après avoir introduit la plaque dans la boite qui contient l’iode, on découvre doucement la cuvette, et l’on regarde l’heure à une montre afin de ne pas dépasser le temps nécessaire pour la formation de la couche sensible.

Si l’on examine de temps en temps la plaque, en la regardant à contrejour devant une feuille de papier blanc, on la voit se colorer successivement en jaune clair, jaune foncé, rougeâtre, rouge cuivre, violet, bleu et vert.

Lorsque la plaque est destinée au portrait, il faut arrêter l’action de l’iode dès que la teinte passe du jaune au rouge, et faire agir la substance accélératrice. On suit de nouveau les différentes colorations qui se manifestent jusqu’à ce que la teinte soit d’un rouge légèrement violacé. A ce moment, la plaque est reportée sur l’iode et y reste pendant un temps égal au tiers de celui qu’on a employé dans la première exposition.

Si la plaque doit servir à la reproduction d’un paysage, il faut suspendre la première exposition dès qu’on aura obtenu une coloration d’un jaune clair; faire agir alors la substance accélératrice jusqu’à ce que la teinte soit passée au jaune foncé ; puis reporter la plaque sur l’iode pendant quelque temps.

Une fois préparée, la plaque doit être mise dans le châssis avec les précautions nécessaires pour qu’elle soit à l’abri de la lumière.

Exposition dans la chambre noire . — Il n’est pas indispensable d’opérer immédiatement après la formation de la couche sensible, car une épreuve peut être conservée quelques heures avant et après l’exposition sans éprouver aucune altération. Il est même préférable de mettre un intervalle de vingt minutes entre les deux opérations, pour laisser volatiliser l’excès de brome ou d’iode (pii se trouve sur la plaque, et qui nuirait à la netteté de l’épreuve.

La durée du temps de l’exposition dépasse rarement vingt minutes;

mais ce temps varie avec la saison, le jour sous lequel on opère, la construction de la chambre et la nature des objets à reproduire.

Production de V image. — La production de l’image par l’action de la vapeur de mercure nécessite encore une boite spéciale. Cette boîte porte un thermomètre à mercure qui permet d’apprécier la température intérieure et doit pouvoir être chauffée facilement à 70° sans se détériorer.

On opère de la manière suivante : Après avoir mis du mercure dans la boite, on la place, tout ouverte, au-dessus de la flamme d’une lampe à alcool. Lorsque la température s'est élevée à 70°, la plaque est introduite dans la boîte, et reste, pendant une minute environ, exposée aux vapeurs mercurielles. Il faut avoir le soin d’examiner souvent l’effet du mercure, pour ne pas outre-passer le point convenable au développement parfait de l’image. Tant que la plaque n’est pas suffisamment mercurée, les blancs du dessin ont un reflet bleu ; si, au contraire, elle est trop mercurée, les blancs s’effacent et les noirs se voilent. On dit alors que l’épreuve est solarisée.

On peut aviver l’image en introduisant dans la boite à mercure une baguette de verre trempée dans de l’éther.

Une épreuve solarisée ne doit pas être considérée comme perdue. Il suffit, pour la ramener à une teinte convenable, d’ajouter au sel d’or qui sert à fixer l’image une quantité de sel marin qu’on peut évaluer à 1 décigramme pour 20 centimètres cubes. (M. Colas.)

Lavacje de Vépreuve . — Il nous paraît mutile d’insister longuement sur cette opération qui n’offre pas la moindre difficulté. Disons seulement qu’il faut éviter autant que possible le plus léger trouble dans la dissolution d’hyposulfite de soude, et ne se servir que d’une eau distillée bien claire, car la moindre particule étrangère produirait une tache dans répreuve.

Fixation de Vépreuve. — La plaque, bien lavée, est fixée horizontalement sur le pied à chlorurer, et l’on verse à sa surface une couche d’hyposulfite de soude et d’or suffisante pour la couvrir entièrement.

Ceci étant fait, on la chauffe rapidement par-dessous, à l’aide d’une lampe à alcool pouvant donner une llamme très large, et dès qu’on voit des bulles arriver à la surface du liquide, on saisit promptement la plaque avec des pinces et on la plonge dans l’eau distillée.

Après l’avoir rincée à plusieurs eaux, on la sèche de la manière sui-

vante :

Tenant la plaque avec une pince dans une position verticale, on en chauffe le derrière avec la lampe à alcool, tout en soufflant légèrement avec la bouche du côté de l’épreuve. L’eau s’évapore promptement et l’image est fixée.

