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CHAPITRE CINQUANTE-TROISIÈME

Alcool, son extraction des liquides ferai entés. — Préparation de l'alcool absolu. — Propriétés physiques et chimiques. — Action de l'oxygène, du chlore, du brome, de l'eau, des bases, des acides. — Évaluation de la richesse d'une liqueur alcoolique, alcoomètre centésimal. — Action de l'acide sulfurique sur l'alcool, acide sulfovinique, éther, théorie de l'éthérification. — Ethers simples. — Éther chlorhydrique, brorahydrique, io<}hydrique, cyanhydrique. — * Sulfures d'éthyle. — Séléniures. — Tellurures. — Ethers composés. — Azotite d'éthyle.

— Azotate d'éthyle. — Acide éthylphosphoreux et éthylphosphites.

— Phosphates d'éthyle. — Sulfite. — Sulfates d'éthyle. — Borates d'éthyle. — Silicates d'éthyle. — Acide carbovinique. — Carbonate d'éthyle. — Acide sulfocarbovi nique ou xanthique. — Bioxysulfocarbonate d'éthyle. — - Éther sulfocarbonique. — Pisulfocarbonate d'éthyle. — Xanthogénamide. — Cyanate d'éthyle. — Cyanurate d'éthyle. — Formiate d'éthyle. — Acétate d'éthyle. — Butyrate d'éthyle. — Benzoate d'éthyle. — Cuminatc dethyle. — Salicylate d'éthyle. — Oxalate d'éthyle. — Succinate d'éthyle. — Considérations générales sur les ethers simples et composés.

ALCOOL. Éq. = 575 ou 46.

§ 1103. L'alcool est un produit dont la découverte date de plusieurs siècles; on l'attribue généralement à Arnaud de Villeneuve, célèbre alchimiste qui vivait à Montpellier vers i3oo.

Ce produit peut s'extraire à l'aide de divers procédés des différentes liqueurs qui ont subi la fermentation alcoolique.

Tous se résument à soumettre la' liqueur fermentée (vin, cidre ou bière, etc.) à des distillations fractionnées, résultat auquel on parvient facilement au moyen de l'alambic usuel composé d'une cucurbite et d'un serpentin (fig> si5i). On ne saurait toutefois dégager de cette façon tout l'alcool qu'à la condition de porter le

n4 ALCOOL.

liquide jusqu'à la température de lébullition de l'eau, ce qui don-

Flg. 251 .

lierait nécessairement un alcool trop faible, et nécessiterait, par suite, plusieurs distillations successives.

Edouard Adam, par d'heureuses modifications, améliora considérablement la distillation. A cet effet, il fit barboter la vapeur de la cucurbite dans une série de vases de forme ellipsoïdale, figurant un grand appareil de Woolf. L'alcool très-concentré parvenait seul dans les derniers vases; les récipients intermédiaires renfermant des liquides alcooliques de plus en plus faibles, les reversaient les uns dans les autres, à l'aide de robinets, après chaque opération.

Cellier-Blumenthal perfectionna la distillation en la rendant continue; la liqueur fermentée servant exclusivement à la condensa-tion, il utilisait toute la chaleur de la vapeur aqueuse, en la condensant pour vaporiser l'alcool.

Cet appareil, modifié par M. Laugier (Jrg. 252eta53), se compose de quatre vases : deux chaudières, un rcctificateur, et un serpentin. La première chaudière D est montée sur un foyer dont la flamme perdue passe par des carneaux sous la seconde chaudière C; cette dernière étant plus élevée permet de verser le liquide qu'elle contient dans la précédente, au moyen d'un robinet qui les fait communiquer.

De la seconde chaudière la vapeur s'élève, au moyen d'un tube.

Ilr>

vers le rectificateur B, et parvient iinalement, après plusieurs cir-

Fta. IB1

Fig. 853.

ronvolutions, dans le serpentin A. Le liquide provenant de Ta condensation de cette vapeur s'écoule par le bout du serpentin

u6 ALCOOL.

dans une éprouvette contenant un alcoomètre, et dont le tropplein se déverse dans la barrique, qui s'emplit au fur et à mesure.

