C^O'^CO' + C
Ac. benzoïque. r Benzène.
paraît se former dans une foule de circonstances; c'est ainsi qu'on le voit se produire dans la décomposition des matières grasses par la chaleur, dans la distillation de la houille, dans la décomposition des vapeurs d'alcool et d'acide acétique à la température du rouge sombre.
La décomposition de l'acide benzoïque fournit le moyen le plus commode d'obtenir de la benzine parfaitement pure. A cet effet, ou introduit un mélange intime de 1 partie d'acide benzoïque et de 3 parties de chaux éteinte dans une cornue de verre qu'on chauffe au rouge sombre, il se dégage bientôt des vapeurs incolores qu'on peut condenser dans un récipient refroidi. On' agite le pro-
BENZINE OU BENZÈNE. 5*9
duit de la distillation avec un peu de potasse, afin de dissoudre une petite quantité d'acide benzoïque qui pourrait se trouver entraînée. On dessèche ensuite le produit sur du chlorure de calcium , puis on le rectifie au bain-marie.
On peut également retirer du benzène parfaitement pur de l'huile de goudron de houille, en distillant ce. liquide au bain-marie et mettant à part les portions qui bouillent entre 80 et 90 degrés. En redistillant ce produit, on sépare une grande quantité d'un liquide bouillant entre 8a et 86 degrés, d'où l'on peut extraire une quantité considérable de benzène en le plaçant dans un mélange réfrigérant et le soumettant ensuite à l'action de la presse.
§ 1480. A l'état de pureté le benzène est une huile incolore, trèsmobile et d'une odeur suave; sa densité est de o, 85 à i5 degrés; la densité de sa vapeur est de 2,77; il bout vers 82 degrés. Soumis à l'action du froid, il se prend en une jrnasse cristalline qui ressemble au camphre.
A peine soluble dans l'eau, le benzène se dissout en forte proportion dans l'esprit-de-bois, l'alcool et l'éther. Il dissout le soufre, le phosphore et l'iode, surtout à l'aide de la chaleur, et les abandonne à l'état de cristaux par le refroidissement et l'évaporation. Il opère pareillement la dissolution des huiles grasses et volatiles, des résines, des corps gras et du caoutchouc.
Cette huile est très-inflammable et brûle avec une flamme blanche fuligineuse, ce qui tient au grand excès de carbone qu'elle renferme.
Le chlore et le brome agissent rapidement sur le benzène, surtout sous l'influence de la lumière solaire, en donnant naissance à des produits cristallisés.
La composition de ces produits est exprimée par les formules
C"H6Cr% C"H8Br".
Traités par une dissolution alcoolique de potasse caustique, ils se dédoublent sous l'influence de la chaleur en chlorure ou bromure de potassium et en de nouveaux produits chlorés ou bromes. Ces transformations s'expliquent au moyen des équations
C'^Cl6 -4-3^0, HOl^KCI + ôHO-hC'MPCl', C,2H«Brc-f-3(KO, HO) = 3KBr-h6HO-hCuH3Br\
53o BENZINE OU BENZÈNE.
Les résultats que fournit la benzine en présence du chlore et du brome et les dédoublements qu'éprouvent les composés ainsi produits au contact de la potasse alcoolique, sont entièrement comparables à ceux que nous avons signalés à l'occasion du gaz oléfiant et de ses homologues.
L'acide sulfurique concentré dissout le benzène et produit un acide copulé susceptible de former avec les bases des sels définis et cristallisables. L'acide sulfurique fumant donne naissance au . même produit; il se forme en outre dans ce cas un corps neutre auquel on donne le nom de sutjobenzirle.
Ces composés sont représentés par les formules
Acide sulfobenzidique C,2H6, SJ0«,
Sulfobenzide C24H'°, SJ0\
L'acide azotique fgmant convertit le benzène en un liquide pesant, bouillant à i\ 3 degrés, doué d'une odeur aromatique qui rappelle celle des amandes amères, auquel on donne le nom de nUmbmzine. Ce produit est employé dans le commerce de la parfumerie sous lé nom d'essence de mirbane, pour remplacer l'essence d'amandes amères, mais son odeur est loin d'être aussi suave. Une ébullition prolongée du benzène avec l'acide nitrique fumant donne naissance à des cristaux qu'on désigne sous le nom de binitrobenzinc. On obtient très-facilement ce dernier en laissant tomber goutte à goutte du benzène dans un mélange d'acide sulfurique et d'acide nitrique fumants, puis chauffant pendant quelques minutesi En étendant d'eau la liqueur acide, il se sépare des flocons qu'on purifie par des lavages et des cristallisations dans l'alcool: ;
La formation de ces deux produits peut s'expliquer au moyen des deux équations
C!-H6-|- AzO\ HO = -jlH04-C!2H5(àz04), C"ll64-aÀzO*, HO - 4H0-+-C"H4(Az04)2.
