CARBONATE DE PLOMB
de l’eau distillée, à l’abri de l’air, se recouvre d’un dépôt blanc dont la composition est représentée par (PbO,HO),(PbO,CO‘2).
Le carbonate de plomb se combine avec le sulfate , le bromure et le chlorure de plomb. Cette dernière combinaison a pour formule PbCl,PbO,C02; on l’a trouvée à l’état cristallisé dans le règne minéral. Le carbonate de plomb enlève complètement le chlorure de plomb à sa dissolution aqueuse.
Usages.
Le carbonate de plomb est employé en peinture, et porte les noms de blanc de plomb, de céruse et de blanc d'argent ; il forme la base de toutes les peintures à l’huile. On le mélange dans ce cas avec des huiles siccatives, telles que l’huile de lin.
La céruse broyée avec une petite quantité d’huile constitue le mastic des vitriers ; mais, le plus souvent, les vitriers remplacent la céruse par la craie dans la composition de leur mastic. Un mélange à parties égales de céruse, de minium et d’huile de lin, forme un mastic qui acquiert à la longue la dureté de la pierre.
Fabrication de la céruse.
On prépare la céruse à Clicliy, dans la fabrique de M. Roard, par une méthode, due à M. Thénard, qui consiste à faire arriver un courant d’acide carbonique dans une dissolution de sous-acétate de plomb. La réaction est représentée par la formule suivante :
(Pb0)3,C4H303 -f 2 CO2 = 2(Pb0,C02} + Pb0,C4H303.
L’acétate neutre de plomb qui reste dans la liqueur est mis en ébullition avec un excès de litharge, et transformé en acétate de plomb tribasique qui peut de nouveau servir à la préparation de la céruse.
On donne le nom de procédé hollandais à un mode de fabrication de la céruse qui a été importé de Hollande en France, et qui est surtout employé dans les environs de Lille et de Valenciennes.
•Pour produire la céruse par ce procédé, on introduit dans des pots de grès vernis a l’intérieur, une petite quantité de vinaigre de basse qualité ( vinaigre de bière , etc.).
Les pots portent dans leur intérieur un rebord sur lequel vient reposer une feuille mince de plomb, roulée en spirale (pl. XXV, fig. U). On les range les uns à côté des autres dans de grandes cases de bois, et on les recouvre de disques de plomb. Ces pots sont placés sur une couche épaisse de fumier de cheval, et l’on dispose ainsi alternativement sur une hauteur de 5 à 6 mètres des lits de fumier et des rangées de pots.
Bientôt le fumier entre en fermentation : la température s’élève graduellement, et peut atteindre jusqu’à 100°; il se dégage des quantités
PLOMB
considérables d’acide carbonique. Des courants d’air sont ménagés avec soin dans les angles des cases, et les lames de plomb se trouvent bientôt exposées à l’action de l’air et de l’acide carbonique , sous l’influence des vapeurs de vinaigre qui se dégagent des pots en raison de l’élévation de température de la masse.
Le métal absorbe l’oxygène de l'air et l’acide carbonique du fumier, sous l’influence de l’acide acétique ; et au bout de quelques semaines, les feuilles de plomb sont presque complètement transformées en céruse.
Ün détache facilement les écailles de céruse, par le choc, ou en ployant plusieurs fois les lames de plomb sur elles-mêmes. On broie la céruse. soit à sec, soit avec de l’eau : on en fait une pâte molle, homogène, qu’on dessèche d’abord en l’introduisant dans de petits pots de terre très poreuse et en la portant ensuite dans une étuve.
En Angleterre, on fabrique quelquefois la céruse en faisant arriver un courant d’acide carbonique sur de la litharge humectée avec une dissolution très faible d’acétate neutre de plomb. Cette litharge est placée dans des auges de schiste ; elle est mise continuellement en mouvement par des râteaux, et reçoit un courant d’acide carbonique produit par la combustion du coke. Sous l'influence de cette faible proportion d’acétate de plomb, la litharge absorbe avec rapidité l’acide carbonique, et se trouve en quelques heures entièrement transformée en céruse.
La théorie de la fabrication de la céruse est très simple ; et 1 ’on peut dire que tous les procédés de fabrication reviennent à décomposer par l’acide carbonique un sous-acétate de plomb.
Dans le procédé de M. Thénard, on précipite directement par l’acide carbonique l’acétate de plomb tribasique, qui passe à l’état de sel neutre, et peut, après avoir redissous une nouvelle quantité d’oxyde de plomb, le céder de nouveau, et un nombre de fois en quelque sorte illimité, à de l’acide carbonique.
Dans le procédé hollandais, l’oxygène de l’oxyde de plomb contenu dans la céruse est fourni par l’air, et l’acide carbonique provient du fumier. Pour le prouver, il suffit de supprimer les courants d’air dans les cases ; il ne se forme pas alors de traces de céruse ; lorsque ces courants sont mal ménagés, la transformation du plomb en carbonate n’est que partielle. On a reconnu également qu’il ne se produit pas de céruse lorsqu’on enlève le fumier : c’est donc cette matière qui fournit l’acide carbonique.
On démontre aussi que, dans le procédé hollandais, il se forme à la surface des lames de plomb du sous-acétate de plomb : si l’on cherche, en effet, à remplacer l’acide acétique par un autre acide organique qui ne produise pas un sel basique avec l’oxyde de plomb, il ne se fait pas de céruse : ainsi l’acide formique en présence du plomb, de l’air et de l’acide carbonique, ne produit pas de carbonate de plomb (Pelouze). Il faut donc