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CARBONATES DE NICKEL

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Le carbonate neutre de nickel s’obtient à l’état anhydre sous la tonne d’une poudre cristalline d’un blanc verdâtre, composée de petits rhomboèdres transparents, quand on décompose à la température de 150° le chlorure de nickel par le carbonate de chaux ou le bicarbonate de soude. Il est inattaquable à froid par les acides chlorhydrique et azotique. (M. de Sénarmont.)

Quand on verse de l’azotate de nickel dans un grand excès de bicarbonate de soude, on obtient un précipité cristallin dont la composition doit être représentée par NiQ,CQ2,(5HO. (M. H. Deville.)

Le précipité vert-pomme qu’on obtient en versant un carbonate alcalin dans une dissolution d’un sel de nickel, est un sel basique hydraté, qui correspond par sa composition aux précipités qu’on produit , dans des circonstances semblables, avec les sels de zinc ou de cuivre. Le carbonate de nickel paraît se combiner en plusieurs proportions avec le protoxyde de nickel hydraté.

Le sous-carbonate de nickel est soluble dans un excès de carbonate alcalin : chauffé en vases clos , ce sel laisse un résidu de protoxyde de nickel ; calciné au contact de l’air , il se change en sesqui-oxyde. il se combine avec l’ammoniaque.

Le carbonate neutre de nickel forme, avec les carbonates alcalins, les combinaisons suivantes :

(KO,2C02) , (Ni0,C02)2,9H0 ;

(KO, CO2), (MO, CO2), Zi HO;

( NaQ , CO2) , (MO , CO2 ) , 1 0 H O ;

( A z H3 , H 0 , 2 GO2) , (M O , GO2) 2 , 9 1 1 O . (M. II. Deville.)

3‘IIOSFHATE DE NICKEL.

Ce composé est pulvérulent, d’un vert clair, insoluble dans l’eau, soluble dans un excès d’acide phosphorique. Il forme avec le phosphate d’ammoniaque un sel double insoluble. On prépare le phosphate de nickel par double décomposition, ou en traitant le nickel métallique par une dissolution bouillante d’acide phosphorique.

Ai* SÉVI AT E DE NICKEL.

Quand on décomposé un sel de nickel par un arseniate alcalin, on obtient un précipité vert pâle d’arséniate de nickel (NiO)2,AsO\ Il est in-

MINÉRAUX !>]•; NICKEL. Il

soluble dans l’eau et soluble dans les acides; soumis a l’action de la chaleur, il perd son eau de cristallisation et devient d’un jaune clair.

Le minéral connu sous le nom de nickelblüthe est un arséniate de nickel hydraté : (Ni0)2,As05,8H0.

ARSÉNITE DE NICKEL.

Ce composé ressemble beaucoup à l’arséniate. 11 se dissout dans l'ammoniaque qui le laisse déposer sans altération. Soumis à l’action de la chaleur , il devient noir , dégage des vapeurs d’acide arsénieux et laissa un résidu vert d’arséniate de nickel basique.

BORATE DE NICKEL.

Le borate de nickel est un précipité vert pâle insoluble dans l’eau, soluble dans les acides. Quand on le fait fondre, il donne un verre d’un rouge hyacinthe.

CHROMATES DE NICKEL.

Le chromate neutre , obtenu en saturant de l’acide chromique par de l’oxyde de nickel hydraté, est un sel rouge, déliquescent, qui cristallise avec difficulté.

Le chromate basique est un précipité jaune brun, qu’on produit en traitant le chromate neutre par les alcalis, ou en précipitant une dissolution bouillante de sulfate de nickel par le chromate neutre de potasse. Il est représenté par la formule (NiG)4,Cr03,6H0 ( MM. Malaguti et Sarzeaud.)

Quand on traite l’un des sels précédents par l’ammoniaque caustique, on obtient une poudre cristalline, d’un jaune verdâtre, dont la composition correspond à la formule (Ni0,Cr03),3AzH3,âH0.

MSNÉEâïïX MICHEL ,

On peut distinguer les espèces suivantes parmi les minéraux qui contiennent du nickel :

Oxyde ;

Sulfure ;

Proto-arséniure Ni As, ou kupferuickcl ;

Bi-arséniure Ni As2 ;

Arséniosulfure, ou nichai gris;

Antimoniosulfure ;

Arséniate {nirkclhlnthc) ;

Arsénite ;

Silicate, ou pimchtp ;

Alliage avec le 1er, ou fer rriPtronque ,

NICKEL

KUPFERNICKEL. NiAs.

