‹ Traité de chimie générale [electronic resource]Chapitre 310 sur 369 · ZINC · texte numérisé non relu

ZINC

Dosage. — Le zinc est ordinairement précipité de ses dissolutions à l’état de carbonate de zinc au moyen du carbonate de potasse ; le précipité lavé et calciné donne de l’oxyde de zinc. Si la dissolution contient des sels ammoniacaux, on doit décomposer ces sels qui s’opposeraient à la précipitation complète du zinc; on verse alors un excès de carbonate alcalin, on évapore la liqueur à sec, et l’on dessèche fortement le résidu ; en reprenant le produit de la dessiccation par l’eau, on obtient le carbonate de zinc à l’état insoluble.

Le sulfhydrate d’ammoniaque est souvent employé pour précipiter le zinc à l’état de sulfure; si la dissolution est neutre, on y verse immédiatement le sulfhydrate d’ammoniaque; si elle est acide, on commence par la saturer avec de l’ammoniaque. Le sulfure de zinc étant bien lavé, on

le dissout dans l’acide chlorhydrique, et on précipite le zinc par le carbonate de potasse.

On profite en général de la solubilité de l’oxyde de zinc dans l’ammoniaque pour séparer cet oxyde d’un grand nombre d’oxydes métalliques.

Séparation «lu zinc et «les métaux précédents. — Pour séparer le zillC des métaux alcalins, on commence par ajouter un excès d’ammoniaque dans la liqueur qui tient cesmétaux en dissolution, et l’on y verse du suifhydrate d’ammoniaque ; le zinc seul est précipité à l’état de sulfure. Il est préférable, lorsque cela est possible, de faire passer toutes les bases à letat d’acétates et de traiter la dissolution par un courant d’hydrogène sulfuré qui ne précipite que le zinc.

La baryte et l’oxyde de zinc se séparent au moyen de l’acide sulfurique.

On sépare l’oxyde de zinc de la strontiane et de la chaux par les procédés qui servent à séparer l’oxyde de zinc des alcalis. On peut aussi précipiter la chaux par l’oxalate d’ammoniaque après avoir ajouté à la liqueur un excès d’ammoniaque.

Séparation du zinc et du magnésium. — On emploie le sulfhydrate d’ammoniaque, ou bien on précipite le zinc par l’hydrogène sulfuré, après avoir fait passer les deux bases à l’état d’acétates.

Séparation du zinc et de V aluminium ou du glucinium. — On précipite l'oxyde de zinc et l’alumine par un excès de potasse de manière à redissoudre complètement le précipité, puis on fait passer dans la liqueur un courant d’acide sulfhydrique qui précipite seulement le zinc. On peut aussi faire passer les deux bases à l’état d’acétates et précipiter le zinc par l’hydrogène sulfuré.

Il existe dans la nature une combinaison d’alumine et d’oxyde de zinc qu’on désigne sous le nom de spinelle zincifère ou gahnite qui n’est attaqué ni par les acides ni par le carbonate de potasse en fusion. Pour le rendre soluble dans les acides, on le traite par la potasse au creuset d’argent ou par le carbonate de baryte.

Séparation du zinc , du zirconium , du thorium , de ï yttrium, du cérium. — On peut effectuer ces séparations en faisant passer toutes les bases à l’état de sulfates neutres, qu’on transforme en acétates au moyen de l’acétate de baryte. On ajoute de l’acide acétique libre à la dissolution, et l’on précipite le zinc par l’acide sulfhydrique. La dissolution ne doit pas contenir d’autre acide organique que l’acide acétique.

Séparation du zinc et du manganèse. — La méthode précédente permet de séparer exactement le zinc du manganèse. On peut aussi précipiter la dissolution qui renferme ces deux métaux par un excès de potasse de manière à redissoudre l’oxyde de zinc ; mais l’oxyde de manganèse ainsi séparé retient toujours une petite quantité d’oxyde de zinc que la potasse ne peut lui enlever.

Séparation du zinc et du fer. — On commence par faire passer le sel de fer au maximum. Lorsque l’oxyde de fer n’est mélangé que d’une petite quantité d’oxyde de zinc, on sépare aisément cet oxyde au moyen de l’ammoniaque; mais quand l’oxyde de zinc est en quantité considérable, l’oxyde de fer en retient toujours des traces. Il faut alors précipiter le fer par le succinate d’ammoniaque ou de soude, après avoir saturé la dissolution par un très léger excès d’ammoniaque.

On peut aussi employer le carbonate de chaux ou mieux de baryte comme pour séparer le manganèse et le fer.

Enfin, une des meilleures méthodes qu’on puisse mettre en usage pour séparer le zinc du fer, consiste à faire passer les deux métaux à l’état de sulfates qu’on précipite ensuite par l’acétate de baryte de manière à les changer en acétates. On fait passer dans la dissolution un courant d’acide sulfhydrique qui ne précipite que le zinc à l’état de sulfure. Le précipité présente d'abord une teinte verdâtre due à la formation d’un peu de sulfure de fer qui rentre en dissolution lorsqu’on chauffe la liqueur et qu’on la traite de nouveau par l’hydrogène sulfuré.

Séparation du zinc et du chrome. — On effectue cette séparation en calcinant le composé qui renferme les deux métaux avec un mélange de nitre et de carbonate de potasse ou de soude ; le chrome passe à l’état de chromate alcalin qu’on enlève en traitant par l’eau chaude la masse calcinée.

Séparation du zinc et du nickel ou du cobalt. — On fait passer les trois métaux à l’état d’acétates; on ajoute à la liqueur un excès d’acide acétique, et l’on précipite le zinc par un courant d’acide sulfhydrique.

La potasse ne dissout pas complètement l’oxyde de zinc lorsqu’il est mélangé avec les oxydes de nickel et de cobalt ; ces deux derniers oxydes retiennent toujours un peu d’oxyde de zinc, même quand on les fait bouillir avec un excès de potasse. O11 peut séparer complètement le zinc en chauffant au rodge blanc, pendant une heure, les trois oxydes mélangés intimement avec du sucre purifié par plusieurs cristallisations. Les trois oxydes sont réduits et le zinc se volatilise complètement. (Berzelius.)

On peut aussi séparer le zinc du nickel et du cobalt en traitant les trois oxydes par un courant d’hydrogène à une température assez élevée pour réduire les oxydes de nickel et de cobalt, mais insuffisante pour décomposer l’oxyde de zinc. On traite ensuite le mélange des deux métaux et de l’oxyde de zinc par une dissolution de carbonate d’ammoniaque qui dissout complètement l’oxyde de zinc , pourvu qu’on la maintienne pendant deux jours en contact avec l’oxyde à la température de â0°. (M. Ullgren.)

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