Lorsqu’un fixage au sel d’or a été bien exécuté, l’épreuve a acquis

IMAGES PHOTOCHROMATIQUES. /|G1

assez de solidité pour pouvoir être frottée avec du coton ou touchée avec la main sans s’altérer sensiblement.

Disons en terminant que, toutes les fois qu’on fait usage des sels d’argent, il faut opérer à la lueur d’une bougie, ou mieux encore, dans une chambre dont les fenêtres ont été garnies de papier jaune, parce que les rayons les moins réfrangibles n’ont pas sensiblement d’action sur les sels d’argent.

Ravivage des vieilles épreuves. — Les vieilles épreuves peuvent être ravivées avec facilité.

Il suffit de les laver avec de l’alcool, puis de verser à leur surface une liqueur formée de :

Cyanure de potassium 3,1

Eau distillée 60,0

L’épreuve est ensuite rincée à grande eau, et séchée comme à l’ordinaire.

IMAGES PHOTOCHROMATIQIÎES.

M. Edmond Becquerel, dans le cours de ses recherches sur l’action chimique de la lumière, a été conduit à la préparation d’une matière chimiquement impressionnable, recevant les impressions colorées de toutes les parties du rayonnement lumineux : ces impressions colorées ont une teinte semblable à celle des rayons lumineux qui les ont produites. Ainsi le spectre solaire se peint sur une surface enduite de cette matière avec ses nuances diverses. De plus, si on la dépose au foyer d’une chambre obscure, à la place d’une lame daguerrienne, l’image des objets extérieurs vient se peindre avec ses nuances diverses, au lieu de se reproduire sans couleurs comme dans le daguerréotype.

Le corps impressionnable est un chlorure d’argent obtenu dans des circonstances particulières, et les résultats que l’on observe, et qui sont tout à fait différents de ceux que présente le chlorure d’argent précipité blanc, montrent combien l’arrangement moléculaire influe sur les modifications qui peuvent se produire sous l’action des rayons lumineux.

On obtient ce chlorure de différentes manières. On peut le préparer en attaquant dans certaines conditions une lame d’argent poli par du chlore humide, ou bien en plongeant pendant quelques instants une lame de plaqué d’argent dans des chlorures au maximum (bichlorures de cuivre, perchloruredefer, etc.), ou dans des hypochlorites (hypochlorites de soude, de chaux, etc.) ; mais la méthode de préparation qui donne les meilleurs effets est celle qui consiste à mettre la lame d’argent ou de plaqué <‘ii relation avce le pôle positif d’une pile, et à la plonger dans de

l’acide chlorhydrique étendu d’eau. Le pôle négatif de la pile, dans ce mode de préparation , doit être une lame de platine plongeant également dans l’eau acidulée, à une faible distance de la surface que l’on prépare. La décomposition de l’acide chlorhydrique par le courant électrique transporte du chlore sur la lame d’argent et l’attaque de manière à lui donner la propriété de recevoir les impressions colorées de la lumière.

Les surfaces étant ainsi préparées, on les recuit à une température de 80° environ avant de les placer au foyer de la chambre obscure. Dans ce recuit, le chlorure éprouve un changement moléculaire qui est tel que les teintes produites sur la surface sont plus claires qu’elles ne l’auraient été sans cette opération. Si l’on se sert d’une surface impressionnable ainsi préparée pour recevoir pendant quelque temps l’impression du spectre solaire, ou des images un peu vives de la chambre obscure, on trouve au bout d’un certain temps que le spectre ou que les images sont reproduites avec leurs teintes.

Ces impressions une fois obtenues se conservent indéfiniment à l’obscurité, mais s’altèrent quand elles sont exposées à la lumière. Jusqu’ici il n’a pas été possible d’empêcher cette altération ultérieure des images colorées. On voit donc que, quoique le problème de peindre avec la lumière puisse être considéré comme scientifiquement résolu par les recherches de M. E. Becquerel, tant qu’on ne préservera pas les impressions obtenues de toute altération ultérieure à la lumière, on ne pourra tirer parti de cette application dans la photographie. Espérons que des recherches ultérieures permettront d’utiliser cette découverte.

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Historique.

On est arrivé dans la photographie à remplacer les plaques métalliques par les papiers photogéniques.

Les premières épreuves ont été obtenues par M. Talbot.

