PH0T0GRÀPH1S SUR VERRE
On développe l’image en plongeant la glace impressionnée dans un bain qui contient :
Eau distillée 200 grammes.
Acide pyrogallique 1
Acide acétique . .......... 10
Mais il est préférable d’employer un bain dont la base est du sulfate de protoxyde de fer; ce bain a la composition suivante :
Eau distillée 500 grammes.
Sulfate de protoxyde de fer. 50 grammes.
Acide sulfurique. ..... 10 gouttes.
Acide acétique 10 grammes.
Épreuves négatives trop faibles.
Il arrive parfois que les épreuves négatives sur collodion n’ont pas la vigueur nécessaire pour obtenir de bons positifs.
On remédie à cet inconvénient en versant sur l’épreuve de l’eau saturée d’iode. La glace est ensuite lavée à grande eau et passée dans un bain d’acide gallique auquel on ajoute quelques gouttes d’azotate d’argent.
Dès que l’image a acquis la teinte nécessaire, on la retire de ce bain, et on la fixe, soit par l’hyposulfite de soude, soit par une dissolution de cyanure de potassium.
Souvent l’épreuve prend, quand on la fixe, une teinte grisâtre qui produit un effet désagréable.
Il est facile de rendre à l’image la teinte noire qu’elle avait avant le fixage. Il suffit de la plonger dans une dissolution très étendue de sulfhydrate d’ammoniaque.
Épreuves voilées.
Lorsqu’une glace collodionnée n’est pas restée assez longtemps dans le bain d’argent qui doit la rendre sensible, elle se couvre, au sortir de ce bain, de lignes irrégulières grisâtres, qui sont formées par un excès de sel d’argent et qui produisent l’effet le plus désagréable sur l’image.
Lorsqu’une glace est ainsi voilée, il faut avoir soin de la plonger dans l’eau distillée avant de l’exposer dans la chambre noire ; l’excès d’azotate d’argent se dissout et la surface de l’épreuve devient parfaitement claire.
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GRAVURE HÉLIOGRAPHIQUE.
Les premiers essais de ce genre de gravure sont dus à Nicépho're Niepce.
Niepce soumettait ses plaques à l’action des acides faibles qui rongeaient les parties de métal mises à nu, tandis que les parties recouvertes de bitume de Judée étaient préservées.
Ï1 obtenait ainsi des planches lithographiques dont les reliefs étaient représentés par les parties recouvertes de bitume et les creux par le métal attaqué ; mais il ne put tirer parti de ces planches à cause de la mollesse du bitume de Judée qui formait les reliefs et du peu de profondeur qu’il pouvait donner aux creux.
Plus tard, M. Donné soumit les plaques daguerriennes à l’action des acides faibles, qui attaquaient les parties noires, c’est-à-dire celles où l’argent était revivifié, et restaient sans action sur les parties blanches. Il obtenait ainsi des planches pouvant servir à l’impression ; mais ces planches étaient d’une telle faiblesse qu’un tirage de cinquante épreuves suffisait pour les mettre hors de service.
M. Fizeau proposa alors de recouvrir les parties blanches d’une couche d’or, et d’augmenter ainsi la profondeur des parties attaquées. Dans ce but, il frottait d’abord l’épreuve daguerrienne avec une huile grasse qui s’arrêtait dans les parties dépolies et glissait sur les parties unies qu’il recouvrait ensuite d’une couche d’or par les méthodes employées dans la galvanoplastie. Mais les épreuves obtenues ainsi n’atteignaient pas encore le degré de perfection désirable.
M. Talbot tenta alors d’appliquer la photographie sur le papier à la gravure héliographique. Après avoir dépoli légèrement une plaque d’acier, M. Talbot la recouvrait d’une couche de gélatine tenant en dissolution du bichromate de potasse. Puis il appliquait une épreuve photographique sur cette plaque d’acier et soumettait le tout à l’action de la lumière.
Les parties de bichromate qui recevaient l’impression de la lumière prenaient bientôt une teinte brune et devenaient insolubles dans l’eau; les autres parties restaient intactes. La plaque étant alors plongée dans l’eau, le bichromate non altéré se dissolvait et découvrait le métal.
En faisant agir sur les parties métalliques une dissolution de bichlorure de platine qui les rongeait profondément, M. Talbot obtenait une espèce de silhouette de la gravure photographique.