Ces composés nilrés étant traités par une dissolution alcoolique de sullhydrate d'ammoniaque, se transforment en aniline et en nitraniline. Ces réactions sont souvent mises à profit pour recon- ' naître de petites quantités de benzène.
Lorsqu'on mélange la nitrobenzine avec une dissolution alcoo-
BENZINE OU BENZÈNE. • 53i
lique de potasse, le liquide s'échauffe fortement, suivant M. Zinin, et prend une teinte brunâtre. Par le rerroidissement il se dépose des cristaux bruns. Le liquide surnageant étant soumis à la distillation, se sépare bientôt en deux couches :,la supérieure, huileuse, de couleur brune, se concrète en une masse formée d'aiguilles; la couche inférieure est une dissolution de potasse caustique, de carbonate de potasse et d'un autre sel de cette base dans l'eau de l'alcool.
Les cristaux précédents étant purifiés par la dissolution dans l'alcool et la cristallisation, se présentent sous la forme d'aiguilles jaunes, brillantes, fusibles à 36 degrés. Ce produit est désigné sous le nom S azoxybenzidc ; sa composition est représentée par la formule
C*H"Az'02.
Il cristallise en aiguilles quadrilatères jaune de soufre, brillantes, qui atteignent quelquefois une longueur de i pouce. Il est dur, inodore et insipide, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et surtout dans l'éther.
Il fond à 36 degrés et se prend, par le refroidissement, en une masse radiée.
En soumettant ce corps à la distillation sèche, il se dédouble en aniline et en azbbenzide, qu'on sépare l'un de l'autre au moyen d une dissolution aqueuse d'acide chlorhydrique qui dissout l'aniline et laisse l'azobenzide intact.
Ce dernier corps se présente pous la forme de belles paillettes d'un jaune rougeàlre, à peine solubles dans l'eau, mais très-solubles dans l'alcool. 11 fond à 65 degrés et distille à io,3 degrés sans
éprouver la moindre altération.
Le sulfhydrate d'ammoniaque en opère facilement la réduction et le transforme en une matière alcaline à laquelle on donne le nom de benzidine qui n'en diffère que par a équivalents d'hydrogène en plus.
La composition de l'azobenzide étant en effet exprimée par la formule
C2iH,0Az>7 celle de la benzidine l'est par
CMH,2Aza.
53* . HYDRATE DE PHENYLE OU PHENOL. La composition du benzène est représentée par la formule
C"H6^4 vol. vap.
HYDRATE DE PHÉNYLE OU PHÉNOL. Éq. - .1175 ou 94.
§ 1481. A la benzine vient se rattacher un corps qu'on rencontre, comme elle, parmi les produits de la distillation du goudron de houille et qui n'en diffère que par 2 équivalents d'oxygène en plus. Ce produit, qu'on désigne sous le nom $ hydrate de phényle, de pJiénol ou <K acide phé nique, peut s'en extraire facilement en agitant la portion de l'huile qui bout entre 175 et 190 degrés avec une dissolution concentrée de potasse caustique. L'hydrate de phényle s'unit, en effet, à la matière alcaline et forme une combinaison cristalline que l'eau dissout facilement. Si donc, après avoir agité pendant quelque temps la matière huileuse avec la potasse, on la traite par l'eau, l'huile neutre se sépare, tandis que l'huile acide reste entièrement dissoute. En siphonant la liqueur aqueuse et la décomposant par un excès d'acide chlorhydrique, il se sépare de l'hydrate de phényle brut que l'on purifie par des lavages à l'eau, puis par la distillation.
M. Bobeuf, à qui l'on doit des observations intéressantes, au point de vue pratique, sur l'hydrate de phényle, a fait connaître une méthode fort simple, qui permet d'extraire directement cette substance des huiles brutes de goudron de houille, sans avoir préalablement recours à la distillation. Celle-ci consiste à agiter ces huiles avec une lessive concentrée de soude caustique, qui opère la dissolution de tout l'hydrate de phényle et de quelques autres huiles acides, puis après avoir siphonné la liqueur alcaline éclaircie, d'y verser de l'eau de manière à la ramener à une densité de 10 degrés de l'aréomètre Baumé. Une grande quantité d'huile brune se sépare et vient nager à la surface. La liqueur alcaline éclaircie ne se troublant plus après décantation parles additions d'eau successives, est alors décomposée comme précédemment par l'acide chlorhydrique, qui met l'hydrate de phényle en liberté. On purifie ce dernier parla rectification. Quant aux huiles légères qui surnagent la première dissolution des huiles brutes dans la soude caustique, on les lave, puis on les soumet à des distillations fractionnées. On obtient ainsi des produits très-limpides qu'on con-