COBAÏiT
itosage. — On précipite ordinairement le cobalt de ses dissolutions au moyen de la potasse : il se forme d’abord un précipité bleu qui passe au vert au bout de quelques instants ; la précipitation doit être faite à chaud ; le précipité est lavé à l’eau chaude , desséché et pesé.
Lorsqu’on veut obtenir une détermination de cobalt très exacte, on ne doit pas doser ce métal à l’état de protoxyde; car ce corps, calciné au contact de l’air, absorbe de l’oxygène et éprouve des changements de poids qui rendraient l’analyse incertaine. Il est mieux alors de réduire l’oxyde par l’hydrogène dans une petite ampoule de verre , à la chaleur d’une lampe à alcool , afin de peser le cobalt à l’état de métal.
Si la dissolution contient des sels ammoniacaux, on doit décomposer ces sels par un excès de carbonate de potasse, ou mieux, précipiter le cobalt au moyen du sulfhydrate d’ammoniaque ; on lave le sulfure avec une eau contenant du sulfhydrate d’ammoniaque , on le dissout dans l’eau régale , et l’on précipite l’oxyde de cobalt au moyen de la potasse.
Réparation du cobalt des métaux précédents. — Oïl sépare l’oxyde de cobalt des alcalis par le sulfhydrate d’ammoniaque ; de la baryte, par l’acide sulfurique ; de la strontiane , par l’acide sulfurique ou le sulfhydrate d’ammoniaque ; de la chaux, par l’ammoniaque ou le sulfhydrate d’ammoniaque. Pour effectuer cette dernière séparation, on doit éviter autant que possible l’action de l’air , car, lorsqu’on emploie l’ammoniaque, le sel double d’ammoniaque et de cobalt absorberait de l’oxygène, et lorsqu’on fait usage du sulfhydrate d’ammoniaque il pourrait se former du carbonate de chaux par suite de l’action de l’acide carbonique de l’air.
Séparation du cobalt et du magnésium. — On procède comme pour la séparation du nickel et du magnésium.
On peut séparer les oxydes de nickel et de cobalt de la magnésie en précipitant les trois oxydes par la potasse ; on fait passer les oxydes de cobalt et de nickel au maximum en les traitant par l’hypochlorite de potasse , on lave le précipité et on le fait digérer avec une dissolution de bichlorure de mercure à la température de 30 ou U0°. La magnésie forme avec le bichlorure de mercure un chlorure double de mercure et de magnésium qui se dissout dans l’eau et se sépare ainsi facilement des oxydes de nickel et de cobalt. Ces oxydes sont soumis à la calcination qui les débarrasse d’une certaine quantité d’oxychlorure de mercure qui s’est formée en même temps que le chlorure double de magnésium et de mercure.
Séparation du cobalt et de l'aluminium ou du glucinium. — Cette séparation s’effectue comme pour le nickel au moyen d’une dissolution de potasse.
Séparation du cobalt et du manganèse. — Pour séparer le cobalt du manganèse , on fait bouillir avec un excès de carbonate de soude la dissolution des deux oxydes dans un acide ; le précipité bien lavé est traité par le cyanure de potassium; tout le cobalt entre en dissolution à l’état de cyanure double de cobalt et de potassium. Une partie du manganèse reste à l’état d’oxyde insoluble; l’autre se dissout dans la liqueur en produisant un cyanure double de manganèse et de potassium. On fait bouillir la dissolution , on l’évapore à siccité , et l’on reprend le résidu par l’eau ; le manganèse s’en sépare à l’état d’oxyde , tandis que le cyanure de cobalt reste en dissolution.
Le cobalt peut être encore séparé du manganèse, en ajoutant de l’acétate de soude à la dissolution des deux sels, et en faisant passer dans la liqueur un excès d’acide sulfhydrique; le cobalt se précipite à l’état de sulfure hydraté, qu’on lave avec de l’eau contenant une petite quantité d’hydrogène sulfuré pour empêcher la sulfatisation et par suite la dissolution du sulfure. Le sel de manganèse n’est pas précipité par l’acide sulfhydrique , même eu présence de l’acétate de soude,
53/i NOTIONS DE CHIMIE ANALYTIQUE.
Séparation du cobalt et du fer. — On se sert de l’ammoniaque , ou mieux , du succinate d’ammoniaque , comme quand il s’agit de séparer le manganèse et le 1er. Mais la séparation ne se fait pas d’une manière tout à lait complète ; on peut constater au moyen du chalumeau la présence de traces de cobalt dans l’oxyde de fer précipité par l’ammoniaque ou le succinate d’ammoniaque. Le carbonate de baryte ne peut pas être employé non plus pour obtenir une séparation complète, car une partie de l’oxyde de cobalt se précipite toujours avec l’oxyde de fer.