Enfin, le 26 mai 1853, M. Niepce de Saint-Victor exposa dans une communication qu’il fit à F Institut un procédé permettant d’obtenir
GRAVURE HÉLIOGRAPHIQUE. à75
des gravures avec facilité. Nous donnons ici un extrait de la note de M. Niepce.
« L’acier sur lequel on doit opérer ayant été dégraissé avec de la craie, on verse sur sa surface dépolie de l’eau dans laquelle on a ajouté un peu d’acide chlorhydrique dans les proportions de 1 partie d’acide pour 20 parties d’eau. Cela facilite l’adhérence du vernis au métal. La plaque doit être immédiatement bien lavée, puis séchée. On étend ensuite, à l’aide d’un rouleau recouvert de peau , sur la surface polie, du bitume de Judée dissous dans l’essence de lavande; on soumet le vernis ainsi appliqué à une chaleur modérée, et quand il est séché, on préserve la plaque de l’action de la lumière et de l’humidité. Sur une plaque ainsi préparée, j’applique le recto d’une épreuve photographique directe (ou positive) obtenue sur verre albuminé ou sur papier ciré, et j’expose le tout à la lumière diffuse. On doit éviter de prolonger le temps de l’exposition, car dans ce cas l’image devient visible avant l’action du dissolvant, et c’est un signe certain que l'épreuve est manquée, parce que le dissolvant ne produira plus d’effet.
» J’emploie pour dissolvant 3 parties d’huile de naphte rectifiée et 1 partie de benzine Colas. Ces proportions peuvent varier en raison de l’épaisseur du vernis; plu ; il y aura de benzine, plus le dissolvant sera énergique. Ce dissolvant enlève les parties du vernis qui ont été préservées de l’action de la lumière par les parties noires de l’épreuve positive, tandis que l’éther agit tout à fait en sens inverse. Il ne reste plus qu’à laver la plaque d’acier avec de l’eau pour arrêter l’action du dissolvant, et de la sécher pour vaporiser les gouttes d’eau qui pourraient encore y adhérer. »
La plaque peut alors être soumise aux opérations du graveur.
Le mordant que le graveur emploie doit avoir la composition suivante : acide azotique à 36°, 1 partie en volume; eau distillée, 8 parties en volume; alcool à 36°, 2 parties en volume.
On a le soin de ne laisser que le moins de temps possible ce mordant en contact avec la plaque, de la bien laver après l’action, et de la dessécher avec soin.
Pour obtenir une profondeur convenable, on soumet cette plaque aux procédés de la gravure à Laqua-tinta; c’est-à-dire que l’on renferme la plaque dans une boîte au fond de laquelle on a placé de la résine en poudre. Cette résine est agitée à l’aide d’un soufflet et vient alors se fixer sur les parties recouvertes de bitume. On chauffe ensuite la plaque; la résine se fond et recouvre le bitume de Judée d’une couche assez résistante pour qu’on puisse soumettre la plaque à l’action de l’acide azotique légèrement étendu d’eau et obtenir des creux plus profonds.
La plaque est ensuite nettoyée à l’essence, et peut, dans cet état, donner de bonnes épreuves.
Cette méthode a reçu quelques perfectionnements : ainsi on n’étend plus le vernis à l’aide d’un rouleau recouvert de peau ; on l’applique à l’état liquide, il s’étend alors de lui-même et forme une surface bien plus unie.
Comme le vernis de bitume de Judée ne présentait pas assez de fluidité, on l’a remplacé par une composition qu’on obtient de la manière suivante :
On fait dissoudre dans l’huile de lavande une petite quantité de cire vierge, puis de l’asphalte préalablement pulvérisé. On ajoute à cette dissolution un volume égal de benzine, et l’on agite le tout pour opérer un mélange complet.
Litliophotograpliie.
MM. Barreswill, Davanne, Lerebours et Lemercier sont parvenus, dans ces dernières années, à produire sur pierre des images qui peuvent remplacer avantageusement les dessins lithographiques.
Le principe de cette opération est le même que celui de la reproduction des images sur des plaques d’acier.
Il s’agit, en effet, de déposer à la surface de la pierre une couche uniforme très sensible à la lumière, assez adhérente à la pierre pour la préserver de l’action du mordant, et susceptible de recevoir l’encre lithographique.
