CONSIDÉRATIONS SUR LES ACIDES ANHYDRES
§ 1271 . Tous les acidesque nous avons examinés dans ce chapitre sont hydraté»; pendant longtemps toutes les tentatives qu'on a faites pour en isoler les anhydrides correspondants sont restées infructueuses : c'est ainsi qu'en faisant réagir l'acide phosphorique anhydre et tous les agents de déshydratation les plus énergiques, on ne parvenait qu'à opérer la décomposition de l'acide hydraté sans m. 26
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mettre en liberté la moindre trace d'acide anhydre. On avait donc désespéré de pouvoir obtenir ces anhydrides, et Ton avait été conduit à penser que peut-être les acides monobasiques étaient incapables de fournir des composés de cette nature, lorsque M. Gerhardt, dans un travail dés plus remarquables, est venu mettre leur existence en évidence de la manière la plus nette en se fondant sur les considérations suivantes, et à l'aide des réactions que nous allons décrire.
Supposons que tous les acides volatils monobasiques dérivent de l'eau considérée sous le même volume,
J{ | O3 = 4 vol. vap.
En remplaçant i des i équivalents d'hydrogène de cette eftu par i équivalent d'acétyle ou de benzoïle, nous obtiendrons les composés
H 0'=: 4 vol. vap., M > O2— 4 vol. vap.,
qui ne sont autre chose que l'acide acétique et l'acide benzoïque au maximum de concentration, dont nous avons décrit précédemment les propriétés.
Si nous remplaçons dans la molécule d'eau de tout à l'heure le deuxième équivalent d'hydrogène par un nouvel équivalent d'acétyle ou de benzoïle, nous aurons
C4H'OMni . .
C'IPO'j 4 V0 vap,ï
CuH6OM 4 vap*'
qui devront représenter l'acide acétique ou l'acide benzoïque anhydres, les formules de ces acides devant correspondre, comme l'eau d'où ils dérivent, à 4 volumes de vapeur.
Si telle est réellement la constitution de ces composés, il est évident qu'on devra leur donner naissance en faisant réagir «lu chlorure d'acétyle sur de l'acétate de potasse anhydre et du chlo-
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rure de benzoïle sur le benzoate anhydre de la même base; en effet, dans ces deux cas on obtient les résultats suivants :
c* h*o\ Ko-i-e ircio^Kci-he h* oe,
C,4H>0\ KO-hC,4H5C102 = KCl+C28H,#06,
qu'on peut formuler ainsi qu'il suit :
K \U+ j Cl pKU + jc« H30'\°'
• C',H'02 i o» + I CUH'0> 1 - Kfl-J CUH,°' ' O*
Or, ces composés représentent bien les acides acétique et benzoïque anhydres, et de plus les formules précédentes correspondent bien à 4 volumes de vapeur.
A l'aidé de cette méthode fort simple et fort ingénieuse, M. Gerhardt a pu non-seulement isoler un grand nombre d'acides anhydres, mais encore produire des acides doubles résultant de la combinaison de deux acides anhydres entre eux, résultat analogue à celui que présentent les éthers mixtes. C'est ainsi qu'en faisant agir du chlorure d'acétyle sur du valérate de potasse sec, on obtient un acide acétovalèrique qui ne diffère de l'acide acétique anhydre qu'en ce que i équivalent d'acétyle se trouve remplacé par i équivalent de valéryle. La formation de ce produit peut s'exprimer facilement à l'aide de l'équation suivante :