‹ Traité de chimie générale [electronic resource]Chapitre 279 sur 369 · Ù9'2 PROCÉDÉS DE DORURE ET D’ARGENTURE · texte numérisé non relu

Ù9'2 PROCÉDÉS DE DORURE ET D’ARGENTURE

face des pièces une couche mince d’un alliage d’or et du métal sousjacent. Ce procédé n’est applicable qu’aux métaux qui se laissent attaquer par le mercure, et qui résistent, sans entrer en fusion, à la température de son ébullition. On l’emploie pour dorer l’argent et le cuivre, et surtout le laiton et le bronze.

Cependant, depuis Boyle, qui a imaginé de revêtir préalablement le fer d’une couche mince de cuivre en le trempant dans une dissolution chaude de sulfate de cuivre, on a quelquefois doré au mercure des objets de fer ou d’acier.

La dorure que l’on exécute le plus souvent est celle du bronze.

L’amalgame que l’on emploie est composé d’environ 33 parties de mercure et 67 parties d’or.

Les pièces, avant d’être soumises à la dorure, doivent être successivement recuites , dérochées et décapées.

Le recuit , qui a pour but de décomposer les matières grasses dont les pièces sont toujours imprégnées en sortant des mains de l’ouvrier, s’opère dans des espèces de moufles cylindriques construits avec des briques : un grillage de fer, placé à une certaine distance des briques, maintient le charbon, et laisse intérieurement un espace vide où l’on suspend les objets à dorer.

Pendant le recuit, les pièces se recouvrent d’une couche d’oxyde que l’on enlève en les plongeant, lorsqu’elles sont encore chaudes, dans de La eide sulfurique très étendu : cette opération se nomme dérochage.

Au sortir du bain d’acide sulfurique, les pièces sont encore irisées ; on les soumet alors au décapage. Cette opération consiste à plonger rapidement les pièces dans de l’acide azotique contenant une petite quantité d’acide sulfurique dans lequel on a jeté un peu de chlorure de sodium. Les pièces sont alors lavées à grande eau et séchées dans de la sciure de bois chaude ; on les soumet ensuite à la dorure.

Pour que la couche d’or adhère au cuivre, on doit recouvrir la pièce d’une dissolution d’azotate de mercure qui, se trouvant réduit par le cuivre, produit une couche de mercure qui s’amalgame. A cet effet, l’ouvrier plonge dans la dissolution mercurielle un gratte-hosse (espèce de brosse ou de pinceau fait avec des fils de cuivre assez fins), et le passe sur l’objet à dorer; il prend ensuite de l’amalgame d’or avec le grattebosse, et l’applique sur le bronze. Lorsqu’il juge que la couche d’amalgame est assez épaisse, il lave la pièce et la soumet à faction du feu, qui volatilise le mercure en laissant une couche d’or adhérente au cuivre.

La volatilisation du mercure doit s’effectuer lentement; pendant cette opération, l’ouvrier a soin de retirer de temps en temps la pièce du feu, et de la frapper avec une brosse, afin d’étendre l’amalgame uniformément. Quand cette opération est terminée, la pièce est lavée et ensuite fortement frottée avec un gratte -bosse trempé dans du vinaigre.

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