CHLORURE DÉTHYLE (ÉTHER CHLORHYDRIQUE
Éq.= 806,2 ou 64,5.
§1H7. Ce composé, que connaissaient les anciens chimistes, se produit par l'action réciproque de l'acide chlorhydrique et de l'alcool. Il se forme pareillement lorsqu'on fait agir certains chlorures métalliques anhydres sur cette substance, il accompagne alors l'éther. Le meilleur procédé qu'on puisse employer pour sa préparation, consiste à saturer par du gaz chlorhydrique de l'alcool absolu refroidi par un mélange de glace et de sel, puis à distiller le mélange au bain-marie [fig* 259). On dirige les produits de la distillation dans un premier flacon renfermant de l'eau pure, puis dans un second contenant de l'eau alcalisée dont la température est maintenue entre *5 et 3o degrés; * l'éther chlorhydrique se débarrasse par ce lavage de l'acide libre qu'il entraîne toujours au sortir du flacon laveur. Ce produit, qui est gazeux à la température précédente, se rend dans un flacon refroidi par un mélange de glace et de sel dans lequel il se condense; on achève de le purifier en le rectifiant sur de la chaux ou sur de la magnésie.
CHLORURE D'ÉTHYLE. 137 § 1118. Ainsi préparé, l'éther chlorhydrique est un liquide inco-
Fig. m.
Jore, d'une odeur aromatique pénétrante et légèrement alliacée. Suivant M. Thenard, sa densité sous forme liquide est de 0,874 à-f 5 degrés, la densité de sa vapeur est égale à 2,219; H bout à H- 12 degrés sous la pression de l'atmosphère et brûle avec une Oamme lumineuse bordée de vert. Une dissolution aqueuse de potasse ou de soude ne l'altère pas sensiblement ; une dissolution alcoolique de ces bases l'altère rapidement au contraire, surtout si Ion fait intervenir la chaleur. Lorsqu'il est bien pur, il n'agit pas sur une dissolution aqueuse d'azotate d'argent; il en eût de même d'une dissolution alcoolique, bien que, dans ce cas, les deux produite, étant solubles dans le milieu qui les renferme, soient mélangés de la manière la plus intime. Si l'on introduit dans une éprouvette une dissolution d'azotate d'argent, puis quelques grammes d'éther chlorhydrique, et qu'on agite vivement le mélange, il ne se produit rien; approche-t-on de l'ouverture de l'éprouvette un corps en ignition, l'éther s'enflamme aussitôt, et si, après avoir couvert l'orifice de la cloche par un obturateur, on agite fortement le mélange, il se forme immédiatement un abondant précipité de chlorure d'argent. Le chlore existe donc à 1 état latent
i38 ' CHLORURE D'ÉTHYLE.
chins ce produit à la manière du charbon dans les matières organiques, et il n'a pas moins fallu que la destruction du composé pour le mettre en évidence.
Lorsqu'on fait passer la vapeur d'éther chlorhydrique à travers un tube de porcelaine chauffé au rouge, il se décompose en un mélange d'acide chlorhydrique et de gaz oléfiant.
Cette substance est absorbée par plusieurs chlorures anhydres et notamment par les perchlorures d'antimoine et d'étain, avec lesquels elle forme des liquides fumants à l'air et décomposables par l'eau.
L'éther chlorhydrique dissout le soufre, le phosphore, les huiles grasses et volatiles, les résines et plusieurs autres substances d'origine organique.
Le chlore agit vivement sur l'éther chlorhydrique, surtout à la lumière solaire; dans ce cas, l'action est quelquefois tellement énergique, que la matière s'enflamme et qu'on obtient un dépôt de charbon. Si, au contraire, on opère à la lumière diffuse (fig. a6o),