ANALYSE D’UN MÉLANGE DE SELS MÉTALLIQUES
restera donc en dissolution des métaux non précipitables par l’acide sulfhydrique qui constitueront le premier groupe.
Le précipité formé par l’acide sulfhydrique, pourra être traité par un excès de suif hydrate d’ammoniaque qui dissout plusieurs sulfures métalliques.
On obtiendra ainsi deux nouveaux groupes de métaux qui comprendront, l’un les métaux dont les sulfures sont insolubles dans le sulfhydrate d’ammoniaque, et l’autre les métaux dont les sulfures se dissolvent dans un excès de ce réactif.
On aura donc divisé les métaux en trois groupes :
1° Métaux précipitables par l’acide sulfhydrique;
2° Métaux dont les sulfures sont insolubles dans le sulfhydrate d’ammoniaque ;
3° Métaux dont les sulfures sont solubles dans le sulfhydrate d’ammoniaque.
Ces trois subdivisions étant une fois établies, on opérera la séparation des métaux qui se trouvent dans chaque groupe, en faisant intervenir certains caractères tirés des propriétés de chaque métal ; ainsi le plomb sera précipité par l’acide sulfurique à l’état de sulfate insoluble ; l’argent à l’état de chlorure d’argent insoluble, etc.
Nous appliquerons les principes généraux que nous venons d’exposer à l’analyse d’un mélange contenant les métaux suivants : Fer, manganèse, zinc, cadmium , cuivre, plomb, bismuth, mercure, étain et antimoine.
Ces métaux étant dissous dans l’eau régale, on y fait passer un excès d’acide sulfhydrique qui les précipite, à l’exception du fer, du manganèse et du zinc.
La liqueur filtrée contenant les trois métaux qui ne sont pas précipités par l’acide suhhydrique , est mise en ébullition avec une petite quantité d’acide azotique, afin de suroxyder le sel de fer qui a été ramené au minimum par l’acide sulfhydrique; on traite alors cette liqueur à froid par un excès de carbonate de baryte qui précipite le sesqui-oxyde de fer; pour séparer cet oxyde de l’excès de carbonate de baryte, on lave le précipité avec soin, et on le reprend par l’acide sulfurique qui forme du sulfate de baryte insoluble et du sulfate de peroxyde de fer soluble.
La dissolution du sel de fer est alors traitée par l’ammoniaque qui précipite le peroxyde de fer.
En traitant la liqueur acide par le carbonate de baryte , il s’est formé une certaine quantité de sel de baryte soluble ; on peut se débarrasser de la baryte en ajoutant dans la dissolution de l’acide sulfurique.
On sépare le zinc du manganèse par les deux méthodes suivantes :
1° On verse dans la liqueur un excès de potasse qui précipite le manganèse à l’état d’hydrate de protoxyde de manganèse, et qui dissout
l’oxyde de zinc. L’oxyde de manganèse, lavé et calciné à l’air, est pesé à l’état d’oxyde rouge Mn304 ; quant à l’oxyde de zinc, on sature d’abord la liqueur alcaline par un excès d’acide chlorhydrique , et on le précipite par du carbonate de potasse ; le carbonate de zinc lavé et calciné donne de l’oxyde de zinc.
2° Pour séparer le zinc du manganèse, on peut ajouter à la liqueur qui contient les deux sels, un excès d’acétate de soude, et faire passer dans la dissolution un courant d’acide sulfhydrique ; le zinc est seul précipité, tandis que le manganèse reste en dissolution; ces deux métaux étant une fois séparés l’un de l’autre, on les dose par les méthodes ordinaires.
Après avoir ainsi reconnu et dosé le fer, le manganèse, et le zinc, on procède à la séparation des métaux qui ont été précipités par l’acide sulfhydrique.
Le mélange des divers sulfures métalliques est mis en digestion avec un excès de sulfhydrate d’ammoniaque qui dissout les sulfures d’antimoine et d’étain.
Ces deux sulfures sont précipités par un acide, redissous dans l’eau régale; l’étain et l’antimoine sont ensuite séparés l’un de l’autre par une méthode qui a été donnée en traitant de l’antimoine.
Il ne reste plus qu’à opérer la séparation des sulfures insolubles dans le sulfhydrate d’ammoniaque, c’est-à-dire des sulfures de cadmium, de cuivre, de plomb, de bismuth et de mercure.
Ce mélange, chauffé à une température rouge, laisse dégager tout le sulfure de mercure.
Le résidu de la calcination traité par de l’acide azotique donne des sulfates de cadmium , de cuivre et de bismuth , qui sont solubles, et du sulfate de plomb insoluble que l’on sépare par filtration.
Un excès d’ammoniaque ajouté dans la liqueur précipite l’oxyde de bismuth.
Pour séparer le cuivre du cadmium, on sursature la liqueur par une grande quantité d’ammoniaque caustique, on la porte à l’ébullition, et l’on y verse du sulfure de sodium jusqu’au moment où la dissolution cesse d’être colorée. Le cuivre se précipite le premier à l’état d’oxysulfure noir, que l’on peut séparer par le filtre ; en continuant à ajouter du sulfure de sodium, le cadmium se dépose à l’état de sulfure jaune.
GÉNÉRALITÉS SUR LES GAZ
AMTA&YSE SES GAZ.
GÉNÉRALITÉS SUR LES GAZ
Le nombre des fluides élastiques, comparé à celui des solides et des liquides, est extrêmement faible; car dans l’état actuel de la chimie ce nombre ne s’élève pas à 40.