Pour donner une idée exacte du procédé de M. Talbot, nous publions ici un extrait de la lettre que ce savant écrivit à l’Académie des sciences, le 7 juin 18/fl.

Procédé de Talbot. — « La préparation du papier calotype (c’est le nom que je lui donne) se divise en deux parties distinctes.

» Première partie. — On dissout 100 grains de nitrate d’argent cris-

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tallisé dans 6 onces d’eau pure; on lave avec cette dissolution une feuille de papier à écrire sur l’un de ses côtés, que l’on a le soin de marquer pour pouvoir le reconnaître ensuite. On le fait sécher doucement. Alors on le plonge pendant deux minutes dans une dissolution faite ainsi :

Eau 1 pinle.

Ioduré de potassium 500 grains.

» Après cela on lave le papier dans l’eau, puis on le sèche, et quoique dans cet état il soit peu sensible à la lumière, on a soin de le tenir enfermé dans un portefeuille. Avec cette précaution, le papier peut se conserver pendant un temps indéfini. Dans cet état de préparation, je l’appelle papier Muré , puisqu’il est recouvert d’une couche d’iodure d’argent.

» Deuxième partie. — On prend une feuille de papier ioduré et on la lave avec une dissolution d’argent ainsi préparée : A. On dissout 100 grains de nitrate d’argent dans 2 onces d’eau pure ; on y ajoute la dixième partie de son volume d’acide acétique un peu fort. B. Solution d’acide gallique cristallisé dans l’eau froide : la quantité ainsi dissoute est assez faible. On mélange des volumes égaux de ces deux dissolutions ; ce mélange doit être fait sur de petites quantités à la fois, parce qu’il se décompose en peu de temps. J’appelle ce mélange le gallonitratc d’argent. C’est avec ce gallonitrate d’argent qu’il faut laver le papier ioduré, et pour cela on se sert de la lumière d’une bougie.

» On laisse le papier ainsi humecté pendant une demi-minute, alors on le plonge dans l’eau, on le sèche avec du papier brouillard en le tenant avec précaution devant le feu.

» C’est là la préparation du papier calotype. On garde ce papier enfermé dans une presse jusqu’au moment où l’on veut s’en servir ; cependant, si l’on s’en sert tout de suite, on peut s’épargner la peine de le sécher, puisqu’il réussit également bien lorsqu’il est encore humide.

» Usage du papier. — On le met au foyer de la chambre obscure qu’on dirige vers l’objet qu'on veut peindre. L’exposition doit durer une minute pour un édifice vivement éclairé par le soleil. Si l’on retire alors le papier et qu’on l’examine à la lueur d’une bougie, on n’y verra pro bablement rien ; mais l’image y existe cependant dans un état visible. Pour la faire paraître voici ce qu’il faut faire : il faut laver le papier encore une fois avec le gallonitrate d’argent, et puis le chaulfer doucement devant le feu. On verra alors sortir comme par enchantement tous les détails du tableau. Une ou deux minutes suffisent ordinairement pour faire acquérir au tableau sa plus grande perfection. 11 faut alors le fixer d’une manière permanente.

» Fixation de limage. — Après avoir lavé le tableau, on rhumecle avec une dissolution ainsi faite :

Eau distillée 8 à 10 onces.

Bromure de potassium . . 100 grains.

» Après une ou deux minutes, on doit le laver encore et le sécher.

» Les tableaux, ainsi fixés, offrent le grand avantage de rester transparents ; c’est ce qu’il faut pour pouvoir en tirer de belles copies.

» Pour faire la copie, on peut se servir d’une deuxième feuille de papier calotype qu’on presse fortement contre le tableau, et qu’on expose à la lumière. Mais la propriété la plus extraordinaire qu’ont les tableaux calotypes, c’est qu’on peut les rajeunir et leur donner leur beauté primitive ; pour cela, on n’a qu’à les laver encore avec le gallonitrate d’argent et les faire chauffer doucement. »

Procédé de M. Bayard. — M. Bayard a obtenu aussi de très belles épreuves, mais son procédé est resté en partie inconnu. On sait seulement que M. Bayard recouvrait une feuille de papier avec du chlorure d’argent, qu’il exposait ce papier à la lumière pour le faire noircir jusqu’à un certain point que la pratique lui avait fait connaître, et qu’ensuite il renfermait ce papier dans un carton.

