‹ Traite de chimie generale elementaireChapitre 33 sur 172 · CIT'O · texte numérisé non relu

CIT'O

POPULINE. Éq. = 4875 ou 39o.

§ 4089. On rencontre dans l'écorce, et surtout dans les feuilles du tremble, un principe qui ne diffère de la salicine qu'en ce què 1 équivalent d'hydrogène s'y trouve remplacé par 1 équivalent de benzoïle ; on l'en extrait en faisant une décoction dans laquelle on verse du sous-acétate de plomb, qui détermine la formation d'un dépôt jaune; on filtre la liqueur, puis on la fait évaporer jusqu'en consistance de sirop. Par le refroidissement, la populine se sépare sous la forme d'un volumineux précipité cristallin. On la purifie en la faisant bouillir avec de l'eau et du noir animal ; la liqueur laisse déposer, par le refroidissement, de la populine parfaitement incolore.

A l'état de pureté, la populine cristallise en aiguilles très-fines,

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PHL0RIZ1NE. 95

d'apparence soyeuse. Sa saveur sucrée rappelle celle de la réglisse. A peine soluble dans l'eau froide, elle se dissout en quantité notable dans l'eau bouillante. L'alcool bouillant la dissout en plus forte proportion que l'eau.

Sous l'influence des acides étendus et bouillants, la populine se dédouble en acide benzoïque, gjucose et salirétine.

Cette réaction s'exprime au moyen de l'équation

c« h"0I64- 4 HO = Cu H6 0* + C'4 H8 0* -h C 2 H»'012.

Bouillie avec de l'eau de baryte, la populine se transforme en im mélange de salicine et d'acide benzoïque, ainsi que l'exprime l'équation

C4.H»0«6 + a HO = Cu H60* -h CM H,80u. La composition de la populine est exprimée par la formule

PHLORIZINE. Éq. = 545o ou 436.

§ 1090. Cette substance se rencontre dans l'écorce du pommier, du poirier, du cerisier. On l'en extrait par un procédé semblable à celui qui sert à l'extraction de la salicine.

C'est une matière cristalhsable qui se présente tantôt en houppes soyeuses, tantôt en aiguilles plates et brillantes, suivant qu'elle se dépose d'une dissolution concentrée ou étendue. Sa saveur, légèrement amère, est suivie d'un arrière-goût douceâtre. A peine soluble dans l'eau froide, elle se dissout en toutes proportions dans l'eau bouillante. L'alcool et l'esprit-de-bois la dissolvent très-bien ; l'éther n'en prend que des traces. Chauffée à 100 degrés, la phlorizine dégage 4 équivalents d'eau. Elle fond entre 106 et no degrés; maintenue quelque temps à i3o degrés, elle se fige en une niasse très-dure; vers 160 degrés, elle fond de nouveau et laisse dégager de l'eau en se colorant en rouge.

A froid, les acides sulfurique et chlorhydrique ne l'attaquent pas, mais, par un contact prolongé, ils la dédoublent en glucose et phlorétine, ainsi que l'exprime l'équation suivante :

C« n * 0M-j-aHO = C,2H,20,2-j-C™H"010.

La phlorizine absorbe environ 12 pour 100 de gaz ammoniac

96 ARBUT1NE.

sec; la substance, abandonnée au contact de l'air et de l'humidité, se colore graduellement en orangé, puis en rouge, et donne finalement une matière d'un bleu magnifique ; il se produit dans cette circonstance un sel ammoniacal, auquel on donne le nom de phlorizéate d'ammoniaque.

La formation de ce produit s'exprime au moyen de l'équation

C42 H24 O2' -h % Az H3 + 6 0 = C42 H 0 Az2 0 *.

La composition de la phlorizine est exprimée par la formule

A R BUTINE. Éq* = 4975 ou 398.