§ ii 04. L'alcool qu'on obtient de cette façon renferme une assez forte proportion d'eau ; pour l'en dépouiller complètement, et le ramener à l'état d'alcool anhydre, il est nécessaire de lui faire subir certains traitements.

Le procédé le plus simple et le plus usité consiste à le rectifier à plusieurs reprises sur de la chaux vive réduite en poudre. A cet effet on introduit l'alcool avec la chaux vive dans un ballon [fig. a54), on laisse les matières en contact pendant douze à vingt-

Flg 2*4

quatre heures, puis on distille au bain-marie; en répétant à deux ou trois reprises ce traitement, on obtient de l'alcool parfaitement anhydre.

On a tenté de remplacer la chaux par d'autres substances avides d'eau, telles que le carbonate de potasse sec, l'acétate de potasse fondu ; mais cette substitution, plus coûteuse, n'a pas fourni de meilleurs résultats.

Lorsqu'on place de l'alcool étendu d'eau dans une membrane animale, une vessie par exemple, peu à peu l'eau traverse la membrane et s'évapore, tandis que l'alcool se concentre.

Ce mode de concentration, quoique fort simple, ne saurait cependant être employé; en effet, à mesure que l'alcool s'enrichit, il devient de plus en plus apte à dissoudre les matières grasses

qui tapissent les parois intérieures dé* la membrane, de sorte qu'on obtiendrait finalement de l'alcool très-concentré, mais trèsimpur, doué d'une odeur et d'une saveur fort désagréables.

On peut également se procurer de l'alcool anhydre en plaçant sous le récipient de la machine pneumatique un flacon contenant de l'alcool du commerce et de la chaux vive. L'alcool aqueux se volatilise, la chaux, substance très-avide d'eau, s'empare de la vapeur aqueuse, mais non de la vapeur alcoolique pour laquelle elle ne possède aucune affinité. Une fois que l'espace est saturé de cette dernière, il ne saurait s'en former de nouvelle, tandis qu'il se produit incessamment de la vapeur d'eau, la chaux jouissant de la propriété de l'absorber au fur et à mesure de sa production.

Cette méthode fort simple permet donc d'obtenir facilement de l'alcool anhydre, mais elle ne présente aucun intérêt au point de vue industriel.

§ 1105. L'alcool pur est un liquide incolore, très-mobile, d'une odeur faible et agréable, mais enivrante. Sa saveur est caustique et brûlante, ce qui tient à ce qu'il enlève de l'eau aux parties vivantes et molles avec lesquelles on le met. en contact. Injecté dans les veines, il produit une mort subite en coagulant le sang ; introduit dans l'estomac en quantité notable, il occasionne également la mort.

Cette propriété de coaguler les substances de nature albumineuse le rend d'un emploi précieux pour la conservation des préparations anatomiques.

La densité de l'alcool est égale à 0,795 à la température de i5 degrés. Il est très-inflammable et brûle avec une flamme peu éclairante.

On n'a pu jusqu'à présent solidifier l'alcool, même en opérant à un froid de — 900. Dans ces circonstance* â acquiert une certaine

L'alcool bout à 78°, 5. La densité de sa vapeur est égale à 1 ,6oj.

A une température élevée, la vapeur d'alcool se décompose en donnant naissance à des produits nombreux.

Cette vapeur, mêlée d'oxygène dans les rapports de 1 à 3, détone avec explosion quand on fait traverser le mélange par une étincelle électrique. H se produit de l'acide carbonique et de l'eau.

n8 ALCOOL.