Lorsqu’il voulait obtenir la reproduction d’un objet quelconque , il imbibait cette feuille d’une dissolution d’iodure de potassium faite dans les proportions suivantes : 1 partie d’iodure pour 15 parties d'eau; puis il appliquait ce papier sur une ardoise dressée au gros sable et préalablement mouillée. Il exposait ensuite le tout pendant vingt ou trente minutes au foyer d’une chambre obscure.

Les parties du papier qui recevaient l’impression de la lumière jaunissaient et formaient les clairs du tableau ; celles qui étaient dans l’ombre restaient noires.

L’image obtenue était lavée à plusieurs eaux, puis fixée au moyen d’une dissolution d’hyposulfite de soude.

Perfectionnements successifs apportés à la, méthode de Talbot. — Les premiers perfectionnements apportés à la méthode de Talbot sont dus à M. Blanquart-Evrard . Ils consistent :

1° A plonger le papier dans les liquides impressionnables, au lieu de déposer les dissolutions sur le papier à l’aide d’un pinceau;

2° A serrer entre deux glaces le papier qu’on expose dans la chambre obscure au lieu de l’appliquer contre une ardoise.

Comme on le voit, le principe de la photographié sur papier repose sur la décomposition des sels d’argent par la lumière. On comprend donc que, lorsqu’on expose un papier préparé au foyer delà chambre obscure, on obtienne une épreuve reproduisant le contraire de l’image qu’elle

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reçoit, c’est-à-dire une image dans laquelle les blancs sont reproduits en noir et les noirs en blanc. On lui donne le nom à' épreuve négative.

Il est donc nécessaire défaire la contre-épreuve ou épreuve positive de cette épreuve inverse ou négative. Pour obtenir l'épreuve positive, on applique une feuille de papier préparé à la surface de l’épreuve négative qui a été impressionnée par la lumière, et l’on presse les deux papiers entre deux glaces, puis on les expose, ainsi pressés, à l’action des rayons lumineux. La lumière, traversant les clairs du papier négatif, va agir sur le papier positif, où elle imprime les ombres ; les parties qui doivent former les clairs sur le papier positif sont préservées par l’image négative.

De cette façon, l’image devient positive.

Depuis les perfectionnements apportés par M. Blan quart-Evrard à la méthode de Talbot, le fond de cette méthode est resté le même, et les divers changements qu’on a proposés n’ont porté que sur les papiers impressionnables.

Avant d’examiner ces différentes modifications, nous donnerons quelques détails pratiques sur l’opération.

Bétails de pratique*

Choix du papier. — La qualité du papier ayant une grande influencé sur la réussite des épreuves, nous allons indiquer les caractères d’un bon papier.

Le papier doit être légèrement glacé, d’une texture bien égale, et ne doit présenter aucune tache. Il faut préférer le plus mince pour le portrait, et réserver le plus épais pour le monument.

Ce papier doit être convenablement ébarbé et d'une dimension plus considérable que celle de l’épreuve qu’on veut obtenir.

Préparation du papier négatif. — La préparation du papier négatif se compose de deux opérations bien distinctes : la première a pour but d’obstruer autant que possible les pores du papier; la seconde a pour objet de donner de la sensibilité à ce papier.

Première opération. — On plonge le papier dans une liqueur qui a été préparée de la manière suivante :

On a fait cuire ensemble, dans 3 litres d’eau distillée, 200 grammes de riz et 20 grammes de colle de poisson en feuilles. Cette liqueur a été filtrée sur un linge fin, puis on y a ajouté à5 grammes de sucre de lait, 15 grammes d’iodure de potassium, 80 centigrammes de cyanure de potassium et 50 centigrammes de fluorure de potassium.

Quand le papier est resté dans ce bain de trente h soixante minutes, selon son épaisseur, il faut le faire sécher en le suspendant au moyen d’une épingle recourbée en forme d’S à une ficelle tendue horizontaleiii, 30

ment en l’air, puis l’enfermer dans un portefeuille jusqu’au moment où il doit servir.

Deuxième opération. — Le papier, ainsi préparé, est plongé pendant cinq ousix minutes dans une dissolution formée de 100 grammes d’eau distillée,

6 grammes d’azotate d’argent et 12 grammes d'acide acétique. Cette liqueur, qu’on acoutume d’appeler acétonitrate d'argent , doit être préparée dans l’obscurité, et conservée dans un flacon recouvert de papier noir afin d’éviter qu’elle se décompose par l’action de la lumière. Pendant que la feuille de papier plonge dans l’acétonitrate d’argent, on en coupe une seconde, on l’imbibe d’eau distillée et on l’applique sur la glace qui est dans le châssis de la chambre noire. C’est sur cette feuille de papier humide, dit papier de doublure, qu’on place la feuille qui a été plongée dans l’acétonitrate d’argent.