Le bitume de Judée, paraissant remplir ces conditions, fut employé à cet usage, et l’on obtint des épreuves d’une finesse et d’une vigueur remarquables.
Les diverses qualités de bitume de Judée qu’on trouve dans le commerce ne peuvent pas être employées indifféremment pour former cette couche sensible. Il faut toujours rechercher le bitume le plus altérable à la lumière, ce qui nécessite l’essai suivant.
On fait dissoudre séparément dans l’éther une petite quantité de chaque sorte de bitume, et l’on verse une partie de ces dissolutions sur un nombre correspondant de feuilles de verre ou de papier.
On expose ensuite ces feuilles à la lumière pendant quelque temps; puis on les lave avec de l’éther. Le bitume le meilleur sera celui qui résiste le mieux à l’action du dissolvant.
Préparcitiondelapierre. — On pulvérise une certaine quantité de bitume, et on le fait dissoudre dans l’éther. Cette dissolution, pour être convenable, doit laisser sur la pierre une couche mince que les graveurs appellent un grain.
La pierre, fixée horizontalement, est d’abord nettoyée avec un blaireau pour enlever la poussière ; puis on verse à sa surface une quantité de liquide suffisante pour la couvrir entièrement.
LITHOPHOTOGRAPHIE. 477
Lorsque la couche est sèche, on applique à sa surface une épreuve négative sur papier ou sur verre, et l’on expose le tout à la lumière.
Au bout d’un certain temps l’épreuve négative est retirée et la pierre est lavée à l’éther, qui dissout les parties du bitume préservées du contact de la lumière, tandis que les autres restent intactes.
La pierre est ensuite traitée par un acide très étendu, lavée à grande eau , puis encrée comme les pierres lithographiques ordinaires.
On obtient facilement avec ces pierres le même nombre d’épreuves que par les moyens ordinaires, et les dessins sont assez parfaits pour n’avoir pas besoin d’être retouchés.
Disons, en terminant cet article, que la gravure héliographique et la lithophotographie, permettant d’obtenir désormais des épreuves nombreuses que la lumière n’altère plus, ont donné à la photographie une véritable importance industrielle.
GALVANOPLASTIE.
Historique.
Daniell et M. (le la Rive avaient reconnu que dans une pile à courant constant et à sulfate de cuivre, les aspérités de la plaque servant d’élément négatif se trouvaient fidèlement reproduites sur une couche de cuivre qui se déposait à sa surface.
En 1838, M. Spencer conçut l’idée d’appliquer les faits observés par Daniell et M. de la Rive à la fabrication des planches d’imprimerie.
Dans ce but, il traça des lettres sur une plaque de cuivre recouverte de vernis, en ayant soin de mettre à nu la surface du métal. Cette plaque lui servit ensuite d’élément négatif dans- un appareil analogue à la pile de Daniell ; le cuivre , se déposant en couche adhérente dans les sillons tracés sur la plaque, forma des caractères en relief qui purent servir à l’impression.
Peu de temps après, M. Spencer arriva à détruire l’adhérence qui existait entre l’objet et le cuivre déposé à sa surface. Détachant alors la couche métallique, il s’en servit comme moule et obtint diverses reproductions.
A l’époque où M. Spencer faisait ces expériences importantes, M. Jacobi, en Russie, parvint par un procédé à peu près semblable à reproduire en relief les images gravées sur les planches de cuivre. Les travaux de MM. Daniell, de la Rive, Spencer et Jacobi, servirent donc de base à la galvanoplastie .
Dans la galvanoplastie, on peut se proposer de résoudre deux questions :
1° Recouvrir un objet donné, au moyen d’un courant électrique, d’un métal sous la forme d’une couche continue, qui reproduit tous les détails de l’objet.
2° Précipiter sur le moule d’un objet une couche métallique continue qui , séparée du moule , est la représentation extérieure de l’objet luimême.
Dans les deux cas, la reproduction du modèle est fondée sur la propriété que possèdent les courants électriques de décomposer les sels métalliques en dissolution, de telle sorte que le métal réduit se porte au pôle négatif, tandis que l’oxygène et les acides provenant de la décomposition du sel se portent au pôle positif:
Appareils employés pour la galvanoplastie.
Les appareils destinés à produire les courants électriques sont de deux sortes : les appareils simples ou à effet direct, et les appareils composés ou à transmission.