GENRE ALCOOL
§ \\VA% A ce groupe appartient l'huile de pommes de terre ou alcool amylique, qui prend naissance dans la fermentation des matières sucrées et amylacées en même temps que l'alcool ordinaire. Nous ne reviendrons pas sur ce produit dont nous avons décrit les propriétés principales chapitre cinquante-quatrième, § HM>
Nous rangerons dans ce groupe les camphres, encore bien que ces produits éloignent sous beaucoup de rapports des alcools proprement dits.
CAMPHRE. 5oi
CAMPHRE. Éq. = 1900 ou i5*.
§ 1452. On retire de certains Lauriis, et notamment du Lait m s camphora> qui croît en abondance au Japon, une huile essentielle concrète, douée d'une odeur toute spéciale, à laquelle on donne le nom fa camphre. Il suffit, pour l'en extraire, de débiter le bois en petits fragments qu'on introduit avec de l'eau dans une cucurbite surmontée d'un chapiteau garni de paille de riz. En soumettant ce liquide à la distillation, lès vapeurs d'eau entraînent avec elles le camphre, qui vient s'attacher aux cordes qu'on a disposées dans l'intérieur ; on obtient de la sorte le camphre brut. Pour le purifier, on l'introduit dans de grandes fioles de verre à fond plat, analogues à celles dont on fait usage pour la sublimation du sel ammoniac. Sous l'influence d'une faible élévation de température, le camphre se réduit en vapeurs, qui viennent se condenser contre les parois froides de la fiole, sur lesquelles elles se moulent de manière à prendre la forme de pains hémisphériques, sous laquelle on le rencontre dans le commerce.
Bien que doué d'une faible tension, le camphre répand une odeur très-forte à la température ordinaire: Lorsqu'on* le conserve en vases clos, la portion de la matière qui se trouve en contact avec les parois fortement éclairées se volatilise et vient se condenser sur les parties qui se trouvent dans l'ombre sous la forme de cristaux brillants, doués d'une très*grande netteté.
Le camphre fond à 175 degrés et bout vers ao5. Sa densité est de 0,986. La densité de sa vapeur est égale à 5,3a. C'est un corps doué d'une assez grande élasticité, ce qui rend sa pulvérisation difficile. Pour le réduire en poudre, il est nécessaire de l'humecter d'un peu d'alcool.
A peine soluble dans l'eau, le camphre se dissout en proportion considérable dans l'alcool, l'esprit-de-bois, l'acide acétique, l'éther ordinaire et les éthers composés. Il s'enflamme par l'approche d'un corps en ignition et brûle avec une flamme blanche fuligineuse.
En dirigeant des vapeurs de camphre sur de la tournure de fer chauffée au rouge, on obtient divers produits, au nombre desquels figure le benzène.
Le chlore et le brome l'attaquent difficilement. Le perchlorure
5oa CAMPHRE.
de phosphore l'attaque à l'aide de la chaleur et donne des produits qui ne sont pas parfaitement bien connus.
Le camphre absorbe le gaz chlorhydrique et se transforme en un liquide incolore, qui résulte de l'union d'équivalents égaux de ces deux corps. L'eau détruit facilement cette combinaison et met le camphre en liberté.
Les dissolutions alcalines, même concentrées, n'exercent aucune action sur le camphre, soit à froid, soit à chaud. Fait-on passer sa vapeur sur de la chaux potassée, chauffée à 400 degrés, le camphre fixe 2 équivalents d'eau et se transforme en un acide qui s'unit à la base alcaline ; on donne à cet acide le nom d'acide campfiolique. Sa production s'explique au moyen de l'équation suivante :
C"H,802+2HO = (7,H,8Ol.
Camphre. Ac. campholiqoe.
Lorsqu'on fait digérer du camphre avec deux ou trois fois son poids d'acide sulfurique, au maximum de concentration à la température de 100 degrés pendant plusieurs heures, et qu'au bout de ce temps on verse de l'eau sur le mélange, il vient nager à la surface de la liqueur acide une huile neutre qui possède la même composition et le même état de condensation que le camphre.
L'acide azotique dissout le camphre à froid et l'abandonne lorsqu'on l'étend d'eau ; à la température de l'ébullition, il l'attaque, des vapeurs rutilantes se dégagent, et si l'on a prolongé suffisamment l'action on obtient une masse cristalline acide, à laquelle on donne le nom d'acide camphorique .
Pour séparer ce produit de la portion de camphre qui n'a pas subi d'altération, on le dissout dans le carbonate de potasse, on filtre la liqueur qu'on décompose ensuite par l'acide azotique, on achève enfin sa purification par des cristallisations dans l'alcool.
La formation de l'acide camphorique s'explique par une oxydation du camphre ; en effet, on a
C20H,liOJ4-6O=:C20H,6O8=C20HuO6, 2HO.
L'acide camphorique est un acide bibasique. Par sa réaction sur l'alcool, il donne naissance à deux produits, ainsi qu'on l'observe avec tous les acides de cette nature : l'un acide, auquel on donne le nom d'acide camphovi nique ; l'autre neutre, connu sous le nom
CAMPHKE. 5o3
iïéthcr camphorique. Ces deux produits peuvent être représentés par les deux formules suivantes :
Acide camphovinique. . . . C20H"Ofi, C4HsO, HO, Êther camphorique. .... C30H,4O«, 2C*H50.
Soumis à Faction de la chaleur, l'acide camphorique perd son eau de combinaison et se change en acide camphorique anhydre. La composition du camphre est exprimée par la formule
CMH,ti03=4vol.vap.
§ 1453. Il exsude du Dryabanalops camphora un liquide visqueux, renfermant une substance cristallisable, qui jouit de propriétés analogues à celles du camphre. Ce produit, qui nous arrive de Bornéo et de Sumatra sous la forme de petits fragments cristallins et transparents, peut être facilement purifié par la sublimation.
La composition de ce produit est représentée par la formule
C50HuO2. Éq.= i925 ou i54.
On voit que ce corps ne diffère du camphre que par 2 équivalents d'hydrogène en plus. On peut le transformer en camphre ordinaire sous des influences oxydantes, et notamment sous celle de l'acide azotique, cet oxygène brûlant les 2 équivalents d'hydrogène qui se trouvent en surplus sans remplacement. Distillé sur de l'acide phosphorique anhydre, le camphre de Bornéo perd 2 équivalents d'eau et se transforme en un carbure d'hydrogène,