Ce papier peut être employé à sec. Dans ce cas, après l’avoir plongé dans le bain d’acétonitrate d’argent, on l’enferme dans un cahier de papier buvard. Seulement, il faut avoir le soin, quand on l’expose au foyer de la chambre obscure, de le maintenir entre deux glaces.

Ce papier est surtout employé en voyage, parce qu’il peut être préparé plusieurs jours à l’avance, et qu’il épargne ainsi à l’opérateur tous les embarras d’une préparation sur lieu.

Exposition dans la chambre obscure. — Avant d’exposer le papier au loyer de la chambre noire, il faut s’assurer que l’objectif est au point convenable, ce dont on est sùr lorsque l’image ressort dans ses plus petits détails sur la glace dépolie qui forme la partie postérieure de l’appareil.

La durée de l’exposition ne peut pas être fixée avec précision ; elle varie selon l’objectif, le jour sous lequel on opère, et la nature des objets à reproduire. Cependant on peut dire que ce temps dépasse rarement huit minutes pour le paysage et une minute pour le portrait.

Une fois que l’image est formée, il faut la faire apparaître. Cette opération porte le nom de mise au développement de l’image , ou mise à l'acide g al li que.

Mise ci l'acide gallique. — Cette opération s’exécute de la manière suivante : On verse dans un vase à fond plat une couche de quelques millimètres d’épaisseur d’une dissolution d’acide gallique saturée à 20° environ. L’épreuve sortant de la chambre obscure est plongée dans cette dissolution d’acide gallique, retirée au bout de quelques minutes, puis exposée à la lumière. Bientôt après les contours de l’objet qu’on voulait reproduire se dessinent et finissent par acquérir la plus grande netteté.

11 peut arriver quelquefois que l’image manque de ton. Pour remédier à cet inconvénient, il faut ajouter quelques gouttes d’acétonitraîe d’argent dans la dissolution d’acide gallique et plonger de nouveau l’épreuve

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dans cette liqueur. Mais en générai l’épreuve qui a subi cette seconde opération n’est pas aussi bonne qu’elle pourrait l’être par la mise au développement simple.

Fixage de l’épreuve. — Si l’on exposait l’épreuve négative ainsi produite à la lumière, elle ne tarderait pas à noircir complètement. Il faut donc la débarrasser de l’excès de sel d’argent dont elle est imprégnée. Dans ce but, après l’avoir lavée à plusieurs reprises dans de l’eau distillée, on la plonge pendant trois quarts d’heure dans un bain d’hyposulfite de soude ou de bromure de potassium.

Le premier de ces bains est formé de 100 grammes d’eau distillée et de 8 grammes d’hyposulfite de soude.

Le second bain contient 3 grammes de bromure de potassium pour 100 grammes d’eau distillée.

L’épreuve est ensuite lavée à l’eau distillée, puis séchée comme nous l’avons dit en parlant de la préparation du papier négatif.

On a proposé aussi de laver les épreuves dans un bain de chlorure de sodium ; mais cette méthode, qui est bonne dans certains cas, n’est pas d’un emploi général , et ne peut s’appliquer qu’aux portraits. Une fois ce lavage terminé, on saupoudre l’épreuve avec de la cire vierge, et l’on étend cette cire avec un fer à repasser modérément chaud. Cette dernière opération a pour but de donner à l’épreuve négative la transparence nécessaire pour la reproduction des épreuves positives.

Préparation du papier positif. — Le papier dont on se sert pour obtenir l’épreuve positive doit être plus épais que celui de l’épreuve négative. La préparation que l’on fait subir à ce papier consiste à le recouvrir d’une mince couche de chlorure d’argent.

Cette opération peut être divisée en deux parties distinctes.

Premiers partie. — On plonge le papier dans une dissolution formée de 100 grammes d’eau distillée et de 4§r, 50 de chlorure de sodium, ou bien de 100 grammes d’eau distillée et 10 grammes de sel ammoniac.