Abandonné au contact de l'air dans un vase mal fermé, l'alcool en absorbe lentement l'oxygène à la température ordinaire et s'acidifie. Met-on en présence de ce mélange d'alcool et d'air, du noir de platine, des corps poreux, des substances azotées en décomposition, bientôt alors on voit cet alcool fixer l'oxygène de l'atmosphère et se transformer successivement en aldéhyde et en acide acétique, ainsi que l'expriment les formules suivantes :

Alcool Vl\*0\

Aldéhyde \ C4ir02,

Acide acétique C'ITO*.

On voit par là que le tiers de l'hydrogène de l'alcool s'oxyde d'abord et s'élimine sous forme d'eau, tandis qu'en second lieu l'oxygène se fixe sur la molécule modifiée.

Pour opérer ces transformations de l'alcool d'une manière commode, on peut opérer de la manière suivante : On dispose sur une assiette et en son centre (fîg. a55) une pe-

S55 tite soucoupe dans laquelle

on place des verres de montres renfermant du noir de platine. L'expérience étant disposée de la sorte, on recouvre l'assiette d'une cloche de verre munie d'une ouverture supérieure dans laquelle on engage par l'intermédiaire d'un bouchon un tube à entonnoir terminé en pointe effilée, par lequel on fait tomber de l'alcool goutte à goutte sur le platine divisé.

La cloche ne repose pas directement sur l'assiette, mais bien sur des bouchons, ce qui permet le renouvellement de l'air. On voit bientôt des vapeurs se condenser sur les parois intérieures de la cloche, y ruisseler et se réunir sur l'assiette en une couche dont l'épaisseur augmente graduellement. Ce liquide, doué d'une acidité très-forte, est complexe et renferme, outre de l'acide acétique, une certaine quantité dV//-

déhyde et tXacétal. Lorsqu'on oxyde l'alcool sur une grande échelle, comme dans la fabrication du vinaigre, on trouve parfois à ce liquide une saveur et une odeur particulières dues à la présence de ces produits.

Lorsque l'alcool brûle lentement à l'air, sa combustion n'est jamais complète. Une spirale de platine chauffée au rouge et plongée dans de la vapeur d'alcool, y demeure incandescente, si l'on a r.p 856 soin de ménager convenablement le renou-

vellement de l'air; il se forme également dans cette expérience, qu'on désigne sous le nom $ expérience de la lampe sans flamme (fig. 256) une quantité considérable d'aldéhyde. Cette même aldéhyde paraît encore prendre naissance lorsqu'on laisse tomber de l'alcool goutte à goutte sur une surface dont la température est portée à 3oo degrés environ.

L'hydrogène, l'azote, le carbone, le bore, le silicium, etc., «exercent aucune action sur l'ajcool.

Ce liquide dissout un peu de soufre et de phosphore. Le chlore et le brome altèrent profondément l'alcool. Ce produit, en perdant une certaine portion d'hydrogène sans rien gagner, se change d'abord en aldéhyde. En effet on a

cmw-h^c^o^c'H'o, HO.

En continuant l'action du chlore et du brome, on obtient du ddoral et du bromal, représentés par les formules

C4HC1302 et C3HBr30',

qui dérivent, comme on le voit, de l'aldéhyde par la substitution de trois molécules de chlore ou do brome à trois molécules d'hydrogène.

L'iode doit donner des résultats semblables; néanmoins on ne connaît pas l'iodal.

Lorsqu'on laisse tomber un globule de potassium ou de sodium dans l'alcool anhydre, une action très-vive se manifeste, et l'on observe un dégagement très-abondant de gaz hydrogène. Par le refroidissement, on obtient une masse incolore cristallisée, dont

lao ALCOOL.

la composition ne diffère de celle de l'alcool normal qu'en ce que i équivalent d'hydrogène s'y trouve remplacé par i équivalent de potassium ou de sodium. Ces réactions peuvent s'exprimer au moyen des équations suivantes :

C*H6024-K =C4H5K02-hH.

C* W 0' 4- Na = C* H5 NaO 2 4- H .

