MORPHINE
MORPHINE. Êq. = 3562,5 ou 285.
§ 1386. Plusieurs procédés ont été proposés pour l'extraction de la morphine. Comme cette description nous entraînerait beaucoup trop loin et serait en dehors du cadre de ce Cours, nous nous contenterons de faire connaître les principales propriétés de cette substance.
La morphine cristallise en prismes incolores, transparents, appartenant au système rhombique. Elle est inodore et possède une saveur d'une amertume très-persistante.
Elle est à peine soluble dans l'eau froide; 5oo parties d'eau bouillante dissolvent i partie de morphine et l'abandonnent presque en entier à l'état cristallin par le refroidissement. L'alcool* la dissout en plus forte proportion, surtout à chaud. L'éther et les huiles essentielles n'en dissolvent que des traces, ce qui permet de la séparer de la narcotine.
Les cristaux de morphine fondent par la chaleur, dégagent 2 équivalents d'eau de cristallisation et se prennent par le refroidissement en une masse radiée. Par une plus forte chaleur, elles se charbonnent.
L'acide iodique, même en dissolution très-étendue, est réduit par la morphine; il en résulte une coloration brune ou jaune, par suite de la séparation de l'iode. Le nitrate d'argent et le chlorure d'or sont facilement réduits par cette base.
Les sels de peroxyde de fer éprouvent de la part de la morphine une réduction tout à fait caractéristique; ils prennent une coloration d'un bleu foncé.
L'acide azotique concentré colore la morphine en rouge orangé ; cette teinte passe graduellement au rouge. Le produit qu'on obtient dans cette réaction jouit de propriétés acides et fournit un alcali volatil quand on la distille avec de la potasse.
Chauffée avec un excès d'hydrate de potasse solide à la température de 200 degrés, la morphine laisse égaloment dégager un liquide alcalin contenant de la méthylamine.
La morphine s'unit à tous les acides, et forme avec la plupart des produits nettement cristallisés.
La composition de la morphine est exprimée par la formule
C"H,9Az06.
4*6 • NARCOTINE.
NARCOTINE.
§ 1387. La narcotine cristallise en prismes droits à base rhorabe ou en aiguilles aplaties, incolores et brillantes; elle est insoluble clans l'eau froide, très-peu soluble dans l'eau bouillante. Elle est peu soluble dans l'alcool et l'éther, qui la dissolvent toutefois en proportion beaucoup plus considérable que la morphine.
La narcotine fond à 170 degrés. Si on la laisse refroidir lentement, elle cristallise; si le refroidissement est brusque, elle donne une masse amorphe. A 110 degrés elle se boursoufle, dégage de l'ammoniaque ctJaisse un résidu acide. Chauffée à 200 degrés avec de l'eau, dans un tubo scellé à la lampe, elle se dissout en donnant un liquide jaune-rougeàtre, doué d'ui e forte saveur amère. L?acide azotique étendu dissout la narcotine à froid sans la décomposer. Si l'on porte la liqueur à 5o degrés, la narcotine se dé-, compose complètement; il se précipite des flocons cristallins d'une substance particulière, tandis que la liqueur retient en dissolution un grand nombre de substances bien définies. Remplace-t-on l'acide étendu par de l'acide concentré, la réaction est violente, même à froid; d'abondantes vapeurs rutilantes se dégagent, ainsi que du nitrite de méthyle, on obtient en outre une matière résino'ùic de couleur rougeatre qui reste comme résidu.
La potasse en dissolution étendue n'exerce aucune action sur la narcotine, même à la température de l'ébullition ; en dissolution concentrée, elle la transforme en un acide qu'on désigne sous le nom acide narcotique et qui ne parait différer de la narcotine que par les éléments de l'eau.
Lorsqu'on chauffe de la narcotine à 110 degrés avec de l'hydrate de potasse solide, elle se décompose et fournit un liquide doué de propriétés alcalines très-prononcées, qui renferme de lammo- .niaque, de la méthylamine, de I'éthylamine ou de la propylamine. suivant la composition de la narcotine employée. #On a constaté, en effet, dans l'opium l'existence de.quatre narcotine» différentes dont les compositions sont exprimées par les formules
C42I12,N0U, C"IFNO'\ • CtcH25NO,,î !
NARCOTINE. 4*7 Ces quatre substances sont, comme on voit, parfaitement homo- Iogues : la première donne de l'ammoniaque, et les autres les différents homologues de celte substance.
La narcoiine, soumise à diverses influences oxydantes, se transforme en un acid-e qtfe MM. Wohler et Liebig ont désigné sous le nom $ acide opianique, et en une base à laquelle ils ont donné le * nom de cotamine.
Celte réaction s'exprime au moyen de l'équation
C ,fi H" Az 0' * + 4 OH- C2" H13 Az O6 -hÇ20H,0Ol0-f-2 HO.
NurcotlDo. Cotarnine. le. opianique.
II se dégage, en outre, quelquefois de l'acide carbonique qui parait provenir d'une réaction secondaire. Cet acide opianique, qui cristallise avec la plus grande facilité, se transforme sous l'influence de l'acide sulfureux en un produit désigné sous le nom d'acide opiancKsulfurcitXy dont la composition est exprimée par la formule
qui ne diffère de celle de l'acide opianique qu'en ce que i équivalents d'eau s'y trouvent remplacés par i équivalents 'd'acide sulfureux.
Si l'on remplace l'acide sulfureux par de.l'aeide suffhydrique, il ne se produit rien à froid; mais porte-t-on la liqueur à 70 degrés, elle se trouble fortement et laisse déposer un produit qui présente l'aspect du soufre précipité. Celui-ci se dissout dans l'alcool. La dissolution, abandonnée à l'évaporation spontanée, laisse déposer des prismes déliés de couleur jaune, jouissant de propriétés acides, qu'on désigne sous le nom d'acide suif opianique et dont la composition est exprimée par la formule
La narcotinc, dans son contact avec les réactifs, donne d'autres produits de dérivation que nous n'examinerons pas ici par suite du cadre restreint de ce Cours.
La narrotine, ainsi «que la morphine, constituent deux produits excessivement vénéneux; cette dernière forme, de même que la morphine, des sels qui cristallisent avec la plus grande facilité.
4i8 ALCALIS DES QUINQUINAS..