DORURE PAR IMMERSION OU AU TREMPÉ
On procède alors à la mise en couleur : cette opération a pour objet de donner aux pièces les différents aspects que réclame le commerce.
Lorsque toute la surface de la pièce doit être entièrement brillante, on la polit avec un brunissoir . Cet instrument consiste en une dent de loup ou de chien, et plus souvent en un morceau d’hématite monté sur un manche. On lave ensuite la pièce et on la sèche avec soin.
Le mercure, en se volatilisant, ne laisse pas l’or à la surface du cuivre sous la forme d’une couche brillante et continue ; le métal présente au contraire une multitude de petites aspérités qui produisent l’état mat. En brunissant les pièces dans certaines parties, on obtient des effets heureux par le mélange du mat et du brillant. Les parties mates sont réservées au moyen d’une épargne étendue au pinceau, et qui consiste en un mélange de blanc d’Espagne, de cassonade et de gomme. Après le brunissage, on enlève l’épargne, d’abord par une calcination qui la carbonise, et ensuite en chauffant de nouveau la pièce recouverte d’un mélange de 10 parties de sel marin, 25 parties d’azotate de potasse et 35 parties d’alun; on chauffé jusqu’à ce que la couche saline entre en fusion.
On plonge enfin la pièce dans l’eau froide, et on la passe dans de l’acide azotique faible.
Pour donner à l’or l’aspect de l’or moulu, on frotte légèrement la pièce avec le gratte-bosse, et on la chauffé à une température moins élevée que pour donner le mat. La pièce étant un peu refroidie, on étend à sa surface avec un pinceau un mélange de sel marin, d’alun et d’oxyde de fer, en ayant soin de ne pas toucher aux parties brunies. On la chauffe ensuite sur des charbons ardents jusqu’à ce qu’elle commence à brunir, et on la plonge dans un bain d’acide azotique faible.
Pour donner à un bronze la teinte d’or rouge , on suspend la pièce par un fil de fer, dans une composition connue sous le nom de cire des doreurs , et formée de cire jaune, d’ocre rouge, de vert-de-gris et d’alun.
On l’expose ensuite à un feu vif, et on la passe dans du vinaigre ou de l’acide azotique étendu ; enfin on la sèche avec soin.
Dans la dorure au mercure, la quantité d’or que l’on fixe sur les pièces par décimètre carré est de 08^260 au plus et ü§'',042 au moins.