Parmi ces gaz , il n’y en a que 7 qui se rencontrent dans la nature à l’état de liberté. Ce sont les gaz oxygène, azote, acide carbonique, gaz oléfiant, gaz ammoniac, acide sulfureux ; les autres sont des produits de laboratoire.
Les gaz se distinguent très facilement les uns des autres quand ils sont isolés. Il suffit ordinairement de consulter leurs propriétés physiques, leur action sur l’air ou sur l’eau et sur les dissolutions alcalines, pour les caractériser.
Les gaz colorés sont en petit nombre. Ce sont le chlore, l’acide hypochlorique, l’acide chloreux et l’acide hypochloreux.
La plupart des gaz ont une odeur plus ou moins forte et caractéristique. Les seuls gaz inodores sont l’oxygène, l’azote, l’hydrogène, l’oxyde de carbone, l’acide carbonique, le protoxyde d’azote et les carbures d’hydrogène.
Plusieurs gaz produisent, à l’air, des fumées blanches dues à leur action sur la vapeur aqueuse contenue dans l’atmosphère. Ces gaz sont les acides chlorhydrique, bromliydrique , iodhydrique, les fluorures de bore, de silicium, le chlorure de bore.
On connaît plusieurs gaz alcalins, l’ammoniaque, l’éthyliaque, etc. Nous ne parlerons que de l’ammoniaque.
Les liquides dans lesquels on recueille les gaz sont surtout le mercure et l’eau : dans des cas très rares on se sert d’eau salée ou d’huile.
Le mercure ne dissout aucun gaz , mais il agit chimiquement sur plusieurs fluides élastiques; il les absorbe tantôt complètement, tantôt en partie en les décomposant ; tels sont le chlore, les acides chloreux et hypochloreux , l’acide iodhydrique.
Il existe un très grand nombre de gaz qui sont solubles dans l’eau ou décomposables par ce liquide.
Gaz décomposes par l’eau.
1° Acide chloroxycarbonique . . GOCl -f- IIO = HCl -f GO2;
2" Chlorure de bore BCl3 -f- 3IIO = 3IIC1 -|- BO3;
3° Fluorure de bore BFi3 -f- 3110 = 3HF1 -f- BO3;
4° Fluorure de silicium 3(SiFl3) -f- 3110 — SiO3 -f- (SiFl3)2, (HF1) 3.
Le cyanogène se décompose dans l’eau, mais avec lenteur et seulement par l’action de la lumière.
Gaz qui sont trop solubles pour pouvoir être recueillis sur l’eau.
Ce groupe comprend les acides chlorhydrique, bromliydrique, iodhydrique, sulfureux, hypochloreux, le gaz ammoniac, le monohydrate de méthylène (éther méthylique C2H30).
Lorsqu’un gaz attaque le mercure, et qu’il est soluble dans l’eau, on le recueille dans des flacons bien desséchés et remplis d’air. C’est ainsi que l’on prépare à l’état gazeux le chlore et les acides hypochloreux et iodhydrique.
Pour analyser facilement les mélanges gazeux, M. Thénard a proposé d’examiner , d’une manière générale , l’action que la potasse et l’air exercent sur eux. 11 a partagé les gaz en plusieurs groupes dont l’étude' devient très simple.
On reconnaît si un gaz est soluble dans une dissolution de potasse , en introduisant dans un tube quelques centimètres cubes de ce gaz, et en y faisant passer une petite quantité de la liqueur alcaline. On agite le tube, et l’on reconnaît si le gaz s’est dissous, ou s’il n’a pas sensiblement diminué de volume.
Pour constater l’inflammabilité d’un gaz , il suffit d’approcher une allumette enflammée de l’orifice d’un tube ou d’une éprouvette contenant une petite quantité du gaz que l’on examine.
Les gaz solubles dans une dissolution de potasse constituent un premier groupe.
Les gaz insolubles dans la potasse en forment un second, et chacun de ces groupes comprend : 1° des gaz inflammables; 2" des gaz non inflammables.
Oiî peut donc partager les gaz en quatre classes :
1° Gaz absorbables par une
Acide chlorhydrique.
Acide bromhydrique.
Acide iodhydrique.
Acide carbonique.
Acide sulfureux.
Acide chloroxycarbonique.
Acide hypochloreux.
et non inflammables.
Acide chloreux.
Acide hypochlorique.
Chlore.
Chlorure de cyanogène.
Fluorure de silicium.
Fluorure de bore.
Chlorure de bore.
dissolution de potasse
2° Gaz absorbables et infammables.
Acide suif hydrique.
Acide sélénhydrique.
Acide tellurhydrique.
Cyanogène.
Monohydrate de méthylène.
GÉNÉRALITÉS SUR LES GAZ
3° Gaz non absorbables par une dissolution de potasse et non inflammables .
Oxygène. Protoxyde d’azote.
Azote. Deutoxyde d’azote.
U° Gaz non absorbables et inflammables.
Hydrogène.
Hydrogène phosphore.
Hydrogène arsénié. Oxyde de carbone.
Hydrogène protocarboné.
Hydrogène bicarboné.
Bicarbure d’hydrogène.
Méthylène.
Fluorhydrate de méthylène.
Chlorhydrate de méthylène.
Lorsqu’on se propose de reconnaître un gaz, il faut donc rechercher d’abord à quel groupe il appartient , et consulter ensuite les caractères des gaz qui composent ce groupe.
Nous rappellerons ici en quelques mots les propriétés caractéristiques des principaux gaz.