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GÉNÉRALITÉS.— ANALYSE IMMÉDIATE ET ÉLÉMENTAIRE

DHTërences apparentes qu'on observe entre les matières organiques et les substances minérales. — Explication de ces différence;. — Dérivation des substances organiques des binaires les plus simples, tels que l'eau, l'acide carbonique, l'ammoniaque. — Développement d'une graine aux dépens des éléments gazeux de l'atmosphère. — Caractères physiques des substances organiques. — Action de la chaleur, de l'électricité. — Action des réactifs. — Oxygène, chlore, brome, etc. — Action des bases, des acides. — Acides sulfurique, phosphorique , azotique. — Principes de l'analyse immédiate. — Analyse élémentaire. — Dosage du carbone, de l'hydrogène, de l'azote, du chlore, du brome, du soufre. — Détermination de l'équivalent d'une substance organique et établissement de sa formule chimique. — Cas où la substance est acide ou basique. — Détermination de/ l'équivalent d'une substance neutre lorsqu'elle est volatile. — Densités de vapeur. — Méthode de Gay-Lussac. — Méthode de M. Dumas. — Anomalies que présentent ces densités dans quelques t cas particuliers.

§ 1028. Après voùs avoir fait connaître les produits les plus importants qui résultent de l'union des métaux avec les métalloïdes ou de la combinaison des métalloïdes entre eux, il me reste à vous décrire d'une manière sommaire les principaux composés que nous fournit le règne organique, ainsi que ceux qu'on peut en faire dériver par l'action des réactifs. Mais avant d'aborder l'examen de ces corps m- i

si nombreux, que j'aurai soin de grouper en séries afin de vous en faciliter l'étude, je m'efforcerai de vous faire saisir les relations étroites qu'on observe entre cps substances si variées et celles que nous avons étudiées précédemment, dont elles ne diffèrent qu'en ce que, renfermant un plus grand nombre d'atomes dans leur molécule, elles présentent une stabilité moindre et par suite une plus grande tendance à se transformer sous une foule d'influences en des produits plus simples. Cette mobilité, dont il est du reste facile de se rendre compte, imprime nécessairement à ces produits une physionomie particulière, qui leur donne quelque ressemblance avec les êtres organisés dont ils proviennent..

Il est temps aujourd'hui de renverser cette barrière établie par les anciens chimistes entre les composés de la nature minérale et ceux du règne organique, et d'effacer ces divisions de chimie minérale et de chimie organique qui ne présentent plus aucun sens, grâce aux progrès de la science moderne. En effet, si pour établir ces différences on a recours aux origines des corps, ne sera- 1- il pas tout aussi rationnel de placer l'acide carbonique et l'ammoniaque parmi les matières organiques qu'au nombre des matières minérales? Ne vous ai -je pas en effet démont ré que ces composés prennent aussi bien naissance dans la décomposition spontanée des produits du règne organique que par la combustion du charbon dans l'oxygène, ou par l'oxydation des métaux, soit au contact de l'air humide, soit par l'action de l'acide azotique étendu?

Si nous unissons deux corps simples doués d'affinités énergiques, molécule à molécule ou tout au moins dans des rapports peu compliqués, nous obtiendrons des composés qui présenteront toujours une très-grande résistance à la décomposition. Augmentons-nous le nombre des molécules élémentaires qui concourent à la formation du composé, cette stabilité décroîtra. Celle-ci deviendra bien moindre encore si nous faisons intervenir dans sa production un grand nombre de molécules élémentaires de substances diverses ; les combinaisons sulfazotées de M. Fremy nous en offrent un exemple des plus saillants : celles-ci se scindent, en effet, sous l'influence des causes les plus légères pour se transformer en une série de produits de composition plus simple.

Toutes les fois qu'un composé renferme un petit nombre de mo-r lécules de corps doués d'affinités réciproques très-énergiques, ce*

(jÉNÉRALITKS sur les matières organiques, s

lui-ci présente toujours une très-grande stabilité. Le composé renferme-t-il un grand nombre de molécules, les plus faibles influences en amèneront la destruction.

Entre les substances organiques de composition très-simple et les composés de la nature minérale, il existe donc la plus parfaite analogie; des ressemblances toutes semblables se manifestent entre les substances organisées dont l'équivalent est très-lourd et ^es composés très-complexes de la nature minérale ; dans l'un et l'autre cas le produit présente une très-grande altérabilité.

§ 1029. Rien de plus facile aujourd'hui que d'établir par l'expérience l'existence de ces liens dont je vous parlais entre les substances qu'on extrait des minéraux et celles qu'on retire du monde organique. Ne pouvons-nous pas, en effet, faire dériver ces dernières des binaires les plus simples, tels que l'eau, l'acide carbonique et l'ammoniaque, substances que l'atmosphère renferme en quantités très-minimes, mais qui s'y trouvent néanmoins en quantités bien supérieures à la masse de matière animale et végétale qui se rencontre à la surface du globe. Je vais, du reste, essayer de vous faire saisir le passage de ces binaires à l'état de substances de plus en plus compliquées, grâce aux ingénieux procédés que les chimistes ont découverts et mis en œuvre depuis quelques années.