§ 1106. L'alcool a beaucoup d'affinité pour l'eau, et quand on le mêle avec ce liquide, il se dégage un peu de chaleur. Un phénomène inverse se présente lorsqu'on remplace l'eau liquide par de la glace pilée ou mieux par de la neige. Lorsqu'on mêle, par exemple, de l'alcool anhydre à o degré avec de la neige également à o degré, la température peut s'abaisser jusqu'à — 37 degrés, si la quantité de neige employée excède un peu celle que l'alcool peut fondre.

Quand on mêle l'alcool avec l'eau, il se produit une contraction qui augmente peu à peu, jusqu'à ce que le mélange se trouve composé de 100 parties d'alcool et de 116, 23 parties d'eau, ce qui correspond à un hydrate représenté par la formule

C4H60'-f-6HO.

Lorsqu'on soumet à la distillation de l'alcool étendu, les premiers produits condensés sont toujours les plus riches en alcool, et la température à laquelle la liqueur bout s'élève graduellement.

§ 1107. On donne le nom (Xeaux-<le-vic à des mélanges d'alcool et d'eau qui contiennent environ parties égales de ces deux liquides, tandis qu'on désigne sous le nom d'esprits des mélanges qui renferment une plus forte proportion d'alcool absolu.

La richesse d'un esprit s'apprécie toujours d'après la quantité d'alcool réel qu'il renferme ; il n'en est pas do même d'une eaude-vie : sa valeur vénale dépend donc de deux éléments, savoir : son origine et son ancienneté. ,

Pour déterminer la teneur en alcool absolu d'un alcool commercial, on se sert de l'alcoomètre de Gay-Lussac, ou alcoomètre centésimal, cet instrument permettant d'exprirfier immédiatement la quantité d'alcool réel que contient la liqueur. L'expérience doit être faite à i5 degrés; si la liqueur ne possède pas cette température, on l'y ramène facilement en l'échauffant ou la refroidissant.

Du reste, M. Gay-Lussac a construit des Tables de correction qui permettent, au moyen de l'alcoomètre, de déterminer la richesse d'une liqueur alcoolique prise à différentes températures.

Le principe de la graduation de l'alcoomètre centésimal est fort simple. On commence par introduire cet instrument dans de l'alcool absolu; il oscille pendant un certain temps, puis s'arrête en un certain point, où l'on marque 100. Placé ensuite dans do l'eau distillée pure, il s'enfonce d'une moindre quantité; lorsqu'il se trouve complètement en équilibre, on y marque le point o. En introduisant successivement l'alcoomètre dans des mélanges renfermant 90 d'eau et 10 d'alcool, 80 d'eau et 20 d'alcool, etc., on obtiendra de la sorte une échelle qui permettra d'évaluer les différents degrés de l'alcoomètre.

On ne saurait déterminer la richesse alcoolique d'un vin par la densité de ce liquide évaluée à l'aide de l'alcoomètre, ce qui se conçoit aisément, ce vin n'étant pas un simple mélange d'alcool et d'eau, mais renfermant, en outre, en dissolution des substances organiques et salines.

Pour évaluer cette richesse, il faut donc nécessairement en extraire l'alcool par distillation. A cet effet, on introduit dans un petit alambic en cuivre (Jîg. 243) au col duquel vient s'adapter un serpentin, 3oo centimètres cubes du vin à essayer. Le serpentin est engagé dans une caisse métallique où l'on fait arriver constamment de l'eau froido, afin de condenser complètement les vapeurs alcooliques. L'extrémité du serpentin communique avec une éprouvette graduée, dans laquelle on recueille l'alcool condensé. Lorsque le volume de l'alcool recueilli est égal au tiers do celui du vin soumis à l'expérience, on y ajoute une quantité d'eau telle, que ce volume occupe, de même que le vin, 3oo centimètres cubes. L'alcoomètre plongé dans le liquide fait connaître immédiatement la teneur du vin en alcool. Si le liquide spiritueux soumis à l'expérience est très-pauvre en alcool, il est préférable de ne pas étendre d'eau le produit de la distillation, et d'en déterminer immédiatement le degré alcoométrique. Il suffit alors de diviser ce nombre par 3 pour avoir sa richesse alcoolique. Supposons, par exemple, que le liquide obtenu par cette distillation marque 18 degrés à l'alcoomètre, on en conclura que le vin renferme 18 tiers, c'est-à-dire 6 pour 100 de son volume d'alcool absolu.

