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BROMURES D'ÉTAIN

Le protobromure d’étain SnBr est incolore et soluble dans l’eau. L’étain en limaille est attaqué par le brome avec un vif dégagement de lumière ; il se forme ainsi du hibromure d’étain SnBr2, qui est solide, incolore, très fusible, volatil et soluble dans l’eau.

PROTO-IODURE D'ÉTAIN. Snl.

L’étain en poudre, chauffé avec le double de son poids d’iode, produit une petite quantité de bi-iodure d’étain qui se sublime, et du protoiodure: ce dernier composé est fixe à la température rouge ; il se dissout en petite quantité dans l’eau, d’où il se dépose par l’évaporation et le refroidissement en cristaux qui retiennent 2 équivalents d’eau.

Le proto-iodure d’étain se décompose quand on le chauffe au contact de l’air, en bi-iodure qui se sublime vers 180°, et en un résidu d’acide métastannique.

Ce corps se combine avec les iodures alcalins et forme des iodures doubles cristallisables.

Ces composés sont représentés par la formule générale : Ml,2SnI. La combinaison du proto-iodure d’étain avec Fiodhydrate d’ammoniaque ne présente pas la même composition ; elle a pour formule : AzH3,HI,SnI. Le proto-iodure d’étain absorbe directement le gaz ammoniac et forme une combinaison blanche, pulvérulente, représentée par (AzH3)2,SnI.

(M. P. Boullay.)

Le proto-iodure d’étain forme avec le biclilorure d’étain une combinaison dont la composition correspond à la formule SnCl2,SnI, et qu’on obtient sous la forme de prismes d’un jaune orangé, en traitant le protochlorure d’étain anhydre par le chlorure d’iode ICI. (M. Kane.}

PROTOS U LF {JR E D ÉTAIN.

DEUTO-IODURE D’ÉTAIN. Slll2.

Ce composé se présente en cristaux jaunes, d’un éclat soyeux, qui sont décomposés par l’eau en acides iodliydrique et stannique. On l’obtient en dissolvant de l’acide stannique hydraté dans de l’acide iodliydrique.

FLUORURES D'ÉTAIN.

Le protofluorure d’étain SnFl est très soluble dans l’eau; en évaporant sa dissolution aqueuse, on obtient des cristaux prismatiques.

Le bifluorure d’étain SnFl2 est un corps incristal lisable qui se coagule comme l’albumine quand on chauffe sa dissolution.

SUXFUR.ES D’ÉTAIN .

Le soufre et l’étain se combinent dans les proportions suivantes :

Prolosulfurc S11S.

Sesquisulfure Sn2S3.

Bisulfure SnS2.

Ces composés correspondent, comme on le voit, aux oxydes d’étain.

PROTOSULFURE D’ÉTAIN. SllS.

Su 735,29 78,61

Ce sulfure est noir et insoluble dans l’eau ; l’acide chlorhydrique concentré le dissout en dégageant de l’acide sulfhydrique pur.

Le protosulfure d’étain doit être considéré comme une sulfobase puissante; en effet, il se combine avec un grand nombre de sulfures, et forme ainsi des composés dans lesquels il semble jouer le rôle de base : tels sont le sulfocarbonate d’étain (SnS, CS2), le sulfarséniate d’étain (SnS,AsS5), etc.

Préparation.

Le protosulfure d’étain s’obtient par voie humide, en précipitant un sel de protoxyde d’étain par l’acide sulfhydrique; pour le préparer par voie sèche, il faut faire chauffer de l’étain avec du soufre, pulvériser la masse et la chauffer avec une nouvelle quantité de soufre, jusqu’à ce que le mélange soit entré en fusion.

ETAIN

iïU

SESOUI SULFURE D’ÉTAIN. Sll2S3.

Ce corps est sans importance; il s’obtient en chauffant au rouge obscur du protosulfure d’étain avec un excès de soufre.

BISULFURE D'ÉTAIX. SllS2.

Sn. . 735,29 64,76

Ce sulfure peut être obtenu par voie sèche et par voie humide.

On le prépare par voie humide en traitant une dissolution de bichlorure d’étain par l’acide suif hydrique.

Le bisulfure d’étain ainsi obtenu est d’un jaune sale, insoluble dans l’eau, soluble dans la potasse ; il est précipité de cette dissolution par les acides.

Le bisulfure d’étain obtenu par voie sèche a reçu le nom d’or mussif.

Pour le préparer, on amalgame 12 parties d’étain avec 6 parties de mercure ; on broie l’amalgame avec 7 parties de fleur de soufre et 6 parties de sel ammoniac. On introduit le mélange dans un matras de verre à long col, et on le chauffe lentement au rouge sombre dans un bain de sable, jusqu’à ce qu’il ne dégage plus de vapeurs blanches. La réaction est très complexe; il se forme du sulfure, des chlorures de mercure, d’étain, qui se volatilisent en même temps qu’une certaine quantité de sel ammoniac, et l’on trouve au fond du ballon une couche cristalline d’or mussif.