La méthode suivante permet de séparer plus complètement le cobalt du fer. On dissout les deux oxydes dans l’acide chlorhydrique ou l’acide sulfurique et l’on ajoute avec précaution de la potasse , en remuant constamment, jusqu’à ce que la liqueur soit presque saturée, de manière cependant qu’elle conserve une légère réaction acide. Une petite quantité d’oxyde de fer reste en dissolution; mais elle se précipite complètement à l’état de sel basique lorsqu’on fait bouillir la liqueur. On filtre pour séparer le sel de fer basique, on le lave à l’eau bouillante, et le cobalt qui est resté en dissolution est ensuite précipité au moyen de la potasse.
Dans l’application de cette méthode, il faut éviter la présence de l’acide azotique, car l’azotate basique de peroxyde de fer est assez soluble dans l’eau. (M. Scheerer.)
Séparation du cobalt et du chrome. — On procède comme pour séparer le fer et le chrome.
Séparation du nickel et du cobalt. — O11 a proposé un grand nombre de méthodes pour opérer la séparation de ces deux métaux ; voici les principales :
1° On mêle la dissolution des deux métaux avec une quantité d’ammonikque suffisante pour que les oxydes de cobalt et de nickel entrent en dissolution. On traite ensuite la liqueur étendue par un grand excès de potasse, qui précipite le nickel et laisse le cobalt en dissolution. (M. Philips.)
2° On précipite les deux métaux à l’état d’oxydes hydratés au moyen de la potasse , et l’on fait passer dans le mélange un courant de chlore. L’oxyde de cobalt se transforme en sesqui-oxvde de cobalt qui est insoluble , tandis que l’oxyde de nickel se dissout dans un excès de chlore. (M. Berthier.)
3° On précipite les métaux par un carbonate soluble. On traite le mélange des carbonates métalliques insolubles par un excès d’acide oxalique qui dissout l’oxyde de fer, s’il en existe dans le précipité, et forme des oxalates de nickel et de cobalt insolubles; ces deux sels sont dissous dans un excès d’ammoniaque, et la liqueur est abandonnée à l’air. Le sel de nickel se précipite sous la forme d’une poudre verte , tandis que le cobalt reste en dissolution à l’état de sel double ammoniacal d’une couleur rouge. On retire ensuite par la calcination les
oxydes contenus dans les oxalates ammoniacaux de nickel et de cobalt. (M. Laugier.)
U° On dissout les deux oxydes dans un excès d’acide chlorhydrique , on étend la dissolution d’une grande quantité d’eau, et l’on y fait passer un courant de chlore jusqu’à saturation complète.
Tout le protochlorure de cobalt passe à l’état de sesquichlorure, tandis que le protochlorure de nickel n’éprouve aucun changement. La dissolution est abandonnée pendant douze ou quinze heures à la température ordinaire avec un excès de carbonate de baryte. Le sesqui- oxyde de cobalt se précipite et se mêle à l’excès de carbonate de baryte. On lave le précipité avec de l’eau froide, puis on le dissout dans l’acide chlorhydrique, et après en avoir séparé toute la baryte par l’acide sulfurique, on précipite l’oxyde de cobalt par la potasse caustique.
La dissolution, dont on a séparé l’oxyde de cobalt par un excès de carbonate de baryte, est d’un vert pur ; elle ne contient pas la plus légère trace d’oxyde de cobalt. On élimine la baryte par un excès d’acide sulfurique, et l’on précipite l’oxyde de nickel à l’état de pureté par une dissolution de potasse. (M. H. Rose.)
5° La dernière méthode que nous citerons est fondée sur la propriété que présente le cyanure double de nickel et de potassium d’être décomposé par les acides étendus , tandis que le composé correspondant de cobalt résiste à leur action.
On ajoute à la dissolution acide des deux oxydes , du cyanure de potassium jusqu’à ce que le précipité qui s’est d’abord formé se soit redissous. La liqueur est maintenue pendant quelques instants à l’ébullition, abandonnée ensuite au refroidissement, et sursaturée par de l’acide sulfurique étendu qui forme un précipité verdâtre.
La dissolution contient le cobalt à l’état de cyanure double alcalin , tandis que le précipité retient tout le nickel. ( M. Liebig.)