Ce corps est le minerai de nickel le plus abondant. Il est d’un gris rougeâtre métallique, ressemblant au cuivre ; il est amorphe, très fragile, il répand une odeur d’ail par le choc. Sa densité est 7,65. L’acide chlorhydrique ne l’attaque pas; il se dissout rapidement dans l’acide azotique et l’eau régale, et se transforme par le grillage en un sous-arséniate de nickel, qui est vert.

Le kupfernickel est souvent mélangé au bi-arséniure de nickel, qui a pour formule : NiAs2,

SPEISS»

On donne dans les arts le nom de speiss à une matière très fusible qui s’amasse au fond des creusets dans lesquels on fabrique le smalt. Le speiss peut être considéré comme un arséniosulfure de nickel ; il contient environ h 9 pour 100 de nickel, 38 d’arsenic, 8 de soufre, et de petites quantités de cobalt , de cuivre et d’antimoine; on trouve quelquefois le speiss cristallisé en octaèdres à base carrée ayant le même aspect que le kupfernickel. Le speiss sert en Allemagne à la préparation du nickel qui entre dans la composition du packfong.

EXTRACTION DU NICKEL

Quelques pyrites de fer magnétiques contiennent environ 3 pour 100 de nickel ; on les exploite avec avantage dans certaines localités , et notamment en Suède; elles fournissent un métal qui ne contient pas d’arsenic, et qui est par conséquent très propre à la fabrication du maillechort.

Le nickel se retire le plus souvent du kupfernickel ou du speiss. La séparation de ce métal d’avec l’arsenic présente souvent de grandes difficultés. On commence par réduire le minerai en poudre , et on le grille à plusieurs reprises , soit seul , soit avec du charbon , pour volatiliser la plus grande partie de l’arsenic. Il reste toujours après ces grillages une certaine quantité d’arsenic que l’on enlève par l’une des méthodes suivantes :

Première méthode.

On grille d’abord la mine seule avec précaution , pour qu’elle ne fonde pas , puis on la chauffe avec du charbon. Quand on a dégagé ainsi le plus possible d’arsenic , on fait dissoudre le résidu dans l’eau régale, de manière à transformer l’arsenic restant en acide arsénique. La liqueur est évaporée à sec; on la reprend par l’eau, et on la précipite avec précaution par du carbonate de soude : on obtient d’abord un précipité blanc

EXTRACTION DU NICKEL

d’arséniate d’antimoine; lorsque le précipité commence à se colorer, on ajoute dans la liqueur du perchlorure de fer, et l’on y verse de nouveau du carbonate de soude : il se forme alors de l’arséniate de peroxyde de fer qui est blanc; et quand tout l’arsenic est précipité, on voit apparaître l’hydrate jaune de peroxyde de fer. Lorsque la dissolution ne laisse plus déposer de précipité jaune par le carbonate alcalin , on est certain qu’elle ne contient plus que du cobalt et du nickel; en continuant à ajouter du carbonate de soude, on précipite les carbonates de cobalt et de nickel , que l’on peut séparer l’un de l’autre par l’une des méthodes que nous exposerons à la fin de ce volume. (M. Berthier.)

Deuxième méthode.

Cette méthode consiste à griller d’abord la mine, et à la mélanger avec du fer métallique ; on fait dissoudre le tout dans l’eau régale; on évapore à sec ; le résidu, repris par l’eau, laisse une grande quantité d’arséniate de peroxyde de fer.

La liqueur contient encore de l’arséniate de fer, que l’on précipite par une addition convenable de carbonate de soude ; elle peut aussi retenir du cuivre, dont on détermine la précipitation au moyen de l’acide suifhydrique, (M, Berthier.)

Troisième méthode.

Lorsque l’arséniure de nickel est pur, on en extrait facilement le nickel» en chauffant au rouge sombre , dans un creuset de Hesse , un mélange de 1 partie d’arséniure de nickel , de 3 parties de carbonate de potasse et de 3 parties de soufre. Le soufre se combine avec le nickel, l'arsenic et le potassium , et il se produit en même temps une certaine quantité de sulfate de potasse. La masse fondue et refroidie est grossièrement pulvérisée et traitée par l’eau , qui dissout le sulfate de potasse , l’excès de sulfure de potassium et du sulfarséniate de potassium , c’est-à-dire une combinaison soluble de sulfure d’arsenic et de sulfure de potassium. L’eau laisse une poudre cristalline , insoluble, douée de l’éclat métallique, qui consiste en sulfure de nickel complètement dépouillé d’arsenic. Pour convertir ce sulfure en sels de nickel purs, il suffit de le traiter par l’acide azotique ou par l’acide sulfurique : on peut aussi le transformer, par le grillage, en oxyde de nickel, (M, Woehler.)