Lorsque le papier est resté plongé pendant huit minutes environ dans une de ces liqueurs, on le retire et on le fait sécher en le suspendant comme nous avons dit plus haut. Ce papier peut être conservé indéfiniment si on l’enferme dans un portefeuille placé à l’abri de l’humidité ou de la lumière.

Deuxieme partie. — Cette partie de l’opération est très délicate et doit être exécutée à la lueur d’une bougie.

On fait dissoudre 18 grammes environ d’azotate d’argent dans 100 grammes d’eau distillée, et Pou plonge pendant cinq ou six minutes le papier chloruré dans cette liqueur; ensuite on retire ce papier, on le sèche, et on l’enferme dans un portefeuille.

Le papier positif peut se conserver plusieurs jours lorsqu’il est «à l’abri de la lumière.

ft68 PHOTOGRAPHIE ET GRAVURE HÉLIOGRAPHIQUE.

Papier positif albuminé. — Ce papier se prépare de la manière suivante. On prend des blancs d’œufs qu’on mélange avec k pour 100 de leur poids de sel ammoniac. Le tout est battu ensemble, puis abandonné pendant douze heures à un repos complet. On décante ensuite le liquide éclairci, et l’on y plonge le papier dont on veut faire usage. Ce papier est séché, puis soumis à l’action d’un fer modérément chaud, ce qui lui donne une grande transparence.

Lorsqu’on doit l’employer, il faut le plonger dans une dissolution étendue d’azotate d’argent et le faire sécher.

Ce papier est excellent ; il a l’avantage de renforcer les noirs et de rendre les blancs plus éclatants.

Tirage de V épreuve positive. — Pour tirer l’épreuve positive, on place d’abord l’épreuve négative sur la glace du châssis; puis on recouvre cette épreuve avec une feuille de papier positif, assez grande pour qu’une portion reste en dehors du châssis. Cette précaution permet de juger de la teinte qu’acquiert l’épreuve positive. On recouvre ensuite les deux feuilles avec une glace , on les soumet à une légère pression en serrant une vis dont est muni le châssis , et l’on expose le tout à la lumière.

Lorsque le dessin positif a acquis une coloration convenable, on le retire du châssis pour le soumettre au fixage.

Fixage de V épreuve positive. — Cette opération a pour but d’enlever l’excès du sel d’argent non influencé que contient encore la feuille. Elle s’exécute en plongeant l’épreuve dans un bain d’hyposulfite de soude qui contient 12 grammes d’hyposulfite pour 100 grammes d’eau distillée.

Cette immersion doit durer deux ou trois heures; l’épreuve est ensuite lavée à l’eau pure.

Il arrive parfois que les noirs possèdent une légère teinte rousse. Cet inconvénient se présente surtout quand le bain d’hyposulfite de soude est nouvellement préparé. Pour éviter ces colorations, on ajoute dans la dissolution d’hyposulfite de soude quelques cristaux d’azotate d’argent.

Divers procédés de photographie sur papier.

Nous allons maintenant examiner les divers perfectionnements apportés dans la photographie sur papier. Comme nous l’avons dit , ces changements n’ont porté que sur la nature des papiers impressionnables.

Papier négatif ciré. — Pour préparer ce papier, on fait chauffer légèrement une lame de plaqué et on la saupoudre avec des raclures de cire

PHOTOGRAPHIE SUR PAPIER

vierge. La cire fond et vient recouvrir uniformément la surface de la lame. Il suffit alors d’appliquer le papier qu’on veut cirer sur cette lame pour l’enduire d’une couche de cire assez épaisse. Comme un excès de cire pourrait déterminer des inégalités dans la surface de ce papier, on place la feuille cirée entre deux morceaux de papier buvard sur lesquels on promène un fer chaud. En opérant ainsi, on obtient un papier très uni et très transparent. Ce papier possède , en outre , l’avantage de pouvoir être préparé plusieurs jours à l’avance avec l’acétonitrate d’argent.

On peut, dans la préparation de ce papier, repasser à la fois deux feuilles, l’une cirée et l’autre non cirée, parce que l’excès de cire de la première est plus que suffisant pour imprégner la seconde.

Papier de M. Humbert de Molard.— Le procédé par lequel on prépare ce papier consiste à plonger rapidement la feuille à préparer dans un bain formé de :

Iodhydrate d’ammoniaque 20 grammes.

Eau distillée 500

Le papier est séché au sortir de ce bain et peut être conservé, ainsi préparé, jusqu’au moment où il doit servir.

