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APPLICATIONS DE LA GALVANOPLASTIE

Il faut avoir soin, avant de tirer des épreuves avec cette planche, de détruire les rugosités qui se trouvent au revers.

Il peut arriver que la planche soit trop mince et manque de solidité.

On soude alors à sa face postérieure une lame de fer ou d’étain ; mais, dans ce cas, il est à craindre que la dilatation inégale des deux métaux ne fasse courber la planche.

Les planches de cuivre gravées sont reproduites avec avantage de la manière suivante :

On prend un premier moule sur la planche elle-même, par dépôt électrique; on opère ensuite sur ce premier moule un second dépôt qui reproduit la planche primitive.

Pour que le cuivre soit dans un état convenable , il est nécessaire que le dépôt se fasse lentement et uniformément.

Reproduction des planches d’acier. — ■ Les planches d’acier étant attaquées par les dissolutions ordinairement employées, de sulfate, d’azotate et de chlorure de cuivre , on a proposé d’opérer avec une dissolution ammoniacale de cuivre. Mais cette méthode n’a donné aucun résultat satisfaisant , parce que le cuivre qui se dépose sur l’acier s’enlève par écailles.

Divers autres procédés ont été indiqués, mais la méthode suivante paraît être la plus convenable :

On prend un premier moule de la planche gravée en déposant à sa surface une couche d’argent. Ce moule sert ensuite pour opérer un dépôt de cuivre qui reproduit exactement la planche d’acier gravée.

Reproduction des planches gravées sur bois. — Les planches gravées sur bois se reproduisent de la manière suivante :

On métallisé avec de la plombagine la surface de la planche gravée ; on enduit ensuite d’une couche de graisse les bords et le revers, afin de la rendre complètement imperméable ; cela fait , la planche est mise en rapport avec la pile, et plongée dans un bain de sulfate de cuivre.

On obtient ainsi une contre-épreuve en relief qui sert ensuite à reproduire le type.

On peut aussi prendre l’empreinte de la gravure au moyen de cire ou déplâtré; métalliser cette empreinte, et s’en servir comme il a été dit précédemment.

Reproduction des plaques daguerriennes. — Les plaques daguerriennes peuvent être reproduites par deux procédés différents :

Le premier procédé consiste à employer l’image elle-même comme moule pour déposer le cuivre.

On obtient une planche qui peut donner une image semblable à celle du modèle.

Le second procédé consiste à se servir de la plaque daguerrienne

GALVANOPLASTIE.

comme électrode positive, en la plongeant dans une dissolution qui attaque l’argent sans altérer le mercure.

L’appareil est très simple :

Deux cavités sont creusées dans un morceau de bois à 0m,005 d’intervalle.

On met la plaque daguerrienne dans l’une de ces cavités, et une lame de platine de même dimension dans l’autre.

La plaque daguerrienne doit avoir le dos et les bords recouverts de gomme-laque que l’on gratte en un point pour établir le contact.

Cela fait, la pièce de bois et les deux plaques sont plongées dans un vase de terre qui contient de l’acide chlorhydrique étendu du tiers de son volume d’eau. On établit la communication entre les deux plaques et la pile , au moyen de fils de platine , et l’on fait agir le courant électrique pendant 30 secondes.

Au bout de ce temps , la plaque daguerrienne est lavée à plusieurs reprises avec de l’eau distillée, ce qui permet d’apercevoir un dessin produit par la couche d’oxychlorure qui s’est formée. Ce dessin est lavé avec du coton imbibé d’ammoniaque jusqu’à ce qu’il ait disparu , et la plaque est séchée avec soin.

On peut alors s’en servir pour tirer des épreuves du dessin original.

De la gravure en relief sur cuivre. *— On peut graver sur cuivre au moyen de la galvanoplastie.

Deux procédés ont été indiqués pour atteindre ce but. Le premier consiste à recouvrir d’une couche de cuivre une planche préparée comme pour la gravure ordinaire ; on dessine sur cette planche avec un burin, en ayant soin de mettre le cuivreànu dans les entailles. La plaque est ensuite plongée dans de l’acide azotique étendu de trois fois son volume d’eau , pour décaper les parties métalliques. On l’introduit alors dans une dissolution de sulfate de cuivre ; on fait agir le courant électrique et l’on obtient une planche en relief qui peut donner des épreuves.

Dans le second procédé , après avoir tracé un dessin dans le vernis qui recouvre la planche, on la met en communication avec le pôle positif de la pile. Le pôle négatif est mis en rapport avec une plaque de cuivre de même grandeur. Les deux plaques sont ensuite plongées dans une dissolution de sulfate de cuivre; la décomposition commence, le cuivre se dépose sur la plaque négative, tandis que l’oxygène et l’acide sulfurique se portent sur la planche à graver, dont le métal se dissout dans les endroits où le vernis a été enlevé.

En opérant par ce procédé, on évite les vapeurs acides qui se dégagent quand on soumet, comme dans la première méthode, la planche à l’action de l’acide azotique.