Quatrième méthode.

On attaque dans une chaudière de plomb l’arsémurede nickel par un mélange de spath fluor et d’acide sulfurique. Il se forme du fluorure d’arsenic qui est volatil ; on calcine ensuite la masse dans un creuset, afin de volatiliser l’excès d’acide sulfurique; il reste un sel de nickel qui ne contient plus de traces d’arsenic. (M, Lïebig.)

NICKEL

( 'inquihne méthode.

Cette méthode, récemment perfectionnée par M. Bredberg, est employée à Klefva , en Suède , pour le traitement d’une pyrite magnétique contenant du cuivre et du nickel. Le minerai est d’abord grillé en tas, puis fondu dans un haut fourneau avec addition de quartz ; la plus grande partie du fer passe dans les scories à l’état de silicate, comme dans le traitement des minerais de cuivre. On obtient ainsi une rnatte contenant environ 6 pour 100 de nickel, du cuivre, du fer et quelquefois un peu de soufre. Cette matte est réduite en une poudre grossière et grillée sur la sole d’un four à réverbère ; on la soumet à une nouvelle fusion dans un haut fourneau, et l’on arrive, après un certain nombre de grillages et de fusions, à obtenir des mattes très riches en nickel. Le dernier produit de ces opérations est un alliage formé de 70 à 80 pour 100 de nickel , 18 à 22 de cuivre, 1,5 à 2,5 de fer. Cet alliage est réduit en petits fragments et versé dans le commerce sous le nom de nickel cristallisé. On peut en retirer du nickel pur par les méthodes qui servent à effectuer la séparation du nickel, du fer et du cuivre.

AIRAGES 30 JE NICKEL.

Le nickel s’allie facilement avec le plus grand nombre des métaux. Il existe des alliages naturels de nickel et de fer qui forment souvent la partie principale des aérolithes.

Les alliages ternaires de nickel , de zinc et de cuivre sont très employés dans les arts sous les noms de maillechort , argentan , packfong , etc. (Voyez Alliages de cuivre.)

On produit un amalgame de nickel en faisant digérer dans un vase fermé un amalgame de 1 partie de zinc et 6 parties de mercure avec une dissolution acide de chlorure de nickel, à laquelle on ajoute un excès d’ammoniaque , de manière à redissoudre le précipité. Le zinc entre en dissolution en dégageant de l'hydrogène; le nickel devenu libre s’unit au mercure , et lorsque tout dégagement de gaz a cessé, on obtient un amalgame de nickel sous la forme d’une masse dure, grisâtre, magnétique, qu’on purifie en la faisant bouillir pendant quelques instants avec de l’acide sulfurique étendu, qui dissout une petite quantité de zinc quelle retient encore. (M. Damour.)

La même méthode permet de préparer un amalgame de cobalt. L’amalgame de zinc décompose aussi les dissolutions de fer, de manganèse, de chrome, d’uranium; mais ces métaux ne forment pas d’amalgames dans ces circonstances.

COBALT

Equivalent : Cb = 369,00.

Historique.

Le cobalt a été isolé en 1733 par le chimiste suédois Brandt. Dès le milieu du xvie siècle , les minerais de cobalt étaient employés pour colorer le verre en bleu .

Propriétés.

Le cobalt peut être obtenu en culot; il a quelquefois la blancheur de l’argent et peut prendre un beau poli. Sa cassure est à grains très fins et ressemble à celle de l’acier. Sa densité paraît être 8,6. Il est très magnétique.

Le cobalt est aussi difficile à fondre que le fer, et il est fixe comme ce dernier métal. Il se conserve sans altération dans l’air et dans l’eau à la température ordinaire ; mais il s'oxyde rapidement à une température élevée.

Les acides sulfurique et chlorhydrique le dissolvent lentement avec dégagement d’hydrogène. L’acide azotique l’attaque , au contraire, avec énergie.

Le cobalt s’unit directement au chlore , au soufre, au phosphore et à l’arsenic.

Il est très difficile d’obtenir ce métal à l’état de pureté; le cobalt retient presque toujours des traces de fer, d’arsenic ou de nickel.

Préparation.

On prépare le cobalt métallique en réduisant l’oxyde de cobalt par le charbon, ou en calcinant à une température élevée l’oxalate de cobalt.

L’oxyde de cobalt est également réduit par l’hydrogène , et si l’opération s’est faite à une température peu élevée, le métal est pyrophorique comme le fer préparé dans les mêmes circonstances. Le chlorure de cobalt soumis au rouge, à l’action de l’hydrogène, donne de l’acide chlorhydrique et du cobalt métallique.

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