§ 1091. L'infusion aqueuse des feuilles de busserole ou raisin d'ours donne par l'acétate de plomb neutre un précipité jaunâtre reufermant de l'acide gallique. La liqueur filtrée traitée par un excès d'acide sulfhydrique, pour séparer tout le plomb qu'elle renferme, étant soumise à l'évaporation jusqu'à ce qu'elle acquière la consistance d'un sirop, laisse déposer des cristaux bien définis. On purifie ces derniers en les exprimant entre des doubles.de papier buvard, les dissolvant dans l'eau bouillante, filtrant sur du noir animal, et abandonnant la dissolution à l'évaporation spontanée.

Cette substance, à laquelle on donne le nom d'arbutinc, forme des aiguilles groupées en faisceaux incolores et amères. Elle se dissout facilement dans l'eau, l'alcool et l'éther. Elle est parfaitement neutre. Une douce chaleur en détermine la fusion en dégageant de l'eau de cristallisation.

Mêlée avec de l'émulsine et exposée à une température de a5 à 3o degrés environ, une dissolution d'arbutine prend une teinte rougeâtre, et fournit par l'évaporation au bain-marie un résidu brunâtre d'où l'éther extrait un produit cristallisé qu'on désigne sous le nom tfarctuvine, tandis qu'il reste du glucose pour résidu.

La composition de l'arbutine est exprimée par la formule

Le dédoublement de cette substance en arctuvine et en glucose s'explique facilement au moyen de l'équation

C3c W2 02o ^ ca< H10 O8 + C 2 H' 2 0' 2.

Arboiioe. Arcluviue. Glucose.

ESCULINE. 97

ESCULINE. Éq. = 6o5e ou 484»

§ 1092. Celle substance, qu'on rencontre dans Técorce du marronnier d'Inde, se présente sous la forme d'aiguilles incolores et inodores, qui possèdent une saveur amère et une réaction légèrement acide. Peu soluble dans l'eau froide, elle se dissout dans l'eau bouillante et se précipite par le refroidissement sous la forme d'une poudre cristalline. L'alcool et surtout l'éther la dissolvent difficilement.

La dissolution aqueuse d'esculine est remarquable par ses reflets chatoyants. Incolore par transmission, elle est bleue par réflexion. On observe encore cet effet dans, une dissolution qui renferme à peine i millionième d'esculine. Les acides font disparaître le chatoiement, les alcalis colorent la liqueur en jaune et en augmentent le dichroïsme.

L'esculine fond à 160 degrés en un liquide qui se prend par le refroidissement en une masse amorphe. La distillation le décompose en fournissant un sublimé iïcsculétine.

Les acides chlorhydrique et sulfurique étendus la transforment par ébullition en esculétine et glucose. C'est ce qu'exprime l'équation

c< 2 Hk Qn = c. « He 0« + % ( c. , H, 2 0. , )

Esculine. Esculétine. Glucose.

La solution d'esculine donne avec le sous-acétate de plomb un précipité jaunâtre que les lavages décomposent en partie. Les autres sels métalliques. ne sont pas précipités.

La composition de l'esculine est représentée par la formule

§ 1093. On retire de certaines variétés de lichens une substance parfaitement cristallisée qu'on désigne sous le nom (ïorcine el dont la composition est exprimée par la formule

Celle-ci, sous l'influence simultanée de l'air et de l'ammoniaque, se transforme pareillement en une substance d'un violet très-riche, qui forme la matière colorante de l'orseille, Vorcéinc, dont la ni. 9

98 ESCLLINE.

formation s'explique au moyen de l'équation

C" H" 0* 4- AzH3 + 4 0 = C'4 H7 ÀzOe + % HO.

Orclne Oroéine.

§ i094. On extrait des feuilles du Pinus syhestris une substance désignée sous le nom de pinipicrine, qui se dédouble sous l'influence des acides étendus en glucose et en une huile volatile. On rencontre pareillement dans le Quercus robur une substance qu'on désigne sous le nom de quercitrin, qui se dédouble, sous l'influence des acides étendus, en glucose et en une matière cristallisée à laquelle on a donné le nom de quercétine. Nous pourrions multiplier considérablement ces exemples; on retire, en effet, d'un grand nombre de végétaux des produits analogues aux précédents, susceptibles de se convertir comme eux en glucose, et en de nouveaux produits de composition plus simple.

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