On a une plus grande uniformité d’action , les traits sont plus fins et plus nets ; enfin aucun dégagement de gaz n’ayant lieu , il est moins à

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craindre que des bulles adhèrent à la surface du métal et produisent une inégalité dans l’action de l’acide.

Reproduction des peintures et des dessins dans le genre de la gravure au lavis. — On a proposé de se servir de la galvanoplastie pour produire des planches pouvant donner directement des épreuves de tableaux et de dessins faits dans le genre de la gravure au lavis.

Ces planches s’obtiennent de la manière suivante :

On dessine et on lave au pinceau sur une planche d’argent avec une couleur transparente les objets que l’on veut reproduire. Dans les dessins de cette espèce , les ombres doivent être représentées par les couches de couleur les plus épaisses, les demi-teintes par les couches d’une moindre épaisseur, et les lumières par l’absence de toute couleur. Ce dessin est ensuite recouvert d’une couche de cuivre assez résistante, qui reproduit en creux les ombres les plus noires. Si l’on remplit ensuite ces creux avec de la couleur, on peut tirer des épreuves semblables au modèle.

Reproduction des statues. — Pour reproduire des statues de cuivre, on fait un moule de plâtre que l’on revêt intérieurement avec de la plombagine en poudre ; on plonge le moule dans la dissolution de cuivre, et l’on fait passer le courant électrique ; lorsque la couche est assez épaisse, on enlève le moule, qui laisse le cuivre en relief.

Les premières statues de cuivre obtenues par cette méthode s’altéraient plus facilement que celles qui sont faites avec du cuivre fondu, parce que le métal déposé par les procédés électriques était poreux et s’oxydait rapidement.

Aujourd’hui cet inconvénient n’est plus à craindre, car on est parvenu à donner au cuivre galvanoplastique une densité et une dureté égales à celles du cuivre rouge fondu.

Dépôt d'une couche de cuivre sur des statuettes de plâtre, des fruits , etc. — Pour recouvrir des statuettes, des fruits, etc , d’une couche de cuivre, on commence par métalliser la surface de ces objets avec de la plombagine. On les met ensuite en communication avec le pôle négatif de la pile, puis on procède à la mise au bain.

Si l’on opère sur des fruits, on fait adhérer la plombagine au moyen d’un vernis ; on enfonce ensuite vers la queue une petite épingle qui sert à établir une communication entre le fruit et le pôle négatif de la pile , et l’on met au bain.

De l'impression en relief. — MM. L. Auer et Woring ont obtenu dans ces derniers temps, par un procédé galvanoplastique très simple, des planches de cuivre qui peuvent à l’impression reproduire les contours des objets d’un relief peu prononcé.

On place le modèle à reproduire entre une plaque de cuivre et une lame de plomb. On fait ensuite passer le tout entre deux cylindres. La pression considérable que subit l’objet et le peu de dureté du plomb

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déterminent la formation d’une empreinte sur ce métal. Si alors on encre en couleur les différentes parties de l’empreinte, la planche de plomb peut donner à l’impression des copies colorées du modèle. Mais à cause de l’extrême souplesse du plomb, ces planches ne peuvent fournir qu’un petit nombre d’épreuves.

On a donc cherché à les reproduire au moyen de la galvanoplastie ; pour cela, on s’est servi de la lame de plomb comme d’un moule, et l’on a pu préparer des planches de cuivre en relief et en creux qui ont donné à l’impression des copies exactes de plantes et d’étoffes.

Si le type que l’on veut copier est très précieux , comme la pression considérable à laquelle on le soumet pourrait en détériorer les parties délicates, il est préférable d’opérer de la manière suivante :

L’objet est enduit d’une légère couche de gutta-percha qu’on recouvre ensuite d’argent pour la rendre conductrice. Gela fait, on en tire un facsimilé de cuivre qui peut être employé comme matrice et donner beaucoup d’épreuves.

Pour reproduire les dessins formés sur les agates ou les fossiles qu’on trouve incrustés dans les pierres , on verse à la surface du type une certaine quantité d’acide azotique, qui en corrode inégalement les différentes parties, et forme des aspérités. On prend ensuite l’empreinte de ces aspérités au moyen de la galvanoplastie, et l’on obtient une planche qui peut donner un grand nombre d’épreuves.

Lorsqu’on veut reproduire une dentelle, on imbibe l’original d’une dissolution alcoolique de térébenthine de Venise. On le place ensuite , comme nous l’avons dit plus haut, entre une planche de cuivre et une lame de plomb, qu’on soumet à une pression considérable. 11 se forme une empreinte sur le plomb, et cette empreinte est reproduite au moyen de la galvanoplastie.

Il est probable que dans un avenir peu éloigné, en mettant en usage les procèdes indiqués par M. Becquerel, on parviendra à déposer, par les courants électriques, des métaux tels que le magnésium, l'aluminium, etc. , au lieu de cuivre, d’argent et d’or. M. Becquerel a proposé aussi d’appliquer la galvanoplastie à l'extraction des métaux précieux.

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