On doit à MM. Brossard-Vidal et Conaty un procédé qui permet

FlfT. Î57.

d évaluer la richesse d'une liqueur alcoolique au moyen de la température d'ébullition que marque un thermomètre dont le réservoir plonge dans cette liqueur au moment où l'ébullition se manifeste. L'eau bouillant à 100 degrés sous la pression de om,76o, tandis que l'alcool bout à 780, 4, il est clair qu'un mélange de ces deux liquides manifestera le phénomène de l'ébullition à une température intermédiaire d'autant plus rapprochée de 100 degrés qu'il renfermera plus d'eau. Il suffira dès lors de construire une Table indiquant les températures d'ébullition correspondant aux différents mélanges d'alcool et d'eau, qu'on déduit d'expériences directes faites avec le même thermomètre sur des mélanges d'un titre connu.

L'appareil se compose d'une bouilloire en cuivre destinée à recevoir une petite quantité du liquide qu'il s'agit de titrer. Une lampe à alcool placée sous la bouilloire amène au bout de quelques minutes le liquide à l'ébullition. Un thermomètre à mercure

ALCOOL. i*3

gradué expérimentalement, portant les divisions des degrés alcooliques sur une échelle mobile correspondant aux degrés centésimaux de l'alcoomètre de Gay-Lussac, plonge dans le liquide. La colonne mercurielle de l'instrument s'élève à mesure que le liquide s'échauffe et devient stationnaire, au moment de la pleine ébullition, assez longtemps pour permettre de lire le titre du liquide.

Afin que les variations de la pression barométrique n'apportent pas d'erreurs dans ces sortes de déterminations, 1 échelle qui porte les divisions est mobile le long du tube thermométrique.

On peut appliquer cet appareil à la détermination de la richesse des vins et des divers spiritueux, mais on n'obtient dans ce cas qu'une approximation.

§1108. Le tableau suivant fait connaître la quantité d'alcool contenu dans quelques vins et boissons spiritueuses, déduite en grande partie des analyses de M. Gay-Lussac.

Vins. Alcool p. 100.

Grenache 16,0

Jurançon blanc. i5,2

Saint-Georges i5,o

tyalaga 1 5 , i

Chypre 1 5 , i

Madère très-vieux.- i(>,o

Frontignan n,8

Ermitage rouge 1 1 , 3

Côte rôtie 1 1 ,3

Sauterne blanc i5,o

Chàteau-Latour 9,7

Chàteau-Laffite 8,7

Château-Margot 8,7

Brane-Mouton . . 9,0

Sainte-Estèphe. 9,7

Tokai 9,1

Bon vin de Bourgogne 11,0

Màcon 10,0

Champagne 11, (î

Vin du Cher 8,7

Vin au détail à Paris 8,8

ia4 ALCOOL.

Vins. Alcool p. 10

Vin de la Société CEnophile 10,0

Cidre le plus fort 9,1

Cidre le moins spiritueux 4>8

Aie d'Édimbourg 5,7

Porter de Londres 3,9

Vieille bière de Strasbourg 3,9

Bière nouvelle 3,o

Bière rouge de Lille. 2,9

Bière blanche de Lille a, 9

Bière de Paris 1,9

§ 1109. L'eau-de-vie se prépare dans les pays vignobles fût la distillation des vins de qualité inférieure. Dans les pays du Nord on emploie pour cette préparation le moût d'orge et celui de pommes de terre fermentées.