Pour le rendre sensible, on met la face qu’on veut impressionner en contact avec un second bain formé de :

Azotate d’argent. ......... 16 grammes.

Azotate de zinc 8

Acide acétique 8

Eau 250

La feuille reste peu de temps en contact avec ce bain ; elle est ensuite égouttée, puis séchée dans un buvard.

Ce papier est très sensible ; il suffit de l’exposer une seconde dans la chambre noire pour obtenir la reproduction d’un paysage vivement éclairé par le soleil. Si le paysage est dans l’ombre, le temps de l’exposition dépasse rarement cinq secondes.

On obtient les portraits dans l’espace de quinze secondes à une minute.

Pour développer l’image, on verse sur la surface impressionnée une dissolution saturée d’acide gallique, contenant pour 180 grammes de liquide 50 gouttes d’une dissolution saturée d’acétate d’ammoniaque.

L’image apparaît immédiatement; on lave l’épreuve à grande eau, et on la fixe par les moyens ordinaires.

Papier négatif gélatine ( pour paysages et monuments). — Ce papier se prépare par le procédé suivant : On fait fondre au bain-marie 10 grammes de gélatine blanche dans 500 grammes d’eau distillée. On ajoute dans cette liqueur, par petites portions, 5 grammes d’iodure de potassium et 25 grammes d’acétonitrate d’argent, en agitant continuellement la masse avec une baguette de verre. Cette liqueur est encore chauffée pendant dix minutes, et peut alors servir à la préparation du papier.

On verse une partie du mélange dans un vase à fond plat qui est chauffé au bain-marie ; on étend à la surface de la liqueur une feuille de papier en évitant l’interposition des bulles d’air. Au bout de dix minutes, on enlève cette feuille, et on la fait sécher. Quand la dessiccation est complète, on trempe le papier dans une dissolution formée de 1 gramme d’iodure de potassium pour 100 grammes d’eau distillée, en commençant par le côté qui a subi la première préparation. On fait sécher de nouveau ce papier et on l’enferme dans un portefeuille. Cette seule précaution suffit pour le conserver longtemps.

Papier négatif gélatine [pour portraits). — La préparation de ce papier est très simple : on plonge la feuille dans une dissolution formée de 100 grammes d’eau distillée, de 1 décigramme de bromhydrate d’ammoniaque et de 1 gramme d’iodhydrate d’ammoniaque.

Le papier est ensuite soumis à la dessiccation et enfermé dans un portefeuille. Lorsqu’on veut se servir de ce papier, il suffit de le soumettre aux différentes préparations que nous avons indiquées plus haut.

Tels sont les différents changements qui ont été apportés depuis Talbot dans la préparation des papiers photogéniques.

Les inconvénients que présente le papier par suite de ses inégalités, des changements que lui font subir les differents lavages, ont conduit les opérateurs à substituer au papier, dans la formation des images négatives, d’autres surfaces imprégnées de sels d’argent. Ainsi, M. Niepce de Saint-Victor, qui a introduit dans la photographie des perfectionnements très ingénieux, a fait usage de couches d’albumine imprégnées de matière sensible et déposées sur verre; M. Poitevin a opéré avec des couches de gélatine; enfin, depuis deux ans, on emploie avec un très grand succès des couches de collodion déposées sur du verre : ce procédé permet d’obtenir une sensibilité très grande dans les surfaces impressionnables.

PHOTOGRAPHIE SUR VERRE

Verre albuminé . ■ — La préparation de l’albumine photographique appliquée sur verre, dont on doit la découverte à M. Niepce de Saint- Victor, ne présente aucune difficulté. Il suffit de prendre des blancs

un

PHOTOGRAPHIE SUR VERRE, d’œufs, d’y mêler 1 pour 100 d’iodure de potassium et de battre le tout en neige. Ce mélange, abandonné à lui-même pendant douze heures, s’éclaircit complètement et peut servir pour recouvrir la glace.

On prend alors une lame de verre dépoli, et après l’avoir nettoyée soigneusement avec du tripoli et un tampon de coton imbibé d alcool, on la place horizontalement sur un trépied. On verse ensuite sur le milieu de la lame de verre une petite quantité d’albumine photographique qu’on étend également de tous côtés en inclinant légèrement la glace dans plusieurs sens.

Après avoir essuyé les bords de la glace avec du papier de soie, on la replace sur son trépied, où elle doit rester à se dessécher pendant douze heures.