Dans cette opération, le sel ammoniac, en se volatilisant, emprunte à la masse une certaine quantité de chaleur latente, ce qui empêche la température de s’élever assez pour que le bisulfure d’étain soit décomposé ; en outre, les molécules de sulfure d’étain sont entraînées parles différents produits volatils et cristallisent en quelque sorte par sublimation.

On peut aussi obtenir le bisulfure d’étain sous la forme de paillettes cristallines, en faisant passer dans un tube chauffé au rouge sombre de l’acide sulfhydrique sec et saturé de vapeurs de bichlorure d’étain anhydre.

L’or mussif est d’un jaune d’or; il cristallise en belles paillettes hexagonales, douces au toucher, inattaquables par tous les acides, excepté par l’eau régale.

Chauffé au rouge avec le double de son poids de nitre, il fait entendre une violente explosion, et forme du sulfate et du stannate de potasse.

A RS EMIT RE S d’ÉTAIX. H 5

Le bisulfure d'étain se comporte comme un suit acide puissant, efsc combine avec les sulfobases. Il se dissout dans l’hydrate dépotasse ; dans ce cas, une partie du sulfure se décompose pour produire du stannate de potasse et du sulfure de potassium, qui se combine avec le sulfure d’étain non décomposé. Lorsqu’on le fait bouillir avec une dissolution de carbonate de potasse, il chasse l’acide carbonique, et forme du sulfostannate de potassium (KS,SnS2).

Le bisulfure d’étain se décompose par l’action de la chaleur, et donne un mélange de protosulfure et de sesquisulfure d’étain.

L’or mussif sert à bronzer le bois; il est aussi employé pour enduire les coussins des machines électriques.

PHOSPHllRES D’ÉTAIN.

Le phosphure d’étain obtenu en chauffant un mélange d’étain et de phosphore en excès contient 15 à 16 pour 100 de phosphore (Pelletier). Il est d’un blanc d’argent, moins fusible que l’étain, mou, malléable, et d’une texture lamelleuse.

Lorsqu’on fait arriver un excès d’hydrogène phosphoré sur du protochlorure d’étain anhydre, et qu’on arrose avec de l’eau le composé qui en résulte, il reste un résidu jaune, dont la composition est représentée par la formule : Sn2Plvb (M. H. Rose.)

ARSÉNIURES D'ÉTAIN.

L’étain et l’arsenic se combinent pour ainsi dire en toutes proportions par la voie sèche. Les corps ainsi obtenus sont gris, cassants, lamelleux, moins fusibles que l’étain, et facilement oxydés par le grillage qui en dégage de l’acide arsénieux. Traités par l’acide chlorhydrique, ils donnent des mélanges d’hydrogène et d’hydrogène arsénié qui se dégagent, et du chlorure d’étain qui se dissout ; une certaine quantité d’arsenic se sépare à l’état de liberté.

Il suffit d’une très petite quantité d’arsenic pour durcir l’étain, altérer sa malléabilité, et lui communiquer la propriété de cristalliser facilement en larges lames.

ETAIN

AZOTATE DE PROTOXYDE D’ÉTAIN. SnO,Àz05.

SnO 835,29 55,30

AzO5 675,00 44,70

Ce sel n’est pas connu à l’état solide : quand on concentre sa dissolution, il se décompose et donne de l’acide métastannique. Il éprouve la même altération lorsqu’on le laisse au contact de l’air. On le prépare en dissolvant dans l’acide azotique étendu l’hydrate de protoxyde d’étain ou le protosulfure d’étain.

Quand on traite l’étain par de l’acide azotique d’une densité égale à 1,114, on obtient une dissolution d’un azotate double de protoxyde d’étain et d’ammoniaque qui se décompose par la concentration, et donne, comme l’azotate d’étain, un dépôt d’acide métastannique hydraté.

SULFATE DE PROTOXYDE D’ÉTAIN. SllO,S03.

SnO 835,29 62,55

Le sulfate d’étain est très soluble dans l’eau froide; cette dissolution se décompose facilement et produit un sous-sel blanc et insoluble.

Le sulfate d’étain est anhydre, et a pour formule : SnO,S03; il se décompose par la chaleur, dégage de l’acide sulfureux, et laisse un résidu d’acide métastannique. Il forme des sels doubles assez stables avec le sulfate de potasse et le sulfate d’ammoniaque.

Préparation.

Ce sel a été obtenu pour la première fois en chauffant l’acide sulfurique avec le protochlorure d’étain (Berthollet). Le meilleur moyen de le préparer consiste à saturer à chaud de l’acide sulfurique étendu par du protoxyde d’étain hydraté et encore humide. Cet oxyde se dissout rapidement, et laisse déposer par le refroidissement une grande quantité de cristaux lamelleux, incolores, d’un aspect nacré. (M. Bouquet.)

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