Prqjette-t-on un globule de potassium dans quelques centimètres cubes d'eau distillée, de l'hydrogène se dégage tumultueusement, tandis que le métal, prenant la place du gaz expulsé, donne naissance à la potasse caustique des arts, substance bien connue de tout le monde, et dont la constitution chimique, comparable à celle de l'eau présentant une égale simplicité, peut s'exprimer par la formule

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Si nous faisons agir maintenant sur cet hydrate de potasse du chlorure de méthyle, qu'on peut considérer comme le premier produit de la substitution exercée par le chlore sur le gaz qui prend naissance au fond des eaux stagnantes par la décomposition spontanée des végétaux herbacés, bientôt le chlore satisfaisant son afhnité pour le potassium, s'en empare, laissant à sa place le ré-

sidu C'H3 jKMir engendrer de Tespri.t-de-bois, liqueur spiritueuse analogue à l'alcool, qui prend naissance dans la distillation du bois, et dont la composition peut être représentée par

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Remplace-t-on le chlorure de méthyle par l'éther chlorhydrique ordinaire, on obtient pareillement

CÎJ|4 j parallèle à • JJ j 0»,

qui n'est autre que l'alcool ordinaire. La substitution d'un nouvel équivalent des résidus C2H5 et C4H& au second équivalent de l'hydrogène de fesprit-de-bois et de l'alcool engendrerait l'éther méthylique, et l'éther ordinaire, l'éther des pharmacies, substance familière à tout le monde.

On voit donc qu'on peut faire dériver de l'eau de la manière la plus simple les divers alcools et les éthers qui s'y rapportent. Il n'est pas plus difficile de faire dériver de cette substance le vinaigre (acide acétique), ainsi que les différents acides qui lui cor* respondeht.

Remplace-t-on, en effet, dans l'eau l'un des deux équivalents d'hydrogène par le groupement ternaire acétyle, on obtient le composé

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C4HaOJ 1

qui n'est autre que l'acide acétique, le vinaigre purifié. Si l'on substitue à l'acétyle les groupements homologues propionyle, butyryle, etc., on obtient les différents termes qui constituent la série des acides gras.

Ces composés, qu'on peut si facilement faire dériver de l'eau, peuvent se déduire non moins facilement de l'acide carbonique, ainsi qu'il résulte des belles et récentes recherches de M. Vanklyn. En effet, si l'on fait agir sur le kaliméûtyle

un courant, d'acide carbonique, la matière s'échauffe très-notable-

GÉNÉRALITÉS SUR LES MATIÈRES ORGANIQUES. 5 ment en produisant de l'acétate de pousse. On a dans ce cas

La substitution du kaliéthyle, du kalipropyle, etc., permettrait d'obtenir de la même manière les acides propionique, butyrique, etc.

Remplace-t-on dans cet acide c^bonique un second équivalent d'oxygène par du méthyle, ou l'un quelconque de ses homologues (éthyle, propyle, etc.), on obtient une série de composés qui constituent le groupe des acétones. Ainsi la plupart des corps oxygénés, les plus simples comme les plus complexes, peuvent dériver indifféremment de l'acide carbonique ou de la vapeur aqueuse à laide de ces doubles décompositions sur lesquelles j'ai précédemment attiré votre attention dans le chapitre trente-sixième.

Nous en pourrions dire autant à l'égard de l'ammoniaque, qui par l'échange successif de i, de a ou des 3'équivalents d'hydrogène qu'elle renferme, engendre des composés entièrement analogues, doués de fonctions chimiques exactement semblables, qu'on peut produire à l'infini, pour ainsi dire, et qui représentent de la manière la plus exacte les propriétés fondamentales de l'ammoniaque. Tous les alcalis artificiels, toutes les amides acides ou neutres, etc., sont le résultat de semblables substitutions.

En substituant à l'hydrogène de l'ammoniaque ou de l'eau, à l'oxygène de l'acide carbonique, des groupements convenablement appropriés, nul doute qu'on ne s'élève à la formation de produits plus complexes, tels que les acides tartrique, citrique, tannique, etc., le sucre, la salicine, la morphine, la quinine, etc. Il n'en est plus de même en ce qui concerne la production des substances organisées, telles que la cellulose, la fibrine, etc., qui constituent les tissus des animaux et des plantes. Pour atteindre ce but, il faudra nécessairement chercher à mettre en harmonie nos moyens (faction avec ceux dont la nature dispose, et que dans notre ignorance nous désignons sous le nom de force vitale.

De ce que nous avons donné naissance à l'acide acétique par l'action réciproque du chlorure d'acétyle et de l'eau, pouvons-nous

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