Au bout de ce temps, la glace peut être soumise à l’action d’un bain d’acétonitrate d’argent qui doit avoir la composition suivante : Eau distillée, 100 grammes; azotate d’argent, 8 grammes; acide acétique, 10 grammes. L’immersion ne doit pas se prolonger plus de deux ou trois minutes ; puis la glace doit être séchée dans 1 obscurité.

Lorsque la glace a été exposée dans la chambre noire, on la plonge dans une dissolution d’acide gallique, et 1 image apparaît.

Cette épreuve une fois produite est mise en contact avec le papier positif, et l’opération continue comme il a été dit précédemment.

La glace albuminée peut être aussi préparée par la méthode suivante :

Après l’avoir bien nettoyée, on l’enduit d’une couche d’albumine pure, que l’on coagule lorsqu’elle est desséchée, soit avec un fer chauffé à 60°, soit en l’exposant à Faction des vapeurs de l’acide acétique cristallisable. On plonge ensuite la glace dans une dissolution formée de :

Eau distillée 100 grammes.

Azotate d’argent U

Lorsqu’elle est bien imbibée, on la retire et on la lait sécher.

Quand la dessiccation est complète, la glace est immergée dans un bain qui contient h pour 100 d’iodure de potassium, puis séchée de nouveau. On achève de la rendre sensible en la plongeant dans l’acétonitrate d’argent, et on l’emploie comme la précédente.

De remploi du collodion dans la préparation des glaces photographiques. — Dans ces derniers temps, on s’est servi de collodion pour préparer les glaces photographiques.

Le collodion photographique n’a pas une composition constante, et l’on peut dire avec raison que chaque praticien emploie un collodion particulier.

Pour obtenir du collodion, on commence par préparer du coton-poudre en plongeant par petites portions 10 grammes de coton ordinaire dans un mélange formé de 600 grammes d’acide sulfurique et 200 grammes d’azotate de potasse. La masse est agitée pendant cinq minutes avec une baguette de verre ; puis on retire le coton, on le lave à grande eau, et on le fait sécher avec précaution .

Ce coton-poudre sec est alors employé de la manière suivante :

On fait un mélange de 25 centimètres cubes d’éther et de 20 centimètres cubes d’alcool rectifié, puis on plonge dans ce mélange 1 partie de coton-poudre. On agite la masse, qui ne tarde pas à former un mucilage épais. C’est avec ce collodion mucilagineux qu’on prépare les différents collodions sensibles dont voici les formules.

1° On met 80 centimètres cubes de collodion mucilagineux dans un mélange formé de 225 centimètres cubes d’éther, et de 120 centimètres cubes d’alcool. On ajoute à ce mélange : 1° 35 centimètres cubes d’alcool dans lesquels on a fait dissoudre 7 grammes d’iodhydrate d’ammoniaque; 2° 50 centimètres cubes d’alcool qui tiennent en dissolution 7 décigrammes d’azotate d’argent. On agite le tout ensemble et on laisse reposer la liqueur jusqu’au lendemain. La partie claire est décantée et peut servir à recouvrir la lame de verre.

2° Collodion Bingham. — On fait un mélange de 80 centimètres cubes de collodion mucilagineux, de 225 centimètres cubes d’éther sulfurique, de 195 centimètres cubes d’alcool, et l’on ajoute à ce mélange 7§r,50 d’iodhydrate d’ammoniaque, 50 centigrammes de fluorure de potassium et 20 gouttes d’eau distillée. On agite et on laisse reposer deux ou trois jours.

3° Collodion de M. A. de Brébisson. — Le collodion de M. A. de Brébisson est formé de 120 centimètres cubes de collodion mucilagineux, de 270 centimètres cubes d’éther sulfurique, 65 centimètres cubes d’alcool rectifié, et 55 centimètres cubes d’une dissolution alcoolique saturée d’iodure de potassium.

On peut augmenter la sensibilité de ce collodion en y ajoutant le dixième de son volume de la dissolution suivante :

lodure de fer liquide . 15 grammes.

Acide acétique cristallisable. ... 15

Alcool rectifié à 33° 120

L’application du collodion sur la lame de verre s’exécute comme l’application de l’albumine.

Pour rendre la glace sensible à la lumière, il suffit de la plonger dans un bain formé de 100 grammes d’eau distillée et de 8 grammes d’azotate d’argent.

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