Le mode de distillation varie beaucoup, néanmoins on peut les ramener tous à deux méthodes. La première consiste à distiller la liqueur fermentée de manière à obtenir un produit alcoolique, faible qui, soumis à une seconde distillation, donne une liqueur plus forte qui constitue l'eau-de-vie proprement dite. La seconde méthode fournit dès la première distillation un pro'duit plus fort qu'on étend d'eau pour la transformer en eau-de-vie.

En France on fait particulièrement usage des appareils de E. Adam, de Cellier-Bluraenthal, de Dessons et de Laugier dans les distilleries.

L'eau-de-vie provenant de la distillation des vins présente une couleur jaune, qu'elle doit à la présence d'une matière extractive particulière. Sa saveur particulière assez agréable doit être attribuée à la présence de l'éther acétique.

Les eaux-de-vie de grains, de marc, de mélasses possèdent une saveur assez désagréable, qu'elles doivent à la présence d'une huile essentielle àcre que nous étudierons plus loin sous le nom d'alcool amyliquc.

On prépare aux Antilles une eau-de-vie connue sous le nom de tafia par la fermentation de la canne à sucre. Le rhum est une eau-de-vie plus forte qu'on obtient avec la mélasse et l'écume du sirop de canne. Le kirsch se prépare dans les Vosges, en Suisse

ALCOOL. ia5

et dans quelques parties de l'Allemagne au moyen des merises qu'on écrase et qu'on fait fermenter avec leurs noyaux. Le rack des Orientaux est uue eau-de-vie très-forte qu'on prépare avec du riz ou de la séve du palmier fermentée.

Enfin, en distillant l'eau-de-vie sur des substances aromatiques, , on obtient des boissons présentant des saveurs variables;, le genièvre ou le gin, par exemple, se prépare en ajoutant au moût des baies de genièvre pilées pendant la fermentation.

§ 1H0. Les acides exercent sur l'alcool une action remarquable sur laquelle nous devons insister.

L'alcool dissout presque tous les acides, et de leur réaction mutuelle peuvent résulter trois sortes de produits.

Tantôt il perd la moitié de son eau et se convertit en éther. Cesl ainsi qu'agissent les acides sulfurique, phosphorique, etc.

Tantôt l'acide, par son contact avec l'alcool, donne naissance à des composés neutres. C'est ainsi que se comportent les différents acides monobasiques et notamment les acides acétique, butyrique, benzoïque, etc.

Enfin l'acide est-il polybasique, il peut engendrer tout à la fois des composés neutres et des composés acides auxquels on donne le nom $ acides vi niques. C'est ainsi qu'agissent les acides sulfurique, phosphorique, etc.

Si l'acide cède facilement de l'oxygène, comme les acides chlorique, chromique, etc., l'alcool est détruit et transformé en •d autres produits plus simples.

L'alcool et les acides donnent en outre naissance, par simple mélange, à des résultats très-curieux.

L'acide sulfurique concentré, mêlé avec de l'alcool pur, n'agit sur aucun carbonate neutre ; il décompose très-bien, au contraire, l'acétate de potasse.

L'acide/ chlorhydrique dissous dans l'alcool n'agit pas sur le carbonate de potasse; il décompose facilement, au contraire, les carbonates de soude, de strontiane et de chaux.

L'acide azotique mêlé d'alcool ne décompose pas le carbonate de potasse; il agit vivement, au contraire, sur ceux de strontiane et de chaux.

Les acides acétique et tartrique dissous dans l'alcool ne décomposent aucun carbonate.

120 ACIDE SULFOVINIQUE.

On n'a pu jusqu'à présent donner de ces faits aucune explication satisfaisante.

L'alcool dissout les hydrates de potasse et de soude ; sous l'influence de la chaleur, l'alcool s'altère, vers 210 à 110 degrés, de l'hydrogène se dégage, tandis qu'il reste un acétate alcalin. L'équation suivante rend compte de cette réaction :

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